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Guerre en Irak (2003-2006)

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La troisième guerre du Golfe opposa à l'origine le pouvoir iraquien de l'époque à une coalition menée par les États-Unis. Officiellement entamée après l'invasion de l'Irak en 2003 (dite « Operation Iraqi Freedom »), le président George W. Bush a officiellement déclaré son achèvement le 1er mai 2003, sous la bannière Mission accomplie. Toutefois, le conflit perdure jusqu'à aujourd'hui, l'armée américaine étant toujours une puissance occupante, tandis que les diverses parties semblent s'être engagées dans une guerre civile de longue haleine. Cette guerre multiforme combine résistance à l'occupant, terrorisme et lutte entre les composantes sunnites, chiites et kurdes de la population. En novembre 2006, Iraq Body Count estime que de 46 000 à 52 000 Iraquiens sont morts dans les violences, constituées essentiellement d'attentats.

La guerre d'Iraq est la premiére guerre du XXIe siècle mettant en cause la Doctrine Bush de guerre préventive et la deuxiéme concernant ce que certains appellent le nouvel empire américain (la premiére étant celle contre l’Afghanistan). Elle est notamment l'occasion, pour les États-Unis et leurs alliés, de tester de nouvelles méthodes de guerre urbaine, utilisant les technologies de l'information les plus récentes, et de nouveaux concepts de travail en réseau <ref>Cf. L'autre guerre des États-Unis, les secrets d'une machine de conquête, Claude Revel et Eric Denécé, Robert Laffont, 2005, ISBN 2-221-10368-8.</ref>.

Sommaire

[modifier] Événements ayant précédé la guerre

[modifier] La détermination des États-Unis

La deuxième guerre d'Iraq a été menée sous l'impulsion des États-Unis. Les raisons invoquées étaient principalement :

Ces accusations ont depuis été démontrées comme fausses, y compris par le sénat américain, Saddam Hussein considérant l'extrémisme islamiste comme une menace pour son régime. <ref> Les justifications de la guerre en Irak battues en brèche par le Sénat américain, Le Monde, 09-09-2006</ref>
Le Irak survey group chargé par le gouvernement américain de trouver ces armes déclara en septembre 2004 qu'il n'y avait plus aucune armes chimiques depuis 1991, ni aucun programme en vue de les obtenir (voir plus bas), et que seules ont été collectées dans tout le pays 500 munitions abandonnées ou oubliées et dans un état dégradé, datant de la guerre Iran-Irak . <ref>"New report offers no evidence that Iraq stockpiled WMD", Mercury News, 22-06-2006.</ref><ref>"Sarin, Mustard Gas Discovered Separately in Iraq", Fox News, 17-05-2004.</ref><ref>"Hundreds of chemical weapons found in Iraq", Breitbart, 22-06-2006.</ref><ref>"Addendums to the Comprehensive Report", GlobalSecurity.Org.</ref>
Mais ces éléments sont contestés par de très nombreux analystes, journalistes et responsables politiques. Les éléments avancés par les États-Unis pour étayer leurs affirmations sur la présence en Iraq ou les recherches visant à fabriquer des armes de destruction massives en Irak ainsi que les liens entre l'Irak et le terrorisme provoquent toujours des controverses, surtout après la publication du memorandum de Downing Street. De plus, certains éléments provoquent des interrogations sur les motivations réelles de l'intervention, comme :
  • les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises d'exploitation pétrolières, notamment le Groupe Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services (qu'a présidé Dick Cheney) et Unocal (dont Hamid Karzai fut l'un des conseillers) ;
  • les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises sous-traitantes de l'armée (dont Halliburton) ;
  • les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et la famille Ben Laden (via James R. Bath, responsable de leurs investissements aux États-Unis et ami de George W. Bush, et le groupe Carlyle) ;
  • la décision de l'Irak de ne plus faire valoir son pétrole contre des devises en dollars, mais en euros (voir 1).

Certains suggèrent également que la guerre en Iraq peut étre considérée comme une guerre préventive contre la Chine réf. nécessaire dont l'ambition est compromise par sa faiblesse énergétique, les États-Unis voulant encercler la Chine par le contrôle de gisements pétroliers mais aussi par le biais d'évolutions démocratiques (Mongolie, Kirghizie, ...).

