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Histoire de l'Allemagne depuis 1945

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Histoire de l'Allemagne

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne fut occupée par les quatre puissances victorieuses, puis partagée en deux États, l'un sous domination occidentale (la République fédérale d’Allemagne, RFA), l'autre sous domination soviétique (la République démocratique allemande, RDA). Ce n'est qu'en 1990 que l'Allemagne fédérale a pu réintégrer la RDA au territoire national.

Les peuples français et allemand mirent fin à des siècles d'antagonisme en fondant le socle de la construction européenne. L'Allemagne est d'ailleurs l'un des six membres fondateurs de l'Union européenne.


Sommaire

[modifier] La division de l'Allemagne

Image:Besatzungszonen ohne text.gif Image:Koeln 1945.jpg La Seconde Guerre mondiale est un conflit total qui amène l'Allemagne du IIIe Reich à la défaite. Celle-ci capitule sans condition le 8 mai 1945. C'est "die Stunde Null" (l'heure Zéro). Les 4 Alliés (États-Unis, URSS, Royaume-Uni et France) décident du futur de l'Allemagne lors de plusieurs conférences, notamment celles de Yalta (février 1945) et Potsdam (juillet/août 1945), l'une et l'autre sans la France.

L'Allemagne est divisée en 4 zones : La zone soviétique à l'Est (comprenant aujourd'hui les Länder Mecklembourg-Poméranie occidentale, Saxe-Anhalt, Brandebourg, Saxe et Thuringe); la zone britannique au Nord-Ouest (Schleswig-Holstein, Hambourg, Brême, Basse-Saxe et Rhénanie-du-Nord-Westphalie); la zone américaine au Sud-Est (Bavière, Hesse et la partie Nord du Bade-Wurtemberg) et la zone française (Rhénanie-Palatinat ainsi que la partie Sud du Bade-Wurtemberg). La Sarre jouit d'un statut particulier : sur le plan économique, elle est administrée directement par la France. Quant à Berlin, elle est pareillement divisée en 4 secteurs. Les 4 secteurs de Berlin sont administrés par un Commandement militaire interallié. 3 couloirs aériens sont mis en place pour relier les zones occidentales de Berlin aux zones occidentales de l'Allemagne. A noter que dès 1946, la zone britannique accueillera, de Cologne à Bonn et d'Aix-la-Chapelle à Siegen et Soest, les Forces belges d'occupation (puis forces belges en Allemagne (FBA)).

Les 4 Alliés doivent prendre des décisions en commun concernant la gestion de l'Allemagne : c'est le but du "alliierte Kontrolrat".

Chaque Allié a des raisons particulières de voir l'Allemagne ainsi gérée : les États-Unis y voient une assurance de paix en Europe, l'URSS un gage de sécurité ainsi qu'un moyen d'étendre sa sphère d'influence, le Royaume-Uni un équilibre retrouvé entre les différentes puissances européennes. Ils sont tous d'accord pour démocratiser, décentraliser, dénazifier et démilitariser l'Allemagne. Malgré cela, de trop fortes divergences entre ceux-ci (particulièrement États-Unis et URSS) vouèrent une éventuelle politique commune de l'Allemagne à l'échec. Le 1er janvier 1947, les zones britannique et américaine s'unissent en une bizone, rejointe l'année suivante par la zone française.


Si un Conseil commun est prévu pour la direction de l'Allemagne, les Alliés administrent néanmoins à leur guise les zones qui leur ont été confiées. On observe ainsi des différences notables dans la gestion des zones.

Les Britanniques associent les Allemands à leur administration pour mieux les contrôler. La vie politique reprend petit à petit, malgré les conditions strictes quant à la formation de partis politiques.

Les Américains sont très méfiants face aux Allemands. La fraternisation entre les soldats et le peuple est interdite. Les Américains sont paradoxalement les premiers à organiser des élections dans leur zone à l'automne 1945. Une économie libérale et une organisation fédérale de la zone sont mises en place. (De nouveaux Länder sont recréés dans toute l'Allemagne. Le Land de Prusse est dissous).

La politique d'occupation française est ironiquement résumée en "Sécurité et Charbon" (dont la Sarre regorge). Ils administrent en effet la Sarre de manière particulière, et mettent en place une structure fédérale poussée à l'extrême. Ils opposent d'ailleurs systématiquement leur véto face à une unité de l'Allemagne.

La politique soviétique est particulière. Elle répond à l'idéologie communiste en place en URSS. Les Soviétiques prennent des mesures qui mènent à une restructuration économique de leur zone ainsi qu'à des réformes agraire (dépropriations et nationalisations) et industrielle. Une centralisation est mise en place (les Länder seront dissous en 1952), dans un but antifasciste (donc communiste) et démocratique (dominance du parti majoritaire) faisant du parti socialiste unifié (SED) le seul gérant de la zone.


