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Harki

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Le mot harki ['aYki] n. m. désigne un individu servant dans une harka et vient du mot arabe haraka signifiant mouvement. Dans le langage courant, en France, il désigne les supplétifs engagés de 1957 à 1962 aux cotés des Français, au cours de la guerre d'Algérie. Par extension, on a dénommé « harkis » tous les Algériens partisans du maintien de la présence de la France lors de la guerre d'Algérie. Par extension, on désigne également la communauté installée en France en 1962 et qui descend des harkis rapatriés.

Sommaire

Généralités

De 1957 jusqu'en 1962, les harkis sont des soldats autochtones engagés aux côtés des Français dans des unités appelées harkas tandis que l'Algérie était constituée en un ensemble de départements français. Au sein même de l’armée française, ils totalisent 66 000 hommes en décembre 1961, dont près des deux tiers sont des appelés. Le ministère des Armées évalue à 4 500 le nombre des soldats musulmans morts pour la France, pendant la guerre d'Algérie, et à plus de 600 les disparus. Au total, durant cette guerre, l'armée française aurait inscrit dans ses registres 160 000 harkis, moghaznis, GMPR devenus GMS ou « assès ».

Durant cette guerre 6 000 combattants de l’ALN se seraient ralliés «avec ou sans armes» à l’armée française.

Les motivations du choix des harkis

Les motivations étaient multiples:

  • fidélité à leurs frères d'armes français de l'Armée d'Afrique.
  • attachement à la France que certains avaient participé à libérer en 1944.
  • foi dans la promesse de l'Armée française de les protéger contre les exactions du FLN
  • pression des notables et de l’armée française.
  • attachement à l’ordre.
  • sévices du FLN/ALN.
  • besoin de protection de leurs biens et de leur familles.
  • rivalités villageoises.
  • volonté de vengeance.
  • motivations pécuniaires (motivation principale pour beaucoup de harkis)

Les accords d'Évian

À la suite de l'infléchissement de la politique française vers l'indépendance algérienne à partir de 1962, commencèrent la démobilisation et le désarmement des supplétifs. Les accords d'Évian signés le 18 mars 1962 prévoient que :

« 

L'État algérien souscrira sans réserve à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et fondera ses institutions sur les principes démocratiques et sur l'égalité des droits politiques entre tous les citoyens sans discrimination de race, d'origine ou de religion. Il appliquera, notamment, les garanties reconnues aux citoyens de statut civil français. » Accords d'Évian, chapitre II, partie A, article 1</blockquote>

« 

Nul ne pourra faire l'objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d'une discrimination quelconque en raison :

  • d'opinions émises à l'occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d'autodétermination;
  • d'actes commis à l'occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
  • Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir. » Chapitre II, partie A, article 2</blockquote>

Les accords d'Évian ne prévoient aucune disposition particulière quant à la protection ou l'avenir des pro-français en général ni des harkis et de leur familles en particulier, mais incluent une amnistie pour les actes effectués et les opinions émises avant l'indépendance.

La loi française du 23 février 2005, dans son article 2 dénoncera le non-respect des accords d'Évian qui auraient dû assurer la sécurité des harkis s'ils avaient été respectés. Cet article de la loi ne sera pas critiqué par le président algérien Bouteflika. Le FLN prétendra qu'il ne s'agissait que d'une « déclaration » qui ne l'engageait pas. Ce qui, d'après des associations de rapatriés, donnera tout son sens au slogan de certains nationalistes algériens: « La valise ou le cercueil »réf. nécessaire.

Suite des accords d'Évian

Les harkis sont désarmés par l'armée Française (repliée dans ses garnisons) qui laisse le territoire au FLN. Pendant une brève période, le nouveau pouvoir s'abstient de toute répression vis-à-vis des pro-Français, et à Paris le gouvernement, dirigé par Charles de Gaulle, limite fortement le nombre de ceux qui peuvent se replier sur la France.

