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Histoire des Juifs d'Algérie

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Les Juifs d'Algérie constituaient avant l'indépendance de l'Algérie une population de 130 000 personnes environ. Ils étaient pour la plupart d'origine nord-africaine et appartenaient à l'ensemble du judaïsme nord-africain, présent également au Maroc et en Tunisie, et qui a aujourd'hui disparu presque totalement après plus de 2000 ans d'existence. Cette population a émigré pour sa majorité en France.

Sommaire

[modifier] Composition du peuplement juif

Cet article fait partie d'une série sur
les Juifs et le judaïsme
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L'Algérie comptait dès le temps des Carthaginois, mais surtout depuis les époques de Strabon et de la Kahena, un nombre important de juifs de culture arabo-berbère, qui a constitué la communauté religieuse la plus ancienne de ce pays. Leur effectif fut par la suite renforcé, comme celui des musulmans, à la suite de la Reconquista de l'Espagne, en 1492-93, par l'afflux de juifs et de musulmans. Les uns et les autres, chassés par les rois catholiques, se réfugièrent en Afrique du Nord.

Les rabbins espagnols, firent prévaloir progressivement leur rite, dit « sépharade » (c'est-à-dire, en hébreu, « espagnol »), sur le rite local. Si bien que les Juifs d'Algérie sont de nos jours, généralement qualifiés de « sépharades », en dépit de leur origine majoritairement berbère.

Une étude d'onomastique statistique, <ref>Réalisée en 1936 par le rabbin Eisenbeth, cité par Jean Despois (L'Afrique du Nord, PUF, 1964)</ref> indique que 50 % des Juifs d'Afrique du Nord ont un nom d'origine arabo-berbère, 18 % d'origine hébraïque et 12,5 % d'origine latine (espagnole, italienne, portugaise).

Les juifs d'Algérie ont donc constitué un groupe assez complexe. On peut distinguer de par leurs origines et leur statut social trois groupes distincts bien que s'étant mutuellement influencés et mélangés avec le temps:

  • Les toshavim (en hébreu les indigènes) de culture arabo-berbère forment la majorité du peuplement juif, de condition très modeste, ils habitent non seulement les grands centres urbains mais aussi un grand nombre de bourgades, il faut distinguer parmi eux les tribus juives nomades du Mzab et de l'Aurès très isolées qui vivent dans un syncrétisme judéo-musulman ;
  • Les megorashim (en hébreu "ceux de l'extérieur") de culture séfarade, venus de la péninsule ibérique pendant et après la Reconquista ;
  • Les juifs de Livourne où "Granas" arrivés au XVIIème siècle en provenance de la Toscane très minoritaires, polyglottes, maintenant des relations privilégiées avec l'Europe, concentrés dans les grandes villes et ayant une situation économique aisée. Cette distinction est commune avec ce qui existait au Maroc et en Tunisie à la différence que le ladino, langue des juifs d'Espagne ne prédomina jamais comme ce fut le cas à Tanger où à Tétouan et que les institutions religieuses ne furent jamais divisées comme ce fut le cas en Tunisie entre grana et toshavim.

[modifier] Histoire

[modifier] Des Carthaginois à la colonisation française

L'origine des Juifs d'Algérie est très ancienne et mal connue. On estime que les premiers Juifs sont arrivés en Afrique du Nord avec les Phéniciens à l'époque de la fondation de Carthage, vers le milieu du VIIIe siècle av. J.-C. Au IIe siècle av. J.-C. les Ptolémées transférèrent en Égypte de nombreux Juifs, dont beaucoup émigrèrent en Afrique du Nord. D'ailleurs, des inscriptions en araméen sur des pierres tombales du IIIe siècle av-JC y sont attestées.

D'autres arrivèrent plus tard, notamment lors de la répression exercée par l'empereur Titus en Palestine après la destruction du Temple en 70 après J.-C.. Puis, à la suite d'une violente insurrection des juifs de Cyrénaïque sous le règne de Trajan, celui-ci, après les avoir écrasés, déporta les survivants dans la province de Maurétanie (Maghreb actuel, à l'ouest de Constantine).

