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L'Anneau du Nibelung (Wagner)

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(Redirigé depuis L'Anneau du Nibelung)

L'Anneau du Nibelung (Fils du brouillard) est un mythe germanique et nordique qui a inspiré Richard Wagner pour son opéra du même nom, ainsi qu'un film ultérieur portant ce titre. Le mythe fait partie des inspirations de la littérature contemporaine, avec J.R.R. Tolkien et son épopée du seigneur des Anneaux.

L'Anneau du Nibelung, festival scénique en un prologue et trois journées (Der Ring des Nibelungen) ou Le Ring, ou la Tétralogie, est le titre original du cycle dramatique en un prologue et trois journées de Richard Wagner. Si par commodité on parle d'opéra, l'auteur lui-même et les spécialistes insistent sur ce fait.

Avec près de trente ans de gestation, Le Ring est une œuvre immense. Selon les interprétations, il peut durer de treize à dix-sept heures. Le texte, rédigé en allemand, compte plus de huit mille lignes et met en scène plus de trente personnages. La musique est construite autour de plus de quatre-vingt leitmotive (ou thèmes conducteurs) musicaux différents (sans compter les dérivés).

Passionné par le théâtre grec antique Richard Wagner emprunte la structure en quatre parties des spectacles antiques. Il en tire aussi ce qu'il appelle l'Art total où tout est lié : théâtre, musique, poésie, peinture, etc. Il ira jusqu'à construire un thêâtre consacré à son œuvre, le Palais des festivals de Bayreuth. « Une œuvre multimédia avant l'heure ! », écrit Bruno Lussato. Partie d'un projet de poème épique (La Mort de Siegfried), cette œuvre s'est transformée au fil des années et de la maturité de l'auteur en une gigantesque allégorie sur la société, la politique, l'économie et le pouvoir.

Der Ring des Nibelungen
Das Rheingold | Die Walküre | Siegfried | Götterdämmerung


Sommaire

[modifier] Inspiration

À cause de l'impact énorme qu'aura la Tétralogie et qui inspirera nombre de grands artistes ultérieurement, pour le grand public actuel, l'inspiration semble s'être inversée. Par exemple quelqu'un regardant une lithographie de Franz Stassen pourra croire à une inspiration antérieure à Wagner alors qu'elles datent des années 1910-1920 et sont une illustration du Ring.

Pour ses personnages, Wagner s'inspire librement des légendes de la mythologie nordique dont les poèmes de l’Edda et la Saga des Völsungar.

Certaines situations s'inspirent d'œuvres de Leconte de Lisle comme la Belle au Bois dormant, de La Motte-Fouqué, de Charles Perrault (le Chat Botté), de Hebbel, de Lenström, des contes des frères Grimm ainsi que d'autres inspirations culturelles ou religieuses (son projet non abouti Jésus de Nazareth, la rédemption, Saint François d'Assise parlant aux oiseaux).

Les intrigues et les événements sont largement imaginés ou réinventés par l'auteur.

En retour le Ring aura une grande influence sur les autres arts : peinture (de nombreux tableaux et illustrations s'inspirent du Ring), cinéma, bande-dessinée, littérature romanesque ou épique...

[modifier] Genèse et chronologie de l'Anneau

Comme d'habitude Wagner écrit le texte avant de composer la musique. Il faut noter que le texte est rédigé en commençant par la dernière journée, tandis que la musique suit l'ordre chronologique de l'œuvre finale.

On remarque une longue période de sept ans durant laquelle Wagner ne touchera plus à l'œuvre. Non que l'auteur se désintéresse du Ring mais la richesse et la complexité du propos l'amènent à une impasse dans la composition musicale. Wagner se lance alors à fond dans Tristan et les Maîtres chanteurs, affine sa technique et revient au Ring avec une expérience plus riche. Il suffit de comparer la musique du Prologue qui accompagne simplement le texte et celle de la dernière journée, extrêmement riche et complexe, qui paraît dépasser le texte pour mieux l'illustrer et enrichir son propos.