En 1948, l'URSS quitte le Conseil. C'est la fin d'une éventuelle politique commune pour l'Allemagne. Les Allemands eux-mêmes ont été incapables de s'entendre, à l'image de l'essai vain des présidents de Länder.

Au printemps 1948 a lieu une conférence à Londres à laquelle assiste le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Ils prennent la décision de faire de la Trizone un État ancré dans le bloc occidental et demandent aux présidents des Länder de rédiger une Constitution. Ils rédigeront une "Loi Fondamentale", donnant un caractère provisoire au texte dans l'optique d'en rédiger un autre plus tard en commun avec la zone soviétique. Un Conseil parlementaire avec des représentants de tous les partis est créé sous la présidence de Konrad Adenauer.

L'année 1948 est aussi marquée par une réforme de la monnaie, renforçant les divisions existantes. L'Ostmark est introduit dans la zone soviétique tandis que le Deutsch Mark remplace le Reichsmark dans les autres zones.

Une crise ouverte entre les Alliés achève de les diviser : le blocus de Berlin par les Soviétiques. Pendant 11 mois, les voies reliant Berlin aux zones occidentales sont bloquées. Berlin Ouest est ravitaillé grâce aux ponts aériens.


La Loi fondamentale est terminée le 8 mai 1949, elle entre en vigueur le 23, donnant ainsi naissance à la République fédérale allemande.

Entre 1947 et 1949 un Congrès Populaire sous domination du SED travaille dans la zone soviétique à une Constitution. Celle-ci entrera en vigueur le 9 octobre 1949, donnant ainsi naissance à la République démocratique allemande.

[modifier] La naissance de la CEE

L'Allemagne de l'Ouest est d'ailleurs l'un des six membres fondateurs de l'Union européenne.

[modifier] L'Allemagne dans la guerre froide

Durant l'après-guerre, la RDA, totalement sous le joug soviétique, ne jouera pas de rôle significatif sur la scène internationale, si ce n'est celui d'une vitrine du communisme. Sa sœur RFA sera en revanche, avec la France, l'un des moteurs de la construction européenne. Du traité de l'Élysée à l'avènement de l'euro, on ne peut oublier le rôle majeur de la RFA. Comment après « l'année zéro » un redressement aussi rapide fut-il possible ?

Tout d'abord, l'aide américaine (Plan Marshall) pour la reconstruction européenne fut plus intense en RFA que partout ailleurs, par crainte des américains que cette zone frontière avec les pays sous emprise soviétique ne passe lui aussi sous la coupe de Moscou. Ensuite, ce fut la volonté de chanceliers tels que Konrad Adenauer, Willy Brandt ou Helmut Kohl, qui ont œuvré pour que l'Allemagne prennent un rôle majeur dans la construction de l'Europe.

Dans les années 70 et 80, la RFA a été notamment marquée par l'émergence des mouvements d'extrême gauche : Fraction armée rouge, mouvement autonome, mouvements des squatters, mouvement antinucléaire, mouvements pacifistes ou anti-impérialistes. En 1980, une partie de l'extrême gauche allemande a rompu avec la violence politique pour fonder le parti des Grünen (Les Verts) et s'engager dans une voie électoraliste.

[modifier] La réunification

À partir de 1969, le chancelier ouest-allemand Willy Brandt mène une politique de rapprochement entre les deux Allemagne, c'est "l'Ostpolitik" : traité fondamental bilatéral en 1972, échanges de représentants diplomatiques entre les deux pays et entrée à l'ONU en 1973. RDA et RFA resteront séparés jusqu'à la date symbolique de la chute du mur de Berlin en 1989 qui marque la fin de la guerre froide et seront effectivement réunifiés le 3 octobre 1990, jour qui deviendra dès lors le jour de la fête nationale allemande. Ce processus est communément appelé Réunification allemande, mais certains nostalgiques de l'Allemagne de l'Est le voient plutôt comme une annexion économique.

[modifier] L'Allemagne aujourd'hui

Après la réunification, l'Allemagne a dû faire face dans les années 90 à un retour de l'extrême droite, particulièrement marqué dans les Länder de l'Est qui pâtissent encore des conséquences de la réunification.

De 1998 à 2005, l'Allemagne a été gouvernée par une coalition rouge et verte (SPD, Grünen) dirigée par le social-démocrate Gerhard Schröder, mettant ainsi fin à plus de vingt ans de domination chrétienne démocrate. Toutefois, les élections fédérales allemandes de 2005 qui n'ont pas permis de faire émerger une majorité claire, ont de nouveau changé la donne politique. La nouvelle chancelière Angela Merkel (CDU) dirige à présent une grande coalition ou sont représentés des membres des différents grands partis allemands de gauche et de droite.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

en:History of Germany since 1945 es:Historia de Alemania desde 1945 he:גרמניה אחרי מלחמת העולם השנייה it:Storia della Germania dal 1945 nl:Opdeling van Duitsland pt:História da Alemanha após 1945 sv:Det återförenade Tyskland uz:Germaniya Federativ Respublikasi (1990 gacha)

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