À la veille de l'expansion musulmane, outre les populations sédentaires descendantes des immigrés ou déportés évoqués ci-dessus, plusieurs tribus Berbères pratiquaient le judaïsme, notamment les Djeraoua de l'Aurès et les Nefoussa du sud-est de l'Ifrika. Ce furent ces tribus berbères juives qui, sous la direction d'une figure légendaire, la reine guerrière Kahena, résistèrent le plus longtemps aux forces musulmanes, comme le rapporte notamment l'historien arabe du Moyen Âge, Ibn Khaldoun.

Après la conquête musulmane, les communautés juives furent soumises au statut dégradant de dhimmis, comme sur toutes les terres musulmanes depuis le Pacte d'Omar, au VII siècle, qui tout en leur laissant la liberté du culte, leur attribuait un statut juridique très inférieur à celui des musulmans. Mais après une première période relativement tolérante, les Juifs d'Afrique du Nord furent au XIIe siècle soumis à une persécution terrible de la part des Almohades. En fait, ils étaient "tolérés" tant que l'expansion musulmane était en phase ascendante. Mais systématiquement frappés, et "boucs émissaires" dès les premiers revers de cette expansion, face aux tentatives d'incursions occidentales.

Dès 1165, une politique de conversion forcée s'instaure: interdiction de se marier avec des musulmans, de pratiquer le commerce à grande échelle. Il leur faut alors (au Maghreb comme en Espagne musulmane) soit pratiquer clandestinement, soit s'exiler vers l'Égypte (comme le fit le philosophe, médecin, talmudiste Maïmonide (Ben Maîmon), ou la Palestine, ou l'Italie. De plus, ils durent porter un vêtement particulier, de couleur jaune, sous l'Almohade Al Monsur, dès 1198. Cette tendance à marquer les juifs d'une couleur ou d'une insigne, variable selon les pays et les époques, sera reprise en Europe dès le Moyen Âge.

A partir du règne des Almohades, de nombreux juifs nord-africains émigrèrent donc vers les terres chrétiennes de l'Espagne, alors en guerre sur son propre sol avec des Almohades en pleine expansion.

À partir du XIVe siècle et jusqu'au XVIIe siècle, l'émigration s'inversa. Les communautés nord-africaines virent arriver des Juifs d'Espagne. La plus grande vague suivra l'ordre d'expulsion prononcé en mai 1492 après la prise de Grenade par les rois catholiques. Relativement peu nombreux, les Juifs d'Espagne s'installèrent dans les villes du littoral et fusionnèrent progressivement avec les Juifs autochtones. Ce sont eux qui sous la désignation de Sépharades (qui désignait à l'origine les juifs d'Espagne), introduisirent la liturgie du même nom. Finalement, ce sont toutes les communautés juives nord-africaines, et au-delà balkaniques et orientales, qui adopteront la liturgie Sépharade.

Plus tard, au XVIIIe siècle, arrivèrent les « Juifs Francs », de Livourne (Italie), très peu nombreux mais occupant une position sociale élevée, notamment auprès du Dey d'Alger. Eux aussi étaient en partie d'origine ibérique. C'est l'une de ces familles, Bacri-Busnach, qui avait fourni en blé les armées de la Révolution, sans parvenir à s'en faire régler le prix, sauf de façon partielle sous la Restauration. Aussi, le Dey n'ayant pu prélever sa part majoritaire sur le produit de la transaction non-réglée a convoqué ainsi le consul français pour régler les dettes de la France, cette famille se trouva-t-elle entraînée dans le différend entre la France et la Régence d'Alger. Ce sont suite à ce différent commercial que surviendront l'affaire du coup d'éventail, l'expédition d'Alger et la conquête de l'Algérie.

Pendant la période Ottomane, les Juifs d'Algérie furent strictement soumis au statut de « dhimmi ». Ce statut, parfois considéré comme synonyme de « protégé » a varié suivant les dispositions des souverains musulmans. Mais il était discriminatoire, et les juifs était soumis à un impôt spécial : l'impôt de capitation.

Pendant la régence d'Alger (du XVIIIe siècle jusqu'à l'invasion Française), il y avait selon un rapport du consul des États-Unis de 1825 des mesures vexatoires comme l'obligation d'habiter dans un ghetto séparé (appelé mellah à Oran ou hara à Alger et Constantine), ou l'obligation de porter des vêtements distinctifs de couleurs sombres.

