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Jacques le Juste

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Jacques le Juste, aussi appelé frère du Seigneur, souvent identifié avec Jacques le Mineur ou bien Jacques d'Alphée, martyrisé en 62, fut d’après la tradition, le premier évêque ou patriarche de Jérusalem, et l’auteur de l’Épître de Jacques du Nouveau Testament.

Il y a trois personnages bibliques nommés Jacques:

Jacques le mineur est assimilé soit à Jacques le Juste, soit à Jacques d'Alphée.

Sommaire

[modifier] Biographie

Jacques fut le chef de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem après la crucifixion, et fut un personnage important de l’Église primitive. Il était fortement ancré dans le judaïsme de son temps et restait fidèle à la loi de Moïse.

Le principe de la non circoncision des païens convertis, défendu par Pierre et Paul, finit par s'imposer, au Concile de Jérusalem qu'il présida (vers 48); ce qui aboutit à la séparation définitive du christianisme et du judaïsme.

Bien qu'ayant eu une vie simple et respectueuse de la loi juive, il aurait été lapidé à mort, vers 62, à Jérusalem sur ordre du Sanhédrin, présidé alors par le grand-prêtre sadducéen Anne.

[modifier] Identité

Paul, dans Ga 2 9, décrit Jacques ainsi : « ... Jacques, Cephas, et Jean, qui apparaissaient comme des piliers... ». Il est décrit dans le Nouveau Testament comme un « frère de Jésus » et « dans la liturgie de saint Jacques, le frère de Jésus est élevé à la dignité du frère de Dieu lui-même (Adelphotheos) » (Philip Schaff : History of the Christian Church, chapitre 4, section 29). Jacques est cité par Matthieu | Mt 13 55, par Marc | Mc 6 3 et Mc 15 40, par l'Épître aux Galates | Ga 1 19, par l'Épître de Jude (1), par Flavius Josèphe.

Voici ce que dit à son propos le sanctoral de la Conférence des évêques de France : « Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur. Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques fils d'Alphée dont on sait seulement qu'il fut apôtre, et celui-ci, Jacques, frère du Seigneur, de sa parenté et originaire de Nazareth. » La notion de frère doit être comprise au sens large utilisé à l'époque. Celle-ci pouvait signifier une parenté plus éloignée, comme celle de cousin germain, ou bien indiquer une double parenté (des deux souches).

[modifier] Controverse sur les « Frères et soeurs » de Jésus

Image:Searchtool.svg Voir l’article Famille du Seigneur.

S'il est bien dit dans le Nouveau Testament, en Mc 6,3 par exemple, que Jésus a eu des frères et des soeurs, il y a désaccord sur ce qu'il faut entendre par ces mots.

[modifier] Théorie helvidienne

Baptisée ainsi, d’après Helvidius qui la défendit, elle correspond à l'interprétation littérale des textes : Joseph et Marie auraient eu des enfants après la naissance de Jésus. Cette hypothèse est souvent adoptée dans le protestantisme.
Elle est corroborée par le fait que c'est le terme grec adelphos, frère, et non anepsios, cousin, qui est utilisé pour traduire le mot araméen aha qui, lui, s'applique aussi bien à un frère qu'à un parent proche. Les opposants font cependant remarquer qu'au moment de la crucifixion, Jésus a demandé à l'apôtre Jean de prendre soin de sa mère, charge qui aurait été naturellement dévolue à ses frères et sœurs s'il en avait eu (Jn 19, 26-27).

[modifier] Théorie épiphanienne

Comme pour la théorie précédente, la théorie tire son nom de l'un de ses défenseurs, ici l'évêque Épiphane de Salamine. Elle constitue la foi et la tradition de l'Église orthodoxe. Elle prétend que Jacques, ainsi que les autres frères et sœurs de Jésus cités, sont les enfants que Joseph a eu lors d'un premier mariage.
Très peu d'éléments permettent de la confirmer ou de l'infirmer. Il est généralement opposé l'argument que le dialogue de Luc insistant sur la qualité de Jésus comme premier-né de Marie, qui perd alors de sa valeur : l'existence de demi-frères plus âgés enlève à Jésus toute prétention en tant que descendant du roi David. Cette théorie, présentée initialement dans le Protévangile de Jacques, semble avoir comme principal mérite de se concilier avec le dogme de la virginité perpétuelle de Marie.

