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Le Corniaud

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Le Corniaud est un film franco-italo-espagnol réalisé par Gérard Oury, sorti en 1965.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Alors qu'il n'a encore parcouru que quelques dizaines de mètres sur le chemin de l'Italie où il souhaitait passer ses vacances, la 2 CV d'Antoine Maréchal se disloque lorsqu'elle est percutée par la Bentley de Monsieur Saroyan, un soi-disant directeur d'une maison d'import-export. D'abord de mauvaise foi, Saroyan reconnaît ses torts et, comme dédommagement, offre à Maréchal le voyage Paris-Naples en avion puis de convoyer tous frais payés, jusqu'à Bordeaux, d'où elle sera réexpédiée à Miami, une superbe et immense Cadillac décapotable laissée là-bas par un de ses amis américains. Voilà qui promet de formidables vacances pour Maréchal, mais il ne se doute pas que Saroyan est le parrain d'un syndicat de gangsters et que le « paquebot routier » est bourré de produits pour contrebande: « Chnouff » (héroïne), pierres précieuses (dont le « You koun-koun », le plus gros diamant du monde), or, etc. Le voici donc bientôt sur les routes d'Italie, ignorant tout de sa précieuse cargaison et ne remarquant pas le malfaiteur qui suit à distance sa « mule » et veille sur la marchandise convoitée par une bande rivale...

[modifier] Commentaire

Le Corniaud est un road movie comique, un réjouissant voyage en Italie qui conduit les protagonistes de Paris à Rome, Naples, Pise, la Côte d'Azur et Carcassonne en passant par des sites magnifiques comme la Villa d'Este, château Saint-Ange et la Toscane. Loin des comédies « réalisées à l'économie », le film entièrement tourné en extérieur bénéficie de conditions assez exceptionnelles pour un film comique français de cette époque: un budget conséquent<ref>530 millions de centimes pour un budget initial de 350, ce qui représente 6,3 millions d'€ en 2005 si l'on se réfère au tableau de conversion établi par l'INSEE (Cf. [1]). Le dépassement, en grande partie du à une mauvaise météo sur l'Italie, faillit causer la faillite du producteur Robert Dorfmann.</ref>, la couleur, le son direct et quinze semaines de tournage. Même si les deux acteurs principaux ont peu de scènes communes<ref>Les deux acteurs ne jouent ensemble qu'au début et à la fin du film. Entre temps, De Funès/Saroyan suit à distance Bourvil/Marechal en évitant d'être repéré.</ref>, leurs emplois sont complémentaires : Bourvil joue le corniaud, le naïf émouvant qui effectue innocemment un extraordinaire périple et joue le joli cœur, tandis que De Funès incarne la mauvaise foi « montée sur ressort » cherchant à exploiter son acolyte, un chef de bande colérique et fébrile qui voit tous ses plans malhonnêtes s'effondrer au fur et à mesure du chemin.

[modifier] Distribution

[modifier] Fiche technique

[modifier] Citations

  • Leopold Saroyan (De Funès) vient d'anéantir la 2 CV d'Antoine Maréchal (Bourvil)
- C'est pas grave...
- C'est pas grave ! Vous en avez de bonnes ! Qu'est-ce que je vais devenir moi ?
- Eh bien un piéton !
  • Toujours à propos de sa voiture complètement détruite : (voir "Autour du film")
- Ah elle va marcher beaucoup moins bien forcément!
  • Leopold Saroyan (De Funès) au téléphone avec l'auto-stoppeuse allemande :
- Ich bin ein freund, un ami, ein freund of herr Antoine Maréchal ! He ist en danger... Verstehen sie danger ? [...] Si vous nicht interveniren, Maréchal Kaput !
- Das ist gar nicht möglich !
- Ça je ne peut pas vous dire ! Because der mann, der beau garçon, ach !! ist ein salopard, ein grosser salopard ... qui veut barboter... beg your pardon... volieren la Cadillac... Voilà, merci... (il raccroche) Non, je crois pas qu'elle a capito !