En cas d'agression par un musulman, les juifs n'avaient en aucun cas le droit de se défendre par la force. En cas de litige avec un musulman, ils étaient jugés par un tribunal musulman, devant lequel les témoignages de juifs étaient considérés comme nuls, mais où ils avaient tout de même le droit de s'exprimer lors du jugement. Les juifs non respectueux de ces restrictions étaient brûlés vifs à la Porte de Bab El-Oued, à l'endroit même où la France construira plus tard le principal lycée d'Alger. Le seul côté protecteur de leur statut résidait dans le fait que les juifs restaient soumis à leurs juridictions propres pour toutes les affaires relevant de leur seule communauté (tribunaux rabbiniques).

Il arriva aussi que des notables juifs soient exécutés par le Dey, comme le grand rabbin d'Alger, Isaac Aboulker, en 1815. Les Juifs étaient en permanence sous la menace de massacres, comme celui de 1805 dont a témoigné le consul de France Dubois-Thainville. Celui-ci avait alors sauvé la vie de 200 juifs, en les abritant dans son consulat.

[modifier] La colonisation française

En 1830, à la suite de la colonisation française de l'Algérie, les israélites ont été libérés du statut de dhimmis : ils ont reçu dans un premier temps l'égalité des droits avec les « indigènes » Musulmans, en application de l'acte de capitulation passé entre le général de Bourmont et le Dey d'Alger, qui garantissait le respect de toutes les religions.

Mais dès que les écoles françaises furent ouvertes, les juifs y envoyèrent leurs enfants. Les Juifs renoncèrent rapidement à leurs tribunaux religieux, pour ne dépendre que des tribunaux français de droit commun.

Les gouvernants français, et notamment Louis-Philippe et Napoléon III, envisagèrent l'accession des Juifs à la citoyenneté française, c’est-à-dire à l'égalité complète, en raison de la reconnaissance manifeste des Juifs d'Algérie envers la France, et de leur rapide maîtrise de la langue et de la culture française. Un senatus-consulte fut pris le 14 juillet 1865, sous Napoléon III, qui permettait aux Juifs et musulmans « indigènes » d'Algérie qui le désireraient de devenir citoyens français, ce que peu d'entre eux firent

Après la guerre de 1870, le gouvernement de la Défense Nationale attribua d'office aux Juifs d'Algérie la citoyenneté française, mettant fin au statut civil mosaïque, par le décret Crémieux du 24 octobre 1870. Ainsi, à une époque où la position de la France était menacée dans cette colonie, y furent créés quelques 34 574<ref>Richard Ayoun,Le monde sépharade, Tome 1 Histoire, Éditions du Seuil, Paris, 2006, p.607.</ref> citoyens français de plus.

Avec la citoyenneté française les juifs d'Algérie servirent comme tous les autres citoyens Français mobilisés en 14-18 et en 39-45, alors que les musulmans, sujets français, servaient en tant qu'indigènes. S'agissant du décret Crémieux, les colons, qui n'appréciaient pas que la citoyenneté française pût être attribuée à des « indigènes », s'opposèrent à cette première mesure de décolonisation par assimilation, en la prétextant injuste par rapport aux Musulmans. Mais aucun d'eux ne poussa cette sollicitude envers les Musulmans jusqu'à en demander l'attribution pour ces derniers. Quant à leurs groupes de pression, ils ne cessèrent d'appeler au soulèvement et de demander la suppression de ce décret et jusqu'à l'instauration du régime de Vichy. A l'approche de la guerre la manchette permanente du Petit Oranais titrait :
« 

Il faut mettre le souffre, la poix, et si il se peut le feu de l'enfer aux synagogues et aux écoles juives, s'emparer de leurs capitaux et les chasser en pleine campagne comme des chiens enragés<ref>cités dans Les trois exils, Juifs d'Algérie, p.78.</ref>  » </blockquote>

En 1936 un projet de loi du Front populaire, le projet « Blum-Viollette » tentera d'attribuer la citoyenneté à 25 000 « indigènes », titulaires de décorations gagnées au feu ou de diplômes scolaires, sans renoncement à leur statut civil coranique. Mais la majorité de gauche a l'Assemblée Nationale renonça au projet sous la pression des lobbys colonialistes.

