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Louis XVI de France

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Louis XVI de France
Image:Louis xvi.jpg
Naissance 23 août 1754 </br> Versailles
Décès 21 janvier 1793 </br> Paris
Pays
Titre roi de France et de roi de Navarre
(1774-1789)
puis
roi des Français
(1789 - 1792)
Dynastie {{{dynastie}}}
Grade militaire
Arme
Service de {{{débutdecarriere}}} à {{{findecarriere}}}
Couronnement 11 juin 1775
en la cathédrale de Reims
Investiture
Prédécesseur Louis XV
Successeur
Conflits
Commandement
Faits d'armes
Distinctions
Hommage
Autres fonctions
Fils de Louis de France (1729-1765)
et de
Marie Leszczyńska
Conjoint Marie-Antoinette d'Autriche
Enfants Louis Joseph (1781-1789)
Marie Thérèse (1778-1851)
Marie Sophie (1786-1787)
Louis Charles (1785-1795)
Maîtresses {{{maîtresses}}}

Louis XVI, roi de France et de Navarre (17741789) puis roi des Français (17891792), né le 23 août 1754 à Versailles et guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (anciennement place Louis XV) à Paris.

Sommaire

[modifier] Biographie

Louis Auguste est le fils du dauphin Louis de France (1729-1765) et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe (17311767), et le petit-fils de Louis XV et de la reine Marie Leszczyńska.

Il est d'abord titré duc de Berry jusqu'au 20 décembre 1765, date de la mort de son père, à partir de laquelle il devient dauphin, son frère aîné Louis Joseph Xavier (1751-1761), duc de Bourgogne, étant mort. Il devient roi le 10 mai 1774. Sacré à Reims le dimanche 11 juin 1775 par l'archevêque de Reims, Mgr de La Roche-Aymon.

[modifier] Famille

Louis XVI épousa le mercredi 16 mai 1770 à Versailles, par Mgr de La Roche-Aymon, archevêque de Reims officiant, l’archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche (17551793), onzième fille des seize enfants de l'empereur François Ier de Lorraine et de son épouse Marie-Thérèse de Habsbourg, « roi » de Hongrie, reine de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche. Le couple eut quatre enfants :

Il était passionné par la marine, la géographie et la serrurerie. Il mandata La Pérouse pour faire le tour du monde et le cartographier. Bien sûr ses intentions étaient aussi de contrer l'avance des Britanniques sur ce sujet.

[modifier] Un roi simple ?

Louis XVI a été longtemps caricaturé comme un roi un peu simplet, manipulé par ses conseillers, peu à même des questions de pouvoir, avec des petites marottes ridicules comme la serrurerie. En fait, cette image est en partie due à son attitude envers la cour. Le caractère "étourdi" qui lui a quelque fois été attribué s'explique en partie par une forte myopie qui l'isolait, pour ainsi dire, du monde.

Louis XVI était en fait un homme en avance sur son temps, une personne studieuse et érudite qui était passionnée de marine, d'histoire et de sciences diverses. Loin de ne s'interésser qu'aux serrures, il avait une connaissance théorique de la marine si pointue, qu'il se plaisait, quand il vit pour la première fois la mer, à faire des remarques dont la pertinence stupéfiait ses interlocuteurs. D'autres clichés révèlent un roi petit, alors que celui-ci mesurait plus d'1 mètre 90 !

Depuis Louis XIV, la noblesse est domestiquée via la cour. Des principes, l'étiquette, régissent la vie de la cour, en faisant du roi, et surtout de la reine, le centre d'un cérémonial très strict. Cette construction de Louis XIV rendait un rôle à une noblesse en crise : la Fronde l'avait profondément marqué alors qu'il était enfant. Louis XVI hérite donc de ce système. Grâce à la cour, la noblesse voyait son rôle, sa participation à la vie de la nation, légitimée. La noblesse servait le roi et aidait ainsi la couronne. Même si la majorité des nobles n'avait pas les moyens de vivre à la cour, les textes montrent bien l'attachement des nobles de province au rôle de la cour. Cette élite nobiliaire représentait l'ensemble de l'ordre.

