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Loi salique

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L'expression loi salique désigne deux réalités bien différentes.

  • Dans le Haut Moyen Âge, il s'agit d'un code de loi élaboré à partir du début du VIe siècle pour le peuple des Francs dits « saliens », dont Clovis fut l'un des premiers rois. Ce code établissait entre autres les règles à suivre en matière d'héritage à l'intérieur de ce peuple.
  • Plusieurs siècles après Clovis, dans le courant du XIVe siècle, un article de ce code salique fut exhumé, isolé de son contexte, employé par les juristes de la dynastie royale des Valois pour justifier l'interdiction faite aux femmes de succéder au trône de France. À la fin de l'époque médiévale et à l'époque moderne, l'expression loi salique désigne donc les règles de succession au trône de France. Ces règles ont par ailleurs été imitées dans d'autres monarchies européennes. L'éviction des femmes du pouvoir par cette loi s'appuie sur un certain nombre de faux en écriture, de mensonges et d'omissions de l'Histoire, étudiés par l'historienne Éliane Viennot<ref>Voir son livre La France, les femmes et le pouvoir, Volume 1, L'invention de la loi salique (Ve-XVIe siècle) publié en 2006</ref>, qui montre aussi que cette éviction a suscité dès le XIIIe siècle des résistances et des conflits, dont les acteurs et les actrices restent encore pour la plupart absents des manuels scolaires.

Sommaire

[modifier] Un code de loi "barbare" ?

La première loi salique était un code pénal et civil propre aux Francs dits « saliens » (Ve siècle). Les adjectifs salique et salien proviendraient d'une ville anciennement nommée Sala, aujourd'hui Overijse, en Belgique. D'abord mémorisée et transmise oralement, elle fut mise par écrit dans les premières années du VIe siècle à la demande de Chilpéric, roi des Francs, puis remaniée plusieurs fois par la suite, jusqu'à Charlemagne. Les termes utilisés dans la version écrite et les principes appliqués témoignent autant de larges emprunts au Droit romain qu'à la tradition germanique.

La première version de la loi (il y en eut au moins huit) portait le nom de pactus legis salicæ (pacte de la loi salique). Historiographiquement, on a longtemps vu en cette Loi une transcription des coutumes germaniques, or son introduction présente 4 chefs francs comme les instigateurs de la loi, et nomme les villes où elle fut proclamée. Ces mêmes noms, sous leur forme latine, se retrouvent dans de sources administrative romaines, qui nous apprennent que ces Francs édictant une loi applicable à un territoire de l'empire (juste au Sud du Rhin) étaient en fait des officiers romains ("maîtres de la milice" ou "maître de la cavalerie"), qui avaient fait leurs armes partout dans l'empire, certains même ayant massacré d'autres ligues franques. Les termes utilisés sont ceux du Droit romain et on retrouve autant d'usages militaire bas-impériaux que de traditions germaniques dans le texte (voir respectivement Lètes et Wergild pour plus de détails).

Il est donc plus prudent d'y voir la spécificité des Francs, en ce qu'ils sont plus largement héritiers de l'empire romain que toutes les autres nations barbares : c'est un texte de compromis, et d'autant moins monolithique qu'il a été remanié. D'autres versions de la loi furent élaborées jusqu'au milieu du IXe siècle : à chaque fois, la loi fut augmentée, modifiée et adaptée aux circonstances du moment. Il est donc difficile de dater précisément certains articles.

Parmi ces remaniements, on constate le remplacement progressif du wergild (système où la peine est négociée) par l'amende (la peine est imposée par l'autorité royale). La situation politique se troublant passablement au Ve siècle, les rois mérovingiens supportent de moins en moins les troubles, et durcissent ainsi leur emprise sur la société. A cet égard, la Loi Salique réalise bien la transition entre les structures germaniques et la royauté moyenne-âgeuse.

