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Histoire de la Bulgarie

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Sommaire

[modifier] Formation du peuple bulgare

Le peuple bulgare trouve ses origines dans l'Iran actuel, plus précisement au pied des montagnes du Pamir et de l'Hindukush (Sud-est du mont Iméon). Les Bulgares sont un des plus anciens peuples ayant survécu jusqu'à nos jours avec leur dénommination biblique. Selon l'Ancien Testament; après le déluge, la terre fut répartie entre les fils de Noé (Shem, Hamid, Japhet). Or, selon les écrits "Latin Chronographer of 354", les Bulgares sont les descendants directs du peuple Shem. Au VIIe siècle, des géographes arméniens ont précisé les origines des Bulgares, connus aussi sous le nom de Bulkh, abréviation du mot Bulkhor, encore rencontré dans certains dialectes de l'Est de l'Iran et dans la langue Tadjik. Cette dénommination est restée usitée lorsque les premiers Bulgares ont migré vers le Caucase.

Source : The bulgarians- Atlas Sofia 2001

Les Bulgares, sont issus d'une tribu turque d'Asie centrale, qui a fusionné avec les habitants slaves de la région caucasienne puis balkanique pour former le premier État bulgare vers la fin du VIIe_siècle

L'historiographie bulgare de la période de l'indépendance et actuelle tend à minimiser, voire à rejeter cette origine et insiste sur le fait que la Bulgarie possède sa propre culture et sa propre langue slave, qui n'ont rien en commun avec la culture et la langue turque actuelles. Ce point de vue tient notamment à l'utilisation d'une origine commune comme argument de la propagande nationaliste turque ainsi qu'à une différence dans l'emploi du terme « turc », réservé par les Bulgares à ce qui relève de la Turquie actuelle.

La religion dominante en Bulgarie a toujours été le christianisme orthodoxe, en dépit de longs siècles de soumission à l'Empire ottoman. Cependant selon le Grand vizir, Midhat Pacha, gouverneur des provinces du Danube, et l'un des pères de la constitution turque de 1876 : «... parmi les Bulgares, il y a plus d'un million de musulmans. Ces musulmans ne sont pas venus de l'Asie pour s'établir en Bulgarie, comme on le croit communément; ce sont les descendants de ces Bulgares convertis à l'islam à l'époque de la conquête et dans les années qui ont suivi. Ce sont les enfants d'un même pays, d'une même race, venus de la même souche... ».


[modifier] Les Thraces, les Slaves, le Premier Empire bulgare

Au commencement étaient les Thraces, peuple d'agriculteurs et de bergers. Au V siècle av. J.C., l'historien grec Hérodote admirait déjà leurs tombeaux et le raffinement de leur art funéraire. Ils ont laissé de fabuleux trésors (musée de Sofia) en sol bulgare, et notamment d'étranges tumuli, grosses buttes de terre qui parsèment par centaines la plaine centrale du pays. Le plus célèbre est le tombeau de Kazanluk.

Puis les Grecs étendent leur influence, fondent des comptoirs sur la mer Noire : Nessebar, Obzor, Varna. A leur tour, les Romains organisent les territoires en provinces de Mésie (ou Mizia) et de Thrace au I siècle ap. J.C. et laissent leur empreinte : le théâtre antique de Plovdiv, les thermes de Varna..

Les Slaves arrivent dans la péninsule balkanique vers la fin du V siècle. Viennent ensuite les Turco-Mongols, les Proto-Bulgares dirigés par le khan Asparuh, fondateur en 681 du premier Etat bulgare. En 865, le peuple bulgare se convertit au christianisme sous le règne de Boris Ier.

Le royaume, qui constitue rapidement une dangereuse menace pour l'Empire byzantin, est porté à son apogée par Siméon, fils de Boris Ier, le Charlemagne bulgare, reconnu tsar (déformation de César) en 913 par Constantinople et en 926 par Rome.

A cette époque, le royaume s'étend considérablement - de la mer Adriatique à la mer Noire. Les fastes de la cour et de l'Eglise contrastent avec le sort misérable des paysans sous le régime féodal. Le mécontentement populaire affaiblit le premier royaume bulgare qui disparaît après la défaite de Samuïl face aux troupes de l'empereur byzantin Basile II, le "Bulgaroctone", le tueur de Bulgares, qui annexe la Bulgarie en 1014, non sans avoir fait crever les yeux de 14 000 soldats prisonniers bulgares à l'exception de 1 sur 100, seulement éborgnés pour pouvoir conduire les autres.