Louis XVI n'entra jamais dans cette logique. Ce n'était pas par manque d'éducation : premier monarque français à parler couramment anglais, nourri des philosophes des Lumières, il aspirait à trancher avec l'image « Louisquatorzienne » du roi en constante représentation. Cette image du roi simple rejoint celle des despotes éclairés de l'Europe, comme Frédéric II de Prusse.

Le refus d'entrer dans le grand jeu de l'étiquette explique la très mauvaise réputation que lui fera la noblesse. En la privant du cérémonial, le roi la privait de son rôle dans la société. Ce faisant, il se protégeait également. Si à l'origine la cour servait à contrôler la noblesse, la situation devint très vite différente : le Roi se trouvait lui-même prisonnier du système établi par lui. Pour asseoir son contrôle, il devait avoir un rôle actif dans l'étiquette, centrée sur lui, et ne disposait guère de possibilité d'évasion. Louis XIV et Louis XV se réservaient quelques moments de ce type, comme les dîners d'après la chasse, quand le roi sélectionnait les convives selon son désir et non selon le protocole, il s'aménageait un espace de liberté où il restait le maître.

La mauvaise gestion de Louis XVI de cette cour, en fait sa non-adaptation à un système bien établi depuis Louis XIV, le desservira dans son image : beaucoup de pamphlets le ridiculisant viennent de la noblesse, le décrivant non pas comme le roi simple qu'il était, mais comme un roi simplet.

En 1770, il va épouser Marie-Antoinette d'Autriche. Elle est la fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. Les époux n'ont que 16 ans.

[modifier] Le règne

Le règne de Louis XVI est marqué par de nombreuses tentatives de réformes économiques et institutionnelles. L'égalité devant l'impôt est une réforme qu'il poursuit avec persévérance mais il se heurte toujours à l'opposition de la noblesse et d'une partie du clergé. Or Louis XVI est un légaliste et il n'entend jamais excéder les pouvoirs que lui donnent les lois fondamentales du Royaume. Il doit donc faire avaliser ses réformes. La convocation des États généraux, où il espère pouvoir faire plier en toute légalité les deux ordres qui le bloquent est le dernier épisode de cette confrontation feutrée.

Sous son Règne la torture est abolie. De nombreux travaux publics sont lancés notamment en matière d'assèchements de marais. Le train de vie de la cour est globalement largement diminué. La France joue un rôle géopolitique prépondérant en Europe. Le roi dote l'armée d'une marine qui rivalise pour la première fois de l'Histoire avec celle de l'Angleterre, notamment lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis où il aide militairement les insurgés.

Si le blocage systématique des réformes par la noblesse et le clergé est le problème politique majeur de son règne, le déficit croissant en est le problème économique principal. Or là aussi le roi pense qu'il ne peut être résorbé que par de grandes réformes écornant certains privilèges. Les États Généraux qu'il convoque pour tenter de les mener à bien le plus paisiblement possible échappent assez vite à son contrôle.

[modifier] Sous la Révolution

[modifier] 1789

Image:Louis XVI.PNG L'Assemblée nationale décréta le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur le mode de promulgation des lois, que la formule serait : Louis, par la grâce de Dieu, & la loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français à tous présents et à venir, salut. Pour certains, le nouveau titre du chef de l'État serait donc roi des Français à partir de cette date. Rien pourtant d'anormal qu'à partir du 6 novembre 1789, il fit commencer ses actes officiels (lettres patentes, lois, etc.) par la formule Louis, par la grâce de Dieu, & par la Loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français, puisqu'il se conformait à la formule de promulgation qui avait été décrétée le 10 octobre par l'Assemblée constituante. Le nouveau sceau royal, utilisé à partir de février 1790, porta l'inscription : Louis XVI par la grâce de Dieu et par la loy constitutionnelle de l'État roy des François.

[modifier] La monarchie constitutionnelle

Pour d'autres, il n'aurait été déclaré roi des Français que par la Constitution du 3 septembre 1791 (chapitre II, article 2 : « le seul titre du roi est Roi des Français »), « acceptée » par le roi le 13 septembre 1791. Les pouvoirs du roi y sont en effet limités et précisés. Louis XVI n'est plus roi par la grâce de Dieu, mais roi des Français, c'est-à-dire non plus un souverain de droit divin, mais en quelque sorte le chef, le premier représentant du peuple français. Cette constitution maintenait en outre le changement du titre du dauphin en prince royal (qui avait eu lieu le 14 août 1791).