Les massacres (1954-1962)

Selon le rapport à l'ONU du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, 263 000 autochtones étaient engagés du côté français ou récemment démobilisés, dont 60 000 militaires, 153 000 supplétifs et 50 000 notables francophiles. Familles comprises, il y avait plus d'un million de personnes potentiellement menacées sur les 8 millions de musulmans algériens.

À la fin des années 1990, lors d'un entretien sur Europe 1, Pierre Messmer, qui à l'époque, avait été ministre des Armées du général de Gaulle, a avancé le chiffre de 80 000 harkis tués.

Le Comité national de liaison des harkis survivants avance le chiffre de 120 000 harkis tués, et de 16 000 sauvés par leurs officiers français qui désobéirent aux ordres.

L’historien Gilbert Meynier pour qui les Harkis n'étaitent que des "mercenaires" a déclaré dans une interview publiée dans le quotidien El Watan, journal proche du FLN, le 10 mars 2005, que les massacres avaient été moins importants et plus localisés que ce que déclarent certains historiens français comme Georges-Marc Benamou.

Georges-Marc Benamou, dans son livre Un Mensonge français, avance le chiffre de 70 000 victimes.

Maurice Faivre résume ainsi les estimations des historiens sur le nombre des harkis et autres supplétifs algériens massacrés dans les années qui ont suivi l'indépendance :

André Santini, ancien ministre aux rapatriés a affirmé au figaro et lors de la journée d'hommage aux Harkis du 25/11/2006 que le FLN avait massacré 150000 Harkis:

« 

Les historiens ne sont pas d'accord sur le nombre des harkis massacrés. J. Lacouture ayant énoncé 10 000 victimes, dans Le Monde du 13 novembre, ce chiffre a été retenu par l'ambassadeur. Le contrôleur général de Saint-Salvy (approuvé par le colonel Schoen) a fait une évaluation de 150 000, à partir d'une péréquation basée sur l'arrondissement d'Akbou. Le Service historique n'a fait aucune estimation et s'est contenté de citer celle de Saint-Salvy. L'historien d'Alger X. Yacono, ayant calculé que les pertes dues à la guerre étaient inférieures à 300 000, a jugé inacceptable le chiffre de 150 000. Nicolas d'Andoque, ancien SAS, a retenu 60 000, ce qui paraît être une limite courte. La méthode de calcul par différence entre le total des pertes et le nombre des victimes dues à des actions de guerre aboutit à une fourchette de 60 à 80 000 harkis tués en 1962-63. Il semble, écrit J.-C. Jauffret dans Historiens et géographes, qu'un consensus rassemble peu à peu les historiens français, et qu'une évaluation de 60 à 80 000 victimes soit retenue. Utilisant la même méthode, Jean-Jacques Jordi propose 70 000. Mais on ne connaîtra jamais la vérité, car une évaluation précise est aujourd'hui impossible. » Maurice Faivre, article publié en janvier 2002 dans Guerres mondiales et conflits contemporains</blockquote>

comme l'indique avec des développements plus précis le livre de Benjamin Stora et Mohamed Harbi "La guerre d'Algérie" qui décrit certaines de ces atrocités. L'historien Mohamed Harbi montre néanmoins également dans certains de ses ouvrages comment les exactions de l'ALN avaient poussé des musulmans à rejoindre l'armée française et à vouer une haine sans mesure à ceux qui les regardaient comme des traitres et comme des "collabos". Il n'en demeure pas moins qu'en France les harkis apparaitront souvent comme des mercenaires tandis que l'Algérie les regardera surtout comme les complices plus ou moins zélés de ce crime contre l'humanité qu'est à ses yeux le colonialisme.

