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Mao Zedong

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Mao Zedong est un nom chinois, coréen, khmer ou vietnamien ; le nom de famille, Mao, précède donc le prénom.

Image:Mao.jpg Mao Zedong (Image:Ltspkr.png Écouter la prononciation en mandarin) ou Mao Tsé-toung (毛泽东 Máo Zédōng, signifie « né pour diriger l'Est ») est né à Shaoshan (韶山 Sháo Shān) dans la province du Hunan (湖南 Hú'nán) le 26 décembre 1893 et décédé à Pékin le 9 septembre 1976. Il fut le principal dirigeant du Parti communiste chinois, le fondateur et un des plus hauts dirigeants de la République populaire de Chine jusqu’à la fin des années 70.

Il est indéniable que c'est Mao Zedong qui en définitive a donné à la Chine moderne son indépendance, suite à la lutte pour le pouvoir avec le Guomindang. Il reste plus délicat d'évaluer la part de l'idéologie socialiste, largement utilisée comme propagande de façade, et la part des jeux de pouvoir en sa faveur, qui semblent avoir dominé ses choix politiques envers la Chine. Les carences des programmes politiques les plus significatifs de Mao – le Grand Bond en avant, et la Révolution culturelle entre autres - ont été vivement mises en exergue. Mao est très controversé aujourd’hui. Bien que respecté en Chine, il n’est plus une référence pour un régime dont les politiques ont divergé de celles préconisées par Mao. Les Maoïstes à travers le monde considèrent Mao comme un grand révolutionnaire dont la pensée est la quintessence du Marxisme. Beaucoup de ses détracteurs le considèrent comme un dictateur ayant causé la mort de millions de personnes en Chine.

Voir également l'article sur l'Histoire de la République populaire de Chine.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Enfance et formation révolutionnaire

Mao est le fils aîné d'une famille relativement prospère de Shaoshan dans le département de Xiangtan, province de Hunan. Ses ancêtres étaient venus de la province du Jiangxi sous la dynastie Ming et s’étaient installés comme paysans. Sa langue natale était le Xiang et non le mandarin, dialecte en grande partie intelligible des autres chinois mais qui restera caractéristique de ses discours, mais aussi de ses faibles capacités en langues : il ne maîtrisera jamais le putonghua, la langue standard chinoise que son propre régime a mis en place.

En 1908, son père le maria à une de ses nièces, Luo, de quatre ans son aînée. Mao prétendit à Edgar Snow en 1936, n'avoir jamais vécu avec elle. Elle mourut en 1910. De ce mariage, Mao devint un adversaire acharné des mariages arrangés.

Durant la révolution chinoise de 1911, Mao s’engagea dans un régiment local du Hunan. Cependant son aversion pour le service militaire le conduisit à retourner à l’école à Changsha.

En 1918, il fut diplômé de la première école normale provinciale du Hunan. Il se mit à voyager avec son professeur Yang Changji, son futur beau-père, jusqu’à Pékin ou il passa les événements du mouvement du 4 mai en 1919.

Yang était professeur à l’université de Pékin. Grâce à la recommandation de Yang, Mao travailla comme aide bibliothécaire à l’université sous les ordres de Li Dazhao. Mao s’enregistra comme étudiant à temps partiel à l’université et suivi des cours et séminaires dispensés par des intellectuels célèbres comme Chen Duxiu, Hu Shi, Qian Xuantong, etc. Durant son séjour à Pékin il lut énormément ce qui lui permit de se familiariser avec les théories communistes. Il se maria avec son condisciple Yang Kaihui, la fille du professeur Yang.

Employé à la bibliothèque de Pékin, Mao Zedong révéla par la suite sa rancune envers les lettrés chinois, qui méprisaient son origine paysanne. Il garda toutefois un goût pour la poésie et la calligraphie, devenu célèbre par la suite.

A l'inverse de certains de ses éminents contemporains révolutionnaires, tels que Zhou Enlai, Mao rejeta l'idée d'aller étudier en France : hors l'aspect financier du périple, l'idée a été avancée que les faibles capacités linguistiques de Mao l'avaient découragé : la langue chinoise étant déjà un obstacle (le dialecte du Hunan étant sa référence principale). On remarque qu'il ne s'est jamais rendu par la suite en Union soviétique par exemple. Plus tard il déclara que c’était parce qu’il croyait fermement que les problèmes de la Chine pouvaient être étudiés et résolus en Chine. Il est souvent avancé que Mao s'est très tôt penché sur les problèmes de la paysannerie. Il apparaît au contraire que c'est assez tard que le problème paysan est devenu un point important pour lui : c'est quand le Guomindang lui a commandé des articles pour des revues consacrés au monde paysan qu'un semblant d'intérêt, n'étant même pas à son initiative, a laissé des traces dans sa biographie.

