Georges Eugène Haussmann
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Image:Portrait haussmann.jpg Image:Blv-haussmann-lafayette.jpg Georges Eugène Haussmann (27 mars 1809 - 11 janvier 1891), couramment appelé le baron Haussmann, a été préfet de la Seine du 23 juin 1853 au 5 janvier 1870. À ce titre, il a dirigé les transformations de Paris sous le Second Empire en élaborant un vaste plan de rénovation.
Né à Paris le 27 mars 1809, dans le quartier Beaujon, il est le petit-fils d'un député et le fils d'un intendant militaire de Napoléon Ier. Il fait ses études au collège Henri-IV puis au lycée Condorcet à Paris, puis il entame des études de droit tout en étant au conservatoire de musique de Paris.
D'abord sous-préfet de Nérac, il devient ensuite préfet du Var en 1849 puis de l'Yonne en 1850. Présenté à Napoléon III par Victor de Persigny, ministre de l'Intérieur, il devient préfet de la Seine en 1853, succédant ainsi à Jean-Jacques Berger et à Rambuteau.
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[modifier] La transformation de Paris
Au milieu du XIXe siècle, Paris se présente à peu près sous le même aspect qu'au Moyen Âge. Napoléon III veut une capitale aussi prestigieuse que son pouvoir, ce qui sera le point de démarrage de l'action du nouveau préfet.
L'idée maîtresse des travaux est une meilleure circulation de l'air et des hommes, en adéquation avec les théories hygiénistes qui sont alors en plein essor, suite à l'avènement des « Lumières » au XVIIIe siècle et à l'épidémie de choléra de 1832. La volonté d'entraver d'éventuels nouveaux soulèvements populaires, en souvenir de ceux de 1830 et 1848, entre aussi en jeu.
Haussmann a l'obsession de la ligne droite, ce que l'on a appelé le « culte de l'axe » au XVIIe siècle. Pour cela, il est prêt à amputer des espaces structurants comme le jardin du Luxembourg. Certains axes ouverts sous Louis XIV sont élargis et deviennent les « Grands Boulevards ». Des boulevards et avenues sont percés de la place du Trône à la place de l'Étoile, de la gare de l'Est à l'Observatoire. Haussmann donne également aux Champs-Élysées leur visage d'aujourd'hui.
Il aménage un certain nombre de parcs et jardins afin de permettre à la population de respirer. C'est le cas du jardin du Luxembourg, du parc Montsouris ou encore du parc des Buttes-Chaumont. D'autres espaces déjà existants sont transformés et passent du statut d'espaces verts à celui de hauts lieux voués à la promenade.
Des règlements imposent des normes très strictes quant à la hauteur et au style architectural des édifices. L'immeuble de rapport et l'hôtel particulier s'imposent comme modèles de référence. Les immeubles se ressemblent tous : c'est l'esthétique du rationnel.
Afin de mettre en valeur les monuments nouveaux ou anciens, il met en scène de vastes perspectives sous forme d'avenues ou de vastes places. L'exemple le plus représentatif est la place de l'Étoile d'où partent douze avenues dont la plus célèbre de toutes : l'avenue des Champs-Élysées.
Il crée en parallèle, avec l'ingénieur Belgrand, des circuits d'adduction d'eau et un réseau moderne d'égouts.
Cette transformation a un coût très élevé, puisque Napoléon III souscrit un prêt de 250 millions de francs en 1865, et un autre de 260 millions de francs en 1869.
Au total, on estime que les travaux du baron Haussmann ont modifié Paris à 60 %.
[modifier] Honneurs et critiques
Son activité au service de la transformation de Paris lui a permis d'accéder à la fonction de sénateur en 1857, de membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1867 et de chevalier de la légion d'honneur en 1862.
Sa qualité de baron a été contestée. Comme il l'explique dans ses Mémoires <ref>Baron Haussmann, Mémoires, trois tomes publiés en 1890 et 1893. Nouvelle édition établie par Françoise Choay, Seuil, 2000. Voir aussi l'exemplaire de Gallica.</ref>, il a utilisé cette appellation après son élévation au Sénat en 1857, en vertu d'un décret de Napoléon Ier qui accordait ce titre à tous les sénateurs. Il aurait refusé d'une boutade le titre de duc proposé par Napoléon III <ref>Afin de montrer son peu d'attachement aux titres officiels, il rapporte dans ses Mémoires le dialogue suivant, où un interlocuteur lui suggérait qu'il pourrait être nommé duc de la Dhuis, en référence aux travaux d'Haussmann par lesquels l'eau de cette rivière était venue alimenter Paris. Haussmann objecte :
« De la Dhuis ? Mais, alors, Duc, ce ne serait pas assez.