[modifier] Théorie hiéronymienne

Du nom de saint Jérôme, elle considère que les mots « frères et soeurs » doivent être pris au sens large de parents proches. C'est la position de l'Église catholique. Elle est établie sur les arguments suivants :
Quatre frères de Jésus sont explicitement nommés dans le Nouveau Testament : Jacques, Joset ou José ou encore Joseph suivant les manuscrits, Jude et enfin Siméon ou Simon (Mc 6,3). Jacques et Joset sont les fils d'une femme désignée en Mc 15, 40 comme étant justement « Marie de Jacques le petit et de Joset », et en Mc 16, 1 « Marie de Jacques » (Marc désignerait-t-il ainsi la mère de Jésus ?), afin de la distinguer de Marie de Magdala et Marie mère de Jésus ; elle est aussi désignée comme « 'Marie de Clopas » (Jn 19,25). Jude est « frère de Jacques » comme il se présente lui-même en Jude 1, 1 (il ne se prétend pas frère de Jésus). Siméon est le fils de Clopas, frère de Joseph, et a pris la succession de Jacques à la tête de la première communauté chrétienne de Jérusalem (« tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph » (Eusèbe de Césarée Hist. eccl. 3, 11).
Eusèbe de Césarée précise que pour Jacques «  fils de Joseph » n’est qu’une appellation (Hist. Eccl. 2,1) : « Jacques, celui qu'on appelle frère du Seigneur car il était nommé lui aussi fils de Joseph et Joseph était père du Christ ». Il était en effet d’usage d’appeler frère un cousin et fils un neveu (cf. Gn 13,8 et 29,12-15). Le mot « cousins » existe en grec, langue dans lequel nous sont parvenus les textes du Nouveau testament mais n’a pas été employé par conformité avec l’usage sémitique ou pour respecter un original araméen. Personne, au temps de Jésus, ne pouvait faire de confusion.
Nous ne savons rien de plus sur les sœurs de Jésus que ce que dit Mc 3,32. Aucune tradition n’en parle ; elles ne sont même pas nommées. Elles n’ont certainement pas de parenté plus proche avec lui que ses « frères ».

[modifier] L’affaire de l'ossuaire

Voir Ossuaire de Silwan

En octobre 2002, un épigraphiste français, André Lemaire, découvre sur le flanc d’un ossuaire en calcaire du premier siècle de notre ère, une inscription en araméen, la langue courante de la Palestine à l'époque de Jésus. L’ossuaire est une petite urne de pierre, couramment utilisée par les Juifs de l'époque pour conserver les ossements d’un défunt, un an après sa mort, lorsque les chairs ont disparu, et que les os ont été purifiés par la terre d'Israël. De tels ossuaires ont été utilisés du Ier siècle av. J.-C. au IIe siècle. L’ossuaire en question a été découvert dans le village arabe de Silwan, près de Jérusalem, et comportait l'inscription suivante : « Ya'akiv bar Yosef akhui di Yeshua » ce qui signifie « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ». Même si les noms de Jacques, Joseph et Jésus étaient très courant à l'époque, un simple calcul permet d'évaluer à une vingtaine le nombre d'habitants de Palestine, qui au premier siècle pouvaient s'appeler Jacques, avoir un père nommé Joseph et un Jésus pour frère. Par contre, il était très inhabituel de mentionner le nom d'un frère sur un ossuaire après celui du père (il n’existe qu’un seul autre cas de cette pratique). En juin 2003, le département des antiquités israéliennes, suite à une analyse au microscope électronique, déclare l’urne authentique, mais les inscriptions récentes. Le propriétaire de l'objet, l'antiquaire Oded Golan, est accusé d'escroquerie, et arrêté par la police israélienne. Curieusement, l’antiquaire fut relâché, sans publicité, dès le 24 juillet et sans qu'aucune charge ne soit retenue, ni aucune poursuite engagée. On avait également trouvé dans son atelier lors de la perquisition un deuxième ossuaire en cours de gravure.

[modifier] Œuvres

  • Épître de Jacques : bien que publiée dans les années 80 et 90, celle-ci avait été rédigée selon ses indications et avec son approbation.
  • Protévangile de Jacques : ce texte apocryphe, qui se dit écrit par Jacques, relate des faits antérieurs aux récits des Évangiles canoniques (d'où le nom de « protévangile »). Il a été publié au XVIe siècle, et a exercé une profonde influence sur la liturgie romaine, ceci comprenant l’établissement de la fête de la Présentation de Marie au Temple, le 22 novembre.

[modifier] Culte

Pendant des siècles, l’Église catholique a honoré Jacques en même temps que l’apôtre Philippe, le 1er mai, jour anniversaire du transfert des reliques de ces deux saints à la basilique romaine des Douze-Apôtres. En 1956, Pie XII déplaça cette fête commune au 11 mai ; dans le nouveau calendrier romain, elle est à présent fixée au 3 mai.

Jacques est fêté le 23 octobre par l’Église orthodoxe.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Jacques, frère de Jésus de Pierre-Antoine Bernhein, éd. Agnès Viénot 1996.
  • Article « Un mot de trop, Jésus, faux frère ? », dans Sciences et Avenir, décembre 2002.
  • Le Frère de Jésus et les enseignements perdus du christianisme, Jeffrey J. Butz, Ed Exclusif 2006

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes


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