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Hermann Göring

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Image:Göring.jpg Hermann Wilhelm Göring (ou Goering en français) (Rosenheim 12 janvier 1893 - Nuremberg 15 octobre 1946) est un homme politique allemand, célèbre pour son rôle dans le gouvernement de l'Allemagne nazie.

Sommaire

[modifier] Les jeunes années

Hermann Göring est né à Rosenheim en Bavière le 12 janvier 1893 de Heinrich Ernst Göring, avocat et fonctionnaire colonial, et de Franziska. Souvent séparé de ses parents, il est éduqué à l'école d'Ansbach avant de rejoindre les écoles de Karlsruhe et Lichterfelde.

En 1912, il est expédié à l'École des Cadets de Karlsruhe, puis accède à l'École militaire de Gross-Lichterfelde, près de Berlin.

[modifier] La première guerre mondiale

En 1914, Göring est envoyé dans les Vosges avec une section d'infanterie ; l'humidité et le froid le terrassent par une crise de rhumatisme qui affecte les articulations des jambes. Grandement humilié, il introduit une demande de transfert pour l'aviation.

En 1915, il effectue son apprentissage près de Sedan à la Feldfliegerabteilung 25 ; il servira d'observateur aérien lors de la bataille de Verdun. En récompense pour son excellent travail, il reçoit la Croix de fer de première classe (Eiserne Kreuz Erster Klasse).

Le 16 novembre 1915, il revient sur le front en tant que pilote et obtient sa 1re victoire ; il vole avec Manfred von Richthofen, le célèbre Baron rouge.

Le 8 juillet 1918, il devient le dernier commandant de l'escadron de chasse de Richthofen (Jagdgeschwader 1) et termine la guerre comme as, avec 22 avions confirmés abattus, ce qui lui vaut la médaille de l’Ordre « Pour le Mérite » et celle de la Croix de fer, réalisant ainsi sa plus grande ambition.

Son grade, ses décorations et ses qualités d'aviateur, voilà tout ce qu'il retirait de 4 années de service pour la cause allemande. Mais ni le rang, ni les médailles, ne représentaient un bagage suffisant dans l'Allemagne de l’époque.

[modifier] L'après guerre et l'engagement dans le nazisme

En 1919, il décide donc de se rendre au Danemark, puis en Suède pour pouvoir continuer à piloter.

Hermann Göring milita dans plusieurs organisations de droite, ainsi que dans des associations philosophiques et politiques comme l'Ordre de Thulé.

En automne 1921, Göring retourne en Allemagne et fréquente des cours de sciences politiques à l’Université de Munich, cours qu’il ne termine pas. Impatient de lancer un défi au Traité de Versailles et de venger l'Allemagne vaincue, l’ambitieux Göring adhère au NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), devenant un des principaux collaborateurs de Hitler, qui lui donne le commandement des SA (Sturmabteilung), les chemises brunes. La rencontre avec le Führer va complètement transformer Göring ; l'ancien aviateur est déjà en train de devenir un politicien amer et impitoyable.

En 1923, lors du Putsch de la brasserie manqué de Munich, il est grièvement blessé à la jambe lors d'une fusillade entre nazis et forces de l'ordre. Il a alors recours à la morphine et devient dépendant de cette substance. Un mandat d’arrestation est lancé contre lui et il se réfugie en Autriche. Il demeure plusieurs semaines dans une clinique d’Innsbruck, gagne ensuite l'Italie, puis la Suède où il restera 4 ans. L'ancien as se laisse aller - il devient obèse et aigri, les douleurs de sa blessure ne lui laissaient aucun répit, sauf quand la morphine le lui faisait oublier. Le besoin insatiable de drogue prend fermement racine en lui ; la folie le guette et il sera même interné.

En automne 1927, l'amnistie prononcée par Hindenburg lui permet de retourner en Allemagne où il va aider Adolf Hitler à bâtir son empire ; par son contact personnel avec l’industrie, il collecte des fonds pour subventionner la NSDAP. En 1928, il sera l'un des 12 premiers députés nazis au Reichstag.

[modifier] Carrière politique

En 1932, il devient président de ce dernier. En février 1933, le Reichstag est incendié par un militant hollandais, Marinus Van der Lubbe ; toutes les pistes remontent à Göring comme organisateur du complot, bien qu'aucune preuve formelle ne puisse être avancée, suite à la vague d'assassinats qui suivit cet évènement.

En 1933, Göring devient Ministre de l'Air (Reichsluftfahrtminister). En juin 1934, il dirige la rafle des SA lors de la nuit des longs couteaux.

Après l'accession d'Adolf Hitler à la chancellerie, il est nommé en 1935 commandant en chef de la Luftwaffe au sein du ministère de l'air (Reichsluftfahrtministerium) et chargé de la « solution finale de la question juive ». Dès 1936, il prépare économiquement l'Allemagne à la guerre (Vierjahresplan) en sa fonction de Beauftragter für Rohstoff- und Devisenfragen et soutient en Espagne le général Franco par l’envoi de la Légion Condor tristement célèbre de par le bombardement sur Guernica.

En 1937, il fonde les Reichswerke Hermann-Göring ; ce rassemblement de 228 sites sidérurgiques sera en 1944 la plus grande firme sidérurgique en Europe. En 1938, il négocie ensemble avec l’Angleterre, la France, la Hongrie, l’Italie et la Pologne l’Anschluss avec l’Autriche.

