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Virus de l'immunodéficience humaine

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VIH (HIV)
Image:Aids virus.jpg
Schéma de la section d'un VIH
Classification classique
Règne Virus
Groupe Groupe VI (ssRNA-RT)
Famille Retroviridae
Sous-famille Orthoretrovirinae
Genre Lentivirus
Espèce

Virus de l'immunodéficience humaine :

  • type 1 (VIH-1)
  • type 2 (VIH-2)
Parcourez la biologie sur Wikipédia :


Le virus de l'immunodéficience humaine abbrévié en VIH, (anglais HIV pour Human immunodeficiency virus) est un lentivirus de la famille des retrovirus (virus à ARN). Il est l'agent étiologique du SIDA. Deux souches ont été identifiées à ce jour : le VIH-1, responsable de la pandémie, et le VIH-2, moins virulent et principalement retrouvé en Afrique de l'Ouest. Le VIH-1 a été découvert conjointement et indépendamment<ref>une polémique a néanmoins existé entre les deux laboratoires ayant isolé le virus</ref> en 1983 par une équipe Française conduite par le Professeur Jean Claude Chermann <ref>Barre-Sinoussi, F., Chermann, J. C., Rey, F., Nugeyre, M. T., Chamaret, S., Gruest, J., Dauguet, C., Axler-Blin, C., Vezinet-Brun, F., Rouzioux, C., et al. (1983). Isolation of a T-lymphotropic retrovirus from a patient at risk for acquired immune deficiency syndrome (AIDS). Science 220, 868-871</ref> et une équipe américaine <ref>Gallo, R. C., Sarin, P. S., Gelmann, E. P., Robert-Guroff, M., Richardson, E., Kalyanaraman, V. S., Mann, D., Sidhu, G. D., Stahl, R. E., Zolla-Pazner, S., et al. (1983). Isolation of human T-cell leukemia virus in acquired immune deficiency syndrome (AIDS). Science 220, 865-867.</ref>. Il est à présent admis que le VIH a été transmis à l'homme par le chimpanzé. Le VIH-2 a été découvert en 1986 par une autre équipe française <ref>Clavel, F., Guetard, D., Brun-Vezinet, F., Chamaret, S., Rey, M. A., Santos-Ferreira, M. O., Laurent, A. G., Dauguet, C., Katlama, C., Rouzioux, C., and et al. (1986). Isolation of a new human retrovirus from West African patients with AIDS. Science 233, 343-346.</ref>et a sans doute été transmis à l'homme par le macaque à face de suie (Sooty mangabey).

Sommaire

[modifier] Coupe schématique du VIH

Le VIH, virus responsable du Sida






















[modifier] Cycle de réplication du VIH

Cycle de réplication du VIH


Les cellules cibles du VIH sont essentiellement les lymphocytes T CD4+ mais aussi à un niveau moindre les monocytes-macrophages, les cellules dendritiques, les cellules de Langerhans et les cellules microgliales cérébrales. La réplication virale a donc lieu dans de nombreux tissus (ganglions lymphatiques, intestin, cerveau, thymus). Les organes lymphoïdes, en particulier les nœuds lymphatiques (ou ganglions), constituent les principaux sites de réplication du virus. Le virus est présent dans de nombreux liquides biologiques, en particulier le sang et les sécrétions génitales. Ce virus se transmet par les contacts sanguins (toxicomanie, blessures, autrefois la transfusion sanguine, ...) et sexuels (hétérosexuels et homosexuels). La transmission de la mère contaminée à l'enfant est également possible durant la grossesse, pendant l'accouchement et pendant l'allaitement, mais non systématique.

La réplication du virus se déroule en douze étapes :

