Histoire du Lesotho
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Image:Qiloane Lesotho.jpg L'Histoire du Lesotho a commencé avec les Bushmen qui ont vécu en autarcie pendant des milliers d'années dans cette région montagneuse d'Afrique australe au cœur de l'Afrique du Sud.
Au XVIe siècle, les Sothos s'établirent sur le territoire et chassèrent les Bushmens.
En 1868, pour se protéger de la convoitise des Boers, les sothos se placèrent sous la protection de la Grande-Bretagne.
En 1966, le protectorat britannique du Basutoland devint un État indépendant connu sous le nom de Royaume du Lesotho.
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[modifier] Les premiers habitants
Les Bushmen des montagnes étaient des chasseur-cueilleurs. Pendant des milliers d'années, ils vécurent en autarcie. Mais au XVIIe siècle, les Sothos arrivés dans la région d'Afrique du Sud quelques cinq siècles plus tôt commencèrent à coloniser les montagnes du centre du Drakensberg où vivaient les Bushmen.
[modifier] L'expansion bantou des Sothos
L'invasion sotho se fit plus pressante lors du mfecane. Les tribus vivaient alors les unes à côté des autres dans des royaumes indépendants qui multipliaient les échanges commerciaux. Mais la menace zoulou les avaient aussi rassemblées et ce fut à partir des sites refuges des monts Maloti que les armées sothos repoussèrent les régiments zoulous.
À partir des années 1820, Moshoeshoe Ier, chef de la tribu kwena ("crocodile") parvint à unifier sous son commandement les 23 tribus de Sothos du Sud. Il pactisa avec les missionnaires évangélistes dont les Français Thomas Arbousset, Eugène Casalis et Constant Gosselin, de la Société missionnaire évangélique de Paris. La christianisation du territoire commença ainsi précocement permettant aux Sothos de recevoir finalement un degré d'instruction occidental assez élevé par rapport aux tribus voisines.
Dans les années 1850, le royaume de Moshoeshoe était menacé par l'expansion des Boers qui venaient de fonder l'État libre d'Orange à ses frontières. Les Boers convoitaient alors la riche vallée du Caledon. En dépit de rapports d'abord cordiaux entre le roi des Sothos et le gouvernement de l'État libre d'Orange, les relations dégénérèrent en guerre de frontières. Retranchés dans la région de Thaba Bosiu, Moshoeshoe, sous les conseils des missionnaires, fit appel en 1868 à la Grande-Bretagne pour demander à se placer sous sa protection.
Le protectorat allait bien être établi mais les Sothos perdaient la moitié de la vallée de Caledon (soit 50% des terres cultivables), devenue une frontière entre le royaume et la république boer.
[modifier] Le protectorat britannique
En 1868, le royaume sotho devenait un protectorat au sein de l'Empire colonial britannique sous le nom de Basutoland.
En 1871, le Basutoland fut placé sous le contrôle de la colonie du Cap, contre l'assentiment des Sothos qui se soulevèrent en 1881. La rébellion se solda par un accord général garantissant aux Sothos qu'aucun colon blanc ne viendrait acquérir des terres dans le royaume et par la reprise du contrôle direct du territoire par la Grande-Bretagne en 1884.
À partir de 1906, le Lesotho fut administrée avec les protectorats du Swaziland et du Bechuanaland par la même administration coloniale sous l'autorité d'un seul et même haut-commissaire britannique. Les chefs traditionnels gardaient néanmoins de larges pouvoirs. Cependant, les efforts de développement coloniaux furent quasiment inexistants, le seul objectif des Britanniques étant de maintenir la paix civile en attendant un hypothétique rattachement des 3 territoires à l'Afrique du Sud.
En 1910, la Loi portant fondation de l'Union sud-africaine (South African Act of Union) prévoyait ainsi l'intégration du Basutholand au nouveau Dominion. Néanmoins, le Basutoland (tout comme les deux autres protectorats) parvint à conserver son autonomie et à ne pas être annexé.