  • 1848 : projet d'un opéra : La mort de Siegfried.
  • 1850 : début d'esquisses musicales.
  • 1851 : ébauche du jeune Siegfried.
  • 1851 : plan de l'œuvre arrêté : « dès cette époque (1849-1851) je portais dans ma tête le plan de mon drame des Nibelungen », écrit Wagner (Lettres sur la musique).
  • 1852 : première idée d'un festival pour interpréter le Ring inspiré du théâtre grec antique et de la construction d'un théâtre en bois spécialement dédié à l'œuvre.
  • février 1853 : le texte (livret) est publié à compte d'auteur (50 exemplaires).
  • novembre 1853 : début de l'écriture musicale.
  • 1854 : composition de l'Or du Rhin et ébauche de la composition de la Walkyrie.
  • 1856 : fin de la composition de la Walkyrie, ébauche de la composition de Siegfried.
  • Louis II de Bavière accepte de supporter le Ring.
  • 1869 : reprend la composition acte II et III de Siegfried et débute composition du Crépuscule.
  • 1869 : création de l'Or du Rhin à l'opéra de Berlin sous injonction de Louis II
  • 1870 : création de La Walkyrie
  • 1874 : termine la composition du Crépuscule, l'œuvre est terminée le 21 novembre
  • 1875 : le théâtre de Bayreuth est terminé en août. L'auteur peut tester l'acoustique.
  • 1876 : l'intégrale du Ring est créée à Bayreuth.

[modifier] Structure

Wagner, qui pour le côté théâtral était passionné par le théâtre grec antique, a voulu construire l'Anneau sur le même schéma de quatre parties. Ainsi le Ring est divisé en un prélude et trois pièces répartis sur trois journées:

  • Prologue : l'Or du Rhin en quatre scènes séparées par des interludes orchestraux.
  • 1re journée : La Walkyrie en trois actes :
    • Acte 1 en 3 scènes
    • Acte 2 en 5 scènes
    • Acte 3 en 3 scènes
  • 2e journée : Siegfried en trois actes:
    • Acte 1 en 3 scènes
    • Acte 2 en 3 scènes
    • Acte 3 en 3 scènes
  • 3e journée : Le Crépuscule des dieux en un prologue et trois actes:
    • Prologue en 2 scènes et 2 interludes musicaux
    • Acte 1 en 3 scènes
    • Acte 2 en 5 scènes
    • Acte 3 en 3 scènes et un interlude orchestral (la célèbre Marche Funèbre)

L'œuvre est aussi structurée musicalement par les thèmes conducteurs ou leitmotive, qui atteignent ici un très haut degré de sophistication : ils évoluent et se transforment au cours de l'œuvre mais, lors de la représentation, ont un impact très important même pour des oreilles non averties.

Il est remarquable que chacune de ces parties a une vie propre. On peut les écouter indépendament les uns des autres. La Walkyrie fut d'ailleurs créée cinq ans avant l'intégrale.

Dominique Jameux dans son guide Tétralogie mode d'emploi (L'Avant-Scène Opéra, chapitre 2 : « Par quoi commencer ») propose l'approche suivante :

  • a) L'Or du Rhin : c'est logique. Et dès l'entrée un pur plaisir.
  • b) Le Crépuscule des Dieux : cela n'a rien d'aberrant, c'est même ce que l'auteur a fait en commençant de travailler par la Mort de Siegfried.
  • c) Siegfried [...] œuvre gaie, animée, pittoresque [...] Et pour une fois il y a un heureux dénouement !
  • d) La Walkyrie : les maisons d'opéras [...] présentent souvent cette seule Walkyrie.

Mais l'idéal est de pouvoir suivre les journées dans l'ordre chronologique.