C'est pourquoi l'abrogation du décret Crémieux par le maréchal Pétain désespéra les patriotes algériens qui avaient souhaité décoloniser leur pays par l'attribution à tous les musulmans d'un droit de vote égal à celui des autres Français.

[modifier] L'influence des juifs et du judaïsme de la métropole

La colonisation française en Algérie s'est doublée pour les israélites de ce que Simon Schwarzfuchs appelle un "colonialisme juif" venu de métropole<ref>Cité par Bernard Cohen et Richard Ayoun in Les Juifs d'Algérie, 2000 ans d'histoire, Paris, J-C Lattès, 1982, p.125.</ref>. À partir de la conquête de l'Algérie par la France, ces derniers s'intéressèrent au sort de leurs coreligionnaires, et envoyèrent sur place des émissaires qui rendirent des rapports bienveillants mais souvent condescendants envers les juifs d'Algérie<ref>Les trois exils juifs d'Algérie p.43.</ref> les montrant désireux de se rapprocher de la civilisation française bien qu'arriérés et incultes. Ce sont eux qui demandent au gouvernement que les instances consistoriales soient étendues à l'Algérie. Requête plusieurs fois refusée par le gouvernement qui ne voulait pas organiser le culte israélite puis finalement acceptée en tant qu"oeuvre philanthropique digne de la France"<ref>p.44.</ref>. Ainsi par l'ordonnance royale de Saint Cloud du 9 novembre 1845 est créé un Consistoire central à Alger ainsi que deux autres à Oran et Constantine chapeautés par des grands rabbins originaires de France, de culture ashkénaze qui imposeront au fil du temps et non sans heurts le point de vue consistorial sécularisé aux israélites algériens et les éloigneront des traditions juives nord-africaines.

[modifier] L'assimilation

La population juive a été beaucoup plus perméable aux influences françaises que les musulmans. À partir de 1860-70 la jeunesse s'habille majoritairement à l'européenne<ref>Le monde sépharade" Tome 1 p.604</ref>, les prénoms aussi évoluent les prénoms français remplacent les prénoms hébraïques ou arabes étant portés en deuxième position. L'usage du français a remplacé celui de l'arabe comme langue courante chez les juifs comme en témoignent deux personnalités juives algériennes venues d'horizons très différents, le journaliste Jean Daniel et le rabbin Léon Ashkénasi :

« 

Je ne porte pas les stigmates d'une arabité particulière. Mes amis arabes parlaient français. Je n'ai pas appris l'arabe et je le regrette. Et il était déconseillé de le faire. Au temps de mon enfance, la présence française est très forte et de nombreux musulmans en sont imprégnés<ref>Jean Daniel, Cet étranger qui me ressemble, Paris, Grasset, 2005, p.24.</ref>. » </blockquote>

« 

Je me souviens que quand j'étais tout enfant j'assistais aux études de mon père et de mon grand-père. Ils étudiaient en judéo-arabe, parce que la langue de mon grand-père était le judéo-arabe [...]Le grand mystère c'est que mon père m'a enseigné en français. Comment a-t-il traduit? Je ne sais pas parce qu'il était d'une génération qui n'a pas du tout reçu de la métropoles les moyens d'une formulation. Ce travail c'est notre génération qui a été obligé de la faire.[...] Le grand-père avait appris en arabe et le père avait enseigné au fils en français. Comment cela s'est-il fait ? je crois que c'est mystérieux mais cela s'est fait<ref>Léon Ashkénazi, La parole et l'écrit , Tome 1 p.457 (Transcription d'un entretien diffusé sur RCJ en juin 1993.)</ref>.  » </blockquote>

Cette assimilation au modèle français, bien que plus marquée qu'en Tunisie ou au Maroc, n'était cependant pas aussi poussée que celle s'opérant chez les juifs de métropole. Ainsi, très peu de mariages mixtes étaient contractés, et les juifs restèrent un groupe distinct au sein de la population bénéficiant de la citoyenneté française en Algérie. De même, la pratique religieuse des juifs algériens est resté globalement plus importante que celle des juifs de l'hexagone de la même époque.