Le développement de l'éducation fut laissée à la charge des missions chrétiennes jusqu'aux années 50 alors que les élites locales étaient formées à l'université de Fort Hare en Afrique du Sud. En 1946, l'université de Roma était fondée au Basutholand par des catholiques.
En 1960, le Parti du Congrès des Basothos (Basotho Congress Party: BCP), lié au Congrès national africain remporta les premières élections générales du territoire.
Dès 1965, ce parti était renvoyé dans l'opposition par le Parti national basotho (Basotho National Party: BNP) du chef Joseph Leabua Jonathan, un catholique-conservateur soutenu par la Grande-Bretagne et l'Afrique du Sud.
Le 4 octobre 1966, le Basutoland devenait un État indépendant, sous le nom de royaume du Lesotho.
[modifier] Le Royaume du Lesotho
Depuis l'indépendance, la vie politique du pays est marquée par l'opposition entre les partisans d'un régime militaire, ceux de la Monarchie, ceux d'une démocratie parlementaire et les partisans d'un régime socialiste.
Le Lesotho avait choisie de demeurer une monarchie traditionnaliste. Le roi du Lesotho était le chef suprême des Sothos, Moshoeshoe II alors que Jonathan était le premier ministre. Les prérogatives royales étaient cependant limitées et bornées à désigner 11 des 33 sénateurs du parlement.
État totalement enclavé dans l'Afrique du Sud, le Lesotho était totalement dépendant de son puissant voisin et, tout en rejetant sa politique d'apartheid, ne pouvait se permettre de trop le critiquer.
Dès 1966, le gouvernement du Lesotho commença à démontrer son peu de considération pour la démocratie en faisant disperser par le feu une réunion du parti royaliste, panafricaniste et socialisant, le "Basutho Congress Party", de Ntsu Mokhehle. Dans les jours qui suivirent, le roi lui-même fut placé en résidence surveillée dans son propre palais.
En 1970, le régime évolua nettement vers l'autoritarisme et la dictature. Les élections prévues pour janvier, et qui s'annonçaient difficiles pour le gouvernement, furent annulées et l'état d'urgence proclamée. Le roi fut exilé aux Pays-Bas pendant 9 mois alors que le premier ministre Joseph Jonathan suspendait la constitution et le parlement, reléguant le roi à un rôle honorifique. Les partis d'opposition furent interdit et leurs chefs arrêtés.
Un parlement croupion fut instauré et Jonathan gouverna, réprimant toute hostilité avec l'aide technique de l'Afrique du Sud. L'opposition elle-même était divisée. Ntsu Mokhehle fit alors le choix de la lutte armée mais sans grand résultat.
À la fin des années 70, contre toute attente, Jonathan se rapprocha des pays socialistes du Bloc soviétique. En 1979, le Mozambique et Cuba ouvrirent des représentations diplomatiques à Maseru. Ils furent suivies par l'URSS et la Chine, ravies de prendre position au cœur de l'Afrique du Sud. Le Lesotho devint alors un refuge pour les militants anti-apartheid de l'ANC. Tous ces changements diplomatiques provoquèrent la consternation du gouvernement de Pretoria qui se mit alors à soutenir les raids du mouvement de guérilla de Mokhehle sur le Lesotho à partir de 1982.
Jonathan échappa à plusieurs attentats et, tout en laissant le Lesotho demeurer dans la zone monétaire du rand, montait en épingle ses actions contre l'apartheid.
Ses voyages en Corée du Nord, en Roumanie et en Bulgarie finirent par inquiéter les puissances occidentales et l'Église catholique. Au sein même de la classe politique proche de la dictature, les désapprobations se multiplièrent alors que Pretoria prenait en charge le financement du "parti démocratique uni" de Charles Molefe, perçu comme une alternative plus crédible que Mokhehle.