L'article 62 du pactus initial (intitulé ultérieurement article de allodis) portait sur la succession des alleux, c'est-à-dire des terres détenues en pleine propriété par un groupe familial. Le texte original en est le suivant :
« De terra salica nulla portio hereditatis mulieri veniat, sed ad virilem sexum tota terræ hereditas perveniat. »
« Quant à la terre salique, qu'aucune partie de l'héritage ne revienne à une femme, mais que tout l'héritage de la terre passe au sexe masculin. »

Or ce qu'est précisément la « terre salique » n'est pas défini dans le texte. Il s'agit sans doute de la terre transmise de manière héréditaire, ou peut-être de la demeure familiale, au cœur du domaine. Il est en tout cas certain que l'article n'a rien d'une loi « constitutionnelle » et que la « terre salique » ne désigne pas le royaume des Francs saliens. C'était un article de droit privé, qui ne concernait que l'héritage des biens fonciers appartenant à une famille. L'exclusion des femmes avait pour but d'empêcher que les terres appartenant spécifiquement à une famille ne puissent, par mariage, tomber dans l'escarcelle d'un autre groupe familial. Toutes les régions (et toutes les tribus franques) ne possédaient d'ailleurs pas les mêmes règles de succession. Ainsi, dans les coutumes champenoises des XIIe et XIIIe siècle, on estimait que les femmes pouvaient hériter au même titre que les hommes de la terre ancestrale (terra salica).

[modifier] La récupération de la loi salique au XIVe siècle

C'est seulement au XIVe siècle que cette règle de droit privé est de nouveau invoquée – la loi salique étant tombée dans l'oubli – avec une nouvelle interprétation, pour appuyer les prétentions de la dynastie des Valois au trône de France. Issus d'une branche cadette de la dynastie des Capétiens, les Valois se trouvaient en effet opposés aux Plantagenêts d'Angleterre qui, descendant des Capétiens par les femmes, prétendaient eux aussi à la couronne. Le recours à la fiction juridique de la loi salique permettait de justifier l'exclusion des femmes et de prêter un fondement juridique ancien à la monarchie des Valois.

[modifier] Les problèmes de succession au début du XIVe siècle

Depuis Hugues Capet jusqu'à Louis X la couronne de France a été continûment transmise de père en fils (les premiers Capétiens prenant la précaution d'associer leur fils aîné au trône, ce qui amena progressivement la couronne, initialement élective, à devenir héréditaire.) Cette succession sans souci, dans une continuité parfaite de 987 à 1316 (un héritier mâle aîné était à chaque génération prêt à succéder à son père), amena les historiens à qualifier ces générations de "miracle Capétien".

[modifier] La succession de Louis X (1316)

En 1316, Louis X le Hutin, roi de France et de Navarre, fils de Philippe IV le Bel, meurt sans héritier mâle. Il laisse une fille en bas âge issue du premier lit, Jeanne de Navarre, fille de Marguerite de Bourgogne, et une femme enceinte, Clémence de Hongrie.

Le frère de Louis X, Philippe, comte de Poitiers, y voit alors l'occasion de devenir roi de France : il s'accorde avec Eudes IV de Bourgogne, oncle maternel de Jeanne, pour être le régent de l'enfant à venir au cas où ce dernier serait un fils. Si, en revanche, l'enfant est une fille, elle sera exclue du trône comme sa sœur aînée, mais cela seulement jusqu'à sa majorité. Il semble alors qu'il y ait possibilité pour les deux jeunes filles, et particulièrement pour Jeanne, de monter sur le trône de France. Cette disposition laisse toutefois un répit à Philippe de Poitiers pour se faire admettre comme roi.

À ce stade, aucune législation n'a encore été invoquée ; seuls les rapports de force en jeu à l'époque dictent les choix politiques, sans qu'on évoque l'ancienne loi salique. C'est ensuite, 80 ans plus tard, que l'éviction de Jeanne de Navarre a été attribuée, à tort, à l'application de l'ancienne loi salique pour justifier désormais de l'application de cette loi qui pour longtemps évincera les femmes de la politique française et du pouvoir. Par la suite, le principe de masculinité deviendra une des lois fondamentales du Royaume de France de la Couronne française. Les lois fondamentales du Royaume de France se forment à partir des évènements, et édictent la norme à partir d'anciens exemples. Ainsi, la succession de 1316 et plus encore celle de 1328 seront à l'origine de cette coutume juridique. Seuls les hommes peuvent accéder au trône, et eux seuls peuvent transmettre le pouvoir. Un bon exemple de ce principe est la succession de Charles X en 1593, lorsque plusieurs prétendants au Trône de France sont en concurrence. Mais parmi eux, seul Henri IV de France descend de la famille royale par les hommes. C'est donc lui qui est soutenu par les légistes royaux, au motif du principe de masculinité.