L'événement le plus marquant avant l'an 1000 est l'adoption de l'écriture cyrillique, inventée par deux moines de Salonique, Cyrille et Méthode.

L'influence byzantine (1018-1185) façonne l'Eglise tandis qu'apparaît l'hérésie bogomile (prêchée par le pope Bogomil), mouvement de contestation radicale du dogme officiel, inspirateur des Cathares français. L'expression "bougre" viendrait de là. " Les Cathares français s'appellent aussi Bulgares parce que leur berceau se trouve en Bulgarie" écrit Etienne de Bourbon en 1217.

Les bûchers flambent, les hérétiques sont pourchassés et Byzance est rejetée.


[modifier] Le Second Empire bulgare

Un second empire bulgare (1187-1396) naît de la révolte des deux frères boyards Assen Ier et Petar, et s'épanouit autour de sa brillante capitale Veliko Turnovo. Le règne de Ivan Assen II (1217-1241) marque son apogée puisqu'à cette époque le royaume a accès à trois mers : la mer Noire, la mer Egée et la mer Adriatique. Veliko Turnovo était considéré comme une des plus belles villes d'Europe. Les arts et la culture y connurent des succès considérables. De cette époque datent les fresques du monastère de Boyana dans les environs de Sofia, de nombreuses églises, ainsi que le palais de Turnovo sur la colline de Tzarevetz. Un siècle avant l'Italie, l'esprit et l'art de la Renaissance s'y manifestaient déjà.

En 1240 le pouvoir s'affaiblit considérablement avecl'invasion des Tatares. La Bulgarie se partage en deux royaumes : celui de Turnovo et celui de Vidin.


[modifier] Cinq siècles de domination ottomane

Incapables de résister à l'Empire ottoman, Turnovo est conquise par ces derniers en 1393 et Vidin en 1396.

L'occupation turque représente certainement pour les Bulgares la période la plus sombre de leur histoire. Elle a duré cinq cents ans - de 1396 à 1878, la Bulgarie, annexée à l'Empire ottoman, n'est plus qu'une province administrée par les sultans d'Instanbul sous la tutelle religieuse du Patriarcat Oecuménique grec. Le pays perd son indépendance mais aussi son nom. Les églises sont rasées. Mosquées et minarets les remplacent.

Vers la deuxième moitié du XVIII siècle, avec le développement de l'économie et le commerce et le déclin de la force militaire turco-ottomane, une nouvelle génération de Bulgares surgit. Les plus éminents personnages de cette véritable Renaissance tardive " à la bulgare" sont le moine Païssii, Petar Beron, Kolio Ficheto (le plus grand architecte de l'époque), Gueorgui Rakovski, le poète Hristo Botev (tué en 1876), Gueorgui Benkovski, Liuben Karavelov et Stefan Stambolov. Isolés dans leurs montagnes, les monastères deviennent de vrais foyers de résistance contre les Ottomans. De nombreux nationalistes y trouveront refuge. Parmi eux, le plus célèbre des héros révolutionnaires, Vassil Levski, qui sera pendu à Sofia.

[modifier] La Guerre de libération russo-turque et l'indépendance

La grande révolte éclatera en avril 1876. Vouée à l'échec (plus de 30 000 morts bulgares), elle provoqua néanmoins une réaction très vive dans toute l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis. En 1877-1878, la Russie, appuyée par la Roumanie, mène à bien une nouvelle guerre contre les Turcs qui se terminera par la libération de la Bulgarie. Le Traité de San Stefano en 1878 crée la Grande Bulgarie du Danube à la mer Egée et assure à la Russie la main-mise sur les détroits .

Devant les protestations de l'Angleterre, le Tsar Alexandre II accepte la réunion du Congrès de Berlin en 1878 qui accorde l'indépendance à la Bulgarie mais divisée en trois parties : Bulgarie septentriopnale, Roumélie orientale, Macédoine. La Bulgarie devient une principauté autonome et désigne Alexandre de Battenberg comme prince (Alexandre Ier 1879/1886). En 1886 il annexe la Roumélie. La Russie organise un coup d'État et son successeur le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Goth dut attendre 1908 pour prendre le titre de roi d'une Bulgarie indépendante.

La Macédoine et la Thrace sont restituées à la Turquie. Sans résoudre le problème de l'héritage de l'Empire ottoman, les nouvelles frontières relancent ainsi les tensions nationalistes sur la Péninsule des Balkans et, durant plus de 70 ans, méthodiquement, refusent aux Bulgares l'unité nationale réclamée. Le point de départ d'une guerre mondiale et de plusieurs conflits régionaux était donné.



