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Grande école

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Sciences en France
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Grandes écoles
Grands établissements
EPST (CNRS, Inserm,...)
EPIC (CEA, CNES,...)

L'expression grande école désigne en premier lieu les établissements d'enseignement supérieur français recrutant majoritairement sur concours parmi les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles. Par extension, le terme est également associé à un petit nombre d'établissements de formation des hauts fonctionnaires français recrutant sur concours parmi les titulaires de la maîtrise ou d'un diplôme considéré comme equivalent. Enfin, de manière plus récente, le terme peut être associé à certains établissements d'enseignement supérieurs recrutant sur dossier ou concours directement, ou indirectement via des classes dites "préparatoires intégrées", au niveau du baccalauréat et délivrant un diplôme après généralement cinq années d'études postérieures au baccalauréat.

Le système français d'enseignement supérieur formé par les classes préparatoires et les grandes écoles et sanctionné par un diplôme d'établissement demeura pendant très longtemps complétement déconnecté du système des grades universitaires nationaux. Ce n'est qu'en 1999, à l'occasion de la création du grade de master, que l'ensemble des titulaires d'un diplôme d'ingénieur, ou d'un diplôme de fin d'études d'un IEP et de certaines écoles de commerce se sont vus reconnaitre le droit de recevoir un grade universitaire par l'Etat.

Sommaire

[modifier] Origines

L'expression « grandes écoles » est apparue en France à partir de la Révolution, en 1794réf. nécessaire, date à laquelle l'École polytechnique fut créée par Gaspard Monge, mathématicien, et Lazare Carnot. En fait, le modèle en fut probablement l'école du génie de Mézières, école militaire dont Gaspard Monge était issu. Il est à noter que certaines écoles entrant dans la catégorie sont plus anciennes que leur appellation. On peut citer par exemple l'Ecole des Ponts et Chaussées et celle des Arts et Métiers fondées au cours du XVIIIe siècle.

La France présente ainsi un système original, unique en Europe et dans le monde, dans la mesure où coexistent les Grandes Écoles et les universités. Les grandes écoles diffusent des enseignements dans les domaines des sciences de l'ingénieur, du commerce, de l'agronomie, de l'administration,… (voir ci-dessous) tandis que l'université conserve, de manière exclusive, la médecine, le droit,...

[modifier] Histoire

Ébauche

[modifier] Avant la Révolution française

Création des premiers concours scientifiques pour l'entrée dans les corps techniques militaires (Génie, Artillerie, Marine). Création d'écoles de formation des officiers techniques et des ingénieurs de l'État. (École royale des ponts et chaussées 1747, École royale du génie de Mézières 1748, École de mines 1783). Création d'écoles royales militaires pour nobles boursiers préparant à l'entrée dans les corps techniques militaires.

[modifier] La Révolution française et l'Empire

1794 : Création de l'École centrale des travaux publics (renommée École polytechnique en 1795) et de l'École normale et du concours d'entrée à Polytechnique. L'École polytechnique organise le recrutement et la formation préalable des ingénieurs de l'État, en amont des écoles d'applications (École des ponts et chaussées, École des mines, école du génie et de l'artillerie de Metz, école de la marine, école du génie maritime, école spéciale de géographie et de topographie). L'ENS forme les futurs enseignants. 1802 : Création des classes préparatoires scientifiques au sein des lycées (classe de mathématiques spéciale) pour préparer le concours d'entrée à l'X. Création de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.

