Józef Piłsudski
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Józef Piłsudski de Kościesza (5 décembre 1867 - 12 mai 1935), maréchal, Polonais de famille noble de Lituanie. Patriote, il fut le père du recouvrement de l’indépendance de la Pologne le 11 novembre 1918.
Il fonda puis fut rédacteur en chef de Robotnik (L’Ouvrier), journal du Parti socialiste polonais. Il créa une faction révolutionnaire du parti socialiste et lutta pour l'indépendance de la Pologne, à l'époque partagée entre la Russie tsariste, l'emprire d'Autriche-Hongrie et l'Allemagne. Pilsudski avait été un révolutionnaire socialiste indépendantiste. Il avait représenté sa nation, la Pologne, au congrès de l’Internationale socialiste à Londres en 1896. Il y avait réclamé, contre Rosa Luxembourg, le droit de la Pologne à l’indépendance de la Russie et de l’Allemagne révolutionnaires.
Ses conceptions politiques concernant la Pologne différaient radicalement de celles de futur nationaliste Roman Dmowski, qui pensait possible une autonomie dans l'Empire russe, ou éventuellement une alliance avec celui-ci. Piłsudski, au contraire, était partisan de l'alliance avec l'Allemagne et de la création de la Fédération Międzymorze comprenant la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie, et l'Ukraine, État-tampon entre l'Allemagne et la Russie.
Après la Première Guerre mondiale, il devient le 1e président de la Pologne (Chef de l'Etat : Naczelnik Państwa) de 1918 à 1922. Artisan de l’indépendance et de la souveraineté retrouvées de la Pologne. Il lutta activement contre le bolchevisme en repoussant l'attaque des Russes en 1920. À partir de 1926, il reprend (et cumule) des fonctions dans le gouvernement (ministre des affaires militaires entre autres) et oriente la Pologne de plus en plus vers un régime dictatorial, croyant protéger le pays d'éventuelles agressions extérieures (Allemagne, URSS). Assistant à la montée de deux totalitarismes: soviétique puis nazi en Europe, Pilsudski a tenté dès 1933 de prévenir la catastrophe qu’il percevait clairement. Pragmatique, préoccupé par le sort de son pays et de l’Europe, l’homme d’Etat polonais avait essayé, dès Rapallo, Locarno, en percevant la montée en puissance de la Russie et de l’Allemagne, de prévenir les dirigeants des démocraties occidentales, ses alliés, et de les faire réagir et proposant en 1933 aux Français la « guerre préventive » contre Hitler. La réponse de la France fut que la convention franco-polonaise était défensive et non offensive, et que la société française ne tolérerait pas d’action franco-polonaise contre Monsieur Hitler.
Pilsudski dans sa lutte contre les mouvements jugés terroristes, a créé en 1934 le camp d’isolement de Bereza Kartuska , qui devait fonctionner un an pendant la période trouble de la « nuit des longs couteaux » en Allemagne, de l’assassinat de Kirov en URSS, et du déchaînement par le Kremlin de l’action anti-polonaise du NKVD, dite « Opération POW », mais qui resta ouvert jusqu’en 1939. Paradoxalement, ceux des communistes polonais qui y furent détenus ont tous survécu à la liquidation physique de leurs camarades du KPP à Moscou.
Il est mort le 12 mai 1935. Son corps repose à la cathédrale du château royal de Wawel à Cracovie, et son cœur près de sa mère à Vilnius. A sa mort des témoignages de reconnaissance lui furent donnés par les minorités nationales et religieuses, qui perdaient un défenseur, ainsi que le signalait l’Ambassadeur de France dans son rapport du 15 mai 1935 : Les organisations des minorités s’associent au deuil en proclamant des appels et des résolutions. C’est ainsi qu’hier, à Varsovie, au cours d’une réunion d’organisations ukrainiennes, fut prononcé un discours émouvant et votée une résolution. La communauté juive de Varsovie convoqua une réunion où furent prises une série de décisions ; un télégramme de circonstance au Président de la République fut rédigé, le mot d’ordre fut donné de participer massivement aux funérailles, des cérémonies funèbres furent annoncées dans les synagogues et la décision fut prise d’éditer une monographie consacrée à Pilsudski et à la question juive. Les organisations de la minorité allemande ont également voté des résolutions de circonstance et leurs journaux en berne célébraient chaleureusement la mémoire du Maréchal (cf. Archives du Quai d’Orsay, rapport n° 300 du 15/05/1935).
[modifier] Citation
- Être vaincu sans se rendre, voilà la vraie victoire.
[modifier] Biographie
- Wacław Jędrzejewicz: Józef Piłsudski (Editions L'Age d'Homme, 1986)
[modifier] Liens externes
- Et si l'Europe avait écouté Jozef Pilsudski ? par Alexandra Viatteau, écrivain, conférencière à l'Université de Marne-la-Vallée.
- Le maréchal Jozef Pilsudski, homme d’État polonais.
- (en) Piłsudski (Blason et Clan Kościesza)
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