[modifier] La Seconde guerre mondiale

La défaite française de 1940 et l'instauration du régime de Vichy qui s'ensuivit est resté comme une période très douloureuse pour les juifs d'Algérie. Soixante-dix ans après leur accession à la citoyenneté française, ils furent déchus collectivement de leur nationalité.

[modifier] La révocation du Décret Crémieux

La décision d'abroger le décret Crémieux fut prise le 7 Octobre 1940, par Vichy. Le 30, les lois sur le le statut des juifs d'essence antisémite s'appliquèrent en métropole comme en Algérie. Les juifs d'Afrique du nord n'ont pas subi l'action génocidaire des nazis qui dévasta les communautés juives d'Europe mais ils ont cependant été mis au ban de la société française d'Algérie pendant la durée des hostilités et certains d'entre eux ont été internés dans des camp de travail dans le sud algérien.

[modifier] Le maintien de la législation anti-juive à la Libération

Image:Searchtool.svg Voir l’article Régime de Vichy en Afrique libérée (1942-1943).

Le 8 novembre 1942, lors de l'opération Torch, 377 résistants français mal armés, dont 80% étaient juifs sous la conduite de José Aboulker<ref>Les trois exils juifs d'Algérie p.218.</ref>, arrêtèrent les généraux de Vichy et neutralisèrent pendant 15 heures le XIXe corps d'armée vichyste d'Alger. Ainsi permirent-ils aux Alliés de débarquer, d'encercler Alger, et de s'en emparer le jour même, alors qu'à Oran et au Maroc, les Français et les Alliés s'entre-tuèrent pendant trois jours. Grâce à leur action, la part de la résistance française fut prépondérante dans le succès de l'opération Torch. La venue des alliés ne se traduisit pas pour autant par la fin de la législation antisémite. Sous Darlan, elle fut maintenue malgré la promesse du général américain Eisenhower de la supprimer. Puis après son assassinat, c'est sous la direction du général Giraud qu'elle elle fut prolongée. Giraud nomme gouverneur de l'Algérie Marcel Peyrouton ancien ministre de Vichy, celui là même qui avait décidé l'abrogation du décret Crémieux, ce dernier freinera le retour à la normale pour les juifs d'Algérie, le [[numérus clausus ]] est abandonné à la mi-février 1943 et 3500 fonctionnaires juifs licenciés sont par la suite réintégrés mais le 14 mars il annonce que toute la législation vichyste est dénuée de toute valeur légale et dans un même mouvement réabroge le décret Crémieux arguant du fait que ce décret mécontente les musulmans, argument rejeté par Ferhat Abbas qui déclare ne pas vouloir de l'égalité par le bas.<ref>faits rapportée dans Les trois exils, juifs d'Algérie, p.97.</ref> Le philosophe Jacques Derrida a témoigné de cette période difficile pour les juifs :

« 

Les enfants juifs sont expulsés de l'école. Bureau du surveillant général: tu vas rentrer chez toi, tes parents t'expliqueront. Puis les alliés débarquent, c'est la période du gouvernement général (de Gaulle-Giraud) : les lois raciales maintenues près de six mois sous un gouvernement "libre". Les copains qui ne vous connaissent plus, les injures, le lycée avec les enseignants expulsés sans un murmure de protestation des collègues<ref>Jacques Derrida, La Contre-Allée, Paris, La Quinzaine littéraire, 1999, p. 87-88.</ref>. » </blockquote>

[modifier] Le rétablissement du décret Crémieux

Leur citoyenneté française fut officiellement rendue aux Juifs d'Algérie, le 20 octobre 1943, presque un an après le débarquement allié après que De Gaulle eût prit la présidence exclusive du Comité français de la Libération nationale d'Alger et affirmé son autorité sur tout l'empire en guerre.

Par la suite, on vit des figures juives comme le professeur Aboulker, grand mutilé de la Première Guerre mondiale, exiger que les Juifs figurent dans les unités combattantes comme les autres citoyens français, ce que le général Giraud avait exclu. Quant aux jeunes Juifs, ils s'engagèrent massivement dans les unités de choc, comme les Corps Francs d'Afrique. Ainsi le rabbin Léon Ashkénazi devint aumônier au sein de la Légion Étrangère.

[modifier] La guerre d'Algérie

Article détaillé : Guerre d'Algérie.