[modifier] La succession de Jean Ier (1316 - 1317)

L'enfant de la reine Clémence, qui naît le 15 novembre 1316, est un fils. Il reçoit le prénom de Jean (on l'appelle en général Jean Ier le Posthume). Mais l'enfant royal meurt cinq jours plus tard.

Philippe bouscule alors les accords passés avec Eudes de Bourgogne : il se proclame roi de France et de Navarre, et se fait sacrer le 9 janvier 1317 sous haute protection militaire. En effet, Philippe est tenu pour un usurpateur par Agnès de France, mère de Marguerite de Bourgogne, grand-mère de Jeanne et fille de saint Louis. Elle réclame le rassemblement des pairs et Philippe V le Long fait appeler les représentants des trois ordres. Il demande à l'Université de rédiger un argumentaire justifiant son droit à monter sur le trône de France. La loi salique, à ce moment, n'est pas encore invoquée: l'argumentaire mis en avant au profit de Philippe V est très pauvre, ne s'appuyant que sur le degré de proximité avec saint Louis.

Mais Philippe a le soutien de la noblesse : ce qui compte ici est qu'il a les moyens de ses ambitions. Un traité est signé entre Eudes de Bourgogne et Philippe V : Jeanne renonce à ses prétentions à la couronne de France. Il semble étrange que des arguments solides, comme le caractère coutumier de l'hérédité masculine (c'est le miracle capétien) n'aient pas été formulés. C'est sans doute que ce débat s'ouvre au moment même où les femmes ont un rôle des plus importants en politique ; ainsi Mahaut d'Artois, mère de Jeanne II de Bourgogne (l'épouse de Philippe V), est-elle nommée pair du royaume. En outre, Philippe V est dans une situation contradictoire : du vivant de Louis X, Philippe avait demandé à son frère la permission de transmettre son apanage du Poitou à sa fille... pourquoi la fille de Louis X n'aurait elle pas pu hériter du royaume de France ?

[modifier] La succession de Philippe V (1322)

Philippe V meurt en 1322 sans descendance masculine (son unique fils Louis est mort en bas âge). C'est alors Charles de la Marche, son frère et dernier fils de Philippe le Bel, qui lui succède. Cette succession ne fait l'objet d'aucune contestation : « le fait commençait à créer le droit ». C'est ainsi que fut créé le principe de collatéralité, une autre composante des lois fondamentales du Royaume de France. Si le roi défunt n'avait pas d'héritier mâle, son plus proche parent mâle héritait de la Couronne. Ainsi, les droits de Jeanne de Navarre, la fille de Louis X, ou ceux de Jeanne de Bourgogne, la fille de Philippe V, ne sont pas examinés.

C'est cependant sous le règne de Charles IV le Bel que les légistes François de Meyronnes et Raoul de Presles mettent en avant une première justification « solide » de l'exclusion des femmes au trône : le roi est dans une situation quasi-sacerdotale, et les prêtres ne peuvent être que des hommes.

[modifier] La succession de Charles IV (1328)

Charles IV meurt à son tour en 1328 : une nouvelle crise successorale éclate. La reine, Jeanne d'Evreux, est enceinte. Le même problème qu'en 1316 se pose donc : il faut à la fois se préparer à une éventuelle régence (et donc choisir un régent) et préparer une possible succession au trône. Il semble désormais acquis que les femmes ne peuvent prétendre à la couronne de France (sans qu'aucune règle écrite, rappelons-le, ne le stipule encore à cette date). Sont donc a priori exclues :

  • Isabelle de France, la sœur de Louis X, de Philippe V et de Charles IV, épouse du roi Edouard II d'Angleterre ;
  • les filles de Louis X, de Philippe V et de Charles IV ;
  • une éventuelle fille à naître de la grossesse de la reine Jeanne d'Evreux.