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Les harkis en France à partir de 1962

L'arrivée en France

Selon Philippe Denoix, « Louis Joxe, ministre d’État aux Affaires algériennes, adressa à l’armée une directive très secrète, le 12 mai 1962, menaçant de sanctions les militaires français qui organisaient le repli en métropole de leurs alliés musulmans en dehors du plan général de rapatriement », et ordonnant même le renvoi en Algérie des supplétifs débarqués en France. »

La note en date du 25 mai 1962, stipule notamment :

« 

Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie […]. Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure […]. Les promoteurs et les complices de rapatriements prématurés seront l’objet de sanctions appropriées. » Pierre Messmer, ministre des armées, a spécifié dans une note ministérielle de mai 1962 que les arrivées en France de harkis " dues à des initiatives individuelles […] représentent des infractions caractérisées. » </blockquote>

En fait, en 1962, il n'existe aucun plan d'évacuation ni de protection des harkis et de leurs familles, et le Gouvernement fut pris de court par l'arrivée des rapatriés. On estime (Philippe Denoix) à 15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, qui purent s'établir en France de 1962 à 1968. La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d'entre eux furent assassinés. Ces massacres perpétrés parfois par familles entières s'accompagnèrent souvent de tortures, de viols, etc. se déroulèrent dans le climat d'instabilité, de luttes internes (y compris armées) du FLN et de l'ALN pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l'indépendance.

Fin 1962, 20 000 supplétifs avaient été accueillis dans les camps d’hébergement militaires en France et 3 200 se sont engagés dans l’armée française. Fin novembre 1963, le ministère des Rapatriés chiffre à 42 000 le nombre de musulmans ayant transité dans les centres d’accueil. Au final, seulement 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s'établir en France de 1962 à 1968.

L'installation dans les camps

Les premiers rapatriements de harkis sont effectués entre les accords d' Évian et l'été 1962, à l'initiative de quelques officiers, démissionnaires ou non, souvent des anciens responsables des unités harkis. Comme les directives officielles interdisent ces rapatriements, des filières clandestines sont mises en place, qui dispatchent en-dehors de tout contrôle officiel ces familles de harkis vers les régions du Sud-Est, du Sud-Ouest en bordure du Massif Central (Ardèche, Dordogne, Lozère, Tarn...) ainsi de vers l'agglomération lyonnaise et vers Roubaix. <ref name="Withol">Catherine Withol de Wenden, Regards sur l'actualité, (La documentaion française), nov 1991 </ref>

Après les massacres de l'été 1962, le décret du 8 août 1962 met en place un dispositif officiel d'accueil. Les familles de harkis sont logées dans les baraquements de camps militaires, qui ont parfois servi pour d'autres populations (Espagnols catalans, militants suspects d'appartenir au FLN, Indochinois) <ref name="Withol"> </ref> : camps de transit du Larzac et de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), puis celui de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), de Sainte-Livrade près de Villeneuve-sur-Lot, de Saint-Maurice-l'Ardoise et Lascours, situés sur la commune de Saint-Laurent-des-Arbres (Gard), de La Rye (Vienne), de Bias (Lot-et-Garonne).

Entre 1962 et 1969, quelque 42 500 personnes ont transité par ces camps censés éviter un déracinement brutal aux familles et les protéger contre d'éventuelles représailles du FLN. On distingue deux types de camps, les hameaux forestiers, perdus en pleine campagne et les cités urbaines à la périphérie des villes.

Les hameaux forestiers, dont le nombre varie de 42 à 75 sont situés dans le midi et hébergent chacun de 20 à 50 familles. En 1982, il n'y a plus que 23 hameaux de forestage. Les 42 cités urbaines consistent en 2 000 logements Sonacotra près des villes d'Amiens, Bourges, Dreux, Lodève, Louviers, Montpellier...

le 31 janvier 1964, les préfets reçoivent du ministre des Rapatriés François Missoffe une note où il est écrit : « Vous ne devez reloger les anciens harkis qu'après avoir relogé tous les rapatriés (c'est-à-dire les pieds-noirs demandeurs de logement et particulièrement mal logés... »<ref> Tom Charbi, les harkis, la Découverte</ref>.