[modifier] La seconde guerre mondiale

En 1940, il devient Reichsmarschall des Großdeutschen Reiches, Chef suprême de l'économie de guerre et Chef de la Gestapo : Göring est le successeur désigné d’Hitler. On le surnomme l'Homme de fer. Paradoxalement, Hermann Göring était opposé à la guerre. Or, lorsque Hitler commet la folie de sacrifier les chasseurs aux bombardiers, l'ancien pilote de chasse ne fait aucune objection : en fait, il n'osait s'opposer de front à son chef.

Un jour, il déclare dans une interview qu'aucun bombardier ennemi ne peut même espérer franchir la frontière du Reich : « Si une seule bombe ennemie tombe sur le sol allemand, je veux bien m'appeler Meier ». Quelques mois plus tard, des bombes américaines et britanniques vont pleuvoir sur le Grand Reich. En 1941, après l'échec de la Bataille d'Angleterre, le Maréchal du Grand Reich reste quelques temps dans l'ombre.

Le 31 juillet, il charge Heydrich, chef de la sécurité du Reich, de prendre toutes les mesures nécessaires à une « solution globale de la question juive », c'est le passage à la déportation et à l'élimination massive des juifs dans les pays européens occupés : étoile jaune, camps d'extermination (voir Conférence de Wannsee).

En janvier 1943, il se vante en assurant à Hitler que sa Luftwaffe peut continuer à approvisionner par la voie des airs l'armée assiégée dans Stalingrad ; son erreur de jugement aura des conséquences désastreuses pour l'Allemagne. Cependant, même à ce moment où tout ce qui l'entourait commence à craquer, le Reichsjägermeister continue à vivre dans son univers personnel, se consacrant à la chasse ; comme « grand amateur de l’art de la Renaissance », spécialement fasciné des peintures de Lucas Cranach, il pille les trésors artistiques des territoires occupés de l'Europe occidentale. Il a été le seul durant la Seconde Guerre mondiale à recevoir la Grand Croix de l'ordre de la croix de fer (Grosskreuz), l'une des plus hautes distinctions allemandes.

Göring traite de lâcheté et d'incapacité les généraux et « les héros de la Bataille d'Angleterre » ; plusieurs officiers vont alors se révolter contre celui qu'ils surnomment le « bouffi » et demander sa disgrâce.

Le 23 avril 1945, Göring sera définitivement désavoué, et même condamné a mort ainsi que sa femme et sa fille (dont Hitler était le parrain) par son Führer après avoir tenté de prendre le pouvoir alors que celui-ci s'était enfermé dans son bunker. Quelques jours plus tard, il se rend aux Américains.

[modifier] Le procès de Nuremberg

Image:Nuremberg-1-.jpg

Le 21 mai 1945, il est interné dans le camp américain à Mondorf-les-Bains : cet homme lourd de 140 kilos est alors presque impotent et à perdu une partie de ses facultés intellectuelles d'après les témoignages du médecin de la prison. En effet, lorsqu'il fut blessé lors du putsh manqué, il absorba des doses massives de morphine, puissant opiacé, bien connu pour ses vertus antalgiques et anesthésiantes. Cependant, il s'avéra qu'il devint dépendant à cette substance, dépendance qu'il gardera jusqu'à son arrivée à la prison ou il sera sevré. Par ce sevrage il perdit une grande partie de sa surcharge pondérale et retrouva toutes ses facultés.

Pendant le procès de Nuremberg, comme Göring maîtrise la langue anglaise, il fait rectifier les mauvaises traductions pendant l'interrogatoire et déstabilise le procureur américain Jackson, notamment en se lançant dans des discours fleuves en réponses aux questions posées par ce dernier. Plus patient et plus concret, le procureur britannique, Sir David Maxwell-Fyfe, a plus de succès dans son contre-interrogatoire (21 mars): ce dernier fit allusion à l'exécution sommaire de 50 prisonniers de la Royal Air Force, attaquant directement son honneur de soldat qui lui tenait très à coeur. Göring est condamné à mort pour crimes contre l'humanité.

Le 15 octobre 1946, pour échapper à l'humiliation de la pendaison (après avoir demandé à être fusillé, ce qui lui fut refusé), Hermann Göring s'empoisonne dans sa cellule à l’aide d’une capsule de cyanure, probablement fournie par un garde américain.

[modifier] Anecdote

  • Albert Göring, le frère cadet de Hermann, rejeta toute l'idéologie nazie et, usant de l'influence de son frère, permit à de nombreux dissidents d'échapper au régime. Ses actes de résistance ne furent jamais publiquement reconnus. Selon une autre version (retrouvée dans les archives de la KGB et citée dans le livre de Julian Semenov "17 moments du printemps"), Albert a utilisé sa position de frère cadet de Hermann, mais dans le but de libérer les gens qu'il trouvait "sympa". Une fois, il a envoyé une demande de libération à un chef de camp de concentration, en signant juste "Göring". Par peur, le chef de camp a fait sortir un ami d'Albert et également un dissident allemand qui avaient les mêmes noms. Cela a provoqué un énorme scandale et le SS a ouvert une enquête. Le frère aîné (Hermann) a dû user de tout son pouvoir pour faire libérer Albert.
  • Hermann Göring est l'un des principaux personnages de la série de science-fiction Le Fleuve de l'éternité de Philip José Farmer.

[modifier] Citations

  • « Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux, autant les avoir chez moi. »
  • « Je suis ce que j'ai été depuis toujours, le dernier homme de la Renaissance. »

[modifier] Bibliographie

  • Göring: A Biography, David Irving, 1989, New York, Morrow, (ISBN 0688066062)
  • The Knight, Death and the Devil,Ella Leffland, 1990, New York, Morrow, (ISBN 0688058361)
  • Hitlers janusköpfiger Paladin: die politische, Werner Maser, 2000 (ISBN 38-6124-509-4)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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