[modifier] Conflit diplomatique à l'ONU

Cette guerre fait suite à la mission de l'ONU en Irak qui avait en charge le désarmement de l'Irak (résolution 1441 (2002), votée à la demande des Américains et des Britanniques) le 8 novembre 2002. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas pu se mettre d'accord entre les partisans :

  • de la paix (France, Russie, Chine, Allemagne) pour qui tous les moyens pacifiques n'avaient pas encore été exploités, notamment donner encore du temps à la mission des inspecteurs ;
  • de la guerre (États-Unis, Royaume-Uni), pour qui l'Irak ne « jouait pas le jeu » et restait détenteur d'armes de destruction massive. En outre, les pays de la coalition estimaient qu'après 12 ans d'inspections et de nombreuses résolutions, l'ONU n'avait toujours pas réussi à déterminer la menace que pouvait représenter d'éventuelles armes de destruction massive irakiennes. L'expulsion d'inspecteurs onusiens en 1998 montraient aux yeux des néo-conservateurs américains l'impuissance de l'organisation internationale à se faire respecter.

Étant donné les réticences de la Chine et le fait que la France et la Russie menaçaient d'utiliser leur droit de veto pour empêcher une approbation à l'ONU de la guerre contre l'Irak, et la forte probabilité qu'une majorité du Conseil de sécurité refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni, ces derniers ont décidé d'attaquer l'Irak sans l'aval de l'ONU. Comme après la guerre du Kosovo, elle aussi illégale à ses débuts, en 1999, la guerre en Irak a été légalisée a posteriori et de facto par les résolutions suivant la guerre et organisant l'occupation du pays. Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations unies et l'ancien Secrétaire Général Boutros Boutros-Ghali ainsi que plusieurs gouvernements ont qualifié la guerre d'illégale.

[modifier] Forces de la coalition

Image:Coalition of the willing original.PNG

  • Le cas espagnol : Alors que le premier ministre espagnol Jose Maria Aznar (Partido Popular, droite espagnole) avait dans un premier temps engagé l'Espagne dans le conflit, les élections législatives espagnoles de 2004 lui ont fait perdre la majorité, au profit du PSOE de Jose Luis Zapatero, qui prit la décision, conformément à son programme, de retirer les troupes espagnols d'Irak. Quelques jours avant les élections, un attentat attitré à Al Qaida avait frappé Madrid. Jose Maria Aznar avait alors accusé l'organisation basque ETA d'être à l'origine des attentas, ce qui s'est révélé inexact. Cette erreur a fait perdre toute crédibilité au premier ministre, ce qui aurait, selon certains, entrainé la victoire de Jose Luis Zapatero.
  • L'engagement australien: Lors de l'invasion de l'Irak en mars 2003, l'Australie menée par le conservateur John Howard lance l'opération Bastille, en envoyant environ 2 000 hommes, trois navires de guerre et une quinzaine d'avions de chasse. Pendant la campagne électorale de l'automne 2004, l'opposition travailliste avait promis de ramener les soldats australiens au pays. La victoire du parti de John Howard aux élections législatives (octobre 2004), allié de George W. Bush, devrait prolonger le soutien à l'occupation américaine en Irak (environ 850 Australiens sur place).

En 2006, outre le Royaume-Uni, les seuls pays à ne pas avoir annoncé le retrait de leurs troupes sont la Géorgie, l’Azerbaïdjan, la Bulgarie et la Roumanie, tous candidats à l’entrée dans l’OTAN, et la Mongolie. Même des pays très dépendants militairement des États-Unis, comme le Japon et la Corée du Sud, ont retiré ou annoncé le retrait de leur forces terrestres mais continueront leur soutien logistique.

[modifier] Opposition à la guerre

Image:Searchtool.svg Voir l’article Manifestations globales contre la guerre en Irak.

Dans un très grand nombre de pays, d'importantes manifestations ont rassemblé la population voulant montrer son refus de l'intervention américano-britannique. Le mouvement a été particulièrement intense en Europe, où, selon les sondages, entre 70 et 90 % de la population était opposée à cette guerre. À Londres et à Barcelone et Madrid particulièrement, les importantes manifestations ont démontré la rupture entre les décisions des deux gouvernements, qui soutenaient la guerre, et la volonté des citoyens, qui étaient massivement contre.

[modifier] La guerre conventionnelle

[modifier] Déroulement et issue de la guerre

Image:Searchtool.svg Voir l’article Opération libération de l'Irak.

Image:Iraqi military men riding on tank.jpg Image:Damaged Iraqi BMP-2.jpgQuelques heures après la fin de l'ultimatum de 48h du président américain George W. Bush qui demandait au président irakien Saddam Hussein ainsi qu'à ses fils Oudaï et Qusay de quitter l'Irak, les États-Unis ont lancé des missiles sur Bagdad. L'Irak a répliqué en envoyant 6 missiles sur le Koweit, qui n'ont fait ni victimes ni dégâts, puisqu'ils ont été interceptés par les systèmes antimissiles Patriot.

