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Guerre franco-allemande de 1870

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Guerre franco-allemande de 1870
Image:Siège de Paris.jpg
Le siège de Paris
Jean-Louis-Ernest Meissonier (1815 - 1891)
Informations générales
Date 19 juillet 1870 au
10 mai 1871
Lieu France et Allemagne
Casus belli Dépêche d'Ems
Issue Victoire allemande
Belligérants
Image:Flag of France.svg France
500 000 hommes
Image:Flag of the German Empire.svg Allemagne
550 000 hommes
Commandants
Napoléon III
puis Gambetta
von Moltke
Batailles
WissembourgSpicherenWœrthBorny-ColombeyStrasbourgMars-La-TourGravelotteMetzBeaumontNoisevilleSedanBellevueCoulmiersAmiensBeaune-La-RolandeHallueBapaumeLe MansLisaineSt. QuentinParisBelfort

La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 10 mai 1871) opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui n'était alors qu'une fédération d'États quasi-indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français.

Sommaire

[modifier] La fébrilité de la France exploitée

La candidature le 21 juin 1870 du prince allemand Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, vacant depuis la révolution de septembre 1868 est l'élément déclencheur de la guerre. Le 6 juillet le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères annonce que la France s'oppose à cette candidature. Le 12 juillet Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen retire sa candidature, ce qui est annoncé par son père le prince Antoine. Le 13 juillet, alors que la France lui demande, par l'intermédiaire de son ambassadeur Benedetti envoyé auprès de lui dans la ville d'eaux d'Ems, de garantir le retrait de Léopold, le roi Guillaume de Prusse, agacé, fait confirmer la renonciation du prince, en ajoutant qu'il « n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur ».

Cependant son télégramme (la dépêche d'Ems) relatant son entretien avec l'ambassadeur de France est réécrit par le premier ministre de Prusse Bismarck (même si Léopold s'est bien retiré), pour laisser croire à un congédiement humiliant de l'ambassadeur de manière à provoquer l'indignation des Français. Le premier ministre cherche en effet à abaisser une France arrogante, dont la position diplomatique est un obstacle pour souder les États allemands et ouvrir la voie à l'unité allemande. Or, après le succès de la Bataille de Sadowa lors de la guerre austro-prussienne, embarrasser la diplomatie française, plus qu'une nouvelle guerre victorieuse, lui apparait comme le moyen le plus efficace d'atteindre son but. Même s'il ne cherche pas forcément la guerre, le premier ministre Bismarck est bien informé des réalités de l'armée française, vieillissante non préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique, soldats mal équipés, mauvais positionnement des dispositifs, aucun chef de valeur. Il sait en conséquence qu'une guerre pourrait servir les objectifs allemands de la Prusse.

La presse parisienne dénonce l'affront. La mobilisation, arrêtée secrètement le 13 juillet, est signée le 14. Le 15, elle est approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d'Adolphe Thiers, le Corps législatif français vote aussi les crédits de guerre. Le 16 juillet, le maréchal Bazaine est placé à la tête du 3e corps de l'Armée du Rhin. Il reçoit autorité sur les armées des généraux Frossard et Ladmirault ainsi que sur la Garde impériale.

Le général Chabaud-Latour est chargé des travaux de défense de la capitale. Des travaux sont entrepris au Mont Valérien, aux forts de Montrouge, de Bicêtre, d'Ivry, de Vanves, d'Issy, puis le 3 août aux forts de l'Est, et à Saint-Denis plus d'une vingtaine de redoutes sont construites. Le 17 juillet lors d'un rassemblement populaire d'étudiants et d'ouvriers à la Bastille, Émile Ollivier poussé par l'opinion publique, déclare la guerre à la Prusse (déclaration notifiée deux jours plus tard). Le 19 juillet Émile Ollivier déclare, devant le Corps législatif, accepter la guerre « d'un cœur léger ». Les États allemands prennent alors parti pour la Prusse qui parait agressée. Napoléon III, pacifiste mais malade, laisse faire. Le 19 juillet la France déclare la guerre à la Prusse. Cette décision provoque un rassemblement enthousiaste des Parisiens devant le palais des Tuileries. Peu se rendent compte que l'armée française est mal préparée à cette guerre.

[modifier] Armements et troupes

[modifier] Fusils

Le chassepot français, avec une munition de 11 mm, a une portée d'un kilomètre nettement supérieure au Dreyse allemand, avec une munition de 15 mm.

Mais la France a la mauvaise idée d'acheter les munitions à la manufacture belge d'Herstal en omettant le simple fait que le Kronprinz était l'actionnaire principal de cette manufacture belge. Les commandes de munitions n'arrivèrent pas à temps à Sedan. Sans munitions, Napoléon III se rend pour éviter un carnage désespéré. La Manufacture d'Herstal explique par courrier cette défaillance de livraison du fait de la désorganisation qui régne sur les routes à cette époque et les chariots empêtrés… La Manufacture d'Herstal présente sa facture qui est réglée par la IIIe République.

