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Les Noces de Cana (Véronèse)

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Les noces de Cana
Image:Paolo Veronese 008.jpg
Paul Véronèse, 1562-1563
huile sur toile
666 × 990 cm
musée du Louvre

Les Noces de Cana est un tableau de Paul Véronèse actuellement situé au musée du Louvre, à Paris.

Sommaire

[modifier] Histoire

Commandé le 6 juin 1562 par les bénédictins du monastère San Giorgio Maggiore, situé sur l'Île de San Giorgio Maggiore, à Venise, qui voulaient voir le tableau égayer leur réfectoire, les Noces de Cana firent scandale en leur temps. Insistant sur la fête que constituent des noces plus que sur la lourde symbolique qu'impose l'illustration de textes issus de l'évangile, Véronèse semble se complaire dans une ivresse toute vénitienne (on disait des Vénitiens qu'ils croyaient « énormément en saint Marc, assez en Dieu et peu ou pas du tout au pape »), ultra-moderne (certains éléments d'architecture sont empruntés à des bâtiments créés par Palladio l'année même) et cosmopolite (sont mêlés vêtements orientaux et occidentaux).

[modifier] Le tableau en France

Volé par l'armée napoléonnienne lors de la Campagne d'Italie, le tableau siège depuis 1798 au premier étage du Louvre.
Antonio Canova, célèbre sculpteur chargé de récupérer toutes les œuvres d'art italien confisquées par Napoléon, laissera Les Noces à la France, convaincu par Vivant Denon de la trop grande fragilité de cette toile. En échange, l'Italie se voit offrir une œuvre de Charles Le Brun.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le tableau sera tout de même mis à l'abri dans le sud de la France, preuve qu'il n'était pas impossible de le déplacer. Après la guerre, il retournera à Paris, tout de même endommagé par le transport.

[modifier] La restauration

De 1990 à 1992, le tableau connaît une restauration aussi passionnée que médiatisée. À cette occasion, le tableau connaît un accident grave (une partie de la toile s'effondre) qui retardera les travaux, mais c'est un autre incident qui fera débat : la découverte que le manteau d'un des personnages n'a pas toujours été de la même couleur. La question sera de savoir si la couleur connue du public jusqu'ici était un repeint (une restauration sauvage d'un siècle précédent).

Alors que la restauration s'achevait, l'avocat Arno Klarsfeld et le top-model Carla Bruni ont millité pour le retour du tableau dans le réfectoire des bénédictins de San Giorgio Maggiore à Venise. Leur combat, assez médiatisé, n'a pas abouti.

[modifier] Description physique du tableau

Avec son format impressionnant de 666 x 990 cm, Les Noces de Cana est sans doute le plus imposant des tableaux anciens présents dans les collections nationales françaises, et en tout cas, de celles du Louvre. Il est à noter que la hauteur de 666 centimètres n'est pas un clin d'œil à l'Apocalypse de saint Jean mais une pure coïncidence, puisque le système métrique n'existait pas à l'époque de Véronèse (666 cm = 3 toises,  2 pieds et 6 pouces).

[modifier] Les personnages

On y dénombre 132 personnages, dont certains sont d'ailleurs des portraits de personnes ayant existé, comme Pierre L'Arétin. Le groupe de musiciens qui se trouve au centre serait, selon la tradition, composé de Titien, Tintoret, Véronèse, Bassano et enfin, le frère de Véronèse. Certains historiens de l'art ont récemment réfuté cette séduisante hypothèse d'autoportrait in assistenza, arguant qu'aucun texte de l'époque n'en fait cas.
Le personnage qui se trouve à gauche de Jésus est sa mère, Marie.

[modifier] Interprétation religieuse

Malgré ses couleurs chatoyantes et sa foule joyeuse, le tableau de Véronèse contient sa part d'ombre. Au centre exact de la toile se trouve en effet un morceau d'agneau qu'un boucher hache. Juste en dessous, Jésus, que l'on ne remarque pas au premier abord malgré une mine grave et malgré le fait qu'il soit un des deux seuls personnages du tableau à regarder le spectateur (l'autre personnage qui est une femme, située sur la table de gauche du tableau et traditionnellement identifiée comme la mariée). Ce détail morbide (l'agneau découpé) est sans doute ici pour rappeler au croyant que c'est au milieu d'une fête que Jésus, en accomplissant son tout premier miracle — le changement de l'eau en vin, pendant ces noces —, a signé son arrêt de mort puisque c'est le point de départ de la suite d'événements qui l'amènera à être crucifié. Jésus est en effet l'agneau sacrificiel, Agnus Dei.

[modifier] Bibliographie

  • Habert, Jean. Volle, Nathalie. Les Noces de Cana de Véronèse, ed. Réunion des Musées Nationaux, 1992 - ISBN 2711826627
  • Huguenin, Daniel. Le nain des Noces de Cana de Véronèse, ed. Complicités, 2001 (coll. Collection privée) - ISBN 2910721418

[modifier] Liens externes

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Cet article fait partie de la série Peinture
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de:Die Hochzeit zu Kana (Veronese)

en:The Wedding at Cana

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