Le 19 décembre 1985, un commando sud-africain abattait neuf activistes de l'ANC à Maseru. Jonathan en appela alors à l'aide des pays non alignés. Le 23 décembre, un attentat commis par des membres de l'ANC tua en représailles 5 personnes à Amanzimtoti dans le Natal. L'Afrique du Sud organisa alors un blocus commercial et financier du Lesotho dans le but d'obtenir la fermeture du bureau de l'ANC à Maseru et l'expulsion de ses représentants.
Jonathan obtempéra finalement mais trop tard. Le 19 janvier 1986, le dictateur était balayé par un coup d'État militaire soutenu par Pretoria et dirigé par le général Justin Lekhanya (Jonathan se réfugia néanmoins en Afrique du Sud). Son premier geste fut d'édicter un décret redonnant ses pouvoirs exécutif et législatif au roi Moshoeshoe II, tout en précisant cependant que le monarque n'agirait qu'en accord et après avis du conseil militaire dirigé par le général Justin Lekhanya.
Le nouvel homme fort du Lesotho était un conservateur proche de Pretoria. Sans perdre de temps, il fit expulser une centaine de militants de l'ANC sud-africain vers la Zambie et renvoya les conseillers techniques nord-coréens. Il recentra sa politique vers le pôle pro-occidental afin de financer un grand projet de barrage hydro-électrique au cœur du pays. Son zèle pro-sud-africain fut néanmoins tempéré par le roi qui l'empêcha finalement de mener une politique trop explicitement favorable au gouvernement de Pretoria.
Le 14 septembre 1987, la visite du pape Jean-Paul II manquait de dégénérer en fiasco politique suite à la prise en otage par des rebelles d'un car de pèlerins qui se termina par un bain de sang sous l'effet de l'assaut des forces armées.
En juillet 1989, le régime marqua une certaine libéralisation avec la fin de l'exil de Ntsu Mokhehle, autorisé à rentrer au pays. Le roi fut lui-même envoyé aux États-Unis afin de plaider la cause du Lesotho auprès des grandes institutions financières internationales alors que le pays manquait de crédits.
Cependant, les relations entre le général Lekhanya et le roi se dégradèrent subitement et le 19 février 1990, les royalistes tentèrent de renverser le dictateur militaire. Ce fut un échec qui aboutit à la déposition du roi en mars 1990. Désormais, roi en titre mais sans aucun pouvoir, Moshoeshoe II fut exilé.
En novembre 1990, son fils aîné lui succéda sous le nom de Letsie III.
En avril 1993, les premières élections pluralistes depuis l'indépendance furent organisées et se soldèrent par la victoire de Ntsu Mokhehle.
Cette parenthèse démocratique fut de courte durée. Letsie III suspendit la Constitution et le Parlement, puis limogea le gouvernement.
Le pays allait s'enfoncer dans une crise de régime mais grâce à l'intervention du Botswana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, Letsie III accepta finalement de rétablir le gouvernement, la Constitution et le Parlement, puis d'abdiquer en faveur de son père, Moshoeshoe II qui retrouva son trône le 25 janvier 1995.
En janvier 1996, Letsie III succéda légitimement à son père suite à la mort de ce dernier mais c'était cette fois pour être le souverain d'une monarchie parlementaire.
En 1998, le pays était néanmoins au bord de la guerre civile suite à des élections contestées. Le pire fut évité grâce à l'intervention de l'Afrique du Sud.
Le Lesotho demeure un des pays les plus pauvres du monde.
[modifier] Bibliographie
- Georges Lorry (Sous la direction de), Le Lesotho dans Afrique australe, éd. Autrement, HS n°45, avril 1990
- Philippe Gervais-Lambony, L'Afrique du Sud et les États voisins, Armand Colin, 1997, p 190-192
[modifier] Liens externes
- (en) Histoire du Lesotho
- (fr) Présentation du Lesotho
- (fr) Histoire chronologique du Lesotho
- (fr) Article de Politique africaine sur le Lesotho (1993)en:History of Lesotho
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