En revanche, il n'est pas dit que les femmes ne peuvent pas transmettre leurs droits au trône à leurs fils. Deux hommes s'opposent alors et revendiquent la succession : Philippe, comte de Valois, fils d'un frère cadet de Philippe IV le Bel et donc cousin germain du défunt Charles IV ; et Édouard III, roi d'Angleterre, fils d'Isabelle, petit-fils de Philippe IV le Bel et donc neveu du défunt Charles IV.

C'est Philippe de Valois qui fut choisi comme roi par une assemblée des barons (les principaux seigneurs du royaume de France). Il monta sur le trône sous le nom de Philippe VI. Deux raisons principales expliquent ce choix des barons :

  • Édouard III revendique le trône par l'intermédiaire de sa mère. S'il avait été proclamé roi de France, une kyrielle de revendications de la part d'autres fils issus de filles royales auraient pu ressurgir... Cette raison n'a peut-être pas été la principale en 1328, mais elle a été régulièrement mise en avant par la suite. Ainsi, dans les années 1360, Charles II de Navarre, fils de Jeanne (la fille de Louis X), à qui Philippe VI avait rendu la Navarre, est soutenu par l'opinion publique et espère monter sur le trône ;
  • la véritable raison du choix des barons, est que la monarchie française est une monarchie nationale... Or Édouard III est déjà roi d'Angleterre, ce qui pousse les barons à rejeter sa candidature. Édouard III se résigne alors et reconnaît Philippe VI comme roi de France : il lui prête même un hommage lige au roi de France en 1331. Il revient cependant sur son acceptation en 1337, provoquant la Guerre de Cent Ans.

[modifier] Redécouverte et réinterprétation de la loi salique

Les prétentions d'Édouard III et de Charles le Mauvais, qui se conjuguent avec les difficultés des premiers rois Valois, Philippe VI et Jean II le Bon, poussent Charles V, fils et successeur de Jean II, à faire formuler une règle de succession claire et indiscutable. C'est donc sous son règne que Nicolas Oresme reprend plus concrètement l'argumentation de François de Meyronnes et de Raoul de Presles. Dans son Livre de Politique, il définit trois moyens d'accession au trône :

  • par transmission dynastique – au fils aîné du roi ;
  • par élection – comme pour Hugues Capet ;
  • par élection de lignage – comme Philippe VI.

Ainsi, Nicolas Oresme justifie l'accession au trône des Valois par deux moyens : ils ont été désignés à la fois par l'élection et en raison de leur appartenance à la dynastie régnante. Mais on voit bien que ces justifications sont encore fragiles : des succès militaires d'Édouard III ou de Charles le Mauvais pourraient parfaitement entraîner une nouvelle réunion des barons et le choix d'un autre souverain.

En 1378, Evrart de Trémaugon, dans le Songe du Vergier, va chercher dans le droit romain une justification qui invoque la « faiblesse du sexe » (imbecillitas sexus). Cette justification est intéressante, mais elle ne permet pas de justifier l'exclusion des descendants masculins de cette femme, qui ne sont pas touchés par cette « faiblesse ».

Ce n'est finalement qu'en 1388 que l'article 62 de la « loi des Francs saliens » (c'est-à-dire de la loi salique originelle) est redécouvert et utilisé dans le cadre d'une loi de succession. Le recours à cet article permet d'affirmer que, dès le règne de Clovis, fondateur du royaume, la femme ne pouvait « avoir en héritage aucune part du royaume ». Il va de soi qu'il s'agit d'une interprétation abusive de ce texte du VIe siècle, qui, rappelons-le, légiférait sur le droit privé des successions, et n'avait donc rien à voir avec la succession royale, qui relevait du droit public.

On ajouta par la suite bien d'autres justifications tout aussi peu vraisemblables. Ainsi, on a pu mettre en avant une expression tirée de l'Évangile selon saint Matthieu, où le Christ déclare que « les lys ne filent pas ». Les lys étant le symbole de la monarchie française, et le filage une activité typiquement féminine, on en a déduit que Jésus Christ lui-même avait déclaré que les femmes ne pouvaient succéder au trône de France.