[modifier] Les personnages

Les familles de personnages
Nom Commentaires Personnages
Les dieux En dehors de Wotan tout puissant, ils ont chacun leurs spécialités. Wotan, Fricka, Erda, Donner, Freia, Froh, Loge
Les Walkyries Chargées de ramasser les héros morts et de les ramener au Walhalla pour construire l'armée de Wotan Brünnhilde, Waltraute, Helmwigue, Guerhilde, Ortlinde, Siegrune, Rossweiss, Grimguerde, Schweirtleite
Les Géants Ils ont construits le Walhalla. Fasolt, Fafner
Les Nibelungen Nains vivant au centre de la terre ils maîtrisent la matière et l'art de la travailler. Alberich, Mime, Hagen
Les Wälsungen Enfants du loup, ils sont les descendants d'une femme inconnue et de Wotan (alors sous forme de loup). Ils ont tous l'instinct sauvage de liberté par lequel Wotan espère libérer le monde de ses propres contraintes. Leurs noms commencent tous par Sieg. Siegmund, Sieglinde, Siegfried (fils des deux premiers)
Les Filles du Rhin (nymphes, ondines ou sirènes) Chargées de veiller sur l'or caché au fond du fleuve Wellgunde, Flosshilde, Woglinde
Les Gibish Hagen est aussi leur demi-frère Gunther, Gutrune
Autres humains Hunding, mari de Sieglinde
Personnages et leur présence (par ordre d'apparition)
Personnages Voix Description L'Or du Rhin La Walkyrie Siegfried Le Crépuscule

des Dieux

Woglinde Soprano Nymphe ou ondine, une des filles du Rhin, gardienne de l'or, sœur de Wellgunde et Flosshilde. x x
Wellgunde Soprano Nymphe ou ondine, une des filles du Rhin, gardienne de l'or, sœur de Woglinde et Flosshilde. x x
Flosshilde Contralto Nymphe ou ondine, une des filles du Rhin, gardienne de l'or, sœur de Wellgunde et Woglinde. x x
Alberich Baryton Nain, frère de Mime et père de Hagen, il vole l'or aux filles du Rhin et proclamera la malédiction de l'anneau. x x rêve de hagen
Fricka Mezzo-soprano Déesse, gardienne des liens du mariage, épouse de Wotan. x x
Wotan Baryton, Baryton-basse (Siegfried) Père des dieux, époux de Fricka, père des Walkyries, de Siegmund et Sieghilde, il est le pilier de l'œuvre. D'après certaines interprétations il est plongé dans les contradictions du monde industrialisé du XIXe siècle. x x le voyageur
Freia Soprano Déesse de la jeunesse, sœur de Frau et Donner. x
Fasolt Baryton Un des géants qui construit le Walhalla x
Fafner Baryton Un des géants, frère de Fasolt qu'il tue pour s'emparer de l'or, il se réfugie dans une grotte dans laquelle, grâce au Tarnhelm, il prend la forme d'un dragon. Il sera tué par Siegfried. x dragon
Froh Ténor Frère de Freia et Donner. x
Donner Baryton Dieu du tonnerre, frère de Froh et Freia. x
Loge Ténor Dieu du feu, le plus malin, le plus malicieux, le plus fourbe des dieux, il gardera Brünnhilde sur son rocher et anéantira le Walhall. x flamme flamme flamme
Mime Ténor Nain, frère d'Alberich, forgeron, il construit l'anneau ainsi que le Tarnhelm. Il sera tué par Siegfried. x x
Erda Contralto Déesse de la sagesse, maîtresse des Nornes et mère de Brünnhilde. x x
Siegmund Ténor l'élu du malheur, fils de Wotan (sous la forme d'un loup), frère jumeau de Sieghilde, père de Siegfried, sera trahi par son père puis tué par Hunding. x
Sieglinde Soprano Fille de Wotan (sous forme de loup), sœur de Siegmund, mère de Siegfried, elle sera sauvée par la Walkyrie. x
Hunding Basse Époux de Sieghilde, tuera Siegmund et sera détruit par Wotan. x
Brünnhilde Soprano Walkyrie, fille de Wotan et d'Erda, demi-sœur de Siegmund, de Sieghilde et des autres walkyries, est avec Wotan l'autre pilier de la tétralogie. Elle a la volonté et la pugnacité de son père, plus la sagesse de sa mère. x x x
Helmwige Soprano Walkyrie, fille de Wotan chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Gerhilde Soprano Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Waltraute Mezzo-soprano Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. Elle essaiera de réconcilier Brünnhilde avec son père et de la faire revenir au Walhalla en lui demandant de se séparer de l'anneau. x x
Ortlinde Soprano Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Siegrune Mezzo-soprano Walkyrie, fille de Wotan chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Rossweisse Contralto Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Grimgerde Contralto Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Schwertleite Contralto Walkyrie, fille de Wotan, chargée avec ses sœurs de ramener les héros morts au Walhalla. x
Siegfried Ténor Fils de Siegmund et Sieglinde, reforge l'épée de son père détruite par Wotan, aimé de Brünnhilde qu'il réveillera sur son rocher, il sera tué par Hagen. Il est à l'origine de l'œuvre initiale. x x
L'Oiseau Soprano Guide Siegfried dans la forêt puis lui montre le chemin jusqu'au rocher de Brünnhilde. x
1ère Norne Contralto Fille d'Erda, lit le passé du savoir éternel. x
2ème Norne Mezzo-soprano Fille d'Erda, lit le présent du savoir éternel. x
3ème Norne Soprano Fille d'Erda, lit le futur du savoir éternel. x
Gunther Baryton Frère de Gutrune, piège Brunnhilde en se faisant passer pour Siegfried grâce au Tarnhelm. x
Hagen Basse Fils d'Alberich, il conçoit le piège de Siegfried puis le tue. x
Gutrune Soprano Sœur de Gunther, séduit Siegfreid. x

