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Humanisme

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L'humanisme est un mouvement européen de la renaissance et une philosophie qui met l'homme et les valeurs humaines au dessus de tout. Il englobe les XIVe, XVe et XVIe siècles. Il se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, de l'écriture, et de la pensée.

Au sens moderne, l'humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain et qui dénonce ce qui l'asservit ou le dégrade.

Sommaire

[modifier] Introduction

À la suite de la chute de l'Empire byzantin, par la prise ottomane de sa capitale Constantinople en 1453, une nouvelle ère commence.

Des hellénistes vont émigrer en Italie et profiter du mécénat des riches citoyens des très commerçantes républiques génoise et florentine et du pape. Une nouvelle pensée et un nouvel art se développent. Ils sortent du cadre rigide hérité des anciennes institutions qui avaient le monopole de la diffusion du savoir, et qui étaient très liées aux autorités ecclésiastiques : monastères, écoles urbaines, universités. Flavio Biondo, qui fut l'un des artisans de ce renouveau, appela l'ancienne période le Moyen Âge, par opposition au Rinascimento (Renaissance en italien).

Profitant de l'apparition de l'Imprimerie en Europe (1453) le mouvement se diffuse sur tout le continent aux XVe et XVIe siècles à travers la République des Lettres. Les nouveaux penseurs qui la forment seront appelés les humanistes, et à partir de la seconde moitié du XIXe siècle leur œuvre et mouvement l'Humanisme.

Le terme est formé sur l'allemand Humanismus, venant lui-même du terme humaniste : au XVIe siècle, l'humaniste s'occupait d'humanités (studia humanitatis en latin) ou lettres antiques). Pour ces érudits de la Renaissance, le terme humanitas avait le même sens qu'à l'époque cicéronienne et signifiait « la culture qui, parachevant les qualités naturelles de l'homme, le rend digne de ce nom ».

Le terme désigne donc un courant culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique qui propose un « modèle humain » défini comme synthèse des qualités intellectuelles, sociales, affectives, caractéristiques de la « nature humaine ». L'humanisme est un courant de pensée idéaliste et optimiste qui place l'Homme au centre du monde, et honore les valeurs humaines.

Pris au sens large moderne, le terme humanisme peut recouvrir différentes idéologies antagonistes postérieures aux humanistes de la Renaissance : philosophie des Lumières, libéralisme et marxisme notamment.

[modifier] Le sens historique

C’est avec Pétrarque (1304-1374) que naît en Italie le mouvement humaniste de la renaissance. Le poète commence par recueillir les inscriptions sur les vieilles pierres de Rome et poursuit dans les manuscrits sa quête des Anciens. Il retrouve ainsi des lettres de Cicéron, ressuscitant un écrivain statufié par les écoles. Il s’illustre également en détectant un faux document au profit de son souverain. Lorenzo Valla (1407-1457), lui aussi, va traquer la vérité historique, préconisant l’étude philologique des textes et le retour à la pureté classique. Parti d’Italie, le courant humaniste rayonne dans toute l’Europe cultivée.

Les humanistes du XVe siècle s’efforcent de revisiter la pensée des Anciens, dont l’authenticité leur échappe après les présentations et interprétations chrétiennes des deux siècles précédents (voir Moyen Âge).

De 920 à 1200, on redécouvrit un grand nombre d'auteurs antiques, pour n'en citer que quelques-uns : Virgile, Ovide, Horace, Cicéron,… Cette période est maintenant considérée par les plus grands historiens comme une période de renaissance (Georges Duby, Bernard Quilliet). En revanche, les XIIIe siècle et XIVe siècle furent beaucoup plus rigides.

Ils étudient les langues anciennes (grec, hébreu, latin classique, syriaque) et recherchent des manuscrits dans tout le monde méditerranéen.