La stratégie de la coalition a consisté, d'abord, en des bombardements ciblés et répétés de la capitale irakienne et autres villes importantes, visant à la fois à terroriser les Irakiens, l'espoir de la coalition étant de voir des désertions massives dans l'armée irakienne ou un soulèvement de la population irakienne, et à détruire les systèmes de défenses du pays. Les bâtiments les plus bombardés ont été les édifices du parti Baas ainsi que les installations militaires et de communications irakiens.

Parallèlement aux bombardements, 3 divisions de l'US Army, une de l'US Marine Corps et une division blindé de la British Army comptant 100 000 hommes de troupe et des milliers de blindés sous le commandement de l'United States Central Command stationnés au Koweït sont entrés dans le pays essentiellement par la frontière sud et affrontés les 17 divisions de l'armée Irakienne et les diverses milices tels les fedayins de Saddam.

Image:Bradley Series 5.jpgDes combats ont été menés pendant plusieurs jours dans les villes de Oum Qasr et de Bassorah, la résistance des Irakiens dans les villes étant plus forte que ce que l'état-major de la Coalition n'avait escompté. L'infanterie américaine a ensuite cherché à contourner les villes dans sa marche vers Bagdad. L'objectif était d'atteindre le plus rapidement possible le point central du régime en espérant qu'une chute de la capitale entraînerait la reddition des foyers de résistance partout ailleurs.

Après environ trois semaines de combat, l'armée américaine a pénétré dans Bagdad, menant des attaques contre des bâtiments symboliques du gouvernement irakien alors que le le premier plan du Pentagone prévoyait de parvenir à 80 km de la capitale après seulement 47 jours. L'armée américaine a pris le contrôle de la capitale avec une série de raids blindés qui ont bousculé une faible résistance mal organisée de groupes paramilitaires, l'armée régulière Irakienne n'ayant, sauf exceptions, pris aucune initiative.

Le régime de Saddam Hussein est tombé dans les jours suivants. Les dernières poches de résistance armée n'ont alors pas tardé à tomber.

Image:Saddamcapture.jpgLes troupes de la coalition ont ensuite cherché les hauts responsables du gouvernement irakien (réunis symboliquement dans un jeu de cartes). Si certains ont pu être capturés rapidement, une partie importante des dignitaires irakiens est demeurée longtemps introuvable, en particulier les deux fils de Saddam Hussein, Udaï et Qusaï (tués tous deux le 22 juillet 2003). En février 2005, sur les 55 plus hauts dignitaires de l'ancien régime, seuls 11 étaient encore en fuite.

Saddam Hussein a quant à lui été capturé dans une cave par l'armée américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003, avec l'aide des Kurdes.

[modifier] Médiatisation

Une des grandes première de cette guerre a été sa très grande médiatisation. Certains journalistes étaient présents aux premières lignes, aux côtés des troupes de la Coalition, ou dans des zones potentiellement dangereuses. Des images du front étaient diffusées vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Seuls les journalistes embarqués avaient directement accès au front : leur neutralité a été mise en cause pour des raisons psychologiques. De plus, les armements modernes permettant des attaques distantes ne permettaient pas de voir les combats. Ainsi, malgré une forte médiatisation, les « dommages collatéraux » ne sont pas bien évalués.

Une partie importante de la presse internationale était rassemblée au plein cœur de Bagdad, dans l'hôtel Palestine, qui fut d'ailleurs l'objet de certains tirs américains. Plusieurs journalistes ont d'ailleurs été tués par les forces américaines pendant le conflit.

Par exemple, la libération médiatisée d'une militaire (Jessica Lynch) d'un hôpital irakien, où elle était soignée après sa capture lors d'une embuscade, filmée par des caméras à vision nocturne est également sujet à caution. Plusieurs témoins parlent d'une mise en scène avec tirs à blanc (voir lien en bas de page). Plusieurs Irakiens avaient indiqué aux forces de la coalition où elle se trouvait et comment la libérer. La mission de secours des forces spéciales était donc des plus classiques, car bien peu de geôliers ont répliqué.

La fin de l'opération de guerre conventionnelle fut savamment orchestrée lors d'un discours du président prononcé le 1er mai 2003 sur le pont d'un porte-avions nucléaire sur lequel on pouvait lire la bannière Mission accomplie ; le président américain le prononça sur un ton victorieux après avoir atterri d'un Lockheed S-3 Viking.