  • La fixation est la première étape dans l’infection de la cellule par le VIH. Celle-ci repose sur une reconnaissance entre les protéines de surface du virus, les gp120 et les gp41, et les récepteurs de la cellule cible (les CD4). Cette reconnaissance ne peut être opérée sans l’aide de co-récepteurs propres à la cellule infectée : pour les macrophages ce sont les CCR5 et pour les LT4 ce sont les CXCR4 qui agissent avec la protéine de surface. Les macrophages et les LT4 ont leur récepteur principal en commun : le récepteur CD4. Cette reconnaissance est impérative pour que le virus puisse pénétrer dans la cellule et poursuivre l’infection. L'utilisation de récepteurs autres que le CD4 est aussi observée, entre autres chez les cellules dendritiques.
  • La pénétration est la seconde étape de l’infection : le VIH a été reconnu par les récepteurs et pénètre dans la cellule. La membrane lipidique et la membrane cellulaire fusionnent. Uniquement protégés par deux couches superposées (matrice et capside), les ARN génomiques et les protéines associées vont alors pénétrer dans le cytoplasme de la cellule.
  • La décapsidation : le virus se sépare de ses deux couches protectrices. Les deux copies du génome viral se retrouvent libres dans le cytoplasme, mais demeurent y associées plusieurs protéines nécessaires à la poursuite du cycle.
  • La transcription inverse : Chacun des ARN viraux est associé à une RT polymérase, enzyme assurant la synthèse d’un brin d’ADN à partir de l’ARN viral. L’information du virus est donc maintenant sous la forme d’ADN, intégrable dans le génome cellulaire.
  • L'intégration : L’ADN pénètre dans le noyau. Une fois à l’intérieur, il s’insert dans le programme génétique de la cellule cible sous l’effet de l'enzyme intégrase.
  • La formation d'un ARN messager : Les deux brins d’ADN de la cellule « s’écartent » localement sous l’effet de l’ARN polymérase. Des bases azotées libres du noyau viennent prendre la complémentarité de la séquence et se polymérisent en une chaîne monobrin : l’ARNm (messager).
  • L'épissage : L’ARNm ainsi obtenu est hétérogène. En effet, il est constitué d’une succession d’introns (parties non codantes) et d’exons (parties codantes). Cet ARNm doit subir une maturation pour pouvoir être lu par les ribosomes. Se passe alors une excision des introns, pour ne laisser que les exons.
  • La traduction de l'ARN : Une fois sorti du noyau par l’un des pores nucléaires, l’ARNm est lu par les ribosomes du RER (réticulum endoplasmique rugueux). L’ARNm vient en fait se glisser entre les deux sous unités du ribosome. Pour chaque codon (groupe de trois nucléotides) de l’ARNm, le ribosome attribuera un acide aminé. Ceux-ci se polymériseront au fur et à mesure de la lecture. Un codon initiateur AUG (Adénine-Uracile-Guanine) fera débuter la synthèse tandis qu’un codon stop (UAA ; UGA ; UAG) en marquera la fin.
  • Maturation dans l'appareil de Golgi : Les polypeptides ainsi formés ne sont pas encore opérationnels. Ils doivent subir une maturation dans l’appareil de Golgi.
  • L'assemblage : Les protéines de structure du virus (matrice, capside et nucléocapside) sont produites sous forme de polyprotéines. Lorsqu'elles sortent du Golgi, les différentes protéines sont liées entre elles. Les protéines sont transportées à la membrane où elles rejoignent les glycoprotéines virales membranaires. Des ARN viraux rejoignent protéines virales. Les protéines de structure s’assemblent pour former la capside et la matrice, englobant cet ensemble.
  • Le bourgeonnement : La capside sort de la cellule infectée en arrachant une partie de la membrane cellulaire (à laquelle ont été préalablement fixées les protéines virales de surface (gp120 et gp41)).
  • La maturation des virus : Une protéase virale doit cliver les liens qui unissent les différentes protéines de structure (matrice, capside et nucléocapside) pour que les virions soient infectieux. Suite aux clivages, les virions sont prêts à infecter de nouvelles cellules.



[modifier] Physiopathologie

L'hypothèse qui prévaut actuellement est la suivante :

Dès la primo-infection, le virus se réplique activement dans l'organisme avec une production de 10 milliards de virions quotidiennement, entraînant la destruction d'environs 5 milliards de lymphocytes T4. Cette réplication se stabilise après quelques semaines à un niveau plus ou moins important selon les sujets. Le système immunitaire hyperactivé compense partiellement la destruction massive des lymphocytes T CD4+ en augmentant leur production, mais l'infection à VIH persiste malgré tout, avec pour conséquence l'émergence et/ou la sélection de virus mutants qui échappent à la réponse immune de l'hôte. Pendant plusieurs années, les lymphocytes T CD4+ semblent se renouveler rapidement malgré leur destruction par le virus, jusqu'à ce que l'épuisement des organes lymphoïdes centraux (thymus) ne permette plus leur régénération. La destruction des lymphocytes T CD4+ est bien souvent due à l'hyperactivation de ces cellules par interaction avec certaines structures du virus et non à une destruction directe par le VIH. Après 10-15 ans d'évolution spontanée sans traitement, le sujet est immunodéprimé (stade Sida), des pathologies infectieuses ou tumorales rares (dites opportunistes) surviennent et conduisent au décès. Actuellement les traitements antirétroviraux évitent/retardent l'évolution vers le stade Sida en maintenant les niveaux de réplication du virus au plus bas possible.