Ainsi le provisoire va durer vingt ans et même plus et comme le note Catherine Wihtol de Wenden, cette situation :

« 

... favorise la marginalisation de populations trop coupées du reste de la société et maintenues dans une position d'assistés par l'encadrement social et administratif des cités et hameaux. Un encadrement qui a donné l'habitude, voire le goût, d'un certain contrôle social et enfermé parfois les populations dans une logique identitaire que le clientélisme associatif et politique a pu renforcer. » </blockquote>

La dispersion

Des révoltes se produisent au cours de l'été de 1975 parmi les résidents des camps de Bias et Saint-Maurice-l'Ardoise. Une politique de dispersion succède alors aux regroupements. Les camps et les hameaux sont officiellement supprimés, mais leurs résidents restent souvent sur place. En même temps que des bureaux d'information, d'aide administrative et de conseils (BIAC) sont créés, des mesures spécifiques sont prises pour disséminer les communautés et favoriser leur intégration <ref name="Withol"> </ref>, mais en fait, les communautés harkies résistent à la dispersion, parce qu'elles ont tissé sur place des solidarités ou pour diverses raisons financières.

Selon Philippe Denoix, en 1990, la population issue des « musulmans français d’Algérie » dépasse les 400 000 <ref> Philippe Denoix, article harkis, in Encyclopédia Universalis, 2000 </ref>

En 1991, on assiste à une révolte d’enfants de réfugiés harkis dans plusieurs villes françaises.

La loi française du 23 février 2005

La loi du 23 février 2005 (controversée notamment dans son article 4) reconnaît et protège les harkis en France. Elle fixe également des conditions de versement d'indemnités de la France en reconnaissance des services rendus et des souffrances endurées par eux. A noter que les harkis contestent dans leur ensemble ces déclarations car ces indemnisations ne font que transformer la rente viagère dite "Jospin" qui est une retraite militaire déguisée en capital versable en une seule fois. Par ailleurs, certains harkis sont toujours en attente de ces indemnisations.

L'affaire Georges Frêche

En février 2006, l'Association pour la justice, l'information et la réparation des harkis et rapatriés de l'Hérault (Ajir 34) a porté plainte contre le président (PS) de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, pour des propos "insultants" tenus lors d'une cérémonie à Montpellier en hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir.

Le député PS a été pris à partie au milieu de son discours par des manifestants harkis qui lui reprochent de les avoir « trahis » dans une histoire de logements promis mais jamais donnés. Lors de cette altercation, le député PS a apostrophé le président de l'association Ajir 34, également président du comité de quartier de la Rauze, à Montpellier, car il « s'est indigné que nous soyons allés à Palavas », où s'était déroulée peu avant une manifestation à l'appel de députés UMP pour rendre hommage aux rapatriés. Le président de la région languedocienne lui a ainsi lancé :

« 

Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocu jusqu'à la fin des temps. (…) Vous êtes allés à Palavas avec les députés gaullistes qui ont laissé les harkis se faire massacrer en Algérie. (…) Faut-il vous rappeler que 90.000 harkis ont été égorgés comme des porcs. Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore vous allez leur lécher les bottes. Mais vous n'avez rien du tout, vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur ! » </blockquote>

Depuis, la polémique suscitée par les déclarations du président de la Région Languedoc-Roussillon, ce dernier a expliqué, dans une déclaration d'excuses lue à la presse, qu'il « ne visait qu'un homme, et non la communauté des harkis, que j'ai toujours soutenue et que je continuerais à soutenir. (…) J'ai blessé par maladresse. Je vous demande de bien vouloir me le pardonner. (…) J'ai été maladroit, certes, mais poussé par l'excès de la provocation », reconnaissant :
« 

avoir été maladroit dans sa formulation (…) Je conçois que le terme de sous-hommes est blessant, je le retire. Je ne me suis insurgé que contre un seul homme, parce qu'il avait assisté samedi matin à Palavas (Hérault) à une manifestation organisée par et pour l'UMP, et qu'il venait me provoquer sur un lieu d'hommage. (…) J'ai voulu lui rappeler qu'en 1962, les gaullistes avaient laissé les harkis à la disposition du FLN en Algérie. (…) À aucun moment, je n'ai voulu tenir des propos attentatoires aux droits de l'homme. (…) Je suis fils de militaire, j'ai le sens de l'honneur, du drapeau et de ceux qui sont tombés pour lui. Les harkis en font partie. J'ai blessé par maladresse et par excès de conviction. » </blockquote>

