Georg Friedrich Haendel
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Image:Haendel.jpg Georg Friedrich Haendel (23 février 1685, Halle - 14 avril 1759, Londres) est un compositeur d'origine allemande, naturalisé britannique. Devenu citoyen britannique il se nommait lui-même George Frideric Handel<ref>voir le fac-simile de son testament dans le livre de Jean Gallois</ref>.
Son nom connaît plusieurs graphies : en allemand, Händel peut (en transcription du umlaut) aussi s'écrire Haendel (orthographe souvent préférée en français) et, après son installation en Angleterre, l'intéressé l'écrivait sans tréma : Handel, qui est la manière retenue par les anglophones.
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[modifier] Sa vie
[modifier] Halle
Son père, Georg Händel, né en 1622, est un chirurgien-barbier de confession luthérienne <ref>Adams Aileen, K., Hofestadt, B., "Georg Handel (1622-97): the barber-surgeon father of George Frideric Handel (1685-1759)", Journal of Medical Biography, 2005, Aug;13(3):142-9.</ref> qui, devenu veuf en 1682, s'est remarié l'année suivante avec Dorothea Taust, fille d'un pasteur de trente ans plus jeune que lui. Georg Friedrich est leur premier enfant, aîné de deux sœurs, Dorothea Sophia née en 1687 et Johnna Christiana, née en 1690. <ref>Virginia Tech Multimedia Music Dictionary Composer Biographies</ref>
Son père rêve pour lui d'une carrière de juriste, bien qu'il montre des dons précoces pour la musique. Au contraire, sa mère favorise ses dispositions et sa tante lui offre une épinette. À contrecœur, le père lui fait prendre des cours auprès de l'organiste Friedrich Wilhelm Zachow qui lui donne une éducation musicale complète ; il apprend à jouer du clavecin, de l'orgue, du violon, du hautbois. Il se met très tôt à composer des œuvres instrumentales et vocales.
En 1697, un séjour à Berlin le met en contact avec la cour du roi de Prusse qui reconnaît ses dispositions pour la musique, mais il revient à Halle à la demande de son père, qui meurt quatre jours avant son retour. Pour respecter la volonté paternelle, il poursuit ses études juridiques, tout en continuant sa pratique musicale.
Vers 1702, il est engagé à la cathédrale de Halle en tant qu'organiste titulaire, et se lie avec Georg Philipp Telemann qui se rendait à Leipzig et fit étape à Halle, d'une amitié durable.
[modifier] Hambourg
Il reste peu de temps à ce poste qu'il quitte pour s'installer à Hambourg, centre musical le plus important de l'Allemagne du Nord, et qui possède un opéra renommé, l'opéra am Gänsemarkt sous la direction de Reinhard Keiser - Haendel, y est engagé en tant que claveciniste et y prend contact avec l'opéra italien. Il y donne des cours, rencontre Johann Mattheson, son aîné de quatre ans, qui est déjà un musicien notoire et dont il devient l'ami fidèle – malgré quelques épisodes orageux. Ils vont ensemble à Lübeck entendre et rencontrer le fameux Dietrich Buxtehude, puis reviennent à Hambourg. Mattheson lui ouvre de nombreuses portes, tous deux échangent leurs conseils et Händel peut, entre autres, faire représenter ses deux premiers opéras, Almira et Nero. C'est aussi à Hambourg que Haendel lie connaissance, grâce à l'entregent de Mattheson, avec des diplomates britanniques. Le séjour à Hambourg est donc déterminant pour la carrière du musicien, qui sera quelques années plus tard un des principaux promoteurs de l'opéra italien en Angleterre.
[modifier] L'Italie
En 1706, sur la suggestion du prince Gian Gastone de Médicis, il part pour l'Italie où il séjourne trois ans. Ce séjour est décisif dans l'évolution de son style et de sa carrière ; Florence, Rome, Naples, Venise sont les villes où il parvient à se faire une grande réputation, tant comme instrumentiste (à l'orgue, au clavecin, au violon) que comme compositeur d'œuvres sacrées ou profanes très remarquées (le psaume Dixit Dominus, l'oratorio la Resurrezione, les opéras Rodrigo, Agrippina, des dizaines de cantates italiennes, etc.) Ce voyage est l'occasion pour lui de côtoyer de nombreux musiciens célèbres : Bernardo Pasquini, Giovanni Bononcini, Arcangelo Corelli, Alessandro et Domenico Scarlatti : avec ce dernier, il participe à une joute musicale à l'orgue et au clavecin : il est reconnu supérieur à Scarlatti pour le jeu de l'orgue et les deux musiciens feront jeu égal au clavecin. Néanmoins, ces deux-là resteront liés par une amitié durable. Haendel restera marqué pendant tout le reste de son existence par ces années de jeunesse qu'il passe dans la « patrie » de la musique et par l'influence profonde qu'ont exercée sur lui les compositeurs majeurs que sont Corelli (dont il se souviendra dans ses sonates pour violon, ses concertos grossos) et Alessandro Scarlatti, le maître de l'opéra napolitain.