La destruction du système immunitaire et la progression clinique avec apparition de maladies opportunistes sont directement liés au taux sanguin des lymphocytes T CD4+ du patient. L'efficacité des traitements antiviraux est évaluée par le niveau de réplication virale mesurée par la charge virale VIH (taux d'ARN plasmatique), la mesure de taux de lymphocytes T CD4+ (immunodepression) et par l'état clinique du patient.

[modifier] Diagnostic

Article détaillé : Test HIV.

Il repose sur la réalisation d'un test de dépistage des anticorps spécifiques des VIH. Ce test est effectué après un comportement à risque et/ou l'apparition de symptômes définissant un syndrome rétroviral aigu : fièvre, fatigue, pharyngite, myalgies (douleurs musculaires), lymphadénopathies (augmentation de la taille des ganglions lymphatiques), et inflammations de la peau dans 50 à 90% des patients <ref>Schacker T, Collier AC, Hughes J, Shea T, Corey L. Clinical and epidemiologic features of primary HIV infection. Ann Intern Med 1996;125 : 257-64.</ref>,<ref>Apoola A, Ahmad S, Radcliffe K. Primary HIV infection. Int J STD AIDS 2002 ; 13 : 71-8.</ref>.

Ce test lorsqu'il est positif doit être confirmé par un test dit de confirmation (en pratique western blot) et par un nouveau test de dépistage sur un nouvel échantillon sanguin. Ce n'est que lorsque l'ensemble des tests est positif que l'on peut affirmer que le patient est infecté par le VIH. La charge virale permet de mesurer la réplication du virus en quantifiant les ARN viraux dans le plasma sanguin.

Il est important de préciser que ces tests sont valides essentiellement chez les personnes à risque, car la positivité de cet ensemble de tests chez les personnes non-à-risque présente une probabilité d'erreur supérieure à 50%, ainsi que le signalent Gerd Gigerenzer et Ulrich Hoffrage de l'Institut Max Planck de Berlin [1]

D'autres tests de laboratoire permettent de déterminer le sous-type viral et mettre en évidence des mutations associées à des résistances aux antirétroviraux (génotype de résistance). La culture du virus n'est plus réalisée pour le diagnostic, car bien trop aléatoire, ainsi que l'indique par exemple le Pr. Robert Gallo, qui n'a pu cultiver ce virus que chez 40% des personnes atteintes par le Sida qu'il avait en charge. [2]

Il y a environ 120 000 sujets séropositifs en France et 6000 nouveaux cas par an.

Grâce aux traitements utilisés depuis 1996, la mortalité due au Sida a chuté et en 2005, trois cents personnes en sont mortes en France.

Le nombre de sujets séropositifs dans le monde est estimé par l'ONUSIDA à 43 millions, la majorité étant en Afrique sub-Saharienne.

[modifier] Infection par le VIH

L'infection par le VIH évolue en plusieurs phases pouvant se succéder dans le temps :

  • la primo-infection avec (50 à 75% des cas) ou sans symptômes ; c'est la phase de séroconversion qui suit la contamination.
  • une phase de latence, parfois accompagnée d'un état de lymphadénopathie généralisée,
  • une phase à symptômes mineurs de l'infection à VIH,
  • la phase d'immunodépression profonde ou stade de SIDA généralement symptomatique.

Pour en savoir plus consultez l'article sur le syndrome d'immunodéficience acquise.

