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Maria Callas

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Image:Gobbi Callas Barbiere.jpg María Cállas (en grec Μαρία Κάλλας, mais de son vrai nom Μαρία Καλογεροπούλου / María Kalogeropoúlou), née à New York le 2 décembre 1923 et morte à Paris le 16 septembre 1977, est une chanteuse d’opéra d'origine grecque.

Sommaire

[modifier] Une vie mouvementée

Ánna María Kekilía Sofía Kalogeropoúlou (Άννα Μαρία Καικιλία Σοφία Καλογεροπούλου) naît à New York le 2 décembre 1923. Ses parents simplifient leur nom en Cállas. Ils mènent une vie misérable, ce qui n'empêche pas sa mère de rêver à l'établissement de ses filles comme de grandes artistes.

María étudie le piano, puis le chant. Elle est l'élève de Maria Trivela puis de Elvira de Hidalgo, qui sera également sa confidente. Elle débute à 17 ans dans Boccace de Franz von Suppé puis sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'elle rencontre le chef d'orchestre italien Tullio Serafin, qui lui offre La Gioconda de Ponchielli aux arènes de Vérone en 1947. C'est lui qui fera de María La Cállas.

La même année elle épouse le patron d'une entreprise de briques et féru d'opéra, Gianbattista Meneghini. Ils divorceront avec fracas en 1960. María le « remplacera » par Aristote Onássis dont elle sera la maîtresse jusqu'en 1968, date à laquelle Onassis épouse Jacqueline Kennedy, ce que María considérera comme une trahison. Un enfant, Omerio Langrini, naîtra de leur liaison : né prématurément à Milan, il mourra quelques heures après sa naissance.

Entourée des plus remarquables artistes du siècle (Mario Del Monaco, Giuseppe Di Stefano, Boris Christoff, Georges Prêtre...), María Cállas se produit sur les plus grandes scènes du monde (New York, Londres, Paris, Milan, Venise, Rome — où elle fait scandale par une défection à la fin du premier acte de Norma de Bellini, obligeant le président de la république Giuseppe Saragat à quitter la salle — Buenos Aires, Mexico) mais fait aussi la une des journaux tant par son caractère de tigresse que par sa rivalité mémorable avec Renata Tebaldi (qui lui vaudra d'être exclue de la Scala de Milan).

Retirée de la scène à partir de 1970, elle se consacre à l'enseignement et aux récitals, subissant de nombreux ennuis de santé. En 1970-1971, elle se consacre ainsi à la direction de Master classes de chant à New York au cours desquelles elle prend soin d'expliquer, de détailler et de raisonner tous les rôles abordés par ses étudiants.

À partir de 1974, elle s'enferme dans son appartement parisien, avenue Georges-Mandel, s'enfonçant dans la solitude et écoutant inlassablement ses enregistrements.

Elle meurt le 16 septembre 1977 dans la solitude. La cause de sa mort reste aujourd'hui un mystère : si la raison officielle est « crise cardiaque », il est vraisemblable qu'elle se soit suicidée par une absorption massive de tranquillisants. La hâte avec laquelle elle fut incinérée, le vol de l'urne funéraire (retrouvée quelques jours plus tard) puis la dispersion de ses cendres en mer Égée rendront impossible toute autopsie.

[modifier] Artiste maudite ?

De tessiture soprano, elle a abordé une large gamme de rôles allant du bel canto aux rôles de soprano dramatique et reste dans les mémoires comme l'une des plus grandes cantatrices du XXe siècle, à la fois par le timbre très particulier de sa voix et sa capacité à animer les personnages qu'elle jouait.