Néanmoins, plusieurs associations de harkis déclarent que Georges Frêche s'était excusé envers les journalistes et sous la contrainte de François Hollande. Ils précisent qu'il continue à mentir en déclarant que la réunion de Palvas était organisée par le FN. Cette polémique, qui est survenue en pleine pré-campagne électorale et dans un climat tendu et communautariste, est d'autant plus surprenante que le député Georges Frêches a déclaré peu avant l'altercation, au sujet de la loi sur le bienfait de la présence française en Outre-mer, et son article controversé, ces :

« 

petites gens (les pieds noirs donc) qu'on a fait partir avec leur petite valise. (…) Cet article avait été voté, alors qu'on le laisse ! On leur avait fait une petite concession de rien du tout, un tout petit article qui leur donnait du baume au cœur, eh bien, non, il faut le leur enlever ! C'est infamant !  » </blockquote> Les plaintes déposées n'ont pas été retirées et c'est donc à la justice de trancher la question.

Le président PS de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche a été mis en examen pour « injures envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse », à la suite de ses propos contre les harkis le vendredi 24 mars.

Position des associations de harkis vis-à-vis de la France

Le Comité national de liaison des harkis survivants a déposé une plainte contre la France « pour crime contre l'humanité ». Une seconde plainte pourrait être parallèlement déposée devant la Cour européenne des Droits de l'Homme. Selon Boussad Azni, président du CNLH : « En livrant les harkis, réfugiés en métropole, la France savait pertinemment qu'ils seraient massacrés… ».

Les harkis et l'Algérie

Position du FLN puis de l'État algérien vis-à-vis des harkis

Période transitoire entre le cessez-le-feu et l'indépendance

Le GPRA prendra la directive 442 du 10 avril 1962réf. nécessaire, relative aux "harkis, goumiers et ralliés servant dans les rangs ennemis", directive en violation flagrante des accords d'Évian :

« 

Si la révolution les a condamnés, il n'en reste pas moins que le peuple les frappe de son mépris et continuera à les haïr et les nier…

Nous devons user de tact et agir avec souplesse afin de les gagner provisoirement…
Leur jugement final aura lieu dans une Algérie libre et indépendante devant Dieu et devant le Peuple qui sera seul responsable de leur sort…

Les égarés abandonnés doivent être surveillés dans leurs moindres gestes et inscrits sur une liste noire qu'il faudra conserver minutieusement. » </blockquote>

Peu après l'indépendance de l'Algérie

En 1965, la croix rouge estimait à 13 500 le nombre de harkis incarcérés dans les prisons civiles ou militaires algériennes.

À ce jour certains harkis figurant sur des listes tenues secrètes par les services de sécurité, (police, armée, service de renseignements, gendarmerie) sont interdits de séjour et n'ont pas droit à un passeport Algérien.

En Algérie, des enfants de harkis n'ont toujours pas le droit d'accéder aux écoles supérieures.

Des familles n'ont pas eu droit d'enterrer en Algérie des harkis qui vivaient et décédèrent en France.

Après 2004

En Algérie, la question des harkis et des pieds noirs a été abordée en 2004 au cours du 10ème congrès de l'ONM (Organisation des anciens combattants de la guerre d'Algérie), qui fait la distinction entre les motivations des uns et des autres, en estimant possible le pardon aux harkis qui n’ont pas fait usage de torture comme le FLN.

Cette déclaration est interprétée, comme un message à l’adresse du Président de la République pour ne pas intégrer les harkis et autres Français, coupables de crimes dans la Charte sur la paix et la réconciliation nationale perçue et présentée avant l'ouverture de la campagne comme devant être une loi portant amnistie générale.

Ainsi pour la première fois le président de la république Abdelaziz Bouteflika aborda quant à lui officiellement la question des harkis, au cours de la campagne pour le référendum sur la Charte sur la paix et la réconciliation nationale soumise au vote le 29 septembre 2005.