On considère généralement que l'âge d'or de l'humanisme se situe au début du XVIe siècle avec les grandes figures d'Erasme, Thomas More ou Guillaume Budé. L'humanisme de la Renaissance prône l'« imitation des Anciens », c'est à dire un retour aux sources antiques païennes (grecques et romaines) mais aussi chrétiennes (retour aux enseignements purs des Évangiles).

Les caractéristiques de l'humanisme du XVIe siècle sont l'aspiration à la connaissance des possibilités humaines et la réflexion de l'homme sur lui-même; le refus de tout ce qui fait obstacle au développement de l'esprit ; le rejet de toute autorité arbitraire; la volonté d'une nouvelle organisation de la vie qui se manifestera sur le plan politique, social, esthétique et même religieux.

Les Humanistes sont d'abord des « philologues », passionnés pour les langues (latin, grec, hébreu) et les civilisations anciennes. Ils réfléchissent sur les textes, reprennent les mythes et les légendes en les chargeant de nouvelles significations, écrivent des œuvres littéraires et scientifiques, deviennent des éditeurs. Dans un sens étroit, l'Humanisme du XVIe siècle est un mouvement littéraire qui cherche à retrouver une image éternelle de l'homme et du bonheur par l'étude de l'Antiquité.

Les Humanistes s'opposent aux dogmes de l'Église. Leur pensée touche exclusivement les pratiques ecclésiastiques, et non pas la religion. Ils exigent : le retour aux textes de l'Évangile, la confiance dans la « parole sacrée du texte » et non dans son commentaire, la traduction des textes religieux en langues romanes pour les rapprocher du peuple. Toutes ces exigences sont liées à la volonté de réformer l'Église catholique pour assurer son retour à la pureté primitive du christianisme. Luther en Allemagne et Calvin en France créent le mouvement qui porte le nom de la Réforme. Née de l'Humanisme, la Réforme s'en sépare par l'affirmation d'une nouvelle doctrine dont la défense acharnée provoque la scission de l'Église en deux camps, catholique et protestant, et les amène aux guerres civiles sanglantes.

Cet humanisme donnera naissance au protestantisme) et, avec quelque retard, aux réformes catholiques (concile de Trente). Cet humanisme connaîtra une évolution qui le mènera, en passant par une phase moderne au XVIIIe, à l'humanisme scientifique du XIXe siècle.

À la Renaissance, l'humanisme a donc consisté en une mise en avant des richesses culturelles contenues dans les littératures anciennes. Cette entreprise a comporté plusieurs aspects :

  • l'humanisme philologique fut un immense travail de restitution et de diffusion des textes anciens d'auteurs inconnus des copistes du Moyen Âge. Ce fut la tâche de Pétrarque, de Boccace, de Marsile Ficin, d'Érasme, de Budé, par exemple ;
  • l'humanisme pédagogique s'opposa à l'enseignement scolastique en imposant l'étude des lettres latines et grecques dans leurs textes authentiques. François Ier fonda le Collège de France, à l'instigation de Guillaume Budé, dans le but de faire prévaloir cette pédagogie fondée sur l'étude des « humanités » antiques ;
  • l'humanisme philosophique est fondé sur la connaissance de l'homme, l'accomplissement harmonieux de sa nature, sous le contrôle de sa Raison. Pour Rabelais, Érasme, Montaigne, la valeur des œuvres antiques tenait dans la philosophie morale qu'ils y trouvaient. Celle-ci leur apprenait que la mesure des désirs et des ambitions, le courage et la justice conduisaient à la vertu et au bonheur. Alors qu'il n'était pour d'autres que l'étude érudite de textes, l'humanisme fut pour eux une « conception sobre et équilibrée de la vie humaine » (Emile Bréhier). À la fin de l'Apologie de Raymond Sebond, Montaigne cite Sénèque : « Ô la vile chose et abjecte que l'homme, s'il ne s'élève au-dessus de l'humanité ! » et il commente : « Voilà un bon mot et un utile désir, mais pareillement absurde. Car de faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, et d'espérer enjamber plus que l'étendue de nos jambes, cela est impossible et monstrueux. Ni que l'homme se monte au-dessus de soi et de l'humanité ». Ainsi, l'homme n'est pas Dieu et l'humanisme consiste à agir « humainement ».
  • Voir aussi néoplatonisme