[modifier] Polémique à propos des armes de destruction massive

[modifier] Informations d'avant guerre

Richard Butler, le chef des inspecteurs de l'ONU en Iraq a publié un livre en 2000, intitulé "La plus grande des menaces : les ADM de l'Irak et la crise pour la sécurité globale". Dans ses pages, il explique que les inspecteurs ont découvert en 1998 que l'Iraq produisait du gaz VX. L'Iraq avait démenti, puis admis en avoir produit seulement 200 litres, puis 3900 litres mais sans être en mesure de les utiliser comme armes.

En 2002, les inspecteurs de l'ONU ont résumé ce qu'ils avaient trouvé en Iraq, dans un rapport écrit par l'analyste Kenneth Katzman. Entre 1991 et 1994, les inspecteurs ont découvert quarante laboratoires secrets de recherche nucléaire ainsi que trois programmes clandestin d'enrichissement d'uranium.

Hans Blix, le 27 janvier 2003, a affirmé dans son rapport que les inspecteurs de l'ONU avaient découvert, fin 2002, que l'Irak de Saddam Hussein produisait du gaz VX ainsi qu'un gaz proche du gaz moutarde, le thiodiglycol ainsi des missiles balistiques. Certains de ces missiles Al-Hussein (dérivé du Scud) ont été détruits devant les médias quelques semaines avant l'invasion.

[modifier] La situation d'aprés guerre

Actuellement, aux États-Unis et au Royaume-Uni, plusieurs enquêtes sont en cours afin de déterminer les responsabilités à propos de fausses informations et les rapports d'avant-guerre exagérés sur la présence d'armes de destruction massive en Iraq, raison qu'avaient invoquée les États-Unis et le Royaume-Uni pour justifier leur intervention armée. La CIA est mise en cause. Des équipes de la CIA ont été envoyées en Iraq pour trouver des preuves, après plus de deux mois de recherches infructueuses.

Différentes commissions s'ouvrent courant juillet 2003, au Royaume-Uni et aux États-Unis à propos des faux documents sur la présence d'armes de destruction massive, soumis par ces gouvernements à leur population.

Le 22 janvier 2004, Dick Cheney, vice-président américain, réaffirme que le régime de Saddam Hussein est lié au réseau terroriste Al-Qaida. Il maintient également que l'Irak possède toujours des programmes d'armes de destruction massive, et que Saddam Hussein avait l'intention de développer des armes de destruction massive, bien que peu de preuves aient été découvertes après plus de 6 mois de présence sur le territoire Iraquien par l'armée américaine et ses alliés.

Le 23 janvier 2004, David Kay, chargé de la recherche des armes de destruction massive en Iraq par le gouvernement des États-Unis, démissionne et proclame qu'il n'y a pas eu d'armes de destruction massive produites depuis la fin de la première Guerre du Golfe tout en ne condamnant pas l'intervention militaire. George Tenet, directeur de la CIA nomme un remplaçant, Charles Duelfer. Colin Powell confirme également qu'il y a peu de chance pour qu'il y ait eu des armes de destruction massive en Iraq. Peu avant cette démission, le premier ministre britannique Tony Blair confirmait sa conviction de la présence d'ADM en Iraq devant des journalistes.

Le 6 octobre 2004, Charles Duelfer rend un rapport public dans lequel il affirme que le régime de Saddam Hussein ne possédait pas d'armes de destruction massive et n'en avait pas fabriqué depuis 1991, et surtout qu'il ne disposait pas non plus de la capacité d'en produire. Le rapport crée un scandale international en mentionnant le nom de personnalités soupçonnées d'avoir bénéficié de fonds occultes du régime de Saddam Hussein, notamment l'homme politique français Charles Pasqua.

Le 12 janvier 2005, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, annonce la fin de la mission américaine de recherche d'armes de destruction massive en Iraq sans avoir trouvé trace des armes prohibées.

Le chef inspecteur de l'ISG, la mission, Charles Duelfer, témoigne que "l'on ne peut pas écarter la possibilité que les ADM aient été transférées en Syrie. Il cite "un nombre conséquent de preuves crédibles".

L'ISG affirme que ce gaz fait partie des quatre-vingt tonnes de gaz moutarde qui ont disparu des entrepôts irakiens.

Il faut préciser qu'environ 500 munitions chimique datant d'avant 1991 mais non classés ADM ont été découvertes dans le pays ainsi que plusieurs tonnes de divers produit chimiques.

Le général George Sada, deuxième adjoint des forces aériennes iraquiennes sous la présidence de Saddam Hussein, a écrit un livre, Saddam's secrets, où il explique qu'il a recueilli les témoignages de pilotes de Boeing 747 qui ont utilisé leurs avions pour transporter des ADM en Syrie, en février 2003. Une colonne de camions a fait également le trajet, avec le matériel le moins lourd. La CIA a effectivement des images satellites montrant des colonnes de camions iraquiens traversant la frontière, à la même période.

