Isocrate
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
Isocrate, en grec ancien Ἰσοκράτης / Isokrátês (Athènes 436–338 av. J.-C.), l'un des dix orateurs attiques.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Isocrate, né en 436 av. J-C., est le fils de Théodore, le riche propriétaire d'une manufacture de flûtes, qui lui donne une éducation soignée. Il suit l'enseignement des sophistes, Prodicos, Théramène, Protagoras et surtout Gorgias, ainsi que celui de Socrate.
Désireux tout d'abord d'entreprendre une carrière publique, il y renonce par timidité, manque de mémoire, et manque de souffle. La fin de la guerre du Péloponnèse ayant ruiné son père, il s'engage dans une carrière de logographe. En -404, il enseigne dans une école de rhétorique à Chios, et en -403 revient à Athènes, où il ouvre sa propre école en -392.
Il rencontre un grand succès, et on lui attribue un grand nombre d'élèves, parmi lesquels :
- Isée, Hypéride et Lycurgue, d'autres orateurs attiques ;
- Timothée, fils de Conon, futur stratège ;
- les historiens Éphore de Cymé et Théopompe ;
- Nicoclès, fils d'Évagoras, roi de Chypre.
Cicéron, dans son De Oratore, compare l'école d'Isocrate au cheval de Troie, rempli des héros grecs.
Parallèlement à son enseignement, Isocrate rédige des discours épidictiques, destinés à être lus et non déclamés. L'un d'entre eux peut être considéré comme un manifeste pour son école, c'est le Contre les sophistes. Mais l'essentiel est de nature politique : il plaide pour la paix et le compromis, ainsi que l'alliance des Grecs, y compris avec Philippe II de Macédoine, contre les Perses.
Il meurt peu après la bataille de Chéronée. Selon la tradition, reprise par John Milton dans le dixième sonnet de ses poèmes, il se serait affamé à mort, désespéré par la fin de la liberté grecque.
- « ...as that dishonest victory
- At Chæronéa, fatal to liberty,
- Kil'd with report that Old man eloquent.
- ...comme cette victoire déloyale
- De Chéronée, fatale à la liberté,
- Tua, comme on le dit, le vieil Orateur. »
[modifier] Œuvre
Une soixantaine de discours lui était attribuée dans l'Antiquité, dont la moitié seulement serait authentique. Seuls 21 textes nous sont parvenus, six sont des plaidoyers de logographe :
- Contre Euthynous
- Contre Callimaque
- Contre Lochitès
- Sur l'attelage
- Trapézitique
- Éginétique
Figurent également quelques éloges, dont un Éloge d'Hélène et un Busiris caractéristiques du goût sophistique pour les éloges paradoxaux.
L'essentiel est constitué par ce qu'on pourrait appeler les manifestes politiques :
- Panégyrique (Πανηγυρικός / Panêgurikós), -380
- Archidamos (-365/-362)
- Sur la paix (-356)
- L'Aréopagitique (v.354), qui inspire plus tard Milton
- Philippe (-346)
- Panathénaïque (entre -342 et -339)
Isocrate défend la paix et appelle à la fin des luttes fratricides entre les cités. Il estime que la Grèce doit être unie pour s'opposer aux Barbares. Ce souci le pousse en -356 à critiquer la rigueur que montre Athènes envers ses alliés. Quand ses espoirs dans le leadership athénien s'évanouissent, il se tourne vers Sparte et même Philippe II.
[modifier] Style
Isocrate incarne la rhétorique grecque classique dans toute sa perfection. Cicéron déclare ainsi dans Brutus (§ 32) :
- « Supérieur en toutes choses à ses devanciers, Isocrate le fut surtout en ceci : le premier, il comprit que même dans la prose il doit y avoir du mètre et une certaine cadence, à condition toutefois que soient évitées les formes des vers. »
[modifier] Bibliographie
- Paul Cloché, Isocrate et son temps, Belles Lettres, Annales littéraires de l'université de Besançon, 1963 ;
- Georges Mathieu, Les idées politiques d'Isocrate, Belles Lettres, 1965 ;
- Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », Paris, 1997 (ISBN 2-13-053916-5).
|
|
el:Ισοκράτης en:Isocrates es:Isócrates fi:Isokrates hu:Iszokratész it:Isocrate nl:Isocrates no:Isokrates pl:Izokrates pt:Isócrates ru:Исократ sv:Isokrates