[modifier] Argument succinct

Pour le détail de chaque journée, on se réfèrera à chaque journée composant le Ring.

[modifier] L'Or du Rhin

Image:Searchtool.svg Voir l’article L'Or du Rhin.

L'or du Rhin, gardé par trois ondines (les Filles du Rhin), est volé par un habitant de l'intérieur de la terre (Alberich) qui pour ce faire a maudit l'amour. Par ailleurs Wotan a fait construire par les géants (Fasolt et Fafner) un palais pour lui et les autres dieux (le Walhalla). Quand les géants viennent réclamer leur dû, Wotan tergiverse et, conseillé par le dieu du feu Loge, décide avec ce dernier de récupérer l'or qu'a volé Alberich, tandis que la déesse Freia est laissée en gage aux géants. Wotan et Loge descendent au fond de la terre, piègent Alberich et récupèrent le trésor, y compris l'Anneau qu'Alberich a forgé dans l'or du Rhin et le Tarnhelm qui rend invisible ou permet de se transformer. Alberich au comble de la colère prononce une malédiction envers tous ceux qui détiendront l'Anneau.

Les géants rendent Freia en récupérant tout l'or, le Tarnhelm et même l'Anneau,que Wotan s'était mis orgueilleusement à la main au lieu de le rendre aux filles du Rhin (incité en cela par la déesse de la sagesse Erda). Mais Fafner, décidé à ne pas partager le butin, assassine son frère et s'en va dans une grotte dormir sur l'or, transformé en dragon, tandis que les dieux prennent possession de leur nouvelle demeure, effrayés par l'effet de la malédiction d'Alberich (meurtre de Fasolt).

[modifier] La Walkyrie

Image:Searchtool.svg Voir l’article La Walkyrie.

Quelques années plus tard, Wotan (sous la forme d'un loup, Wälse) a engendré des jumeaux (les Wälsungen :un garçon, Siegmund, une fille, Sieglinde). Séparés dès l'enfance, ils se retrouvent alors que Siegmund vient se réfugier dans la maison de Hunding qui a forcé Sieglinde à devenir son épouse. Hunding reconnait en Siegmund un ennemi et le défie pour un combat qui doit se dérouler le lendemain. Siegmund est désarmé, mais Wotan a planté autrefois dans le cœur du frêne de la demeure une épée que seul Siegmund est capable de récupérer. Guidé par sa sœur, Siegmund arrache l'épée de l'arbre. Le frère et la sœur, jumeaux devenus amants, s'enfuient dans la forêt.

