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Karkemish

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Karkemish (appelée Europus par les Romains) est une ville antique des empires Mitanni et Hittites située à la frontière de la Turquie et de la Syrie actuelles. Durant l’Antiquité, la ville commandait le principal point de traversée de l’Euphrate. Cette situation a dû largement contribuer à son importance historique et stratégique. Elle fut le théâtre d’une importante bataille mentionnée dans la Bible entre les Babyloniens et les Égyptiens.

Sommaire

[modifier] Histoire

Procession des officiers (vers 700 av. J.-C.)

Le site de Karkemish fut occupé dès le Néolithique : des poteries (vers 3000 av. J.-C.) et des tombes (autour de 2300 av. J.-C.) ont notamment été retrouvées (Âge du Bronze ancien). La ville est mentionnée dans des documents trouvés dans les archives d’Ebla datant du XXVIIe siècle av. J.-C.. Elle comportait alors une ville basse protégée par une enceinte et une acropole qui surplombait l’Euphrate. Au Ier millénaire av. J.-C., une forte extension donne naissance à de nouveaux quartiers qui doublent sa superficie, témoignant du niveau de son activité économique. Karkemish jouit d’une position stratégique et commerciale, contrôlant sur l’Euphrate la grande route est-ouest qui longe le piémont. D’après des documents provenant des archives de Mari et Alalakh (vers 1800 av. J.-C.), Karkemish était alors la capitale d'un royaume syrien dirigé par un roi nommé Aplahanda, ainsi qu'un important centre du commerce du bois et de l'étain. La ville avait notamment signé des traités avec Ougarit et Mitanni (Hanilgalbat).

Le Pharaon Thoutmôsis Ier (vers 1500 av. J.-C.) de la dix-huitième dynastie ériga une stèle près de Karkemish afin de célébrer la conquête de la Syrie et de territoires au-delà de l’Euphrate. La ville fut ensuite dominée par les Hourrites du Mitanni dès 1560 av. J.-C.. Vers la fin du règne du Pharaon Akhénaton, en 1354 av. J.-C., Karkemish fut capturée par le roi Suppiluliuma Ier des Hittites (XIVe siècle av. J.-C.). Celui-ci établit, pour son fils Piyassilis, un royaume ayant Karkemish pour capitale. La ville devint un des plus importants centres de l’Empire hittite au cours de l'Âge du Bronze final. Après la chute de l’empire hittite suite aux assauts des Peuples de la mer, Karkemish devint la capitale d’un important royaume néo-hittite à l’Âge du Fer, et un grand centre commercial.

La déesse protectrice de Karkemish sous les Hittites était Koubaba, une divinité probablement d’origine hourrite. Elle était représentée par une femme d'allure noble, portant une longue robe, assise ou debout, et tenant un miroir.

Elle tombe entre les mains du roi d’Assyrie Teglath-Phalasar Ier au XIIe siècle av. J.-C., puis semble avoir conservé une position régionale importante jusqu’au IXe siècle av. J.-C.. A cette époque là, la ville payait tribut aux rois assyriens Assurnazirpal II et Salmanazar III. Les Assyriens s’appuient sur elle pour résister à la pression araméenne avant de l’annexer en 717 av. J.-C. : Sargon II conquit la ville sous le règne du roi Pisiris.

A l’été 605 av. J.-C. (ou 607 selon les sources), une important bataille se déroula à Karkemish entre les armées babyloniennes de Nabuchodonosor II et du Pharaon Nékao II (racontée dans la Bible : Jérémie 46:2). Le but de Nékao II était de contenir les vélléités babyloniennes d’expansion vers l’ouest et de couper leurs routes commerciales à travers l’Euphrate. Les égyptiens furent défaits par une attaque surprise des babyloniens et furent repoussées hors de Syrie. Nabuchodonosor II détruit la ville. Il fallut attendre l'époque romaine pour que la ville fut réoccupée.

[modifier] Redécouverte et exploration

Le roi Yariris et son fils Kamanis (Orthostat, vers 750 av. J.-C.)

Karkemish a toujours été bien connue des archéologues car elle est mentionnée dans la Bible (Jérémie 46:2; 2 Chr. 35:20; Ésaïe 10:9), ainsi que dans des textes égyptiens et assyriens. Cependant, son emplacement exact fut seulement découvert en 1876 par George Smith. Auparavant, la ville avait été confondue avec Circesium, au confluent de la rivière Chebar et de l’Euphrate, et avec Hierapolis, ville grecque antique, bien que la ville moderne de Pamukkale en Turquie avait déjà identifié à cette dernière.

Le site fut d’abord fouillé par le British Museum entre 1911 et 1914. L’équipe était principalement composée de D. G. Hogarth, R. C. Thompson, C. L. Woolley, et T. E. Lawrence (Lawrence d’Arabie). Ces expéditions mirent à jour des restes substantiels des périodes assyriennes et néo-hittites, notamment des structures défensives, des temples, des palais et de nombreux statues et bas-reliefs en basalte portant des inscriptions hiéroglyphiques louvites.

[modifier] Le site

De nos jours, Karkemish est un ensemble de ruines à l’ouest de l’Euphrate, à environ 60 km au sud-est de Gaziantep (Turquie) et 100 km au nord-est d’Alep (Syrie). Le site est sur le territoire turque, près de la frontière entre la Turquie et la Syrie, à courte distance du site historique de Jerablus (Syrie). Une base militaire turque a été construite sur l’acropole de Karkemish et l’accès au site est actuellement restreint.

[modifier] Rois de Karkemish

  • Piyassilis, or Sharri-Kushukh, fils de roi hittite Suppiluliuma Ier
  • [...]sharruma
  • Sharkhurunuwa
  • Ini-Teshub Ier
  • Talmi-Teshub
  • Kuzi-Teshub
  • Ini-Teshub II (vers -1100)
  • Tudhaliya
  • [...]pazitis
  • Ura-Tarhunzas
  • Suhis Ier
  • Astuwatamanzas
  • Suhis II
  • Katuwas (vers -900
  • Sangara (-870--848)
  • Astiruwas
  • Yariris (-772 ?)
  • Kamanis
  • Sasturas
  • Pisiris, dernier roi, défait par Sargon II (-738).

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

[modifier] Références

de:Karkemisch en:Carchemish es:Karkemish it:Karkemiš nl:Karkemish no:Karkemisj pl:Karkemisz pt:Carquemish ru:Каркемыш

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