[modifier] Hanovre
Au début de 1710, il quitte Venise pour Hanovre où on lui a proposé le poste de maître de chapelle de l'Électeur Georg Ludwig. À peine arrivé, il demande un congé pour se rendre à Londres : la Grande-Bretagne qui n'a plus de grand compositeur depuis la mort de l'Anglais Purcell attire beaucoup de musiciens continentaux formés à la musique italienne. Il y fait jouer plusieurs de ses œuvres qui remportent beaucoup de succès. Il retourne à son poste à Hanovre, tout en restant en contact avec les nombreuses relations qu'il a nouées à Londres. Enfin, en 1712, il demande un nouveau congé temporaire pour retourner à Londres : les circonstances feront qu'il s'y établira définitivement. Les succès remportés auprès du public, de l'aristocratie et de la Cour le conduisent en effet à rester à Londres au-delà du terme fixé et - le sait-il ? - de manière définitive.
[modifier] La Grande-Bretagne
Cette « désertion » aurait pu lui porter préjudice, car, à la mort de la reine Anne en 1714, c'est précisément son cousin éloigné l'Électeur de Hanovre, héritier de la dynastie Stuart par sa mère, qui devient roi de Grande-Bretagne sous le nom de George Ier. Mais celui-ci ne tient pas rigueur à son maître de chapelle et lui conserve son poste et sa pension<ref>Jean Gallois : Haendel p.23</ref>.
Haendel, qui ne fondera pas de famille, sera naturalisé britannique en 1726. Les premières années de son installation en Angleterre voient la composition de nombreuses œuvres, pour l'opéra ou les instruments, en particulier les trois suites de la fameuse Water Music (1717), des concertos, les huit suites pour clavecin (1720). Vers 1717 ou 1718, il s'installe pour deux ans chez un mécène fastueux, le duc de Chandos. Il y compose les Chandos anthems.
Puis il participe à partir de 1719 à la création de la Royal Academy of Music, société dont le but est de monter des opéras à Londres au Haymarket Theater. Il en est le directeur musical et se rend sur le continent pour embaucher des chanteurs de talent. Après des débuts triomphants, Haendel affronte la venue d'un rival qu'il a bien connu en Italie : Giovanni Bononcini<ref>Jean Gallois : Haendel p.76</ref>. La concurrence sera vive, Haendel produisant à cette époque de nombreux chefs-d'œuvre (notamment Giulio Cesare, Tamerlano, Rodelinda) et tournera à son avantage avant que les difficultés financières ne s'accumulent, entraînant la fermeture de l'Academy à la fin de la neuvième saison. En 1727, Haendel compose la musique de couronnement du nouveau roi George II (Coronation anthems).
Image:London Handel House.jpg Il remonte en 1729, presque seul, une seconde académie qui fonctionnera jusqu'en 1732, avant de sombrer elle aussi dans les difficultés financières bien qu'il multiplie créations et reprises d'œuvres déjà consacrées. C'est en 1730 qu'il retourne à Halle pour y voir une dernière fois sa mère, qui meurt peu de temps après. Ayant appris sa présence non loin de Leipzig, Jean-Sébastien Bach lui fait invitation à venir le voir par l'entremise de son fils aîné, Wilhelm Friedemann qui est alors installé à Halle. Cependant, les deux grands compositeurs ne se rencontreront jamais. Du début des années 1730 datent les premières réalisations de Haendel dans le domaine de l'oratorio en anglais.
En 1733, il fonde une troisième Academy qui ne durera que trois ans, malgré l'énergie dépensée par le compositeur pour multiplier les nouvelles créations qui rencontrent parfois de grands succès. Il est en effet confronté à la concurrence du Nobility Opera, animé par deux compositeurs, Hasse et Porpora. Difficultés financières, mésententes entre artistes, coteries provoquent la fin de cette entreprise de même que celle du Nobility Opera. Le surmenage est sans doute la cause d'un premier accident de santé (crise d'apoplexie ?) qui le paralyse partiellement et l'atteint moralement. Mais il se rétablit très rapidement après une cure thermale à Aix-la-Chapelle. À cette époque (1737) meurt la reine Caroline, qui l'a connu enfant à Berlin, qui a été un soutien fidèle ; ce décès le touche profondément ; il compose un Funeral Anthem en son hommage.