Le 23 juillet 1921, à l’âge de 27 ans, Mao participa à la première session du congrès du parti communiste chinois à Shanghai : il semble qu'il n'ait pris aucune part active aux débats, face aux autres participants impliqués depuis plus longtemps que lui dans la cause révolutionnaire. Deux ans plus tard, il fut élu un des cinq commissaires du comité central du parti au cours de la session du troisième congrès.

Mao resta un certain temps à Shanghai, une ville importante où le PCC essayait de promouvoir la révolution. Mais après que le parti eut rencontré des difficultés majeures en essayant d'organiser les mouvements syndicalistes et que ses relations avec son allié nationaliste, le Guomindang se soient détériorées, Mao perdit ses illusions de faire la révolution à Shanghai et retourna à Shaoshan. Durant son retour à la maison, Mao réanima son intérêt dans la révolution après avoir été mis au courant des soulèvements de 1925 à Shanghai et Canton. Il s'en fut alors dans le Guangdong, la base du Guomindang, et prit part à la préparation du deuxième congrès national du Guomindang.

Il y travailla activement pour le Guomindang, obéissant à cet égard aux directives du Kremlin, qui souhaitait développer un réseau étendu de taupes communistes déclarées ou officielles ; cependant son engagement au sein du Guomindang, opportuniste, lui a valu d'être taxé de traître par les autres communistes. C'est une période de sa vie qui est largement oblitérée de l'histoire officielle chinoise.

Au début 1927, Mao retourna dans la province du Hunan où, dans une réunion du parti communiste, il fit un rapport sur les conclusions qu'il tirait des soulèvements paysans à la suite de l'expédition du Nord. Ceci est considéré comme le point de départ initial mais décisif vers l'application des théories révolutionnaires de Mao.

[modifier] De la guérilla à la proclamation de la République populaire de Chine

Dans la première partie de sa vie politique, Mao Zedong a été influencé par le Mouvement du 4 mai 1919, le rejet de la culture classique, de l'impérialisme et l'apport d'idées socialistes. Son grand effort fédérateur des masses paysannes permit la victoire du PCC contre le Guomindang et les envahisseurs, après des années de guérilla interne et de guerre, notamment avec le Japon.

Il se distingue par la suite dans son interprétation personnelle du communisme, applicable à la Chine avec la réforme rurale comme point central, plutôt que celle, industrielle, d'origine soviétique.

Notons qu'il a joué un rôle déterminant dans la guerre anti-japonaise, aux côtés du Guomindang, tous deux aidés par l'Union soviétique.

Contrairement au mythe véhiculé, Mao Zedong a toujours été farouchement opposé à une lutte de l'Armée populaire de libération avec le Japon, préférant laisser cette tâche ingrate au Guomindang : il aurait même remercié les Japonais d'avoir exterminé son ennemi juré, le parti nationaliste. Durant sa lente accession au pouvoir, Mao a ainsi joué un double-jeu, prétendant coopérer avec le Guomindang pour s'attirer le soutien et le financement du Kremlin, et en menant en fait une lutte armée contre celui-ci. L'Armée populaire n'a ainsi mené quasiment aucune bataille contre le Japon.

[modifier] La Longue Marche, un mythe moderne

Après la fondation du soviet du Jiangxi sur le modèle russe, Mao Zedong peine à s'imposer dans la hiérarchie du Parti. Considéré comme un modéré, voire un droitiste, il découvre une méthode soviétique qu'il n'oubliera plus par la suite : les purges. Il parvient à asseoir une certaine autorité en procédant ainsi à un régime de la terreur, s'appuyant sur le prétexte de contre-carrer des "AB" (anti-bolchéviques), ou sous d'autres étiquettes.

Déconsidéré du fait de ses choix stratégiques toujours pris en fonction de son intérêt personnel, au risques de milliers de morts inutiles, il est déconsidéré par ses pairs, et ce n'est qu'à grand-peine qu'il serait parvenu à rejoindre le contingent des troupes de l'Armée populaire, dans ce qui sera pompeusement appelé plus tard la Longue Marche.