On doit donc conclure sur ce point en observant que la plupart de ces « lois » furent en réalités des justifications apportées a posteriori pour justifier des situations de fait, fruits des évènements politiques et militaires.

[modifier] Usages de la loi salique dans les monarchies européennes

[modifier] Usages en France

Après quelques tâtonnements dans la première moitié du XVe siècle, la loi salique réinterprétée par les juristes de Charles V devient la principale loi de succession au trône, et l'une des règles fondamentales du royaume. Elle entraîne l'exclusion systématique des membres d'autres famille royales liées par mariage à la famille royale française. Elle garantit donc que seul un prince français peut accéder au trône de France et renforce le caractère national de la monarchie.

L'une des principales applications de cette loi eut lieu dans la seconde moitié des années 1580. Henri III, dernier roi Valois, avait prévu que le prince Henri de Bourbon, roi de Navarre, lui succéderait. Mais cette succession n'était pas due au fait qu'Henri de Navarre, ayant épousé Marguerite, sœur de Henri III (cette Marguerite est la célèbre reine Margot) ; elle était due au fait qu'Henri de Navarre descendait en ligne masculine ininterrompue du roi Louis IX (1226 -1270). Il était, en ligne masculine, le plus proche parent d'Henri III. Les grandes difficultés d'Henri IV au début de son règne (Henri III meurt en 1589) s'expliquent plus par sa religion (il était protestant alors que la majorité de la population était catholique) que par le fait qu'il était un parent très éloigné du précédent roi. Au contraire, on peut dire que la loi salique était tellement entrée dans les mœurs qu'il paraissait quasiment impossible de choisir un autre roi que celui désigné par l'application de ces règles de succession.

De même, dans les premières années du XVIIIe siècle, le roi Louis XIV vieillissant, et ayant perdu la plupart de ses descendants légitimes, voulut modifier les règles de succession et permettre l'accession de ses enfants illégitimes (les enfants de ses maîtresses) au trône de France. Cette décision fut, dès la mort du roi en 1715, cassée par le Parlement de Paris, en raison de l'intangibilité des règles de succession, la loi salique étant considérée comme une « loi fondamentale du royaume », et comme telle ne pouvant être modifiée, même par le roi.

[modifier] Usages dans d'autres monarchies

Le système de la loi salique pour la succession au trône est ou a été en vigueur dans de nombreux régimes monarchiques.

L'abrogation de la loi salique mena à des contestations et même à plusieurs guerres civiles en Espagne, où elle avait été adoptée à la suite de l'accession d'un prince français en 1700. En 1830, le roi Ferdinand VII abrogea la loi salique, ce qui faisait de sa fille Isabelle son héritière et excluait du trône son frère Charles. Cette décision mena à une importante crise de succession en Espagne, la première guerre carliste (1833 - 1846).

La loi salique a été utilisée pour séparer le Grand-Duché de Luxembourg des Pays-Bas. Le roi Guillaume III n'ayant pas d'héritier mâle, le Luxembourg exigea en vertu de la loi salique un successeur mâle pour sortir de l'union personnelle avec les Pays-Bas. Wilhelmine devenait reine des Pays-Bas, tandis qu'une autre branche de la famille Nassau, la maison de Nassau-Weilburg montait sur le trône en 1890.

La loi salique a été abrogée en Suède en 1979 et en Belgique en 1991.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Bernard Barbiche, Les institutions de la monarchie française à l'époque moderne, XVIe-XVIIIe siècle, Paris : PUF, 1999, 2e éd. 2001.
  • Jean Barbey, Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Les lois fondamentales et succession de France, D.U.C, 1984 ;
  • Marc Ferro, Histoire de France, Poches Odile Jacob, 2001.
  • Éliane Viennot La France, les femmes et le pouvoir, Volume 1, L'invention de la loi salique (Ve-XVIe siècle), Perrin, 2006.
  • Sylvain Soleil, Introduction historique aux institutions - du IVe au XVIIIe siècle, ChampsUniversité, Flammarion, 2002.

[modifier] Liens internes

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