[modifier] Traitement

L’arsenal thérapeutique contre le VIH s’étoffe de jour en jour. Une vingtaine de médicaments antirétroviraux sont actuellement disponibles (2006) et agissent d'une part sur deux enzymes nécessaires à la réplication du virus, et d'autre part sur les mécanismes d'entrée du virus dans la cellule. Ces médicaments sont très actifs et permettent de contrôler la réplication du virus. Cependant ils ne permettent pas l'élimination du virus et donc la guérison des sujets infectés. Ils sont de plus responsables de nombreux effets indésirables parfois mal tolérés. Il est important de savoir que les médicaments actuellement disponibles permettent d'allonger l'espérance de vie des individus infectés, mais le VIH tue toujours.Donc toujours pas de guérison


Les antirétroviraux actuellement utilisés sont :

[modifier] Les inhibiteurs de la transcriptase inverse

Les inhibiteurs de la transcriptase inverse (TI) empêchent la synthèse d'ADN proviral (c'est-à-dire qui va permettre la duplication du virus) à partir de l'ARN viral. On trouve dans cette classe :

  • les inhibiteurs nucléosidiques (INTI)

Ils ont constitué la première classe d'antirétroviraux mise sur le marché en 1985. Ils comprennent la zidovudine (AZT) (synthétisé en 1964), la didanosine (ddI), la zalcitabine (ddC), la stavudine (d4T), la lamivudine (3TC) (1989 et utilisée à partir de 1995), l'abacavir, et l'emtricitabine (FTC). Les mutations de la transcriptase inverse confèrent une résistance aux INTI qui peut être croisée entre plusieurs INTI. Ces composés sont tous neutres ou réducteurs, à l'exception de l'AZT qui est un oxydant.

  • les inhibiteurs non nucléosidiques (INNTI)

Ce sont des inhibiteurs puissants et très sélectifs de la transcriptase inverse du VIH. On trouve dans cette classe : la nevirapine et l'efavirenz. Ils ne sont actifs que sur les VIH-1. Il sont métabolisés en phénols par oxydation.

  • les analogues nucléotidiques

Il s'agit du ténofovir, composé organophosphoré, mis sur le marché en 2002.

[modifier] Les inhibiteurs des protéases (IP)

La classe des inhibiteurs des protéases ou IP est une classe d'antirétroviraux mise sur le marché en 1996. Elle a constitué un tournant majeur dans les stratégies thérapeutiques contre le VIH. Ils agissent en inhibant l'action de la protéase virale qui permet le clivage et l'assemblage les protéines virales, processus indispensable à l'obtention de virus infectieux. On obtient alors des virions incapables d'infecter de nouvelles cellules. Les IP sont actifs sur le VIH-1 et le VIH-2, et ne créent pas de résistance croisée avec les INTI ou les INNTI.

[modifier] Les inhibiteurs de fusion et d'entrée

Parmi les inhibiteurs de fusion, plusieurs produits sont à l'étude. Seul L'enfuvirtide est actuellement sur le marché. Il agit au premier stade de la réplication du virus en empêchant la fusion entre le virus/cellule par inhibition compétitive. Son mode d'administration est injectable, par voie sous-cutanée.

[modifier] Choix thérapeutique

  • trithérapie : en fonction du stade clinique, du taux de lymphocytes T CD4+ et de la charge virale VIH, le traitement antirétroviral comprend actuellement trois médicaments, en général, deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase réverse, associés à un inhibiteur des protéases ou à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase réverse ou parfois à un troisième inhibiteur nucléosidique de la transcriptase réverse ("trithérapie "). Un inhibiteur de fusion y est éventuellement associé.
  • Le traitement antirétroviral est débuté lorsque les sujets ont des signes cliniques d'immunodépression ou lorsque le taux de lymphocytes T CD4+ est inférieur à 200 par microlitre. Pour les sujets ayant un taux de lymphocytes T CD4+ entre 350 et 200 par microlitre la charge virale VIH-1 et la vitesse de la chute des lymphocytes seront pris en compte (rapport Delfraissy, Ed Flammarion 2004).

[modifier] Prévention

Il n'existe malheureusement pas de vaccin efficace. Seul le préservatif offre une protection efficace lors des rapports sexuels. Les dons de sang font l'objet d'une sélection des donneurs, de dépistages systématiques et de traitements spécifiques. Aussi, la prévention se fait par l'utilisation de seringues à usage unique en toute occasion, en particulier en cas de toxicomanie intraveineuse ou traitement substitutif.