[modifier] Liste d'humanistes par époque

Pétrarque (1304-1374)
Boccace (1313-1375)
Coluccio Salutati
Guarino Veronese (1374-1460)
Nicolas de Cuse (1401-1464)
Lorenzo Valla (1407-1457)
Marsile Ficin (1433-1499)
Léonard de Vinci (1452- 1519)
Johannes Reuchlin (1455-1522)
Jean Pic de la Mirandole (1463-1494)
Francesco Filelfo
Erasme (v. 1466-1536)
Guillaume Budé (1467-1540)
Thomas More (1478-1535)
Georgius Macropedius (1487-1558)
Juan Luis Vivès (1492-1540)
François Rabelais (1494-1553)
Étienne Dolet (1509-1546)
Michel de Montaigne (1533-1592)
Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637)
Baruch Spinoza (1632-1677)
John Locke (1632-1704)
Jean Meslier (1664-1729)
Montesquieu (1689-1755)
Voltaire (1694-1778)
David Hume (1711-1776)
Paul Henri Dietrich, baron d'Holbach (1723-1789)
Emmanuel Kant (1724-1804)
Nicolas de Condorcet (1743-1794)
Thomas Jefferson (1743-1826)
Jeremy Bentham (1748-1832)
Jean-Baptiste Anse de Villoison (1750-1805)
Auguste Comte (1798-1857)
Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Robert Green Ingersoll (1833-1899)
Ludwik Lejzer Zamenhof (1859-1917)
Bertrand Russell (1872-1970)
Albert Camus (1913-1960)
Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)
Jean Bost (1934-1995)
Mario Rodriguez Cobos (dit Silo) (1938-)

[modifier] Œuvres humanistes par excellence (de la Renaissance)

[modifier] Les grands principes humanistes

L’Humanisme est une pensée qui apparaît pendant la Renaissance. Elle consiste à valoriser l’Homme, à le placer au centre de son univers. Dans cette optique, le principe de base de cette théorie est que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées. La quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines sont nécessaires au bon usage de ces facultés. Cet Humanisme classique s’inspire de la réflexion et de la philosophie antique, et ne s'oppose pas à la croyance divine. Il prône la vulgarisation de tous les savoirs, même religieux : pour certains humanistes, la Parole divine doit être accessible à toute personne, quelles que soient ses origines, sa langue (traduction de la Bible par Erasme en 1516) ou sa catégorie sociale. Ainsi, cet Humanisme vise à lutter contre l’ignorance, et à diffuser plus clairement le patrimoine culturel, y compris le message religieux. Cependant l’individu, correctement instruit, reste libre et pleinement responsable de ses actes dans la croyance de son choix. Les notions de liberté (ce que l'on appelle le "libre arbitre"), de tolérance, d’indépendance, d’ouverture et de curiosité sont de ce fait indissociables de la théorie humaniste classique. l'Humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain.

[modifier] Le sens moderne

Dans l'acception actuelle, l'humanisme s'inspire de cette définition philosophique. On parle, par exemple, de l'humanisme « militant » de Voltaire, ou de Paul Henri Dietrich, baron d'Holbach.

Depuis Montaigne, l'humanisme, ainsi conçu, a été un des éléments les plus constants de la pensée française.