[modifier] Canons

Le Krupp allemand en acier se charge par la culasse tandis que son homologue français De La Hitte est en bronze et se charge par la gueule.

Ces avantages sont cependant limités par la qualité du métal. La supériorité allemande vient plutôt de l'utilisation d'obus percutant plutôt que fusant.

[modifier] Troupes

Au début du conflit la France dispose de 265 000 soldats réunit dans l'Armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens auxquels s'ajoutent les forces de quatre États allemands du sud, soit un total de 800 000 soldats.

[modifier] Bref rappel des faits

[modifier] Une victoire sans appel de l'Allemagne

Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils font cependant quelque fois preuve de panache, le plus souvent absurde jusqu'au suicidaire, notamment lors de la bataille de Reichshoffen. Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur français Napoléon III est fait prisonnier avec 100 000 soldats. Cela entraîne deux jours plus tard une révolution sans violence à Paris et la création d'un gouvernement de défense nationale. Une nouvelle défaite écrasante française a lieu à Metz, où le maréchal Bazaine se rend avec 180 000 soldats le 27 octobre. Un armistice est signé le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation de Guillaume comme empereur allemand à Versailles. La stratégie de Bismarck est une réussite.

[modifier] Les pertes humaines

Cette guerre fait 47 000 morts dans les rangs de l'armée allemande soit 14% des effectifs, (dont la moitié de maladie), 128 000 blessés et 100 000 malades.

Elle coûte à la France 139 000 morts (au combat ou de maladie), 143 000 blessés et 320 000 malades. Ces chiffres comprennent aussi les civils touchés par les bombardements et la famine.

[modifier] L'insurrection de la Commune

Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite, critiquant le gouvernement conservateur pour n'avoir pas su organiser une résistance nationale efficace, et prennent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris. Avec l'accord tacite des Prussiens, celle-ci est combattue puis écrasée lors de la « semaine sanglante » (21-28 mai) par le gouvernement d'Adolphe Thiers réfugié à Versailles.

[modifier] Un traité de paix, considéré comme humiliant par la France

Le traité de paix préliminaire franco-allemand, signé à Versailles le 26 février, est confirmé par le traité de Francfort (10 mai 1871). La France doit rendre à l'Allemagne les pays annexés par Louis XIV en 1681 : les quatre anciens départements de l'Alsace-Moselle (Haut-Rhin sauf Belfort, Bas-Rhin, une très grosse partie du département de la Moselle, une grosse partie du département de la Meurthe et une toute petite partie du département des Vosges) (qui constituent jusqu'en 1919 la province allemande d'Alsace-Lorraine) et payer une indemnité de guerre de 5 000 millions de francs. Les troupes allemandes occupent une partie de la France jusqu'à ce que le total des indemnités soit versé en septembre 1873. L'annexion concerne l'Alsace et le territoire de Belfort, mais étant donné la bravoure des troupes allemandes lors de la bataille de Gravelotte, c'est l'Alsace et une partie de la Lorraine.

[modifier] Conséquences de la guerre : naissance du IIe Reich allemand et de la IIIe République française

Alors que la guerre unit tout l'Empire allemand sous la couronne prussienne, la France devient une république (février 1875) où la mémoire de la Commune divise longtemps la droite et la gauche. Une conséquence indirecte de la guerre est que les États pontificaux, qui ne sont plus sous protection française, sont annexés (le 20 septembre 1870) par l'Italie, complétant l'unification du pays.

La conséquence immédiate de cette guerre est l'avènement de l'Allemagne bismarckienne qui va dominer seule l'Europe continentale pendant près de trente ans. La France évincée est diplomatiquement isolée. Mais en animant plus que jamais les nationalismes, reste en France le sentiment d'une revanche à prendre qui s'amplifie jusqu'en 1914 et atteint ses ultimes et dramatiques conséquences (Première Guerre mondiale).

[modifier] Orientations bibliographiques

  • Guillemin Henri, Cette curieuse guerre de 70 : Thiers, Trochu, Bazaine, Gallimard, Collection La suite des Temps, 1956, 266 pages.
  • Guillemin Henri, L'héroïque défense de Paris (1870 - 1871), Gallimard, Collection La suite des Temps, 1959, 422 pages.
  • Guillemin Henri, La capitulation (1871), Gallimard, Collection La suite des Temps, 1960, 410 pages.
  • ROTH (François), La guerre de 1870, Fayard, 1990
  • La Débâcle de Emile Zola
  • 1870 La perte de l'Alsace Lorraine de Roland Hoyndorf et Willy Schneider

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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