Haendel est doté d'une énergie farouche et d'une santé indéfectible. Il continue à composer, à exécuter et faire représenter des opéras, des concertos grossos, et il commence à exploiter la veine des oratorios, avec Saül et Israel in Egypt. En intermède de ses oratorios, il exécute ses concertos pour orgue, forme originale qu'il met au point. Ces concertos qui remportent un vif succès. Ils sont au nombre de seize, dont les six premiers sont publiés en 1738 sous le titre d'opus 4. L'opus 7 qui en rassemble six autres sera publié en 1760 après la mort du compositeur. C'est en 1741 que Haendel produit son dernier opéra, Deidamia. Il va dorénavant consacrer sa production lyrique à l'oratorio et écrit coup sur coup Messiah (le Messie, un de ses plus grands chefs d'œuvre) en 24 jours et Samson puis se rend, sur l'invitation du lord lieutenant d'Irlande, à Dublin où il séjourne pendant plusieurs mois, jusqu'en août 1742 et où ses œuvres rencontrent de très grands succès.
De retour à Londres, il se remet au travail de façon acharnée. Il subit une seconde attaque de paralysie dont il se remet à nouveau. Il continue à composer de nombreux chefs-d'œuvre, dans le domaine de l'oratorio comme dans la musique instrumentale. La Royal Firework Music est l'une de ses œuvres les plus connues et les plus populaires, à juste titre. Composée en 1749 pour célébrer le traité de paix mettant fin à la Guerre de succession d'Autriche, cette musique fastueuse est emblématique de l'art de Haendel. Elle se situe dans la tradition de l'école versaillaise de Jean-Baptiste Lully, Delalande, Mouret, Philidor et en constitue comme le couronnement par son caractère grandiose et solennel magnifiquement adapté à l'exécution en plein air. Les dernières œuvres sont, à nouveau, des oratorios, mais la santé du musicien décline malgré sa robuste constitution et les cures thermales. Il subit de nouvelles attaques paralysantes et devient aveugle après l'intervention ratée du meilleur spécialiste de l'époque, John Taylor, qui avait déjà opéré sans succès Jean-Sébastien Bach. Il continue malgré tout à s'intéresser à la vie musicale, et meurt le 14 avril 1759, jour du Samedi Saint. Il est enterré à l'abbaye de Westminster, selon son désir.
[modifier] Ses œuvres
Elle est très importante dans tous les genres pratiqués de son temps, et son catalogue (HWV pour Händel-Werke-Verzeichnis) comprend plus de 600 numéros, ce qui n'est pas très significatif, car :
- un seul numéro peut s'appliquer à un simple menuet isolé comme à un opéra complet ;
- plusieurs transcriptions de la même œuvre pour différentes exécutions peuvent constituer ou participer à de numéros différents.
Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un ensemble considérable. Quelques œuvres particulièrement marquantes :
- Water Music (HWV 348–350)
- Royal Firework Music (HWV 351)
- sonates pour divers instruments (violon, flûte, hautbois) opus 1
- 13 sonates en trio opus 2 et opus 5
- 18 concerti grossi opus 3 (HWV 312–317) et opus 6 (HWV 319–330)
- 12 Concertos pour orgue opus 4 (HWV 289–294) et opus 7 (HWV 306–311) + 4 séparés
- Concerto pour harpe opus 4 N°6 (également pour orgue)
- 3 Concertos pour hautbois
- Les 8 « grandes » suites pour clavecin (1720)
- Dixit Dominus
- Chandos Anthems
Voir aussi: Liste des œuvres de Haendel
[modifier] Caractères de la musique de Haendel
[modifier] Opéras
Les 42 opéras de Haendel se situent dans la tradition italienne du Dramma per musica avec alternance de recittativo secco et d' arias da capo. Au cours du temps, son style a évolué sans jamais rompre avec cette tradition. Ainsi, il introduit un récitatif accompagné (par exemple dans Orlando) pour mieux renforcer l'expression d'un sentiment particulier. Parfois aussi, il termine un aria sur la seconde partie sans reprendre au da capo mais en enchaînant immédiatement sur un récitatif.
