Grand Schisme d'Occident
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On appelle Grand Schisme d’Occident (ou parfois simplement Grand Schisme) la crise pontificale qui toucha le catholicisme au tournant des XIVe siècle et XVe siècle (1378 - 1418). cette crise se caractérise par l'existence simultanée de deux successions pontificales : l'une à Rome (légitime) et l'autre en Avignon (antipapes).
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[modifier] Les Papes d'Avignon
En 1300, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Eglise. En fait, il tente d'instaurer une théocratie. C'en est trop pour Philippe le Bel, qui réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, réunit également des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris (précurseurs des Etats Généraux qui apparaîtront pour la première fois sous son règne) : le roi cherche l'appui de tous ses sujets, afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. Ce dernier menace d'excommunier Philippe IV et de jeter l'interdit sur le royaume de France. Le roi, fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, envoie son Garde des Sceaux le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni. Le 8 septembre 1303 le pape Boniface VIII, est giflé par Guillaume de Nogaret. Sous le coup de l'émotion, il meurt quelques semaines après. Il est le dernier pape à avoir rêvé d'une suprématie du Saint-Siège sur les dynasties d'Occident.
Son successeur Benoît XI est élu le 22 octobre 1303 dans une atmosphère détestable. Il annule la plupart des mesures de nature à vexer le puissant roi de France avant de mourir lui-même le 7 juillet 1304 d'une... indigestion de figues.
Pendant onze mois ont lieu de pénibles tractations entre le parti français, conduit par la famille romaine des Colonna, et le parti du défunt Boniface VIII, conduit par les Caetani. On décide finalement de choisir le pape à l'extérieur du Sacré Collège des cardinaux et l'unanimité ou presque se fait sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, resté neutre dans la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. Le 5 juin 1305, les cardinaux réunis en conclave à Pérouse portent à la tête de l'Église Bertrand de Got qui choisit le nom de Clément V. C'est le premier pape français depuis Sylvestre II. Il monte sur le trône de Saint Pierre à l'age de 40 ans alors que l'Église traverse une grave crise politique.
Le nouveau pape renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales et choisit en définitive de se faire couronner à Lyon, en terre d'Empire, le 1er novembre.
Clément V fait son possible pour se concilier les bonnes grâces du puissant Philippe le Bel mais repousse sa demande d'ouvrir le procès posthume de Boniface VIII. En 1307, il a un entretien avec le roi capétien où il est question en particulier du sort des Templiers. Philippe le Bel veut abattre cet influent et riche ordre de moines-chevaliers. C'est chose faite le vendredi 13 octobre 1307 sans que le pape ait pu s'y opposer.
Comme il n'est toujours pas en mesure de s'établir à Rome et veut suivre de près le procès des Templiers, Clément V décide en 1309 de s'établir «provisoirement» dans un couvent de dominicains à Avignon, sur des terres d'Empire qui lui sont cédées par le roi de Sicile, par ailleurs comte de Provence.
Même «provisoire», cet établissement aux frontières du royaume de France traduit l'abaissement de la papauté depuis l'époque où Innocent III, un siècle plus tôt, prétendait soumettre les rois à son autorité.
Pour plus de détails, voir l’article Papauté d'Avignon. Image:A suivre.png
[modifier] Les sources du conflit
Les papes d'Avignons sont français (et généralemnt proches du roi de france) et nomment des français comme légats et gouverneurs des provinces ecclésiastiques d’Italie. Or les Français ne sont pas familiers des affaires italiennes et les Italiens les détestent. Grégoire XI commet l’erreur de perpétuer cette mauvaise habitude.
Les Florentins voient ainsi échapper des charges ecclésiastiques qui sont traditionnellement leurs (et de plus fort lucratives). Craignant qu’un renforcement de la puissance papale dans la péninsule n’altère leur propre influence en Italie centrale, ils s’allient avec Bernabo, en juillet 1375. Bernabo et les Florentins tentent de faire éclater des insurrections dans le territoire pontifical, spécialement chez ceux (et ils sont nombreux) qui sont exaspérés par l’attitude des légats du Pape en Italie. Ils réussissent si bien qu’en peu de temps le Pape est dépossédé de la totalité de son patrimoine.
Fortement irrité par les démarches séditieuses des Florentins, Grégoire XI leur impose alors une punition extrêmement sévère : il place Florence sous interdit<ref>Interdiction de pratiquer tous les rituels et sacrements catholiques</ref>, excommuniant tous ses habitants, y compris femmes et enfants. De plus, pour faire bonne mesure, il les proscrit, eux et leurs possessions. La perte financière des Florentins est inestimable. Ils demandent à Catherine de Sienne d’intervenir pour eux auprès de Grégoire XI, mais, dans le même temps, ils sabotent tous ses efforts en reprenant les hostilités contre le pape.