[modifier] Occupation de l'Irak et guérilla

[modifier] Occupation de l'Irak

Image:Searchtool.svg Voir les articles Attentats après l'invasion de l'Irak et Guérilla irakienne.

Après leur victoire, les troupes de la coalition ont cherché à stabiliser la situation en Irak en installant un gouvernement militaire provisoire, l'autorité provisoire de la coalition. Néanmoins, la population est massivement hostile aux troupes de la coalition et des conflits surviennent. En outre, la majorité des villes se trouvent dans une situation difficile : pillages, affrontements, règlements de compte...

En avril 2003, l'ancien chef du Commandement central américain, le général Tommy Franks, décide de suspendre la peine de mort en Irak.

Le 22 mai 2003, la résolution 1483 voté par la conseil de sécurité des Nations-Unis demande aux puissances occupantes de travailler à la formation d'une administration provisoire « jusqu'à ce qu'un gouvernement internationalement reconnu et représentatif puisse être établi par le peuple irakien ».

Le 23 mai 2003, l'administrateur américain en Irak, Paul Bremer, a annoncé la dissolution de l'armée irakienne et d'autres organismes de sécurité de Saddam Hussein, ce qui sera considéré par la suite comme l'un des plus graves erreurs de celui-ci.

Le 31 mai 2003, les États-Unis annoncent qu'ils occuperaient militairement l'Irak plus longtemps que ce qui avait été annoncé auparavant.

Au cours du mois de juin 2003, l'armée américaine, qui subit de nombreuses attaques de la part de la rébellion civile irakienne et de groupes terroristes, lance une opération nommée Scorpion du désert, essayant de prendre le contrôle du pays.

Les États-Unis demandent à la population civile de leur livrer quelque 5 millions d'armes qui leur auraient été confiées par le régime de Saddam Hussein et les menacent d'emprisonnement dans le cas d'un refus. Seules quelques milliers d'armes leur sont livrées.

Le 17 juin 2003, un groupe jusqu'alors inconnu, les Brigades de résistance irakiennes, revendique les attaques contre l'armée d'occupation américaine. Ce groupe se déclare indépendant de l'ancien président Saddam Hussein, non islamiste, et affirme être un « groupe de jeunes Irakiens et d'Arabes qui croient en l'unité, en la liberté et en l'arabité de l'Irak ». Par la suite, de nombreux groupes de rébellion apparaissent. On pense qu'ils recrutent de nombreux partisans chez les membres des anciennes forces militaires et para-militaires du régime baassiste, les États-Unis ayant été longs à envisager de les recruter afin de maintenir l'ordre.

Courant juillet 2003, les États-Unis demandent à plusieurs pays et à l'ONU de les aider dans le contrôle du pays par l'envoi de troupes armées, mais ces derniers refusent, ne voulant pas cautionner l'invasion jugée illégale de l'Irak.

Le 23 juillet 2003, cent jours après la fin déclarée par l'occupant, de la guerre, Amnesty International publie un article, exposant que les droits de l'homme ne sont toujours pas respectés par l'armée américaine en Irak (tortures, assassinats, détentions dans de mauvaises conditions de prisonniers, même innocentés) : voir cette page web

Le 25 juillet 2003, Sayyed Moqtada Al-Sadr, dignitaire chiite considéré comme influent, demande à Najaf, le retrait des forces d'occupation américaines, devant une foule de cent mille fidèles.

Le 19 août 2003, un attentat au camion piégé détruit le siège des Nations Unies à Bagdad faisant 22 morts donts le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Irak, le Brésilien Sergio Vieira de Mello. Cette attaque marque le début d'un cycle de violences continue dans le pays.

Le 14 décembre 2003, Saddam Hussein, est arrêté par l'armée américaine. On le voit fatigué, avec une longue barbe. Il est transféré dans un endroit tenu secret pour des interrogatoires. Mais son arrestation, bien qu'étant un succès pour les forces des États-Unis, ne décourage pas la rébellion armée.

Fin janvier 2004 en Irak, des attentats quasi quotidiens frappent toujours les forces militaires d'occupation et les civils travaillant pour eux.

