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Grève

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La grève est une action collective, qui consiste en une cessation concertée du travail par les salariés d'une entreprise (d'un secteur économique) ou par extension de tout autre personne productive, parfois à l'initiative des syndicats. Elle vise à lutter contre une situation ou une mesure jugée inacceptable, en faisant pression contre le supérieur hiérarchique ou l'employeur (chef d'entreprise ou patron), par la perte de productivité qu'elle entraîne. C'est une épreuve de force, le travailleur n'étant pas rémunéré. Cette méthode de revendication qui est considérée comme illégale dans certains pays, et dans les pays où elle est autorisée, dans certaines situations (en général, les militaires, les pompiers et les policiers n'ont pas le droit de grève).

Elle tire son nom de la place de Grève à Paris. Cette place, située en bord de Seine devant l'hôtel de ville, était un des principaux points d'accostage des bateaux. Les hommes sans emploi y trouvaient une embauche facile pour les chargements et déchargements.

Une grève peut se concrétiser par le blocage de l'outil de production, ce qui est parfois mal perçu par les médias (transports en commun), des mesures destinées à gagner l'opinion publique (salariés d'EDF qui reconnectent les déconnectés ou basculent les compteurs en tarif de nuit, salariés de France Télécom qui permettent des appels gratuits...), dans des situations désespérées (délocalisation par exemple), des actions extrêmes, et pénalement répréhensibles, sont parfois accomplies, comme le chantage environnemental ou la séquestration de membre de la direction. Mais la grève ne prend pas nécessairement une tournure aussi spectaculaire ; il peut s'agir tout simplement d'un arrêt de travail de quelques heures, par exemple pour faire remonter à la direction un conflit avec l'encadrement.

A l'origine les grèves étaient interdites aux fonctionnaires, en application du principe de "continuité du service public". Mais, en contrepartie, ces derniers avaient droit à la sécurité d'emploi. Cette double nécessité allait tellement de soi que la majorité de Front populaire n'y avait pas touché en 1936. Cependant, à la suite de la Libération, et en réaction contre tous les interdits imposés par l'occupation et le régime de Vichy, la Constitution de 1946 autorisa la grève des fonctionnaires, à l'exception de certains agents d'autorité, "dans le cadre des lois qui la réglementent" (préavis).

En France, les grandes grèves sont à l'origine de la plupart des avancées sociales des soixante dernières années et sont le moyen utilisé par les syndicats pour préserver les acquis sociaux tels que les conditions de retraite, la sécurité sociale ou le système éducatif public.

Cependant certaines de ces grèves, lorsqu'elles sont répétées, notamment celles des moyens de Transport (SNCF, Compagnies aériennes ou maritimes, métro, etc.) et des Postes compromettent la survie des entreprises commerciales ou industrielles tributaires de leur moyens de correspondance, découragent le tourisme et l'implantation des entreprises étrangères en France et aggravent le sort des autres salariés non en grève qui doivent alors réaliser des performances pour aller à leur travail et rentrer chez eux le soir. Signalons le cas extrême du département de la Guadeloupe, où les grèves répétées dans les hôtels en période touristique, ont découragé les voyages de vacanciers.réf. nécessaire

On voit de plus en plus se développer des actions de non salariés : médecins, routiers, buralistes, étudiants… qui s'apparentent à des grèves (mais qui en diffèrent en ce sens qu'il s'agit de professions libérales ou d'artisans qui sont leurs propres employeurs). Le conflit résidant dans ce cas entre ces professions et l'État en tant que législateur. Voir en France le cas du Syndicat de la médecine générale

Notons également les grèves d'étudiants, grèves au cours desquelles les étudiants cessent d'aller en cours, mais sans qu'il s'agisse de grève au sens légal du terme.

Sommaire

[modifier] Histoire

La première grève relatée a eu lieu en Égypte en l'an 29 du règne de Ramsès III, à Deir el-Médineh. Les ouvriers chargés de la décoration des monuments de la Vallée des Rois protestaient contre le retard de ravitaillement. [1].