La walkyrie Brünnhilde, fille adorée que Wotan a eu de son union avec la déesse Erda, est chargée par son père d'aider Siegmund à vaincre Hunding. Fricka apparaît. Déesse du mariage et gardienne des foyers, elle exhorte Wotan à abandonner Siegmund qui a enfreint les droits de l'époux et s'est rendu coupable d'inceste. Wotan refuse dans un premier temps puis cède aux arguments de Fricka. Brünnhilde revient. Wotan alors se livre à une longue confession. Siegmund n'est pas le héros capable de sauver les dieux et l'univers de la malédiction d'Alberich : il doit périr. Brünnhilde se résigne tristement. Elle annonce à Siegmund qu'il va mourir. Mais, confrontée à la détresse du couple de jumeaux, elle découvre le prix de l'amour humain et décide d'aider Siegmund contre la volonté de son père. Cependant, durant le combat, Wotan intervient. L'épée se brise. Siegmund tombe sous les coups de Hunding. Furieux, Wotan maudit la fille qui a osé lui désobéir et se lance à sa poursuite.

Alors que d'autres Walkyries chevauchent ramassant les corps des combattants défunts, elles attendent leur sœur Brünnhilde qui tarde à paraître. Soudain la voilà, accompagnée de Sieglinde. Alors que Wotan en colère se rapproche, Sieglinde n'a d'autre choix que de fuir. Brünnhilde lui confie les tronçons de l'épée de Siegmund. Elle lui annonce également qu'elle attend un fils ( qu'elle nomme Siegfried, le « joyeux vainqueur »)qui sera seul capable de reforger l'épée. Wotan paraît et chasse les Walkyries qui tentaient maladroitement de protéger Brünnhilde. En punition de sa désobéissance, Brünnhilde est déchue de sa divinité et plongée dans un sommeil magique. Seule concession, Wotan ordonne à Loge, dieu du feu, d'entourer sa fille d'une barrière de flammes que seul un héros courageux pourra franchir.

[modifier] Siegfried

Image:Searchtool.svg Voir l’article Siegfried (opéra).

Dans une grotte, au fond de la forêt. Le nain Mime, frère d'Alberich (voir "l'Or du Rhin") a recueilli Siegfried, le fils de Sieglinde qui est morte en le mettant au monde. Obsédé par l'Anneau qu'il espère bien conquérir à son profit, Mime essaie vainement de forger l'épée qui devrait permettre à Siegfried de tuer le dragon Fafner et d'accomplir ainsi les projets de son père adoptif. Siegfried paraît. Il raille cruellement l'incompétence de Mime,le "sot forgeur". Lassé de la compagnie du nain qui tente de lui expliquer qu'il est à la fois son père... et sa mère, l'adolescent s'enfuit de la grotte, laissant Mime à ses ruminations sans issues. Siegfried n'est pas sitôt parti qu'un vieillard se présente. C'est Wotan, sous les traits du "Voyageur". (à complèter)

[modifier] Le Crépuscule des dieux

Image:Searchtool.svg Voir l’article Le Crépuscule des dieux.

[modifier] Le temps dans l'Anneau du Nibelung

Cette œuvre est immense et gère le temps de manière étonnante et très contrastée. Parfois on est face à l'infini, d'autres fois l'action se déroule comme une journée normale.

Tout commence dès l'introduction. Elle est déjà construite de telle sorte que l'auditeur ne perçoive pas quand la musique commence, nous donnant une profondeur infinie vers les origines du monde. Toute la genèse semble être contenue dans cette introduction, venant du néant, on se retrouve au bord du Rhin.

Entre le Prologue et La Walkyrie, le temps est tout aussi indéfini : il se passe au minimum quinze à vingt années le temps que les Walkyries et les jumeaux soient conçus et grandissent. Entre La Walkyrie et Siegfried, c'est plus concret : Siegfried va naitre et grandir. Entre Siegfried et le Crépuscule, il se passe au plus quelques jours. On remarque donc qu'entre chaque pièce du Ring, le temps se réduit et l'action s'accélère.