Courant janvier et février 2004 les attaques aux engins piégés des points de recrutement de la police et de l'armée iraquienne se multiplient. Certains analystes pensent que des rebelles veulent ainsi empêcher toute aide aux forces d'occupation étrangère de la part de leur concitoyens.

le 15 février 2004, Un ensemble de pays voisins de l'Irak (Syrie, Iran, Koweït, Arabie saoudite, Jordanie, Égypte et Turquie), après une réunion à Koweit, demandent solennellement, le retrait de la coalition des forces d'occupation et l'aide de l'ONU, pour rendre le pays à ses habitants. Image:BushBlairIraqSov.jpg le 8 juin 2004, après d'âpres discussions, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU est adoptée sur les conditions du transfert de souveraineté à l'Irak, prévue le 30 juin. Le gouvernement intérimaire doit préparer des élections, prévues début 2005. La résolution stipule qu'il pourra demander le départ de la coalition, mais celle-ci peut toujours intervenir à chaque fois qu'elle l'estime nécessaire.

Le 28 juin 2004, Paul Bremer, administrateur d'occupation, transmet la souveraineté au gouvernement intérimaire irakien, deux jours avant la date prévue, afin d'éviter les attentats. Le gouvernement intérimaire obtient le contrôle économique du pétrole mais pas celui des dix-huit milliards de dollars d'aide américaine.

Le 25 mai 2006, George W. Bush et Tony Blair reconnaissent leurs erreurs en Irak. Le président américain a notamment déclaré que ses propos avaient «envoyé de mauvais signaux», que «les choses ne se sont pas déroulées comme nous l'avions espéré» et que «la plus grosse erreur, du moins en ce qui concerne l'implication de notre pays, c'est Abou Ghraïb»<ref>Jean-Louis Turlin, « Bavures en Irak : le mea culpa de George Bush et de Tony Blair » dans Le Figaro du 27/05/2006 [lire en ligne]</ref>.

[modifier] Prises d'otages par des groupes armés (été 2004)

Durant l’été 2004, les enlèvements se multiplient en Irak, créant un climat d’insécurité pour tous, ressortissants des pays membres de la coalition ou non. Les ravisseurs appartiennent à la guérilla (mouqawama, la « résistance » irakienne) menée par d’anciens baasistes des services de Saddam Hussein, des djihadistes étrangers, des islamistes et des salafistes

Le 20 août 2004, deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, sont enlevés au sud de Baghdad par un groupe inconnu,l’Armée islamique en Irak. Une campagne internationale réclame leur libération : les représentants des musulmans de France, le comité des oulémas musulmans (sunnites) et Yasser Arafat demandent la libération des deux journalistes français. Une manifestation de soutien a lieu le 30 août à Paris. Des dizaines de personnes manifestent le 15 septembre 2004 dans les rues de la capitale irakienne pour exiger la libération des deux otages français. Les ravisseurs réclament l’abrogation de la loi sur les signes religieux à l'école qualifiée d’« injustice et d'agression contre l'islam et la liberté personnelle dans le pays de la liberté présumée ». Le groupe revendique l'assassinat de plusieurs otages, notamment celui du journaliste italien Enzo Baldoni, et a même obtenu le retrait d'Irak des troupes philippines en échange de la libération d'un camionneur. L’organisation publie un communiqué sur Internet le 14 septembre 2004, qui reproche à la France d’être l’ennemie des musulmans; d’être intervenue en Algérie au moment des élections de 1992; d’opprimer les musulmans en Afrique; de soutenir Israël; de s'opposer au voile islamique; et enfin d’avoir affamé le peuple irakien avec l’embargo des années 1990.

Le 15 septembre 2004, l'armée américaine relâche 275 détenus de la prison d'Abou Ghraib.

[modifier] Opérations récentes

La résistance ne désarmant pas, les troupes de la coalition entament des opérations dont l'envergure est de plus en plus grande. Au mois d'août 2004, la ville sainte de Najaf est l'enjeu d'un siège et de combats urbains, dont l'épicentre est le mausolée d'Ali, et les trésors (livres rares, bijoux, objets d'orfèvrerie, pierreries) qu'il renferme. Les clefs du trésor qui étaient en effet détenues par la famille Al-Rufaïe depuis plusieurs siècles auraient été subtilisées par Moqtada al-Sadr, dont les milices luttérent contre les forces de la coalition autour du mausolée.

Les succès de la « résistance » sont visibles dans les quantités de pétrole exportées, qui n'avaient jamais été aussi basses depuis plusieurs décennies. En janvier 2006 est créé le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak.