[modifier] 1815-1870

1818 : Création du concours d'entrée à l'ENS Création de l'École spéciale de commerce et d'industrie (1819) Création de l'École navale. 1er concours de l'agrégation (1821) Création de l'École nationale des chartes (1821) Création de l'École royale des eaux et forêts (1824) (dite École forestiere) Création de l'Institution royale agronomique de Grignon (1826) Création de l'École centrale des arts et manufactures pour former des ingénieurs civils. (1829) 1833 : Loi Guizot, création des écoles primaires supérieures, à la sortie desquelles (à l'âge de 16-17 ans) les écoles d'arts et metiers, l'ESPCI, l'École centrale de Lyon et les écoles de commerce recruteront durant longtemps. Création de nouveaux corps d'ingénieurs de l'État et d'écoles associées. Création de nouveaux corps d'enseignants et d'écoles normales supérieures. Loi Falloux 1850 La baccalauréat est rendu obligatoire pour l'inscription au concours d'entrée de l'X 1866 : Le lycée St Louis crée différentes divisions préparant à l'École polytechnique, l'École normale supérieure (sciences), l'École centrale, l'École forestière et St Cyr, auxquelles s'adjoint en 1885 une préparation au concours d'entrée de l'École navale. Ouvertures des écoles de formation des ingénieurs de l'État (Mines, Ponts, 1851) aux élèves externes (diplômes d'ingénieur civil), création de nouveaux concours d'entrée.

[modifier] 1870-1945

1875 : Loi sur l'enseignement supérieur libre Création d'écoles supérieures de commerce en province par les chambres de commerce et d'industrie Création des classes préparatoires littéraires (classe de rhétorique supérieure) 1890 : création d'un concours commun d'admission aux écoles d'agronomie 1896 : Loi Liard, création d'instituts d'enseignement supérieur technique au sein des universités (principalement à Grenoble et Nancy) 1905 : réforme des concours scientifiques, introduction de la physique 1907 : création du titre d'ingénieur des arts et métiers, le brevet des Arts et métier est équivalent au bac, les diplômés des A&M peuvent integrer l'École centrale ou Supelec après un an de math spé. Création des classes de mathématiques spéciales préparatoires (math sup) Création des classes d'hypokhagnes 1919 : Loi Astier sur l'enseignement technique 1923 : Création du titre d'ingénieur-docteur Création de concours pour l'entrée dans les écoles supérieures de commerce 1934 : loi sur les titres d'ingénieurs et création de la CTI

[modifier] Après la seconde guerre mondiale

Création de nouvelles écoles pour former les cadres de la fonction publique (ENA, ENM, ENSP, CNESS, CNFPT). Création des IEP pour la formation préalable et la préparation aux concours de la fonction publique. Transformations des instituts universitaires en école nationale supérieure d'ingénieurs, création du concours commun des ENSI. Élevation du niveau des Écoles nationales d'arts et métier, cursus en 4 ans après un baccalauréat technologique. La durée de la formation dans les écoles d'ingénieurs et de commerce se généralise à 3 ans. Développement d'écoles supérieures d'enseignement technique post-bac (INSA, ENI). Concours commun Supélec-SupOptique (1957), concours commun Centrale Paris-Centrale Lyon (1963) puis concours commun Centrale-Supélec. 1968 : Création du statut d'institut national polytechnique 1970 : Création de l'ENSTA par regroupement de 4 écoles d'application de l'X (École nationale supérieure du génie maritime (fusion de 3 écoles en 1960: (École d'application du génie maritime, École des ingénieurs de l'artillerie navale (1910)), École d'application de l'artillerie navale (1910)), École nationale supérieure des poudres (1900), École nationale supérieure de l'armement (1936), École des ingénieurs hydrographes de la marine) et création du concours commun Mines-Ponts 1970 : Création des classes préparatoires commerciales (passage à deux ans en 1995). 1974 : Les Écoles nationales d'arts et métiers, transformées en ENSAM en 1963, passent au cursus en 3 ans après 2 ans de prépa. Généralisation des concours communs. Passage de 3 à 5 ans de la scolarité des instituts d’études politiques (années 2000).

[modifier] Sociologie des grandes écoles

[modifier] La Noblesse d'État

La principale recherche sociologique sur les grandes écoles françaises a été réalisée par Pierre Bourdieu et des membres de son équipe, au cours des années 70 et 80. L’essentiel des résultats de cette recherche est présenté dans un livre co-signé avec Monique de Saint-Martin et intitulé La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps (1989).