Durant chaque journée, les actes et les scènes se déroulent sur quelques heures, une journée tout au plus.

Il faut aussi parler du temps psychologique que le spectateur et surtout l'auditeur perçoivent. Comme il est écrit plus haut, l'auteur a su écrire une musique qui parfois sait nous faire changer de temps. Le temps parait très rallongé lors des monologues qui résument et expliquent les actions et évènements passés, comme si l'auteur voulait nous ramener à l'écoute et la compréhension, alors que les moments les plus touchants semblent se dérouler dans un temps très contracté, la musique nous emportant.

Les thèmes conducteurs aident ainsi à nous faire voyager dans le temps en nous ramenant parfois au passé ou bien en nous projetant par intuition dans le futur (par exemple le thème original de l'épée qui apparaît pendant la conclusion de l'Or du Rhin).

[modifier] Les objets symboles

Le Ring est dominé par trois objets principaux à la symbolique bien établie :

  • l'anneau : forgé dans l'or du Rhin par le Nibelung Alberich qui a maudit l'amour, il représente le pouvoir et pour certains commentateurs l'économie capitaliste mais quand il retourne dans le Rhin à la fin de l'œuvre, il symbolise le retour à la case départ (« la boucle est bouclée »). Ceci justifie qu'il soit le titre de l'œuvre.
  • la lance de Wotan : elle « représente le respect du traité et de l'ordre instauré par les lois humaines et divines », écrit Hans Mayer. Taillée par Wotan dans une branche du Frêne du Monde (Weltesche) qui depuis lors a dépéri, elle est le symbole de la domination, des entraves contractuelles et de la rigidité.
  • l'épée Notung : elle est le contrepoint de la lance de Wotan. Construite elle aussi par Wotan, elle sera brisée par la lance mais la détruira une fois reforgée. Elle est le symbole de la liberté, de l'action et du talent, et ne se prête ainsi qu'à celui qui a les qualités pour l'utiliser.

D'autres objets ont un rôle ou une signification particulière.

  • le Tarnhelm : forgé par le nain Mime pour son frère Alberich, il symbolise la faiblesse, la lâcheté, la dissimulation et l'hypocrisie, celui qui le porte peut avancer masqué si ce n'est caché ou sous une autre forme ou un autre visage.
  • le Frêne du Monde (Weltesche) dans lequel Wotan a taillé sa lance.
  • le feu, incarné par le dieu Loge, dans lequel Wotan trouve un allié mais qui finira par dévorer presque tous les acteurs de la tétralogie.

[modifier] Le spectacle, l'écoute

Tout le monde connait la Chevauchée des Walkyries ou la Marche Funèbre, souvent dénaturées par leur récupération hors de l'intrigue et de l'ensemble. Un cinéphile qui écoute directement l'ouverture du troisième acte de la Walkyrie risque d'avoir dans sa tête des images d'hélicoptères de la guerre du Vietnam à cause de l'utilisation de cette musique dans le film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. De même la Marche funèbre est souvent jouée seule en concert ou reprise dans des publicités ; quel néophyte du Ring peut s'imaginer que ce passage est un drame résultant d'intrigues et événements complexes, remarquablement formés de plusieurs thèmes conducteurs de l'œuvre originale ? Seule une écoute intégrale du Ring permet d'en comprendre toute la richesse.

L'œuvre est toutefois difficile à appréhender sans un minimum de culture musicale symphonique. Un néophyte pourrait par exemple commencer par se familiariser avec la Neuvième Symphonie de Beethoven, puis aborder Wagner par des opéras plus accessibles comme Tristan et Isolde ou Le Vaisseau fantôme.