Le pays fut envahi par L'empire ottoman qui tenta d'islamiser de force une partie de la population. Cependant, pour certains, la période ottomane fut moins négative que la plupart des historiens bulgares ne la présentent, car elle permit un développement culturel et économique du pays dans le cadre d'un vaste ensemble multinational où les rapports entre peuples et entre religions étaient généralement caractérisés par une assez grande tolérance.

La période ottomane témoigna aussi l'accès à l'indépendance de l'Eglise Bulgare. S'échappant à la tutelle du Patriarcat Oecuménique, dominé par les grecs, les religieux orthodoxes bulgares ont instauré l'Exarchat Bulgare en 1870 avec le consentement de la Sublime Porte. Le siège de l'exerchat demeura à İstanbul jusqu'en 1913.


[modifier] Le XXe siècle

Le pays organise en 1912 une coalition avec les Grecs, les Serbes et les Monténégrins pour reprendre la Macédoine à la Turquie : c'est la 1re guerre des Balkans. La Bulgarie remporte plusieurs victoires mais le partage de la Macédoine amène des conflits et la Bulgarie attaque par surprise la Serbie et la Grèce : c'est la 2e guerre des Balkans. Par la paix de Bucarest (10/08/1913) la Serbie et la Grèce se partagent la Macédoine et la Bulgarie ne garde qu'un débouché sur la mer Egée. À la fin de la Première Guerre mondiale la Bulgarie se retrouva dans le camps des vaincus et perds l'accès à la mer Egée qu'elle récupère en 1940 par intervention de l'Allemagne. Pendant l'entre-deux guerre ce n'est pas non plus un modèle de démocratie.

[modifier] La question turque

En 1925, la Bulgarie signa avec la jeune République Turque, un traité d'amitié, favorisant la liberté d'émigration entre les deux pays, et réaffirmant les droits des minorités tels qu'ils avaient été établis par le Traité de Neuilly en 1919.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie entra dans la sphère d'influence de l'URSS et devint elle-même une république populaire en 1946, ce qui amena, avec l'instauration de la dictature communiste, des restrictions de circulation, excepté pour les Juifs, à partir de 1949, vers le nouvel État d'Israël, et pour 150 000 turco-musulmans vers la Turquie en 1950. En 1968, un nouveau contingent de 100 000 turco-muslmans furent autorisés à s'installer en Turquie. Le PC bulgare, renforcé dans son opinion par l'intervention turque à Chypre en 1974, accusa les turco-musulmans d'être «perméables à la propagande de la Turquie» et de constituer «une cinquième colonne dans le tissu social du pays».

Dans les années 1980, la Bulgarie entreprit une vaste campagne de bulgarisation à outrance des populations considérées comme turco-musulmanes qui étaient au nombre de 900 000 sur une population de près de 9 millions. Ces populations se considéraient elles-mêmes, comme authentiquement turques, de culture turque et de religion musulmane. 300 000 autres personnes, dites Pomaks étaient considérées comme bulgaro-musulmanes.

Le pouvoir leur donna de fait à choisir entre une assimilation forcée et le départ. Cette politique débuta vers la fin de l'année 1984 sur le principe : «L'État-nation bulgare ne comprend pas d'autre peuple que les Bulgares», mais en fait elle avait débuté dès la fin de la guerre. Une série de réformes furent entreprises : bulgarisation des noms turcs, interdiction de parler turc, interdiction de la circoncision, interdiction des mariages selon la tradition turque, instauration du vendredi comme jour unique d'ouverture des mosquées, assouplissement des règles d'obtention du passeport. Plus de 250 000 personnes profitèrent de l'ouverture des frontières pour émigrer vers la Turquie.

Des manifestations de protestation furent durement réprimées et firent plus de 100 morts dans l'ensemble du pays. La domination communiste s'acheva en 1990, quand eurent lieu les premières élections multipartites.

[modifier] L'histoire moderne

La Bulgarie a rejoint l'OTAN en 2004 et elle est candidate pour intégrer l'Union européenne en 2007.ar:تاريخ بلغاريا bg:История на България cy:Hanes Bwlgaria de:Geschichte Bulgariens en:History of Bulgaria eo:Historio de Bulgario es:Historia de Bulgaria it:Storia della Bulgaria ja:ブルガリアの歴史 nl:Geschiedenis van Bulgarije pt:História da Bulgária sv:Bulgariens historia uk:Історія Болгарії zh:保加利亞歷史

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