Incube
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
| Cet article est une ébauche à compléter concernant les univers de fiction, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant. |
| | Cet article n'est pas fini. Son état est provisoire et sera modifié. Une version améliorée est en préparation.
|
Un incube est un démon à l'apparence masculine qui abuse des femmes endormies . Son pendant féminin est le succube.
D'une connotation sexuelle très forte, les récits d'attaques d'incubes sont teintés d'une ambivalence à l'égard des sentiments de la victime : tantôt plaisants, ils peuvent se transformer en cauchemar...
| « Je dors, mais mon coeur veille J'entends mon bien-aimé qui frappe. "Ouvre-moi, ma soeur, mon amie, ma colombe, ma parfaite !" » — Cantique des Cantiques 5,2 |
Sommaire |
[modifier] Origine latine
Le mot incube apparaît vers 1372 (selon Bloch et Wartburg Dictionnaire étymologique de la langue française - Paris 1932). Il dérive du latin classique inc, « sur », et cubare, « coucher », donc « qui couche sur ».
Le terme incube est à l'origine utilisé spécialement par le monde ecclésiastique. Une description détaillée est présente dans le Malleus Maleficarum, traité d'inquisition en 1486 :
- Par des démons pareils, les actes sexuels de l'impureté la plus honteuse sont commis, non pour le plaisir mais pour l'infection du corps et de l'âme de ceux dont ils se font incubes et succubes. Ensuite au terme d'un acte pareil, conception et génération parfaites peuvent être réalisées par des femmes (...)
Des considérations théologiques, le terme incube est passé dans le domaine médical progressivement, pour désigner le cauchemar :
- CAUCHEMAR. s. m. Nom que donne le peuple à une certaine maladie ou oppression d'estomac, qui fait croire à ceux qui dorment que quelqu'un est couché sur eux : ce que les ignorans croyent estre causé par le malin Esprit. En Latin Incubus, Ephialtis en Grec. In Dictionnaire Furetière édition 1690.
Et encore Martín Antonio Delrío au XVè siècle, en parlant des incubes, succubes et démons :
- L'oppression toutefois, et quasi suffocation ne provient pas toujours de la part de ces démons, aussi bien souvent d'une espèce de maladie mélancolique que les Flamands appellent Mare, les Français Coquemare et les Grecs Ephialtes, lorsque le malade a opinion d'un pesant fardeau sur la poitrine, ou d'un Démon qui veut faire force à sa pudicité.
C'est Dubosquet Louis en 1815 qui va s'attacher, dans sa thèse de médecine, à faire remplacer le terme incubus par cauchemar, et à sa suite, les dictionnaires de médecine utiliseront cauchemar
[modifier] Considérations générales
L'union entre des êtres surnaturels et des mortelles est une croyance répandue ; pour n'en citer que quelques-unes :
- Dans la Bible : Génèse 6 1-4 ; mais aussi dans les textes apocryphes : Le livre d'Enoch VII
- Le Cantique des Cantiques est probablement la description de l'amour entre une mortelle et une divinité<ref name="froger">voir Jean-François Froger La voie du Désir Ed. DésIris ISBN 2-907653-41-5</ref>
- Les nombreux amours entre Zeus et les mortelles dans la mythologie grecque
- Le mythe d'Eros et Psyché
Il est maintenant bien établi que partout dans le monde, les démons ont précédé l'apparition des religions monothéistes. Les démons sont à l'origine une puissance animiste et s'enracineront plus tard dans la croyance aux morts et aux revenants. Un démon peut devenir un dieu et inversement<ref name="Leeuw">G.Van der Leeuw La religion dans son essence et ses manifestations Payot 1970</ref>. La particularité de l'incube est que l'union sexuelle se fait pendant le sommeil de la femme. Mais même cette particularité n'est pas spécifiquement chrétienne puisque qu'il existait déjà chez les Grecs la notion de sommeil du Temple ou incubatio qui consistait en l'union d'un Dieu et d'un(e) mortel(le), notamment dans le cadre du traitement de la stérilité.
La descendance de l'union d'un incube avec une mortelle est variable suivant les époques et les traditions.
Au Moyen Âge, on considérait la descendance comme étant humaine : le sperme récolté par un démon succube était transmis à un démon incube détaché auprès d'une femme. Il s'agissait d'une sorte de génération parfaite par les femmes. Les sources sont le Malleus Maleficarum, traité d'inquisition publié en 1486.