Si « la Cállas » demeure sans nul doute la cantatrice la plus célèbre de la seconde moitié du XXe siècle, sa renommée tient en partie à de mauvaises raisons. Sa vie privée, sa liaison avec Aristote Onassis, entre autres, ont fait la une des journaux à scandale à une époque où sa carrière était pratiquement terminée. Au-delà d'anecdotes sans intérêt, on oubliait tout ce qu'elle avait apporté à l'art lyrique à une époque où le public commençait à se détourner de spectacles conventionnels et routiniers. Sa technique transcendante lui permit d'aborder des styles aussi différents que ceux de : Giuseppe Verdi (Nabucco, Macbeth, Rigoletto, Il Trovatore, La Traviata, Un Ballo in Maschera, I Vespri Siciliani, La Forza del Destino, Aida, Otello), Gioacchino Rossini (Il turco in Italia, Il Barbiere di Siviglia, Armida), Amilcare Ponchielli (La Gioconda), Gaspare Spontini (La Vestale), Vincenzo Bellini (Norma, I Puritani, La Sonnambula), Luigi Cherubini (Medea - qu'elle incarna dans le film de Pasolini), Donizetti (Lucia di Lammermoor, La Favorite, Lucrezia Borgia) , Giacomo Puccini (Tosca, Turandot, Madama Butterfly, La Bohème, Manon Lescaut), Richard Wagner (Tristan und Isolde, Parsifal, Die Walküre), Umberto Giordano (André Chénier).


[modifier] Une tragédienne qui réveille le jeu d'acteur à l'opéra

Elle fut la Lucia di Lammermoor de sa génération, révélant, au-delà de vocalises maîtrisées avec insolence, les multiples facettes d'un personnage troublant, ce qui ne l'empêcha pas d'incarner Isolde avec la même ardeur. Pas de virtuosité gratuite ou d'hédonisme inconsidéré dans ses interprétations mais le souci constant de rendre la musique plus expressive et de restituer à une partition sa vérité musicale et sa vraisemblance dramatique en utilisant qualités et défauts d'un timbre de voix dont la pureté n'était pas la qualité première. Elle fut l'une des premières à montrer qu'à l'opéra on pouvait jouer comme au théâtre ou au cinéma et se servir de son physique (on se rappelle comment elle modela le sien, peu flatteur au départ) et de son corps. Des deux rôles qu'elle a marqués à jamais, Norma et Tosca, elle fit de véritables incarnations. Tout cela grâce à une intuition artistique sans faille, soutenue par un travail incessant. Cantatrice libérée des conventions, osant remettre à l'honneur des ouvrages négligés, modèle de rigueur et d'exigence, María Cállas a légué à ses successeurs une leçon qui n'a pas toujours été suivie.

[modifier] Discographie

[modifier] Entendre sa voix

Image:Gnome-speakernotes.png Maria Callas dans l'air de Casta Diva (info)
Extrait de l'opéra Norma de Bellini
Des problèmes pour écouter le fichier ? Voir Wikipédia aide audio.


Écouter l'air de Casta Diva (Chaste déesse) extrait de Norma opéra en deux actes de Bellini, livret de Felice Romani (1788-1865) tiré du drame L'Infanticide d'Alexandre Soumet, sous la direction de Tullio Serafin, Orchestre et chœurs du Théâtre de la Scala de Milan.

[modifier] CD

Bellini

  • Norma, dir. Serafin (2 versions EMI Classics) / dir. Gui, 1952 (EMI Classics)
  • Il Pirata, dir. Rescigno (EMI Classics)
  • I Puritani, dir. Serafin, 1953 (EMI Classics, Naxos) / dir. Picco (Idis, Archipel)
  • La Sonnambula, dir. Bernstein (EMI Classics) / dir. Votto, 1957 (live et studio) (EMI Classics)

Bizet

  • Carmen, dir. Prêtre, 1964 (EMI Classics) (qu'elle n'a jamais joué sur scène)

Cherubini

  • Medea, dir. Bernstein, 1953 (EMI Classics, Golden Melodram, Idis)

Donizetti

  • Anna Bolena, dir. Gavazzein, 1957 (EMI Classics)
  • Lucia di Lammermoor, dir. Serafin (EMI Classics, Naxos) / dir. Karajan, 1955 (EMI Classics, Idis) / dir. Picco (Archipel)
  • Poliuto, dir. Votto (EMI Classics)

Giordano

  • Andrea Chénier, dir. Votto (EMI Classics)

Gluck

  • Alceste, dir. Giulini (Golden Melodram, Idis)
  • Iphigénie en Tauride, dir. Sanzogno (EMI Classics)

Leoncavallo / Mascagni

  • Pagliacci / Cavalleria Rusticana, dir. Serafin, 1954 (P) et 1953 (CR) (EMI Classics, Naxos)

Ponchielli

  • La Gioconda, dir. Votto, 1959 (EMI Classics, Naxos)