[modifier] En Amérique du Nord

[modifier] Eurogrève et Grève Mondiale

En 1997, la direction de Renault décide de la fermeture d'un des site historique de la marque au losange en Belgique : Renault Vilvoorde. 3 100 emplois sont directement supprimés, plus environ 4 000 concernant les fournisseurs et les sous-traitants. Elue par les français marque du siècle en décembre 1996, à la veille de son centième anniversaire et considérée comme un laboratoire social, Renault a vu son action grimper de 13% à la Bourse de Paris dès la première séance suivant l'annonce de fermeture du site. Ce qui a réjoui la Bourse, a indiscutablement terni l’image de l'entreprise. En mars 1997, des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs pays de l’Europe des Quinze s'unissent pour la première Eurogrève

Le 24 mai 2005, IBM subit une grève mondiale, suite à l'annonce de la suppression de 13 000 postes, et alors que les bénéfices sont en augmentation de 11% la même année. [2]

[modifier] Les différents types de grève

Différents modes de grèves ont été inventés au cours de l'histoire :

  • grève tournante : les grévistes se mettent en grève à tour de rôle, mais de manière à bloquer l'ensemble de la production.
  • grève perlée : se traduit par un ralentissement volontaire de l'activité. Ce n'est pas une grève au sens juridique du terme, mais une inexécution de ses obligations contractuelles de la part du salarié.
  • grève du zèle : consiste à appliquer les règlements dans leurs moindres détails, avantage pour le gréviste : il réalise son travail, donc cette action est licite (cas des douaniers ou des professionnels auxquelles la grève est interdite) et il perçoit son salaire, mais il fait tendre sa productivité vers zéro.
  • grève sauvage est la cessation collective, en dehors de toute consigne syndicale, volontaire et concertée du travail par des salariés refusant d'astreindre leurs revendications au seul cadre de leurs préoccupations professionnelles.
  • grève générale : regroupant l'ensemble des travailleurs, unis autour des mêmes revendications principales.
  • grève de la faim : elle a généralement un but politique, méthode parfois utilisée par des « sans papiers » désespérés, ou dans certaines prisons ; il y a aussi des grèves de la soif.
  • grève à la japonaise : les grévistes mécontents s'expriment par le port d'un brassard - affichant parfois leurs revendications - durant les heures de travail.
  • grève solidaire : Consiste a faire grève par solidarité à la situation de salariés de l'entreprise.(Grève illicite)
  • piquet de grève : lorsque les salariés grévistes empêchent résolument les non grévistes de rentrer.(illicite)

[modifier] La loi

[modifier] En France

Le droit de grève est reconnu depuis la Loi Ollivier du 25 mai 1864.

La première grève nationale de revendication a lieu en 1906 pour obtenir la journée de 8 heures. Le 8 mars 1907, la grève des électriciens parisiens plonge la capitale dans le noir.

Depuis 1946, la grève est un droit reconnu par la Constitution. Le préambule de la Constitution de 1946 énonçait : « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui la réglementent. », en faisant un « principe particulièrement nécessaire à notre temps ». Ce droit fut affirmé en 1950 par un arrêt du Conseil d'État, l’arrêt Dehaene du 7 juillet 1950.

Mais par ailleurs, la notion de grève est quasiment absente des lois et règlements. L'article L.521-1 du Code du travail indique juste que le salarié ne peut pas être pénalisé pour avoir fait grève. Le point principal réside en fait dans l'intitulé du titre du code : « Conflits collectifs » ; cela indique qu'il faut être au moins deux pour faire grève. Mais contrairement à des idées reçues, il n'y a aucune nécessité de faire une assemblée de salariés ou de déposer un préavis à l'avance. Par contre, il est interdit à l'employeur de « casser une grève » en ayant recours à l'intérim (art. L.124-2-3 du Code du travail) ou à des contrats à durée déterminée (art. L.122-3 CT), et il ne peut embaucher des personnes sous contrat à durée indéterminée que si ces personnes peuvent être gardées après la fin de la grève ; par contre, il peut avoir recours à des bénévoles ou à des entreprises extérieures.

Cependant ce droit a des limites : la jurisprudence distingue les grèves licites des grèves illicites. Sont illicites notamment les grèves politiques (car elles créent un préjudice à l'entreprise alors que celle-ci n'est pas en cause), certaines formes de grèves répétitives (grèves perlées, grèves tournantes...) considérées comme un abus du droit de grève. La loi fixe par contre des modalités plus restrictives pour les services publics, dans ses articles L.521-2 à L.521-6 (voir ci-dessous).

La grève consiste à cesser le travail de manière concertée et collective, et elle s'accompagne parfois de piquets de grève, visant à convaincre les salariés non-grévistes de rejoindre la grève. Ceux-ci sont légaux dans la mesure où ils ne sont pas accompagnés d'occupation ou d'un blocage total de la production (en empêchant les salariés non grévistes de disposer de leur outil de travail, le plus souvent). En effet, ces dernières formes d'action heurtent un autre principe constitutionnel, celui de la liberté du travail, et sont passibles de sanctions pénales (Cass. soc., 8 déc. 1993, n° 81-14238).