[modifier] Autour du film

  • Après la projection des rushes des deux premières semaines de tournage, De Funès trouvant qu'il n'était pas assez présent à l'écran<ref>Cette impression fut sans doute renforcée par le fait que deux jour avant le premier tour de manivelle, le fils de 16 ans du premier assistant « emprunte » la Jaguar verte que De Funès devait utiliser et la détruit dans un accident. En conséquence, beaucoup des scènes de l'acteur ne pourront être filmées qu'après l'arrivée d'une voiture de rechange, des jours plus tard (cf. Mémoires d'éléphant, p. 223).</ref> fera une « grève du masque<ref>Mémoires d'éléphant, p. 225. Patrick De Funès revient sur cet incident dans le livre Ne parler par trop de moi, les enfant !. Il écrit p. 144 : « J'ai lu plus tard que mon père, un temps, se serait livré à un sorte de grève sur le tournage [..]. C'est inexacte : il avait bien trop de conscience professionnelle pour cela. [..] en réalité, durant cette très courte période de froid, il ne joua plus que ce qui était écrit [..] sans plus chercher à inventer ni improviser »</ref>» pendant près 24 heures. Oury imagine alors la célèbre scène de douche, où l'acteur compare sa musculature avec celle d'un « grand balèze », l'ex-catcheur Robert Duranton. L'idée lui est inspirée par une rencontre étonnante faite lors d'un voyage en Italie «  .. j'avais rencontré à Capri un couple étrange, lui: un homo maigrichon américain, ridaillé mais milliardaire, elle: un colossal biquet français culturiste ! L'opposition physique entre ces deux êtres dépassait les limites de la bouffonnerie<ref>Mémoires d'éléphant, p. 225.</ref> ».
  • L'aventure de La Grande Vadrouille commence ... sur le tournage du Corniaud où Gérard Oury raconte aux deux comédiens le scénario du film à venir.
  • La 2CV était équipée de 250 boulons électriques afin qu'elle se disloque au moment voulu. Cette scène, la dernière tournée le 7 décembre 1964, fut peut-être inspirée à Oury par sa « rencontre » cinématographique avec Bourvil <ref>Leur première rencontre cinématographique s'est produite sur le plateau du Passe muraille de Jean Boyer. « .. le Passe-Muraille, c'était Bourvil, et il devait m'asséner des claques au travers des cloisons [..] j'avais la tête comme une calebasse. Naturellement, après un certain nombre de prises, je ne pouvais plus me défendre d'un réflexe d'appréhension. Cela dura deux jours et fut à l'origine de vingt ans d'amitiés. » Gérard Oury, Ma grande vadrouille, Plon, Paris, 2001, p. 18.</ref>sur le tournage du Mirroir à deux faces. Dans ce film dramatique d'André Cayatte réalisé en 1958, Bourvil au volant de sa 2CV est percuté par Gérard Oury, acteur mais aussi co-scénariste du film, au volant d'une grosse américaine.
  • Lorsque Bourvil/Maréchal dit « elle va marcher beaucoup moins bien, forcément », juste après l'accident de la 2CV, on voit de Funès se retourner pour rire. Cette réplique n'était pas prévue et cette scène aurait difficilement été rejouable, ce qui aurait du être le cas si de Funès n'avait pas eu la présence d'esprit de se retourner avant de rire.
  • Le scénario du Corniaud s'inspire de la mésaventure d'un présentateur de la télévision française, Jacques Angelvin, qui fut arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick provenant de France et dans laquelle plus cinquante kilogrammes d'héroïne pure avait été dissimulés<ref>« Influencé par l'affaire Angelvin, j'en ai rêvé de cette histoire. Ce présentateur croupit en prison à N.Y pour avoir emmené par bateau sa voiture américaine en Amérique. Cela a paru louche [..] Ou alors le type ne savait rien. C'est ce qu'il prétend, ce corniaud ! » Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, Presses Pocket, 1989, Paris, p. 221. </ref>. Lors de son arrestation, la voiture ne contenait plus la drogue et Angelvin clama d'abord son innocence en prétendant avoir été dupé, d'une manière semblable au héros du Corniaud. Il fut pourtant prouvé que la voiture du Français avait bien servi à transporter la drogue depuis Marseille jusqu'au USA et qu'il avait touché 10000$ pour cela. Plaidant coupable lors de son procès, le présentateur de « Paris Club » fut incarcéré pendant 5 ans<ref>Il raconte son histoire dans Jacques Angelvin, Mes prisons américaines, Plon, 1968.</ref>. Cette arrestation est un des épisodes du démantèlement de la « French connection » qui a inspiré le film French Connection.
  • Le cachet de Bourvil pour ce film est trois fois plus important que celui octroyé à De Funès<ref>Mémoires d'éléphant, p. 230.</ref>.
  • La Cadillac conduite par Bourvil est un modèle ElDorado 1964.
  • n°1 au box-office en 1965 : 11,74 millions d'entrées.
  • Lors du Festival de Cannes 1965, Oury et son producteur se voient proposer par des américains de réaliser et produire un remake avec Dean Martin et Jack Lemmon. Malgré une offre conséquente (« Budget doublé, salaires versés en Suisse, promesses de deux autres films dans les cinq ans. Énorme »<ref>Sur la route de la grande vadrouille : Les coulisses du tournage, p. 9.</ref>), les français ne donneront pas suite.

[modifier] Distinction

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Olivier de Funès et Patrick de Funès, Louis de Funès : Ne parlez pas trop de moi, les enfants !, Le Cherche midi, 2005, (ISBN 274910372X)
  • Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, Presses Pocket, Paris, 1989

[modifier] Notes et références

<references/>

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