[modifier] Protection naturelle contre le VIH/sida

Malgré une exposition répétée sur plusieurs années au VIH-1, certains individus restent séronégatifs. Une étude menée par des chercheurs de l'Institut Pasteur suggère l'implication de certaines cellules de notre système immunitaire, les Natural Killers (NK), dans cette résistance à la transmission du virus. C'est la première fois que ces cellules de nos défenses innées sont associées à ce phénomène. Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes pour l'étude de la protection contre l'infection et de nouvelles bases de réflexion sur les stratégies vaccinales contre le VIH/Sida. Ce travail, publié dans The Journal of Immunology, a bénéficié d'un financement de l'ANRS.

Entre 5 % et 15 % des individus de différentes populations à risque (partenaires réguliers de sujets séropositifs, prostituées, toxicomanes par voie intraveineuse) ne montrent aucun signe apparent d'infection par le VIH-1 malgré plusieurs années d'exposition. Ces individus sont dits "exposés non infectés" (ENI).

Les équipes de Gianfranco Pancino et de Daniel Scott-Algara, dans l'Unité de Biologie des Rétrovirus dirigée par Françoise Barré-Sinoussi, recherchent les causes immunologiques de cette résistance à la transmission du VIH-1. La présente étude a été menée en collaboration avec l'hôpital Binh Trieu et l'Institut Pasteur de Ho Chi Minh Ville chez des toxicomanes par voie intraveineuse vietnamiens ayant eu un comportement à haut risque pendant plus de 10 ans : 37 toxicomanes "exposés non infectés " (ENI), 10 toxicomanes séropositifs et 28 donneurs de sang non exposés ont été étudiés.

Les chercheurs démontrent que l'activité de certaines cellules du système immunitaire, les Natural Killers (NK), est augmentée chez les ENI : elles pourraient sécréter des molécules inhibitrices de l'infection par le VIH-1, et sont capables de détruire des cellules infectées (cytotoxiques). Ces cellules NK font partie de la première ligne de défense contre les microbes : l'immunité innée, c'est à dire immédiate et non spécifique par opposition à l'immunité spécifique, dite adaptative, qui n'atteint son efficacité pleine qu'au bout de quelques jours après l'exposition à un agent pathogène. C'est la première fois qu'on montre leur implication dans un phénomène de résistance/protection au VIH-1.

Ce travail ouvre différentes perspectives. Les chercheurs étudient désormais les récepteurs des cellules NK en vue de caractériser les mécanismes de la résistance et de trouver de nouveaux marqueurs de cette protection. L'identification de molécules directement impliquées dans les défenses innées contre le VIH est susceptible d'ouvrir à terme de nouvelles et inattendues stratégies thérapeutiques. Dans le domaine de la recherche vaccinale, les résultats obtenus suggèrent que l'activation de certaines réponses innées peut contribuer à la protection contre le VIH et soulignent ainsi l'importance de la recherche (par ex. dans le domaine des adjuvants) sur le rôle des cellules NK dans l'induction de réponses spécifiques protectrices.

Il faut souligner que la protection chez les ENI a vraisemblablement plusieurs causes. Différents facteurs immunologiques ont déjà été étudiés : d'autres cellules de l'immunité, les lymphocytes T CD8+, semblent par exemple chez certains ENI sécréter des facteurs inhibiteurs du VIH-1 *. Des facteurs génétiques peuvent également intervenir dans la résistance à l'infection : une mutation dans un co-récepteur du VIH-1 (CCR5) a par exemple été retrouvée chez 2 % à 3 % des ENI d'origine caucasienne (elle est absente dans les populations d'Asie et d'Afrique); une résistance intrinsèque des cellules cibles du VIH (les CD4+) à la réplication virale a par ailleurs été trouvée dans d'autres études*.

La résistance à l'infection par le VIH-1 chez les ENI a donc probablement une origine multifactorielle et il est possible que certains des paramètres diffèrent entre populations et pays divers.

Toute avancée dans la compréhension des mécanismes de résistance/protection chez des ENI peut apporter des informations précieuses pour le développement de stratégies vaccinales ou thérapeutiques.

D'où l'importance de cette nouvelle piste impliquant les cellules NK.

Les études se poursuivent dans la cohorte vietnamienne, mais également dans d'autres populations d'ENI au Cambodge et en République Centrafricaine, pour mieux définir les mécanismes de la résistance au VIH-1 liés à ces cellules de nos défenses innées.