[modifier] Bilans de la guerre

[modifier] Pertes de la Coalition

Plus de 2800 soldats américains (bilan en novembre 2006), 125 soldats britanniques et autant de soldats de pays alliés ont trouvé la mort en Iraq depuis le 20 mars 2003, pour un total d'environ 3000 soldats alliés décédés alors que le 1er mai 2003 George Bush avait proclamé la fin des « opérations de combat majeures ». Cela en fait la guerre la plus meurtrière pour les États-Unis depuis la guerre du Viêt Nam. En moyenne depuis mars 2003, 2,3 soldats américains perdent la vie chaque jour sur le terrain irakien (a titre de comparaison : 20 par jour durant la guerre du Viet Nam, 10 par jour dans les rangs de l'armée française durant la guerre d'Algérie).


En mi-2006, 135 000 hommes soit 17 brigades dont 6 de de la garde nationale des États-Unis sont déployés, seuls 50 000 sont réellement opérationnels dans l'ensemble de l'Iraq, le reste s'occupant de la logistique.

Selon le magazine raid<ref>Le matériel américain paie le prix cher en Irak, Jean-Dominique Merchet, Libération , 3 mai 2006</ref>, en mai 2006, on dénombrait dans l'armée états-unienne :

  • 2400 morts et 17 469 blessés, dont 8 137 assez ou sérieusement blessés étant affligés de handicaps permanents, soit un total d’environ 20 000 soldats mis hors de combat, environ 12 % des effectifs engagés ; — A noter qu'avec les rotations, au total, plus d'un demi-million de militaires américains on fait un tour de service en Iraq ;
  • 104 hélicoptères perdus, dont 14 CH-47 Chinook et 27 AH-64 Apache (plus de 50 milllions de dollar l'unité), et 118 hélicoptères endommagés ;
  • sur 30 000 véhicules terrestres, près de 1 400 ont été détruits, dont 49 chars Abrams M-1 (142 endommagés) et 450 véhicules légers Hummer (430 endommagés).

Les pertes matérielles sont dues aux faits de guerre et accidents, mais aussi aux conditions d'utilisation (poussière, chaleur). On estime que la maintenance des hélicoptères a représenté, depuis le début des opérations d'Afghanistan en 2001, 2,6 milliard de dollars, et la maintenance gobale pour 2006 est évaluée à 20 millions d'heures de travail.

[modifier] Bilan humain pour les Irakiens

Le nombre d'Irakiens victimes des violences est inconnu, mais des estimations parlent de plus de 43 000 morts selon l'Iraq Body Count. Georges Bush a estimé le nombre de morts à 30 000.

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estime le nombre de morts iraquiens imputables à la guerre à 655 000 <ref>Study estimates 655 000 excess Iraqi deaths since start of war, The Lancet, 13 octobre 2006 [1]</ref>. Comparant les taux de mortalité dans les foyers de 1 982 individus en 2006 (certificats de décès à l'appui) des chiffres officiels de 2003, l'étude montre que la mortalité aurait doublée pendant la guerre, passant de 5,5 à 13,3 pour mille ; cette étude est trés fortement critiqué, méme par les sites anti-guerre<ref>http://www.iraqbodycount.org/press/pr14.php</ref>.


[modifier] Coût financier

Le coût financier de la guerre en Irak peut en partie être calculé à partir des mesures budgétaires votées par le Congrès des États-Unis en sus des budgets de fonctionnement. Le Département de la Défense est aussi autorisé à utiliser ce budget de fonctionnement pour financer la guerre.

De nombreuses associations américaines, pour la plupart hostile à la guerre, suivent de près l'évolution des surcoûts liés à la guerre. Leurs estimations tournent autour de 350 milliards de dollars et intègrent aussi des frais indirects (pensions, indemnités...) [2]

Dans son discours [3] devant la Chambre des Représentants des États-Unis le Sénateur Honoraire du Massachusetts, James P. Mc Govern, estime le coût de la guerre à 246 millions de dollars par jour. Il rappelle que les dépenses directes (qui ne représentent pas l'ensemble des coûts) se sont montées à :

  • 2004 : 77,3 milliards de dollars
  • 2005 : 87,3 milliards de dollars
  • 2006 : 100,4 milliards de dollars

Il identifie deux scénarios pour l'avenir:

  • Une décision de retrait immédiate (d'Irak et d'Afghanistan) couterait 371 milliards de dollars.
  • La prolongation de quatre ans des opérations entraînerait un coût de 1000 milliards de dollars.

Pour compléter ce constat, Linda Bilmes et Joseph Eugene Stiglitz (Prix Nobel d'économie en 2001,) deux chercheurs de Harvard et Columbia, ont réactualisé une étude sur les coûts à venir de la guerre en Irak. Ils identifient désormais un impact global de 2 267 milliards de dollars.