Au milieu de ces graves troubles Grégoire XI, exauçant les prières pressantes de Catherine, décide de replacer le siège pontifical à Rome. En dépit des protestations du roi de France et de la majorité des cardinaux, il quitte Avignon le 13 septembre 1376 et embarque à Marseille le 2 octobre pour l’Italie. Il parvient à Corneto, via Gênes, le 6 décembre. Il y reste jusqu’à ce que les arrangements nécessaires aient été pris à Rome au sujet de son gouvernement et de sa future installation. Le 13 janvier 1377, il quitte Corneto, débarque à Ostie le jour suivant et remonte le Tibre vers le monastère San Paolo, d’où il effectue son entrée solennelle dans Rome le 17 janvier 1377.
Mais son retour vers Rome n’a pas mis un terme aux hostilités. Le terrible massacre de Césène, commandité par le cardinal Robert de Genève (qui deviendra l’antipape Clément VII), révolte encore plus les Italiens contre la papauté. Les émeutes romaines quasi-continues induisent Grégoire XI à se retirer sur Anagui vers la fin du mois de mai 1377.
S’étant peu à peu remis de ses émotions, il revient à Rome le 7 novembre 1377. Gravement malade, se sentant menacé dans son palais même, il finit cependant par prendre Rome en aversion et seule la mort l’empêche de retourner à Avignon. Il meurt en effet à Rome le mois suivant, alors que des négociations en vue d’un processus de paix débutaient à Sarzano.
Grégoire XI fut le dernier pape de nationalité française. Il était instruit et pieux, mais avait cependant une certaine tendance au népotisme (CE).
[modifier] La crise
L’événement fondateur de la grande crise papale fut l’accession au titre de pape d’Urbain VI (1378–1389), successeur à Rome de Grégoire XI (qui avait résidé un temps à Avignon). Urbain VI était un pape très autoritaire. Le collège des cardinaux, dominé par une majorité française, lui reprocha d’avoir été élu à Rome sous la pression de la population en insurrection. Soutenus par le royaume de Naples ils élirent Clément VII (1378–1394) lors d'un conclave qu'ils tinrent à Fondi dans la région de Rome. Ce pape s’installa en Avignon. L'occident chrétien fut alors séparé en deux : Alors qu'une moitié de l'Europe se maintenait dans une fidélité à Rome, l'autre moitié en tenait pour le pape d'Avignon.
Le concile de Pise, en 1409, voulant régler cette crise, n’y parvint pas et ne fit que l’aggraver par l’irrégulière élection d’un antipape supplémentaire, Alexandre V (1409–1410).
[modifier] Le dénouement de la crise
C’est l’œcuménique concile de Constance, présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny qui résolut enfin en 1415 le problème de cette bicéphalie (et, à un moment, tricéphalie) à la tête de l’Église. Jean XXIII, antipape à Pise, fut déposé et le légitime pape Grégoire XII fut poussé à abdiquer (uniquement pour faire « table rase » de l’ensemble de la crise, ce que Grégoire XII accepta par esprit de paix).
Martin V, élu le 11 novembre 1417 par un conclave composé de cardinaux et de représentants de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Espagne, de la France et de l’Italie, et avec l’appui du concile de Constance, s’installa à Rome en 1418, mettant ainsi fin au Grand Schisme.
Martin V avait eu la bonne idée d’annoncer au préalable qu’il ne remettrait pas en cause les nominations de cardinaux effectuées par les deux autres antipapes (qui dès lors étaient reconnus comme papes légitimes dans leurs obédiances respectives jusqu’à la date des prises de fonction de Martin V), ce qui facilita probablement le consensus à son sujet.
[modifier] Les derniers soubresauts
Mais l’antipape d’Avignon Benoît XIII, qui s’était retiré à Peñíscola, au Royaume d’Aragon (dernier État à le reconnaître), refusa de s’incliner quoique dépourvu de presque tout appui. Il mourut antipape en 1423. Trois de ses quatre derniers cardinaux élirent tout de même, à Peñíscola, l’antipape Clément VIII, qui finit par renoncer quand le roi d’Aragon lui-même se rallia au pape de Rome Martin V.
Le quatrième cardinal jugeant l’élection de Clément VIII en Aragon irrégulière format un conclave à lui seul et proclama Benoît XIV « pape » de l’Église d’Avignon à Rodez, menant à un nouveau schisme minoritaire (et non reconnu) de l’ancienne Église d’Avignon (néanmoins non assimilé au Grand Schisme, que l’élection régulière de Martin V par les cardinaux des trois anciennes obédiances avait résolu), avant de reprendre lui-même le titre sous le même nom (titre qualifiée d’antipape imaginaire dans les anciens textes, puisqu’aucune élection ni aucun conclave n’eut lieu). Aucun des clergés des Églises de Rome, Pise, Avignon et Aragon ne confère d’ailleurs au successeur de Clément VIII (qui lui s’était rallié à Rome) le titre de pape ou même celui d’antipape, car leur nomination ne relève d’aucun cardinal reconnu. Ce schisme minoritaire perdit vite tous ses appuis et leurs derniers soutiens dans le clergé furent totalement réprimés en 1467 ou se soumirent au pape de Rome.
[modifier] Frise chronologique
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