[modifier] Polémique sur la responsabilité du VIH dans le sida

Certains scientifiques sceptiques (parmi lesquels on note Kary Mullis et Peter Duesberg et le Groupe de Perth) affirment qu'il n'existe pas de preuve formelle du lien entre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le Sida <ref>Peter Duesberg : Sidasanté)</ref>.

La quasi totalité des scientifiques <ref>Déclaration de Durban signée par 5000 MD (docteurs en médecine) et PhD (docteurs ès sciences)</ref> soutiennent la thèse reliant le VIH au SIDA. Pourtant environ mille autres scientifiques <ref>Aras.ab.ca</ref> de même qualification la remettent en cause, et ont signé une pétition demandant la réévaluation de l'hypothèse courante.

Si tous les arguments scientifiques sont en faveur d'une corrélation étroite entre la présence d'anticorps mesurés par les tests et l'apparition d'une infection chronique chez l'homme conduisant à une immunodépression sévère (Sida), les sceptiques tels le Groupe de Perth s'appuient sur une spécificité moyenne de ces anticorps par rapport au virus de l'immunodéficience humaine pour affirmer qu'il ne serait pas en cause dans le développement du Sida.

Un des reproches essentiels faits aux tests d'anticorps par le Groupe de Perth est que, contrairement aux sérologies habituelles où la spécification d'une limite indique simplement que le taux d'anticorps présents n'est plus suffisant pour que la personne demeure immunisée - comme c'est le cas pour la rubéole par exemple - les tests en question présentent une limite au-dessus de laquelle il est affirmé que ces anticorps sont bien des anticorps au vih, alors qu'au-dessous de cette limite, la détection qui est faite serait celle d'anticorps provenant de réactions croisées avec d'autres protéines.

Pour ces scientifiques sceptiques, cette réponse sérologique est universelle, et correspond à une activation du système inmmunitaire normale, mais exacerbée chez les personnes qui présentent les maladies opportunistes associées au sida.

Selon cette étude <ref>Faulk et Labarrere</ref>, il a par exemple été retrouvé suffisamment d'antigènes (P24, GP120) correspondant aux anticorps dits "associés au vih" dans les placentas de femmes non infectées pour que cette limite soit dépassée, et les sceptiques estiment que cette "anomalie" est justifiée de manière plus claire par l'hypothèse qu'ils avancent.

Le professeur Luc Montagnier le 8 décembre 2003 au cours du colloque <ref>colloque sur le Sida en Afrique</ref> sur le Sida en Afrique au Parlement Européen de Bruxelles, précise que le virus se trouve bien dans les cellules malades, mais il indique que la mort massive des lymphocytes T4 non infectés par le virus est due à un signal chimique provenant des cellules infectées dans un processus que ce même Professeur relie au stress oxydant. Cette mort massive et indirecte des cellules T4 non infectées est bien connue, et plusieurs travaux ont été réalisés et publiés sur ce thème par plusieurs équipes indépendantes. Ainsi, l'Institut Pasteur <ref>Institut Pasteur</ref> indique que le virus a la capacité in vitro d'induire l'apoptose des lymphocytes T CD4+ en l'absence de toute réplication virale et activation lymphocytaire. Il semble donc que les sceptiques en arrivent à la conclusion qu'il y a confusion entre les effets cytopathogènes d'un virus et signaux chimiques d'un organisme dont le système immunitaire est activé. Cette activation, selon les sceptiques, au lieu d'être le fait de ce virus - ce qui d'ailleurs n'a toujours pas été démontré, ainsi qu'il est indiqué dans la publication de Silvestri et Feinberg <ref>Turnover of lymphocytes and conceptual paradigms in HIV infection , Guido Silvestri and Mark B. Feinberg ; J Clin Invest. 2003 September 15; 112(6): 821–824.</ref>, où le terme "HIV-infected" représente en fait une personne séropositive - serait le fait de nombreux facteurs environnementaux parfois liés à l'activité sexuelle, que le Groupe de Perth décrit sous le vocable stress oxydatif.

De même, le mathématicien Rebecca Culshaw <ref>Why I quit hiv</ref> <ref>Aftermath</ref>, spécialisée dans la modélisation de la cinétique de l'infection des cellules, émet des réserves sur l'hypothèse actuelle de la pathogénie du Sida.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Références

<references />

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes


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