Les coûts budgétaires (en dollars) qu'ils identifient se décomposent ainsi:

  • 336 milliards déjà dépensés.
  • 389 milliards de frais de fonctionnement pour les opérations futures
  • 127 milliards pour les indemnités et pensions des anciens combattants
  • 160 milliards pour la démobilisation et le repositionnement de la défense

Les coûts économiques se décomposent selon les auteurs de la façon suivante:

  • 355 milliards de manque à gagner pour l'économie liés aux décès, invalidités, différentiels de coûts des achats liés à la guerre...
  • 300 milliards liés au prix du pétrole sous forme de transferts vers les pays producteurs.
  • 150 milliards liés à une moindre performance économique liée aux même prix élevés.
  • 450 milliards découlant de l'affectation des budgets à la guerre plutôt qu'à des dépenses productives ou à la réduction du déficit.

[modifier] Conséquences

Image:Searchtool.svg Voir l’article Impacts constatés après l'invasion de l'Irak.

[modifier] Évolution de l'opinion américaine

Image:Washington March15 2003-02.jpg

En juin 2005, l'opinion publique américaine semble être en désaccord avec la politique des États-Unis en Irak : d'après une enquête publiée le 27 juin 2005 par ABC/Washington Post, une majorité d'Américains désapprouvent la gestion de la situation en Irak. Plus d'un Américain sur deux pense que George W. Bush a "intentionnellement trompé" l'opinion américaine sur les raisons d'engager cette guerre.

  • 57 % d'entre eux estiment que l'administration Bush a exagéré la menace des armes de destruction massive.
  • En somme, 53 % des personnes interrogées jugent que le conflit n'en valait pas la peine.
  • Cependant, toujours selon le même sondage, 58 % estiment que les soldats américains doivent demeurer en Irak pour rétablir l'ordre.
  • seuls 41 % exigent le retrait de ces troupes. (source : Le Monde et AFP, 28 juin 2005).

Le 24 septembre 2005, plusieurs dizaines de milliers de manifestants s'étaient rassemblés à Washington D.C. pour protester contre l'engagement américain en Irak. Dans ce contexte difficile (ouragan Katrina) pour George W. Bush, un sondage Gallup montrait que 63 % des Américains voulaient le retour des soldats dans leur pays.

Un mois plus tard, le Wall Street Journal révèle les résultats d'un sondage encore plus défavorable à l'intervention américaine : 53 % des Américains pensent que la guerre en Irak était "une erreur", contre seulement 34 % qui estiment qu'elle était justifiée.

Un nouveau sondage commandé par CNN au début du mois d'août 2006 montre que les partisans de la guerre sont très minoritaires : 36% approuvent encore le conflit en Irak alors que 60% le rejettent<ref>« 60% des Américains opposés à la guerre  » dans Le Nouvel Obs du 09/08/2006, [lire en ligne]</ref>.

[modifier] L'après-guerre

Image:Searchtool.svg Voir l’article Attentats après l'invasion de l'Irak.

Pour l'IFRI, 1, « la cause religieuse l'emporte sur la cause nationale. »

La capture de Saddam Hussein par l'armée des États-Unis, aurait cependant, pour certains observateurs sur place, permis à une plus large part de la population de ne pas avoir peur de représailles et de rentrer dans les rangs de la résistance. Résistance historique de gauche qui avait permis la décolonisation britannique, ou bien plus religieuse de modérée (l'occidental qui ne respecte pas les musulmans) à extrêmiste (l'étranger incroyant est le mal).

D'après Robert Fisk [4], en octobre 2005, l'armée américaine a complètement perdu le contrôle de la situation. Des rebelles en armes se promènent dans Bagdad au grand jour à 200 mètres de la zone verte.

En octobre 2006, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) rédige le « document de La Mecque ». Signé par des dignitaires irakiens chiites et sunnites, le texte lance un appel à la fin des violences interconfessionnelles, à la libération de tous les otages et à la préservation de l’unité de l'Irak<ref>« Chiites et sunnites unis contre les violences », dans Le Figaro du 21/10/2006, [lire en ligne]</ref>.

[modifier] Notes

<references />

[modifier] Voir aussi

[modifier] Exemples de scènes de guerre (vidéos)

Image:FilmRoll-small.png Combattants irakiens abattus par hélicoptère américain (info)
Vidéo d'une scène nocturne d'échange d'armes entre combattants irakiens, vue par des soldats américains depuis un hélicoptère Apache, avec les commentaires et hésitations de ceux-ci sur la décision de tir
Un problème pour lire la vidéo ? Voir l'aide.



[modifier] Articles connexes

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[modifier] Lien interne

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

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bg:Война в Ирак (2003)

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