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Kabyles

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Cet article traite du peuple Kabyle, pour la langue, voir Kabyle

Les Kabyles sont un peuple berbère habitants la Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger en Algérie. Les habitants de cette région densément peuplée ont massivement émigré vers différentes parties du pays (notamment Alger) et vers la France. Depuis 1871, ce groupe sociolinguistique tente de faire face à une assimilation culturelle, linguistique (arabe dialectal et français) et à une mutation de son organisation sociale.

Sommaire

[modifier] Étymologie et différents noms

Le mot « Kabyle » proviendrait de l'arabe Qabila (pl. Qbaïl) qui signifie « tribu », le terme est utilisé vers le XVIIIe siècle par les explorateurs occidentaux pour désigner les population Berbères de l’Algérie septentrionale. Selon une seconde version, moins répandue, le terme remonterait au nom : "cabales", d'une tribu Berbère de l'antiquité relevée par Hérodote: "A commencer depuis l’Égypte : les premiers qu'on rencontre sont les Adyrma­chides... Les Giligames touchent aux Adyrmachides... Immédiatement après Les Giligames, on trouve les Asbytes, du côté du couchant ; ils habitent le pays au dessus de Cyrène, mais ils ne s’etendent pas jusqu'à la mer... Les côtes maritimes sont occupées par les Cyrénéens... Les Auschises sont à l'occident des Asbytes, auxquels ils confinent ; ils habitent au dessus de Barce et s'étendent jusqu'à la mer près des Evesperides. Les Cabales demeurent vers le milieu du pays des Auschises. Le pays des Auschises est borné à l'ouest par celui des Nasamons..."

C'est le terme que les Européens ont utilisé au XVIIIe siècle pour désigner ces montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auxquelles ils appartenaient.

Les arabophones utilisaient le mot Zwawa, déformation du berbère Agawa, un massif au cœur de la Grande Kabylie, dont le pluriel Igawawen était le nom d'une tribu très puissante et ancienne confédération composée de huit tribus organisées en deux confédérations : At Betrun (At Yanni, At Budrar, At Bu Akkach, At Wasio) et At Mengellat (At Mengellat, At Bu Yusef, At Weqbil, At Attu).

Il semblerait que dans l'Antiquité, les Igawawen aient porté le nom de Quiquegentiani, appellation administrative désignant cinq tribus (quinque gente). Une vieille légende rapporte en effet que les montagnards descendent d'un géant qui eut cinq fils, lesquels formaient les cinq tribus antiques (Boulifa, 1925), les fameux Quinquegentiani qui donnèrent tant de mal aux Romains.

Zwawa a donné en français zouave, puisque les premiers fantassins indigènes étaient originaires de cette confédération.

[modifier] Langue

Article détaillé : kabyle.

Le kabyle (taqbaylit) se rattache au groupe berbère. La Kabylie représente la deuxième concentration de berbérophones après le Souss (Sud du Maroc). Estimée à 6 millions de locuteurs (la moitié des berbérophones algériens), cette langue est très proche du chenoui (parlé dans le Chenwa à l'ouest d'Alger) et du chaoui (tachaouit) parlé dans les Aurès au sud-est de la Kabylie. Très attachés à leur identité berbère, les Kabyles revendiquent la reconnaissance du pluralisme linguistique, notamment par la consécration pour la langue Tamazirt (Berbère) dans la Constitution algérienne d'un statut de langue nationale et officielle.

[modifier] Société ancienne

L'organisation sociale des Kabyles, autrefois éleveurs et agriculteurs a été abondamment étudié, notamment par Pierre Bourdieu. Ce modèle a été largement modifié par la forte émigration qui a bouleversé les rapports sociaux, l'urbanisation, mais on peut tracer les grands traits de la société traditionnelle.

Chaque village formait la tajmaât (de l'arabe djemaâ, assemblée), une petite organisation semblable à la république. Elle était composée de tous les hommes ayant atteint la majorité, et n'y prenaient la parole que les notables, les vieillards et les chefs de famille. On y nommait l'amin (chef), mandataire toujours révocable.

La démocratie n'y était que de principe car deux ou trois familles, un çof, emportaient toujours la décision.

Conseil municipal, cour de justice et cour souveraine, la tajmaât se référait, en cas de litige ou de problème, à des textes de lois, les « qanouns kabyles » qui définissaient le moindre manquement et sa sanction.

Le code de l'honneur protégeait « la maison, les femmes, les fusils », et stipulait que le meurtre devait être vengé par les liens du sang. La filiation est patrilinéaire. Le patronyme de l'ancêtre commun se transmettait.

La tajmaât vivait sous l'autorité du groupe, où l'esprit de solidarité était fort développé. Pour exemple le terme tiwizi (« solidarité ») désignait l'activité collective consistant à aider un villageois dans une de ses tâches comme le ramassage des olives, à laquelle il contribuait directement ou en nourrissant les participants.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens externes

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