Selon Bourdieu, l’une des fonctions sociales essentielles du système éducatif dans son ensemble est d’assurer la reproduction de l’ordre social et des inégalités qui le fondent. Dans ce cadre, les grandes écoles ont pour fonction particulière de produire une “noblesse d’État”, que le sociologue présente comme “l’héritière structurale” de la noblesse d’Ancien Régime. En d'autres termes, Bourdieu soutient que ces grandes écoles contribuent activement à reproduire des hiérarchies sociales qui ne sont pas sans rappeler celles que la Révolution française était censée avoir aboli (on notera d'ailleurs que La noblesse d'État est publié l'année du bicentenaire de cette révolution !).

Certes, les grands dirigeants politiques et économiques d’aujourd’hui n’occupent pas leurs postes en vertu du sang qui coule dans leurs veines, mais grâce à des titres scolaires bien souvent acquis au sein de ces grandes écoles. En outre, ces titres ne sont pas achetés ou reçus en héritage. Ils supposent de la part de leurs bénéficiaires du travail et, pour les plus prestigieux d’entre eux, un minimum de “dons” pour la chose scolaire. Bref, a priori, il semble que les titulaires de ces diplômes de grandes écoles, qui ouvrent sur les carrières les plus “nobles”, ne doivent leur succès qu’à leurs qualités personnelles.

Or, l’analyse de l’origine sociale des élèves recrutés par ces institutions d’enseignement révèle que les enfants issus des “classes supérieures” de la société y sont très nettement surreprésentés. A partir de ce constat, Bourdieu tente de montrer que le mode de recrutement de ces grandes écoles - classes préparatoires et concours d’entrée - est tout simplement ajusté aux dispositions sociales typiques des membres de ces “classes supérieures”. Autrement dit, le concours d’entrée à ces Grandes écoles, présenté comme parfaitement égalitaire dans son principe, est en réalité une épreuve profondément inégalitaire, qui valorise des savoir et des savoir faire qui sont prioritairement ceux de la bourgeoisie (bourgeoisie d'affaire à HEC ; bourgeoisie intellectuelle à l'École normale supérieure, par exemple).

Selon Bourdieu, la force de ce dispositif de reproduction de l’ordre social tient au fait que l’ensemble de ceux qui y prennent part sont intimement persuadés que la réussite scolaire, et en particulier la réussite aux concours des grandes écoles, est affaire d’intelligence personnelle et de dons intellectuels. Cette conviction partagée est ce qui masque aux yeux de tous, et en particulier des “victimes” de l’institution, les fonctions objectives que remplit le système éducatif. Bourdieu parle à ce propos d’une “idéologie du don” sur laquelle la légitimité sociale de ce processus de sélection des élites repose toute entière.

[modifier] Autres travaux sociologiques sur les grandes écoles françaises

Michel Bauer a publié des travaux sur le mode de production des élites en France qui sont tout à fait complémentaires des recherches de Bourdieu. L’un des ouvrages de Bauer, publié en collaboration avec Bertin-Mourot, offre en outre un point de comparaison entre la France et l’Allemagne en ce qui concerne les trajectoires sociales des grands dirigeants de ces deux pays. Il s’agit de : Les 200 en France et en Allemagne. Deux modèles de détection, sélection, formation des dirigeants de grandes entreprises (1992).

Une autre étude sociologique d’envergure a été réalisée sur le thème des grandes écoles par Gilles Lazuech. Alors que Pierre Bourdieu et son équipe s’étaient essentiellement intéressés aux conditions d’accès à ces institutions (classes préparatoires et concours), Lazuech se penche sur l’action pédagogique propre aux grandes écoles françaises, en s’interrogeant sur la capacité de celles-ci à préserver leur spécificité en contexte de mondialisation. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans : L’exception française. Le modèle des grandes écoles à l’épreuve de la mondialisation(1999).

