Joseph Kessel
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Joseph Kessel (31 janvier 1898, Clara, Entre Ríos, Argentine - 23 juillet 1979, Avernes, Val-d'Oise) est un aventurier, journaliste et romancier français.
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[modifier] Biographie
Fils d'un médecin lituanien d'origine juive formé en France, Joseph Kessel est né à Clara en Argentine par le hasard des tribulations professionnelles de son père. Les premières années de sa vie se passent à Orenbourg, sur l’Oural, puis la famille Kessel s’installe en France.
Joseph Kessel fait ses études secondaires au lycée Masséna à Nice, puis au Lycée Louis-le-Grand à Paris. Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtient en 1915 une licence de lettres et commence à travailler dès dix-sept ans au Journal des débats dans le service de politique étrangère.
Le suicide de son jeune frère, Lazare, qui s'appellera Daniel dans Le Tour du Malheur, sera dans la vie de Kessel une déchirure que le temps ne réparera jamais. Son alter ego disparu, Kessel cherchera toute sa vie, et trouvera parfois, dans l'amitié virile, la compensation à cette perte irrémediable. Mermoz, Saint Exupery, Henry de Monfreid… sont les compagnons d'une vie si puissante qu'elle ne cesse de frôler la mort. D'autres acolytes des Nuits de Montmartre l'accompagneront dans ses fêtes orgiaques où la vodka coule à flot. Mais ils n'auront pas tous la force du « lion », comme Courrière appelle celui dont il a écrit la biographie (Sur la piste du lion), et dans son puissant sillage, Kessel, sans même s'en rendre compte, provoquera la perte de plusieurs êtres aimés.
Ainsi en fut-il de Michèle, une des nombreuses femmes que Kessel aima. Sandy est l'amour absolu de la vie de Kessel. Elle est la jeune épousée dont la mort précoce hantera Kessel et dont il nourrira une lourde culpabilité. Qu'une jeune personne aussi ravissante, juste et douce comme Sandy puisse se faire emporter par la tuberculose, et lui, jouant avec la vie comme avec un dé, reste vivant ! Voila qui ébranle la foi de celui qui se vit profondément juif.
Le lion Joseph Kessel, l'aventurier, l'aviateur, le mille fois ressuscité, le brutal, le joueur et le buveur... emmènera toujours avec lui, dans toutes ses pérégrinations, une petite mallette. Chaque soir, dans l'un ou l'autre des hôtels de tous les bouts du monde, il ouvrira ce petit autel et priera devant les portraits de Sandy et de Lazare. Grand admirateur de l'écrivain roumain Panaït Istrati, Kessel partage avec ce vagabond des Balkans cette nature où le fauve alterne avec le plus tendre des hommes.
Fin 1916, Joseph Kessel choisit de prendre part aux combats, et s'engage dans l’artillerie puis dans l’aviation, où il va servir au sein de l’escadrille S.39. De cet épisode, il tirera plus tard le sujet de son premier roman à succès, L'Équipage.
À la fin du conflit, Kessel demande la nationalité française. Il porte la Croix de guerre, et la médaille militaire. Il a déjà fait deux fois le tour du monde.
Il reprend sa collaboration au Journal des débats, écrit également pour Liberté, le Figaro, le Mercure de France, etc. Il entame une double carrière de grand reporter et de romancier. Il couvre la révolution irlandaise, et écrira sur ce sujet une nouvelle (Marie de Cork). Il explore les bas-fonds de Berlin. Au Sahara, il vole sur les premières lignes de l'Aéropostale avant de devenir l'ami de Jean Mermoz dont il écrira une biographie, Mermoz, et navigue avec les négriers de la mer Rouge.
En juillet 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Joseph Kessel est envoyé par Pierre Lazareff, le patron du grand quotidien Paris-Soir, pour couvrir le conflit en Espagne républicaine, accompagné du photographe Jean Moral.
Correspondant de guerre en 1939-40, il devient résistant dans la France occupée. C'est à Joseph Kessel et à son neveu Maurice Druon que l'on doit le texte du Chant des partisans, en mai 1943, sur une musique d'Anna Marly. C’est également avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s’engager dans les Forces françaises libres du général de Gaulle.
Kessel publie, en hommage à ces combattants, l'Armée des ombres. Il finira la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survolait la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.
À la Libération, il reprend son activité de grand reporter. En novembre 1944, il rejoint le 2e Régiment de chasseurs parachutistes (SAS) dans la région d'Épernay, afin de recueillir les témoignages qui lui serviront à écrire Le Bataillon du ciel, qui deviendra en 1947 le film réalisant plus de 8 500 000 entrées, un record pour le cinéma français.
En 1948, il obtient le 1er visa israélien à l'indépendance du pays, et sera le premier étranger à entrer dans l'Israël indépendant.
En 1960, il publie les Mains du miracle, l'histoire incroyable d'un masseur finlandais, Felix Kersten, qui soigne le puissant Nazi Heinrich Himmler et parvient à sauver des milliers de vie en contrepartie. Il voyagea en Afrique, en Birmanie (voyage dont il tirera La Vallée des rubis) et en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, les Cavaliers (1967), ébauché dans Le jeu du roi. Venu en Afghanistan pour y tourner un film, Joseph Kessel rencontre Mohammed Zaher Chah, qui facilite grandement la logistique de l'équipe. Vieux, le roi se rappellera de « cet ami ».
Consécration ultime pour ce fils d’émigrés juifs, l'Académie française lui ouvrit ses portes en l'élisant le 22 novembre 1962 au fauteuil du duc de la Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin. L'intronisation de cet aventurier hors norme, voyageur, opiomane, joueur invétéré et grand buveur, qui écrit au galop et fait le tour du monde comme d'autres le tour d'une chaise, est un pavé jeté dans la mare académique de la chapelle littéraire française.