Le 14 septembre 1791, Louis XVI jure fidélité à ladite constitution.

[modifier] Le roi s'enfuit

Image:Searchtool.svg Voir l’article Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.

L'épisode de la fuite du roi et de son arrestation à Varennes est célèbre. Un plan de fuite avait été étudié par la reine à la fin de l'année 1790. En avril 1791, les événements entrainent sa réalisation. Une manifestation l'empêche physiquement de se rendre au château de Saint-Cloud. Les Révolutionnaires supposent en effet qu'il s'apprête à faire ses Pâques avec un prêtre réfractaire à la constitution civile du clergé. Le roi se décide alors à quitter la ville de Paris le 20 juin avec sa femme, sa sœur et ses deux enfants, Marie-Thérèse et Louis-Charles. Il est arrêté à Varennes le 21 juin malgré la présence de 60 hussards de Lauzun. Une déclaration qu'il avait laissée à Paris en quittant la ville, stigmatisant les Jacobins et leur emprise croissante sur la société française, fut bloquée par l'Assemblée et jamais diffusée dans son intégralité. Les caricaturistes révolutionnaires s'en donnèrent à cœur joie.

[modifier] Après Varennes

Un mouvement important parmi les Révolutionnaires commence à réclamer le départ du roi. Les Cordeliers rédigent plusieurs pétitions contre lui, soutenus par des journaux comme Le Républicain. Les Jacobins décident de suivre les Cordeliers, ce qui crée une rupture en leur sein. Une partie de leurs membres créèrent le club des Feuillants. C'est dans ce contexte que la constitution du 13 septembre 1791, évoquée ci-dessus, est proclamée.

Le jeu politique extrêmement complexe de l'année qui suit conduit à la déchéance du roi. Le pays subit de très fortes tensions. Dans les campagnes, les récoltes sont bonnes, mais la politique libérale conduite par l'assemblée entraine un stress alimentaire et de nombreuses émeutes, malgré des réserves souvent excédentaires. En plus de ces tensions sociales, la guerre est le principal facteur des difficultés de la monarchie. Les défaites de l'armée française entrainent le vote de décrets plus radicaux auxquels le roi oppose son veto. Les débats qui s'en suivent et les émeutes organisées par les Révolutionnaires poussent l'Assemblée législative à décréter la suspension du roi.

Louis XVI est donc suspendu par l'Assemblée le 10 août 1792, et détrôné lors de la première séance de la Convention nationale qui décréte, le 21 septembre 1792 que « la royauté est abolie en France » et que « l'An I de la République française » partira du 21 septembre 1792.

[modifier] Son procès

Image:Searchtool.svg Voir l’article Procès de Louis XVI.

Il est déclaré coupable de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État » par la Convention (auto-instituée en tribunal) et, avec une majorité étroite, condamné à mort au manège du château des Tuileries, à la suite de la « séance permanente du mercredi 16 et du jeudi 17 janvier 1793 » et du scrutin rectificatif du 18.

Le scrutin a été en réalité manipulé puisqu'un décompte sérieux des voix ne donnait pas la majorité à la mort du Roi.

On commence à le surnommer « Louis le dernier »<ref>Par exemple Jacques Roux avec son Discours sur le jugement de Louis le dernier, sur la poursuite des agioteurs, des accapareurs et des traîtres (1er décembre 1792)</ref>.

[modifier] Le verdict

Image:Searchtool.svg Voir l’article Résultat, par départements, du scrutin sur les quatre questions posées lors du procès de Louis XVI.

[modifier] Exécution du 21 janvier 1793 : « Je pardonne aux auteurs de ma mort... »

Image:Searchtool.svg Voir l’article Exécution de Louis XVI.