Au cours de cette campagne, il tiendra à ce sujet des propos très différents de ceux qu'il avait tenus le 16 juin 2000 à la télévision française où il avait déclaré que le peuple algérien n'était pas « encore » prêt à accepter que des harkis puissent revenir en Algérie. Le président algérien a comparé les harkis aux collaborateurs français sous l'occupation nazie, de 1940 à 1944, ce qui a suscité la colère des représentants de la communauté harki, refusant cette comparaison.

Reconnaissant la réalité des massacres, il déclara par ailleurs au cours de cette visite: « Nous ne faisons pas les mêmes erreurs qu'en 1962 : le massacre de toute une famille, voire de toute une tribu apparenté à un harki ! »

Bouteflika reconnaîtra le 2 septembre 2005, au stade Boumezrag de Chlef des « erreurs à l’encontre des familles et des proches des harkis » et que « Les enfants des harkis ne sont pas responsables des actes de leurs parents ».

Il déclara plus tard que par le passé, de graves erreurs avaient été commises vis-à-vis des familles de harkis et se serait une « erreur serait de tenir rancœur aux enfants de harkis ».

D'après des associations de harkis, ces déclarations entretiennent le « mythe » que les harkis et leurs enfants souhaitent rentrer en Algérie, alors que la situation économique du pays pousse plutôt les jeunes Algériens à émigrer en France.

Pour d'autres associations de harkis telles que "harkis et droits de l'homme" ou "Ajir" certaines déclarations peuvent être considérées comme une reconnaissance de la réalité des massacres et comme "un petit pas". Elles demeurent toutefois sceptiques, et attendent de voir des changements concrets comme l'autorisation (encore interdite dans certaines communes)d'inhumer an Algérie, les dépouilles des harkis morts en France.

Bibliographie

  • Guy Pervillé, Le drame des harkis, revue Histoire, avril 1988
  • Philippe Denoix, article "Les harkis" dans l'Encyclopedia Universalis
  • Mohand Hamoumou, Et ils sont devenus harkis, éd. Fayard, 1994 (réédité en 2001) épuisé
  • Fatima Besnaci-Lancou Fille de harki, préface de Jean Daniel et Jean Lacouture, éd. de l’Atelier, seconde édition septembre 2005
  • Fatima Besnaci-Lancou " Nos mères, paroles blessées, une autre histoire de harkis", Editions Zellige, septembre 2006
  • Fatima Besnaci-Lancou " Treize chibanis harkis", Editions Tirésias, novembre 2006
  • Maurice Faivre, L'Histoire des harkis, Guerres mondiales et conflits contemporains, janvier 2002
  • Jean-Jacques Jordi, La réécriture de l'Histoire, actes du colloque du Centre universitaire méditerranéen de Nice, 1998
  • Jacques Duquesne, Pour comprendre la guerre d'Algérie, éd. Perrin, 2001
  • Nordine Boulhais, Histoire des harkis du nord de la France, éd. L'Harmattan, essai, septembre 2005
  • Nordine Boulhais, Des harkis berbères de l'Aures au Nord de la France, éd. Presses Universitaires du Septentrion, étude, septembre 2001
  • Taouès Titraoui et Bernard Coll, "Le livre des Harkis", éd. Jeune Pied-Noir - BP 4 - 91570 Bièvres
  • Dalila Kerchouche, "Mon père, ce harki, éd. du Seuil, septembre 2003.
  • Dalila Kerchouche, "Leïla, Avoir 17 ans dans un camp de harkis", éd. du Seuil, octobre 2006.
  • Abderahmen Moumen, "Entre histoire et mémoire, les rapatriés d'Algérie", Dictionnaire bibliograhique, Editions Jacques Gandini, mars 2003.

Filmographie

  • Harkis (2006), téléfilm de Alain Tasma pour France 2 sur un scénario de Dalila Kerchouche
  • Amères patries (documentaire, 2006), diffusé sur France 5, co-écrit par Dalila Kerchouche et Manuel Gasquet.

Liens externes

Sites harkis

Sites divers

Documents multimedia

Références

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