Les juifs ont subi un série d'exactions de la part des musulmans tout au long de la guerre d'Algérie se traduisant par des assassinats et des attentats touchant les dirigeants mais aussi l'ensemble de la communauté juive, la profanation et la destruction de synagogues. <ref>Moïse Rahmani, Réfugiés juifs des pays arabes, Éditions luc Pire, p.26-27.</ref>

La plupart des juifs adoptèrent une attitude neutre et attentiste, durant le conflit, attachés à l'Algérie française mais défiants envers l'OAS dont beaucoup de membres avaient été vichystes durant l'Occupation, certain furent partisans du maintien de la présence française comme les autres Pieds-Noirs en Algérie et d'autres prirent une part active dans la lutte anticolonialiste tel Jean Daniel. On trouvera aussi au coté du peuple algérien des juifs venus d'ailleurs comme Henri Alleg et bien d'autres . La mort de Cheick Raymond Leyris, beau père d'Enrico Macias, musicien de Maalouf et apprécié tant des juifs que des musulmans, assassiné par un Algérien musulman le 22 juin 1961 constitua un tournant symbolique pour nombre de juifs d'Algérie<ref>Les trois exils Juifs d'Algérie",p.135</ref>. Tant et si bien que, dans leur majorité ils préférèrent, comme les autres Français, s'installer en métropole, lors de l'indépendance de l'Algérie en 1962, bien que les tenants de l'Algérie française avaient fait montre d'un regain d'antisémitisme lors de la Guerre d'Algérie, en leur rappelant qu'avant la venue des français, ils étaient aussi des indigènes.

[modifier] Après 1962

À partir d'Avril 1962 la presque totalité des 130 000 juifs fut rapatriée en France, 25 000 restèrent en Algérie mais l'on n'y comptait plus que 1000 juifs en 1971, 200 en 1982. Les derniers sont partis suite à la guerre civile algérienne<ref>chiffres donnés dans Les trois exils juifs d'Algérie p.219</ref>. On peut constater que c'est le seul cas au XXème siècle où l'émigration de juifs des pays musulmans ne s'est pas produite majoritairement vers Israël où 4000 juifs d'Algérie firent leur aliyah en 1962. Partis comme la majorité des français en catastrophe peu avant l'indépendance, ils ont comme les autres rapatriés bénéficié de la « solidarité nationale ». Ils se sont fondus dans un premier temps dans la masse des Pieds-Noirs auquel ils s'identifiaient et ce n'est que peu à peu que leur identité spécifique a resurgi. La communauté juive de la métropole a mis en oeuvre une solidarité communautaire en leur direction.

En 1999, Abdelaziz Bouteflika a rendu un hommage appuyé aux juifs Constantinois à l'occasion du 2500ème anniversaire de cette ville<ref>"Il y a lieu de signaler que les habitants juifs et ils étaient nombreux ont joué un rôle dans la préservation du patrimoine commun ; coutumes vêtements, arts culinaires et vie artistique" (Bouteflika dans son allocution du 5 Juillet 1999)</ref>. En 2000, la tournée qu'Enrico Macias devait faire sur sa terre natale a été annulée suites à des pressions internes et malgré l'invitation officielle de la présidence<ref>voir l'article d'El Watan</ref>. En 2005, deux évènements ont marqué l'actualité, la tenue d'un colloque des juifs de Constantine à Jérusalem qui provoqua une rumeur selon laquelle ils auraient fait une demande d'indemnisation à l'Algérie suite à leur départ en 1962, information démentie par les autorités d'Alger<ref>«Du côté des autorités algériennes on dément formellement que les juifs d'Algérie aient présenté la moindre demande de réparation. Une telle requête n'aurait d'ailleurs aucun sens, indique-t-on à la présidence de la République Algérienne." Le Monde le 29 juin 2005.</ref> et la visite à Tlemcen de 130 juifs originaires de cette ville, fait sans précédent depuis l'indépendance vécu dans l'émotion tant du côté des juifs algériens que de celui des musulmans algériens.<ref>Voir l'article de l'Arche</ref>

[modifier] Personnalités juives originaires d'Algérie

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

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en:History of the Jews in Algeria

he:יהדות אלג'יריה

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