Manœuvrant sans cesse pour grimper dans la hiérarchie militaire et politique, en menaçant ses proches collaborateurs de porter la responsabillité de ses propres erreurs, il parvient à faire tourner en rond le contingent des troupes devant opérer la jonction avec le contingent du Nord, sous la direction d'un chef plus puissant et donc menaçant pour son autorité. Les troupes conduites par Mao Zedong pratiquaient couramment le pillage pour assurer son approvisionnement, aussi il semble tout à fait faut de considérer la Longue Marche comme un mouvement fédérateur du monde paysan : ceux-ci étaient terrorisés, et préféraient la domination du parti nationaliste, moins violent.

Il semble aussi falloir considérer le fait Tchang Kai-Check ait toléré dans un large mesure le mouvement des troupes de l'Armée populaire, d'une part à cause du soutien théorique de l'Union soviétique, mais aussi parce que le Kremlin retenait en otage le fils du leader nationaliste. Tchang aurait ainsi sciemment permis aux troupes communistes de réaliser la jonction avec les troupes du nord.

[modifier] Avènement de la République populaire de Chine

Le 1er octobre 1949, à Pékin, du balcon de la Cité interdite des anciens empereurs, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Cette prise de pouvoir met fin à une longue période de guerre civile marquée par l'invasion japonaise et la Longue Marche, le Guomindang s'étant exilé a Taiwan.

[modifier] Du leader désavoué au culte de la personnalité

Après son accession au pouvoir, Mao répéta les erreurs de gestion économique, le plus souvent catastrophiques pour son pays ; son intelligence des rouages du pouvoir est en revanche hors du commun, ce qui lui permit de rester en place jusqu'à sa mort.

La campagne des Cent Fleurs (symbole de "cent écoles, cent opinions qui s'expriment") : en 1957, Mao encourage la liberté d'expression de la population, exhortant en particulier les intellectuels à critiquer le Parti. Mais le mouvement prend rapidement une ampleur qu'il n'avait pas envisagée : les critiques explosent littéralement, échappant bien vite à son contrôle et le menant à une violente campagne de répression.

Le « Grand Bond en avant » : entre 1958 et 1960, Mao Zedong met en œuvre un mouvement de réformes industrielles qui devait permettre de "rattraper le niveau de production d'acier de l'Angleterre" en seulement 15 ans. Des communes de production sont organisées au niveau local, et toute la population, et par dessus tout le monde paysan, est sommée d'y apporter sa contribution. Mao place dans la force du peuple, du "prolétariat" des espoirs démesurés: durant le "grand bond en avant", les paysans seront surexploités, on leur demandera de tout faire en même temps, des récoltes à la production sidérurgique. Malgré les efforts surhumains déployés, c'est une catastrophe, la main d'œuvre inexpérimentée produit des biens d'une qualité exécrable tandis que les récoltes, faute de temps, pourrissent sur pied. Le "grand bond en avant" se solde donc par un échec cuisant et une famine d'une ampleur désastreuse, peut-être la plus meurtrière que la terre ait jamais portée. Mao Zedong, après avoir longtemps ignoré le désastre ou rejeté la cause de la non-efficacité de son programme sur des éléments extérieurs (par exemple des contre-révolutionnaires voulant enrayer son pouvoir) se retrouve en minorité au Comité de direction du Parti. De plus, la confiance du peuple en l'idéologie de Mao est fortement ébranlée.

La Révolution culturelle (1966-1969) durant la période de troubles et de contestations qui suit le catastrophique "grand bond en avant", lui permet de reprendre le pouvoir et les rênes du pays. Entamée afin de réhabiliter Mao dans son pouvoir, elle commence à la suite d'une polémique que lance son épouse Jiang Qing. La "révolution culturelle" incite les jeunes à prendre le pouvoir, à se révolter contre les fonctionnaires corrompus, désormais "ennemis du peuple"- les Gardes rouges (qui ne sont autres que les étudiants "révolutionnaires") sont créés à cette occasion. Mais, comme lors du mouvement des "cent fleurs", la polémique échappe au contrôle de Mao et le tout se soldera une fois de plus par une violente répression armée, un massacre sanglant. Suite à cela, beaucoup d'intellectuels seront envoyés en rééducation, soit forcés à quitter les villes pour partir vivre à la campagne où ils subiront un dur apprentissage du métier de paysan et une partie considérable du patrimoine culturel chinois est détruit à cette occasion. Au sortir de cette nouvelle crise, le peuple chinois sera définitivement traumatisé, tant par les atrocités physiques que par les incroyables violences morales (telles que les fameuses "autocritiques", humiliations publiques d'une cruauté morale traumatisante). Rappelons également que le goulag chinois, le "Laogai" est bien plus peuplé que son équivalent russe tandis que ses conditions de détention n'y sont pas meilleures.