Les bourreaux voulurent dépouiller Louis XVI de ses habits. Il les repoussa fièrement, se déshabilla lui-même et défit le col de sa chemise. Ils voulurent lui lier les mains. Cette dernière humiliation le révolta :

« Que prétendez-vous ? », demanda-t-il.
« Vous lier », lui fut-il répondu.

Louis XVI reprit :

« Me lier ? Non je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas ; renoncez à ce projet. »
« Avec un mouchoir, Sire » demanda le bourreau Sanson avec respect, montrant un morceau de soie.

Louis XVI, qui n'avait plus été appelé "Sire" depuis bien longtemps, accusa le coup. Il hésitait quand il se tourna vers son confesseur. Les bourreaux allaient l'empoigner quand l'abbé Henri Edgeworth de Firmont lui dit :

« Sire, dans ce nouvel outrage je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être votre récompense. »

Louis XVI leva les yeux au ciel :

« Assurément, dit-il, il ne faut rien de moins que son exemple pour que je me soumette à un tel affront. »

Et se tournant vers les bourreaux :

« Faites ce que vous voudrez ; je boirai le calice jusqu'à la lie. »

Il se laissa dès lors lier les mains et couper les cheveux. S'appuyant sur l'abbé Henri Edgeworth de Firmont il monta calmement les marches qui conduisaient à l'échafaud. L'abbé Henri Edgeworth de Firmont craignait que le courage commençât à lui manquer, et il ajouta, ému :

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel!»

Mais, parvenu au pied de la guillotine, Louis XVI, placide, considéra un instant les instruments de son supplice et demanda si les tambours s'arrêteraient de battre. Il s'avança pour dire :

« Je meurs innocent des crimes qu'on m'impute. je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez verser ne retombera pas sur la France ».

Il voulut poursuivre mais les tambours couvrirent ses dernières paroles. On cria aux bourreaux de faire leur office. Le roi déchu redevint silencieux, et n'opposa plus aucune résistance à l'exécution.


Il fut guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Le couperet siffla à 10 heures 22, sous les yeux de cinq ministres du conseil exécutif provisoire et de quelques autres personnes, invitées par le ministre de la Marine dans son bureau, pour assister à l'exécution.

Il fut enterré au cimetière de la Madeleine, rue d'Anjou-Saint-Honoré. Les 18 et 19 janvier 1815, Louis XVIII fera exhumer ses restes et ceux de Marie-Antoinette pour les faire inhumer à la Basilique Saint-Denis le 21 janvier.

Le 3 mai 1826 place de la Concorde, Charles X pose la première pierre du monument à la mémoire de Louis XVI. Mais la statue ne sera en fait jamais édifiée. Son socle servira de base à l'obélisque de Louxor dressé en 1836.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes et références

<references />

informations sur la lettre adressée par le bourreau Charles-Henri SANSON le 20 février 1793 au rédacteur du journal" Le Thermomètre[du jour]": http://manuscritsanson.blog.mongenie.com/#

[modifier] Bibliographie

  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, spécialisés dans l'étude de Louis XVI et Marie-Antoinette ont rédigé un ensemble d'ouvrages à partir d'archives, voir bibliographie détaillée ;
  • Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, Paris, 2005. ISBN 2-26201-484-1 ;
  • Évelyne Lever, Louis XVI, Fayard, Paris, 1985. ISBN 2-21301-545-7 ;
  • Mona Ozouf, Varennes : la mort de la royauté (21 juin 1791), Gallimard, coll. « Les Journées qui ont fait la France », Paris, 2005, (ISBN 2070771695) ;
  • Timothy Tackett, Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur, La Découverte, Paris, 2004 (édition américaine: Harvard UP, 2003). ISBN 2-70714-238-7 ;
  • Étienne Taillemite, Louis XVI ou le navigateur immobile, Payot, Paris, 2002. ISBN 2-22889-562-8 ;
  • « Faut-il réhabiliter Louis XVI ? », dossier paru dans L'Histoire n°303, France, novembre 2005. Le dossier fait un point sur le personnage au cours de son règne.

[modifier] Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Louis XVI of France.
25px Chronologie des rois de France, rois des Français et empereurs des Français
de 987 à 1870
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1792 1804 1814 1824 1830 1848 1852 1870
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