Il meurt d'une rupture d'anévrisme le 23 juillet 1979 entouré des siens.
[modifier] Bibliographie
- La Steppe rouge, Gallimard, 1922
- L'Équipage, Gallimard, 1923 (nouvelle édition en 1969)
- Vent de sable, Hachette, 1923
- Au camp des vaincus, ou la Critique du 11 mai, Gallimard, 1924 (avec Georges Suarez)
- Rencontre au restaurant, A l'Enseigne de la Porte Etroite, 1925
- Les Rois aveugles, Les Editions de France, 1925
- Mary de Cork, Gallimard, 1925
- Mémoires d'un commissaire du peuple, Champion, 1925
- Le triplace, Marcelle Lessage, 1926
- Makhno et sa Juive, EOS, 1926
- Moisson d'octobre, La Cité des livres, 1926
- Les Captifs, Gallimard, 1926, grand prix du roman de l'Académie française
- Le thé du Capitaine Sogoub, Au Sans Pareil, 1926
- Terre d'amour, Les Éditions de France, 1927
- Nuits de princes, Les Éditions de France, 1927
- La Rage au Ventre, EOS, 1927
- La Coupe fêlée. Un drôle de Noël, éditions Lemarget, 1927
- En Syrie, Simon Kra, 1927
- De la rue de Rome au chemin de Paradis., Les Editions du Cadran, 1927
- La Femme de maison ou Mariette au désert, Simon Kra, 1928
- Dames de Californie, Emile Hazan, 1928
- Belle de jour, Gallimard, 1928, inspira le film de Luis Buñuel en 1967.
- Les nuits de Sibérie, Flammarion, 1928
- La règle de l'homme, Gallimard, 1928
- Nouveaux contes. Le toscin de pâques - Le typhique - Un tour du diable - Le commissaire de la mort - La loi des montagnes., Editions des Cahiers Libres, 1928
- Secrets parisiens, Editions des Cahiers Libres, 1928
- Le Coup de grâce, Les Éditions de France, 1931
- De la rue de Rome au chemin de Paradis, Editions du Cadran, 1931
- Fortune carrée, Les Editions de France, 1932
- Bas-fonds, Éditions des Portiques, 1932
- Wagon-lit, Gallimard, 1932
- Nuits de Montmartre, Les Editions de France, 1932
- Les Nuits cruelles, Les Editions de France, 1932
- Marchés d'esclaves, Les Éditions de France, 1933
- Les Cœurs purs, Gallimard, 1934
- Les Enfants de la chance, Gallimard, 1934
- Stavisky, l'homme que j'ai connu, Gallimard, 1934
- Le repos de l'équipage, Gallimard, 1935
- Une balle perdue, Les Éditions de France, 1935
- Hollywood, ville mirage, Gallimard, 1936
- La Passante du Sans-Souci, Gallimard, 1936, porté à l'écran par Jacques Rouffio en 1982.
- La Rose de Java, Gallimard, 1937
- Mermoz, Gallimard, 1939
- Comment est mort le maréchal Pétain, France Forever, Executive office, 1942
- L'Armée des ombres, Charlot, 1943, adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1969.
- Les Maudru, Julliard-Séquana, 1945
- Le Bataillon du Ciel, Julliard, 1947
- Le Tour du malheur, Gallimard, 1950
- La Fontaine Médicis
- L'Affaire Bernan
- Les Lauriers roses
- L'Homme de plâtre
- La Rage au ventre, La nouvelle société d'édition, 1950
- La Nagaïka. Trois récits, Julliard, 1951
- Le Procès des enfants perdus., Julliard, 1951
- Au Grand Socco, Gallimard, 1952
- Les Amants du Tage, Éditions du Milieu du monde, 1954
- La Piste fauve, Gallimard, 1954
- La Vallée des rubis, Gallimard, 1955
- Témoin parmi les hommes, Del Duca, 1956
- Le Temps de l'espérance
- Les Jours de l'aventure
- L'Heure des châtiments
- La Nouvelle Saison
- Le Jeu du Roi
- Les instants de vérité
- Hong Kong et Macao, Gallimard, 1957
- Le Lion, Gallimard, 1958
- Les Mains du miracle, Gallimard 1960
- Inde, péninsule des dieux, Hachette, 1960
- Tous n'étaient pas des anges, Plon, 1963
- Fortune carrée, Gautier-Languereau, 1964
- Pour l'honneur, Plon, 1964
- Terre d'amour et de feu. Israël 1925-1961, Plon, 1965
- Israël que j'aime, Sun, 1966
- Les Cavaliers, Gallimard, 1967
- Un mur à Jérusalem Paris, Editions Premières, 1968
- Les Rois aveugles, Plon, 1970
- Les Fils de l'impossible, Plon, 1970
- Partout un ami (1972)
- Des hommes, Gallimard, 1972
- Le Petit Âne blanc, Gallimard, 1975
- Les Temps sauvages, Gallimard, 1975
- Jugements derniers, Christian de Bartillat, 1995
- Avec les alcooliques anonymes
[modifier] Bibliographie critique
- Courrière Yves, Joseph Kessel ou sur la piste du lion, Plon, 1985.
- Weber Olivier, Kessel, le nomade éternel, Arthaud, 2006.
[modifier] Lien externe
| Précédé par Auguste-Armand de la Force | Fauteuil 27 de l'Académie française 1962-1979 | Suivi par Michel Droit |