Le Ring est représenté, chaque année au mois d'août, dans le théâtre qui a été construit pour lui, le Festspielhaus de Bayreuth, en général durant trois cycles. Par ailleurs il est régulièrement monté dans son intégralité à travers le monde. Certaines journées, en particulier La Walkyrie, sont parfois montées seules, voire sous forme de concert.

On peut aussi regarder des représentations en vidéo ou en DVD. Il n'existait pas d'enregistrement vidéo d'une représentation intégrale du Ring avant les années 1970 et ce que les amateurs considèrent comme le déclin des voix wagnériennes. On peut conseiller le Ring du Centenaire mis en scène par Patrice Chéreau et dirigé par Pierre Boulez : c'est un Ring musical, théâtral, assez proche de l'esprit original malgré la modernisation de certaines scènes.

Il est préférable de suivre le texte dans un livret pendant l'écoute. Le Ring ne se regarde ni ne s'écoute si on ne comprend pas les textes. On peut conseiller le Ring de Georg Solti enregistré en studio, avec un orchestre splendide et des chanteurs de haut niveau.

Citons encore l'interprétation originale de Reginald Goodall qui, sur une magnifique orchestration, a choisi des paroles en anglais. Ce choix d'interpréter le texte en anglais peut venir de la faiblesse des voix wagnériennes à cette époque (1973-1977).

[modifier] Filmographie

De nombreuses adaptations filmées du mythe de Siegfried ont été tournées, notamment celles de Fritz Lang et de Harald Reinl, versions différentes du texte de Wagner par la présence de Kriemhild et des Huns.

Parmi ces adaptations, Giacomo Gentilomo a réalisé Sigfrido, un curieux film de costumes, en 1958, qui correspond aux épisodes de Siegfried et du Crépuscule des dieux. Le film est très daté et parfois grotesque. Mais la musique originale se distingue par de nombreux emprunts à la musique de Wagner.


[modifier] Voir aussi

  • A 73 ans, Anna Russell se livre à un hilarant commentaire du Ring, en s'accompagnant au piano. Ce Ring cycle analysis a été filmé à l'Université du Maryland en 1984.
  • Wagner a eu des interprètes inattendus :
  • Dans Toothpaste, Bugs Bunny est poursuivi par Elmer sur l'air de Tannhäuser.

[modifier] Les principales représentations

La Tétralogie est autant l'œuvre d'un chef que d'un metteur en scène ou la performance de grands chanteurs, la cosmogonie wagnérienne se prêtant à des multiples interprétations, tant musicales qu'artistiques ou politiques.

[modifier] Bibliographie

  • Pour les mélomanes et autres passionnés de l'œuvre :
    • Alfred Lavignac , Le voyage artistique à Bayreuth, Paris, Delagrave, 1896. La "bible" des premiers wagnériens. L'ouvrage comprend une analyse musicologique du Ring, notamment les différents leitmotiv, un résumé du poème et un tableau présentant les apparitions des différents personnages. Indispensable.
    • Boulez, Chéreau, Peduzzi, Schmidt , Histoire d'un Ring, Bayreuth 1976-1980, Pluriel, Laffont, 1980. Témoignages des auteurs du Ring du centenaire, qui commença par un scandale et se conclut par 75 minutes de standing ovation.
    • Bruno Lussato (collaboration Marina Niggli), Voyage au cœur du Ring, Encyclopédie, Fayard, 2005. (ISBN 2213626995)
    • Bruno Lussato (collaboration Marina Niggli), Voyage au cœur du Ring, Poème commenté,Fayard, 2005. (ISBN 2213611254)
    • Bernard Shaw , Le parfait Wagnérien, commentaire sur l'anneau du Nibelung, 1898, rééd. Bouquins, Laffont, 1994. Analyse marxiste du Ring. Un classique.
  • Dans la série l'Avant-Scène Opéra :
  • ou chez GF-Flammarion :
  • Ouvrages sur tous les opéras de R. Wagner
    • Michel Pazdro et Jean Cabourg, Guide des opéras de Wagner, Fayard, 1988 nouvelle édition 1994. (ISBN 2213020760)

[modifier] Liens externes

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