Enfin, quelques monographies ont été réalisées par des sociologues sur l’une ou l’autre de ces grandes écoles. On peut évoquer, parmi d’autres, celle de Denys Cuche sur l’école des Arts et Métiers (“La fabrication des ‘Gadz’arts’. Esprit de corps et inculcation culturelle chez les ingénieurs Arts et Métiers, Ethnologie française, 1988, XVIII, 1. pp. 42-54) ou celle, un peu ancienne déjà, de Henri Le More, sur l’École des hautes études commerciales de Paris (Classes dirigeants, classes possédantes. Essai sociologique sur l’École des Hautes Études Commerciales de Paris, EHESS, thèse de doctorat, 1976). Monique de Saint Martin, ancienne collaboratrice de Pierre Bourdieu, s’est intéressée plus particuièrement, au cours des années 90, à la montée en puissance des grandes écoles de gestion. Elle a publié un ouvrage collectif à ce sujet, intitulé : Les écoles de gestion et la formation des élites (1997).

[modifier] Typologie des grandes écoles

À l'instar des grands corps, il n'existe pas de liste officielle des grandes écoles. Le terme désignait au départ un petit nombre d'écoles, recrutant exclusivement sur un concours sur épreuves, puis son usage s'est étendu à un grand nombre d'établissements présentant une grande diversité de niveau et de mode de recrutement. Les textes officiels font références aux grandes écoles au travers des "classes préparatoires aux grandes écoles". Cependant la Conférence des grandes écoles, association loi 1901, utilise une définition plus large de la notion de grande écoles, non restreinte aux écoles recrutant majoritairement sur les concours préparés par les CPGE à Bac+2, et s'étendant à un certain nombre d'établissements d'enseignement supérieur menant à un diplôme Bac+5 et recrutant majoritairement sur dossier ou épreuves au niveau Bac.

[modifier] Mode de recrutement des écoles

Au niveau du cursus, on peut distinguer les écoles en 3 ans après un concours préparé par les CPGE (Bac+3 à Bac+5) et les écoles en 5 ans sans passage par les CPGE (Bac+1 à Bac+5). Ces dernières sont généralement dites "post bac." ou "à prépa intégrées", bien que les deux premières années n'aient généralement pas pour but de préparer à un concours pour entrer en 3e année.

Les écoles recrutant majoritairement à Bac+2 sur un des concours préparés au sein des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques (MP, PC, PSI, PT, TSI, BCPST, TB) sont les suivantes:

[modifier] Domaine d'enseignement des écoles

Parmi les grands domaines d'enseignement, on distingue notamment :

Pour une liste des établissements d'enseignement supérieur en France, voir l'article études supérieures en France.

[modifier] Relation avec les centres de recherche et développement et les entreprises

Dans un bassin d'emploi territorial, les relations entre les grandes écoles ou les universités, les centres de recherche et développement, et les entreprises peuvent être organisées dans le cadre de pôles de compétence, par des projets d'intelligence économique territoriale.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Michel Bauer et Bénédicte Bertin-mourot,Les 200 en France et en Allemagne. Deux modèles de détection, sélection, formation des dirigeants de grandes entreprises, Paris, CNRS/Heidrick and Struggles, 1992.
  • Pierre Bourdieu,La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Minuit, 1989.
  • Denys Cuche, “La fabrication des ‘Gadz’arts’. Esprit de corps et inculcation culturelle chez les ingénieurs Arts et Métiers, Ethnologie française, 1988, XVIII, 1. pp. 42-54
  • Gilles Lazuech, L’exception française. Le modèle des grandes écoles à l’épreuve de la mondialisation, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1999.
  • Gaspard Monge, le fondateur de Polytechnique. François Pairault, Tallandier. Septembre 2000. ISBN 2-235-02271-5.
  • Monique de Saint-Martin (éd.),Les écoles de gestion et la formation des élites, Paris, MSH, 1997.


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