Dans les services publics, une loi a instauré en outre une obligation de préavis de cinq jours et interdit les grèves tournantes (loi du 31 juillet 1963). La controverse sur les grèves dans les services publics vient du fait qu'il y a conflit entre le droit de grève et le principe de continuité du service public, qui sont deux principes à valeur constitutionnelle que les tribunaux doivent concilier (Décision n° 79-105 DC du 25 juillet 1979).

Certains, notamment parmi les syndicats de salariés, arguent que ces grèves ont précisément pour but de défendre les missions et la qualité du service public ce qui passe aussi, selon eux, par la défense des conditions de travail. En effet, des salariés travaillant dans des conditions qu'ils jugent mauvaises exercent moins bien leur travail. De ce point de vue, les grèves dans les transports en commun, les grèves postales défendraient aussi les intérêts des usagers en tendant à améliorer la qualité du service public. Mais les usagers restent divisés, entre d'une part ceux qui soutiennent les revendications des grevistes et ceux qui estiment soit que leur interêt à court terme prime sur celui des salariés soit qui sont opposés aux revendications des salariés.

L'instauration d'un service minimum dans les transports en commun, et plus généralement dans les services publics, est souvent proposée par les partis de droite. Cette mesure, que certains considèrent comme démagogique, serait en contradiction avec le droit de grève qui est un des droits fondamentaux des salariés. Jusqu'ici, le législateur n'a pas su trouver une formule conciliant ce droit et celui de continuité du service public. Certains pays européens, notamment l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie ont adopté des lois assez contraignantes en la matière.

A l'opposé du principe de service minimum qui est de nature a envenimer les relations entre la direction et les salariés, se développe dans les transports publics (en premier la RATP puis la SNCF) des dispositifs de prévention des conflits qui ont pour objectif via la discussion de résoudre les conflits sans passer par la grève. Ce dispositif ne remet pas en cause le droit de grève mais a pour objectif de résoudre les conflits par la discussion et le compromis. D'autres pointent la non applicabilié de ces mesures (les grèves auraient lieu qu'elles soient légales ou non<ref>les grèves de salariés sont anterieures au droit de grève et il existe des exemples contemporains de grèves dans des secteurs où cela est illégal comme la Grève des transports en commun de New York 2005</ref> et une loi instaurant un service minimum provoquerait très probablement de grosses grèves) et serait probablement censurée par le conseil constitutionnel.

Certaines professions n'ont pas le droit de grève, ou un droit restreint : gardiens de prison, gendarmes, militaires, pompiers… Dans d'autres professions (santé...), les personnels grévistes peuvent être réquisitionnés.

Les étudiants et lycéens, bien que n'ayant pas le droit de grève (ils ne sont pas salariés), utilisent parfois ce moyen pour être entendus comme ce fut le cas en France de certains d'entre eux lors du mouvement contre la loi pour l'égalité des chances.

[modifier] Au Royaume-Uni

Depuis l'ère Thatcher, les lois réglementant le droit de grève sont parmi les plus restrictives des pays riches. La grève peut être considérée comme une faute et les grévistes licenciés.

On a pu le constater avec la grève sans préavis de 2 heures du 9 août 2005 observée à Londres par les salariés du groupe de restauration aérienne Gate Gourmet, où la plupart des 670 grévistes ont été licenciés sur le champ. La direction avait d'ailleurs sciemment encouragé à la grève pour mieux réduire ses emplois.

La grève de solidarité y est aussi en principe interdite. Une enquête a donc été entreprise contre les salariés de British Airways qui ont fait grève contre la répression qui s'abattait sur leurs collègues de Gate Gourmet.

[modifier] Citation

« Si une personne sort des champs et se met sur un piquet de grève, ne serait-ce qu'une journée, elle ne sera plus jamais la même. La ligne de piquet est le meilleur moyen d'éduquer les gens ». César Chavez.

[modifier] Films

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

Mouvements sociaux | syndicats | Piquet de grève | Service public | Parti politique | Droit du travail | Société | Révolution | Lutte des classes | Syndicalisme de lutte | Socialisme | Communisme | Syndicat jaune | militantisme

[modifier] Notes et références

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