Ernest Jones<ref>Ernest Jones Le cauchemar Payot 2002 ISBN 2-228-89660-8</ref>, en citant plusieurs auteurs<ref>P.Gener La mort et le Diable 1880, R.G. Latham A Dictionary of The English Language 1882, P.Sinistrari Demoniality of Incubi and Succubi XVIIè tra.angl 1879, J.Hansen ''Zauberwahn, Inquisition und Hexenprozess im Mittelalter 1900</ref>, fait descendre de telles unions : Robert, père de Guillaume le Conquérant, Luther, Merlin (issu d'un Incube et d'une nonne, fille de Charlemagne), César, Alexandre le Grand, Platon, Scipion l'Africain (...) la race des Huns et toute l'île de Chypre.
[modifier] L'évocation d'Eros selon Julius Evola
Avant d'aborder la notion de l'incubat et du succubat selon Julius Evola<ref>Julius Evola Métaphysique du sexe Payot Paris 1959</ref>, rappellons quelques notions nécessaire pour sa bonne compréhension au sein de la pensée de l'auteur.
Il existe deux façons d'aborder la notion d'eros : l'eros profane et l'eros sacralisé. La première s'enracine dans le biologique, la sexualité commune. La seconde se manifeste dans l'ordre du divin. Il en est de même pour l'Aphrodite Uranie (l'amour vulgaire) et l'Aphrodite Pandémie (l'amour à caractère divin). De même que le singe descend de l'homme par involution, la sexualité animale, voire humaine, se présente comme la chute et la régression d'une impulsion n'appartenant pas à la sphère du biologique. Une des fonctions d'Eros est de combler la distance entre la sphère du mortel et la sphère du divin. Cela rejoint les idées platoniciennes selon lesquelles Eros est un puissant démon, un intermédiaire entre la nature de Dieu et la nature de mortel. La manie de l'amour lié à Eros et Aphrodite peut prendre deux formes : l'une dérivant de maladie humaine, l'autre d'exaltation divine<ref>Il existe trois autres types de manie : la manie prophétique d'Apollon, la manie des initiés de Dyonisos et la manie prophétiques des Muses, soit au total quatre portes possibles vers le divin.</ref>.
La notion d'incubat et de succubat est présenté par Evola dans le cadre du processus des sacralisations et évocations de l'Eros sacrée. Le paradigme des processus de sacralisation est représenté par le mariage comme mystère alias les hiérogamies et la prostitution sacrée. L'incubat et le succubat représente pour lui les prolongements ténébreux de ces processus. Ils peuvent être plus ou moins conscients et peuvent avoir des correspondants pathologiques. Les développements subtils de l'Eros sont sous la gouverne du royaume de la nuit, de l'obscurité, car c'est de nuit qu'ont lieux les changements d'état de la conscience. Ces phénomènes, d'après l'auteur, étaient connus dès l'époque des sumériens. Il cite également pour appuyer sa thèse :
- Stanislas de Guaita<ref>Le temple de Satan , Paris 1916, I,p.222</ref> selon lequel l'incube et le succube sont deux formes spectrales d'un hermaphrodisme convertible. Evola explique qu'il s'agit de l'union de deux formes tendancielles des deux principes masculin et féminin.
- Paracelse dont un passage dans le traité des maladies invisibles ferait allusion au pouvoir évocatoire de l'imagination permettant le contact avec les puissances suprasensibles du sexe<ref>Selon Paracelse, les incubes et les succubes seraient issus du sperme pneumatique provenant de l'amour héroïque au sein du corps sidéral, de substance éthérique (existe deux autres corps : le corps physique et le corps spirituel)</ref>.
Parmi les autres processus de sacralisation, à titre d'informations, Evola évoque, dans le cadre de l'Eros profane, l'amour chevaleresque médiéval, mais également, dans le cadre des expériences initiatiques, les Fidèles d'Amour.
Du point de vue du plaisir, Evola cite celui que certains peuvent éprouver en rêve, dans les cas où il n'y a pas d'éjaculation. Ce plaisir rapporté par certains, à un caractère plus extatique et omni-envahissant que celui lié à l'acte physique. Ce plaisir n'est pas lié aux conditionnalités physiologiques habituelles.
[modifier] Culture, Art et Littérature
Sur internet , on dénomme parfois les enfants (démoniaques) nés de cette liaison Kilcrops, Rocots ou « enfants changés » ; ceux-ci, de maigre constitution, hurlent au simple toucher et rient diaboliquement à la survenue du moindre malheur.
Les incubes et les succubes sont des personnages pittoresques que l'on croise avec plaisir dans certains jeux, tels que nethack.
Le film de 1965, Incubus, le second et dernier long métrage réalisé en espéranto, met en scène un incube et des succubes.
Incubus est également le nom d'un groupe de musique rock en plus d'être le titre d'une chanson du groupe Marillion disponible sur l'album Fugazi.
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Voir aussi
en:Incubus (demon) ja:夢魔 nl:Incubus (demon) pt:Incubus (demônio) ru:Инкуб sv:Incubus