À la fin de son règne, Mao Zedong changea sa stratégie d'autarcie en invitant le président américain Richard Nixon en Chine, préfigurant la politique d'ouverture de Deng Xiaoping. Par cette rencontre, les deux leaders entendaient contrebalancer la puissance de l'Union Soviétique.

Par la suite, la politique idéologique extrême menée par Mao Zedong a fait l'objet de critiques ouvertes au sein du Parti Communiste Chinois, qui met fin au culte de la personnalité et à l'idolâtrie qu'il avait lui-même organisée et intensifiée à la fin de sa vie. Le limogeage de la Bande des Quatre, dont son épouse, Jiang Qing, qui a eu lieu rapidement après sa mort prouve bien à quel point sa politique était tombée en disgrâce, tant dans les hautes sphères du parti que dans l'esprit populaire.

Pour la majorité des Chinois, il reste néanmoins le grand libérateur de la Chine et le constructeur de la Chine moderne. Malgré les conséquences catastrophiques de ses réformes spectaculaires, il aura laissé le souvenir d'une période d'égalité et d'unité et il reste révéré par le peuple comme le dernier des empereurs chinois. Les historiens occidentaux ont beaucoup critiqué ses choix politiques et son autoritarisme, toujours sujets à controverse.

[modifier] Conclusion

Il est très difficile de porter un jugement sur l'œuvre de Mao Zedong, dont les « bienfaits » (la création d'une Chine moderne et indépendante) sont contrebalancés par la répression d'un régime totalitaire : parti unique (et donc régime autoritaire et anti-démocratique), propagande, primauté du militaire, état policier (arrestations arbitraires, tortures, ...), endoctrinement politique dès l'enfance, autocritiques obligatoires, laogai, répression des minorités (Ouïghours), expansion territoriale (occupation du Tibet), eugénisme ... Ce trait ultra-répressif est commun à la plupart des pays ayant adopté un régime stalinien (URSS, Cambodge, Corée du Nord...), et est à replacer dans le contexte, dans un premier temps, du déclin de l'impérialisme colonial, puis de la guerre froide.

[modifier] La propagande de Mao Zedong

[modifier] Le culte de la personnalité

Le culte de la personnalité de Mao Zedong prend ses racines dans la Longue Marche, lors de laquelle il s'est imposé comme leader charismatique. À l'instar de Staline, le style de propagande réaliste-socialiste original de l'art officiel a évolué ensuite vers une déification marquée de Mao, à l'opposé des premières représentations où il est situé aux côtés des paysans et ouvriers, dans une relation d'égal à égal. À partir de la révolution culturelle, date de son retour au pouvoir, l'effigie de Mao, idéalisée, est située dans le ciel, détachée du commun des mortels.</br> Le village natal de Mao Zedong, Shaoshan dans le Hunan, est toujours le lieu de pèlerinage pour de nombreux Chinois, donnant lieu à ce que l'on appelle parfois un « tourisme rouge ».

[modifier] Le « Petit Livre rouge »

Des citations choisies ont été rassemblées et publiées dans les années 1960 sous le nom de Petit Livre rouge, très en vogue pendant la Révolution culturelle. Les premières éditions de ce petit livre rouge étaient préfacées par une calligraphie de Lin Biao et furent mises au pilon lorsque ce compagnon de Mao tomba en disgrâce. Les éditions qui circulaient en France au moment de Mai 68 étaient munies de cette préface. Ce livre a beaucoup apporté à ceux qui ne croyaient plus en l'URSS et qui voyaient un paradis communiste en la Chine.


[modifier] Œuvres

En plus du Petit Livre rouge, Mao est l'auteur de plusieurs autres traités philosophiques, rédigés avant et après son accession au pouvoir. On peut citer :

  • De la pratique; 1937
  • De la contradiction; 1937
  • De la nouvelle démocratie; 1940
  • De la littérature et de l'art; 1942
  • De la juste solution des contradictions au sein du peuple; 1957
  • La guerre révolutionnaire, recueil de 2 textes :
    • Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine; 1936
    • Questions de stratégie dans la guerre de partisans antijaponaise; 1938
  • À la mémoire de Norman Bethun;
  • Servir le Peuple;

Mao a écrit de la poésie, principalement dans les formes ci et shi. Son mérite littéraire est difficile à évaluer à la lumière de son statut politique controversé.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

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[modifier] Liens externes

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