— Que voulez-vous donc être ?... Prince ?
— Non ; mais il faudrait me faire Aqueduc, et ce titre ne figure pas dans la nomenclature nobiliaire. »</ref>. Le Dictionnaire du Second Empire <ref>Dictionnaire du Second Empire, sous la direction de Jean Tulard, article Haussmann.</ref>, toutefois, estime qu'Haussmann a utilisé ce titre en se basant, de manière abusive, sur l'absence de descendance mâle de son grand-père maternel, Georges Frédéric baron Dentzel.
Son œuvre n'en reste pas moins contestée à cause des sacrifices qu'elle a entrainés. Les méthodes employées ne s'encombrent en effet pas des principes démocratiques, et les manœuvres financières sont assez douteuses.
Les nouvelles lois d'expropriation entraîneront plus tard de nombreuses contestations et pousseront à la faillite de nombreux petits propriétaires qui ont vu leurs biens détruits. En parallèle, les nouveaux règlements imposent des constructions d'un niveau de standing élevé. Il en résulte une forte spéculation immobilière qui exclut de facto les classes les moins aisées de la société parisienne.
Une partie de la population manifeste son mécontentement en même temps que son opposition au pouvoir en place. En 1867, le baron Haussmann est interpellé par le député Ernest Picard. Les débats houleux que le personnage suscite au sein du Parlement entraînent un contrôle plus strict des travaux, qu'il avait habilement évité jusque-là. Jules Ferry rédige la même année une brochure intitulée : « Les Comptes fantastiques d'Haussmann » <ref>Jules Ferry, Les comptes fantastiques d'Haussmann (Gallica).</ref>, par allusion aux Contes fantastiques d'Hoffmann. On l'accuse, à tort, d'enrichissement personnel.
Le Baron, qui avait un temps espéré entrer au gouvernement pour mettre en œuvre ses idées à l'échelle du territoire national, est destitué de son pouvoir par le nouveau cabinet d'Émile Ollivier le 5 janvier 1870, quelques mois avant la chute de Napoléon III. Son successeur est Léon Say, mais Belgrand et surtout Alphand conservent un rôle prépondérant et poursuivent l'œuvre d'Haussmann.
Après s'être retiré pendant quelques années à Cestas près de Bordeaux, Haussmann revient à la vie publique en devenant député de la Corse de 1877 à 1881. Il reste bonapartiste malgré le retour de la République. Il consacre la fin de sa vie à la rédaction de ses Mémoires (1890-1891), un document important pour l'histoire de l'urbanisme de Paris.
Le baron Haussmann meurt le 11 janvier 1891. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
[modifier] Anecdotes
- Haussmann mesurait 1,90 m.
- Ernest Renan raconte que Haussmann a fait disparaître une île entière en Bretagne, l'île Grande, pour obtenir la pierre nécessaire à ses travaux.
- On a prêté à madame Haussmann cette remarque naïve ou cynique : « Mon mari et moi n'avons pas de chance. Dès que nous nous installons quelque part, nous en sommes expropriés ! »
- Haussmann raconte dans ses Mémoires que Napoléon III voulait donner son nom à la partie du boulevard de Sébastopol qui s'étendait sur la rive gauche (actuel boulevard Saint-Michel). Le préfet refusa en feignant la modestie. En réalité il espérait, et obtint en fin de compte, que son nom revienne à un boulevard dont l'idée lui revenait plus directement et au bord duquel il était né (dans une maison qu'il dut d'ailleurs détruire) : c'est l'actuel boulevard Haussmann.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
- La fiche de Georges Eugène Haussmann, sur le site Insecula.com
- Enregistrement audio de la conférence organisée sur le thème d'Haussmann et les grands travaux de Paris par la Maison de l'architecture de Paris le 26 janvier 2006. Intervenant : Pierre Pinon, architecte et historien.
[modifier] Notes et références
<references />
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