Puccini

  • La Bohème, dir. Votto, 1956 (EMI Classics)
  • Madama Butterfly, dir. Karajan (EMI Classics, Naxos)
  • Manon Lescaut, dir. Serafin (EMI Classics)
  • Tosca, dir. Cillario, 1964 (EMI Classics, Golden Melodram) / dir. Cleva (Living Stage) / dir. Mugnai (Fono Entreprise) / dir. Picco (Archipel) / dir. Prêtre, 1964 (EMI Classics, Naxos) / dir. de Sabatta, 1953 (EMI, Naxos) / dir. Votto (Archipel)
  • Turandot, dir. Serafin (EMI Classics)

Rossini

  • Il Barbiere di Siviglia, dir. Galliera, 1957 (EMI Classics) / dir. Giulini (Idis)
  • Il Turco in Italia, dir. Gavazzeni (EMI Classics, Naxos)

Spontini

  • La Vestale, dir. Votto, 1954 (Andromeda, Golden Melodram, Idis)

Verdi

  • Aïda, dir. Barbirolli (Golden Melodram, Testament) / dir. de Fabritiis, 1951 (EMI Classics, Archipel) / dir. Picco (Idis) / dir. Serafin (EMI Classics)
  • Un Ballo in Maschera, dir. Gavazzeni, 1957 (EMI Classics) / dir. Votto, 1956 (EMI Classics)
  • La Forza del Destino, dir. Serafin (EMI Classics)
  • MacBeth, dir. de Sabata, 1952 (EMI Classics)
  • Nabucco, dir. Gui, 1949 (Archipel)
  • Rigoletto, dir. Serafin, 1955 (EMI Classics)
  • La Traviata, dir. Ghione, 1958 (EMI Classics) / dir. Giulini, 1955 (EMI Classics) / dir. Santini (Fifty Five, Regis, Warner)
  • Il Trovatore, dir. Karajan, 1956 (EMI Classics) / dir. Picco, 1950 (Archipel) / dir. Serafin (Idis)
  • I Vespri Siciliani, dir. Kleiber (Archipel)

Ainsi que de nombreux disques de récitals, compilations et live.

[modifier] DVD

  • La Cállas... Toujours (Paris, Palais Garnier, 1958) (EMI Classics)
  • María Cállas à Covent Garden, 1962-1964 (EMI Classics)
  • María Cállas in Concert (Hamburg 1959-1962) (EMI Classics)
  • María Cállas in Conversation (EMI Classics)
  • María Cállas, Life and Art (EMI Classics)
  • María Cállas, Une vie d'Art et d'Amour (EMI Classics)
  • María Cállas, Passion (EMI Classics)
  • María Cállas, Living and diying for art and love (TDK)
  • María Cállas, La Divina (Arthaus)
  • Medea, film de P. Pasolini (Carlotta)

[modifier] Bibliographie

  • Madeleine Chapsal, Cállas l'extrême. Paris, Le Livre de Poche, n°30155, Éditions Michel Lafon, 2002. 218 pages. (ISBN 2-253-10961-4).
  • Anne Edwards, Maria Cállas intime (traduit de l'anglais par Marie-Claude Elsen). Paris : J'ai lu, coll. « Biographie », n° 7731, 2005. 409 p.-[16] p. de pl., 18 cm. (ISBN 2-290-33777-3). Titre original : María Cállas, an intimate biography.
  • Jacques Lorcey, L'art de María Cállas. Paris, Éditions Atlantica, 1er septembre 1999 (réédition). 740 pages. (ISBN 2-84394-168-7).
  • Jacques Lorcey, Immortelle Cállas. Paris, Éditions Séguier, coll. « Empreinte », 12 novembre 2002 (réédition). Album illustré de format 21 x 21 cm, 140 pages. (ISBN 2-84049-348-9).
  • Jacques Lorcey, Maria Callas. Paris, PAC Collection Têtes d'Affiche, 6 décembre 1977, 429 pages. (ISBN 2-85336-046-6).
  • Nicolas Petsalis-Diomidis, La Cállas inconnue (traduit du grec par Anne-Fleur Clément et Jeanne Roques-Tesson). Paris, Editions Plon, 2002. 594 pages. (ISBN 2-259-19393-5).
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