  • L'humanisme pratique ou moral consiste à s'imposer, vis-à-vis de tout être humain, des devoirs et des interdits éthiques : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas voler, ne pas humilier… Basé sur le respect et la justice, cet humanisme-là revient donc à respecter les droits fondamentaux de l'être humain. C'est dans ce sens qu'André Comte-Sponville s'exprime : « L'homme n'est pas mort : ni comme espèce, ni comme idée, ni comme idéal. Mais il est mortel ; et c'est une raison de plus pour le défendre ». (Présentations de la philosophie)

Un courant humaniste en émergence depuis les années 1970 est désigné sous l'appellation d'humanisme environnemental, ou d'écologie humaniste, développant une philosophie de l'évolution (voir: humanisme évolutionniste), courant proche des écoles stoïciennes et sceptiques, et exprimé sur la scène internationale et à l'ONU, notamment par des chefs d'état tels que Jacques Chirac ou Mohammed VI. L'ouvrage de référence de ce courant est celui de Marc Carl Discours sur l'écologie humaniste et sur la philosophie de l'évolution, LEAI, Paris, 1997-2002.

[modifier] L'humanisme anglo-saxon

Extrait du Wikipedia anglais : en:humanism

« Bien que les formes dominantes d'humanisme soient agnostiques (et typiquement rejettent l'existence du surnaturel), toutes les formes d'humanisme ne sont pas dans ce cas. Cependant, l'humanisme nie l'importance du surnaturel dans les affaires humaines, indépendamment du fait qu'il existe ou non. »

Dans les pays anglo-saxon, le terme désigne le rejet de croyances basées uniquement sur des dogmes, sur des « révélations » et intuitions, sur la mystique ou ayant recours au surnaturel, sans évidences vérifiables.

C'est une philosophie qui énonce la primauté de l'humain et des lois naturelles sur les croyances religieuses et la croyance en un (ou plusieurs) être(s) divin(s) surnaturels. On retrouve dans les organisations humanistes des athées, des agnostiques, des libre-penseurs, des sceptiques ainsi que des croyants, qui affirment que l'éthique peut et doit exister sans que n'intervienne le fait religieux (justice immanente et Jugement Dernier (religion)).

Le sens contemporain du terme français, qui n'a pas vraiment varié depuis le XVIIIe siècle, est assez voisin de ce sens anglophone. D'autre part, le terme français d'humanisme au XVIIIe siècle a une connotation plus athée que le terme humaniste au XVIe siècle.

Notons que le cartésianisme, en tant que philosophie se rapportant à Descartes, ne nie pas l'existence de Dieu.

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[modifier] Les racines de l'humanisme moderne

Certains humanistes modernes voient dans l'humanisme de la Renaissance la prise de conscience d'un courant qui a des racines profondes non seulement dans le monde antique de l'Occident mais également en Asie. Confucius semble être un des premiers philosophe a exclure formellement le divin dans sa recherche de l'harmonie sociale: sa morale est complètement débarassée de toute finalité métaphysique. De même, la version originale du Bouddhisme (selon le canon de Pali) comprend la notion d'âme mais pas celle de divinités et son but reste l'accomplissement de l'homme.

Dans l'antiquité grecque, c'est sans doute Protagoras, celui de "L'Homme est la mesure de toute chose", qui représente le mieux le scepticisme antique à l'égard des divinités. Démocrite avec son explication purement matérialiste de la nature, selon lui constituée de minuscules particules, élimine aussi les dieux de sa vision de la réalité du monde. Épicure non plus, n'a pas besoin de dieux pour établir son éthique.

En 431 BCE, Périclès, stratège d'Athènes, prononce une longue oraison funèbre pour honorer les guerriers athéniens morts au combat lors de la Guerre du Péloponnèse. Cette oraison est extraordinaire à bien des points de vue, mais surtout pour celui-ci: jamais Périclès ne fait mention des dieux. L'hommage aux disparus et la consolation aux familles sont entièrement laïques! Voir (fr) Thucydide, livre II

[modifier] Bibliographie

[modifier] Liens internes

[modifier] Articles connexes liés à la Renaissance

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[modifier] Liens externes

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