En dehors des arias de soliste, il compose aussi des duos, de rares trios et un seul quatuor. Haendel n'a au début écrit de parties chorales que pour la fin de l'opéra : ils y sont chantés par les protagonistes. C'est seulement en 1735 qu'il semble avoir composé un choeur autonome. la même année, il écrivit des ballets pour les opéras Alcina et Ariodante représentés à Covent Garden car il avait alors à sa disposition un corps de ballet.
Les ouvertures ont la structure "à la française" mise au point par Lully. Les livrets suivent très souvent la tradition vénitienne. Malgré la grande popularité de son contemporain Métastase - dont les livrets furent souvent mis en musique par plusieurs compositeurs successifs - il ne fit appel à cet auteur que trois fois pour ses propres opéras.
[modifier] Musique religieuse
Luthérien comme Jean-Sébastien Bach, Haendel a été en contact avec plusieurs traditions cultuelles chrétiennes : catholicisme en Italie, anglicanisme en Angleterre. Il s'adapte facilement, et son sentiment religieux ne se dément pas, pendant toute sa longue carrière.
La musique religieuse de Haendel comprend quelques œuvres en allemand (ex. Passion selon Brockes), des psaumes en latin, les pièces mises en musique sur des paroles en italien et les œuvres sur des textes en anglais.
Parmi les compositions sur des textes en latin, on distingue tout particulièrement Dixit Dominus, Laudate pueri et Nisi Dominus.
Les premières pièces des débuts à Londres sont d'un caractère intimiste lié à la modestie des moyens d'interprétation dont disposait le compositeur : ainsi des Chandos anthems.
Les autres œuvres religieuses de la période londonienne ont été écrites en général pour la « Chapel Royal » pour des occasions particulières et/ou officielles. Le Te Deum et Jubilate d'Utrecht, composé pour célébrer la conclusion de la paix d'Utrecht est fortement influencé par le style de Purcell.
Parmi les quatre Coronation Anthems de 1727, celui intitulé Zadok the Priest a toujours été joué, depuis le temps de Haendel, à l'occasion des cérémonies du couronnement, la dernière fois en 1952 pour Elizabeth II.
Haendel composa en 1737, à l'occasion des funérailles de la reine Caroline, qui avait été pour lui une amie proche, The Ways of Zion Do Mourn que beaucoup considère comme l'une de ses musiques funèbres les plus poignantes. Il en réutilisa la musique, en la transformant complètement dans l'oratorio Israel in Egypt. C'est lui qui crée l'oratorio en anglais, forme musicale à laquelle il consacre toute la dernière partie de sa vie. Elle lui permet tout à la fois d'exprimer son sentiment religieux et de composer la musique qu'il aime, si proche de celle de l'opéra.
Messiah reste son œuvre la plus connue, interprétée de façon continue en Grande-Bretagne et puis au Royaume-Uni depuis l'époque de Haendel : la tradition de se lever lorsque résonnent les premières notes du grand choeur Allelujah se perpétue depuis lors.
[modifier] Musique pour orchestre
La plupart des compositions orchestrales de Haendel appartiennent aux partitions pour l'opéra et l'oratorio : il s'agit des ouvertures et des intermèdes.
Parmi les œuvres indépendantes pour orchestre, on trouve les six concertos pour hautbois de l'opus 3, qui furent édités en 1734, mais sont d'une composition antérieure, écrits pour différentes occasions ainsi que les 12 concerti grossi de l'opus 6, de 1739. Ces concerti sont dans la tradition de Corelli. La structure est celle de la sonate d'église, mais Haendel a son style personnel, particulièrement dans l'alternance du concertino et du tutti.
Ses concertos pour orgue et orchestre n'ont pas d'exemple antérieur: il crée ce genre qui fera quelques émules (par exemple chez le français Michel Corrette). Ces concertos, avec les concertos pour un ou plusieurs clavecins de Bach sont les premiers concertos de soliste écrits pour instruments à clavier(s). Haendel en jouait la partie soliste pendant les intermèdes de ses opéras, sur l'orgue positif dont il pouvait disposer au théâtre : il n'y a pas, en, principe, de voix au pédalier (ils peuvent donc tout aussi bien être joués au clavecin.
[modifier] Musique de chambre
Six sonates en trio (opus 2) furent publiées en 1733, cependant leur composition s'étend sur de nombreuses années, et les premières remontent peut-être jusqu'en 1703. Ce sont des sonate da chiesa de forme stricte, à quatre mouvements.
Sept autres sonates (opus 5) furent publiées en 1739. Elles possèdent cinq ou six mouvements, parmi lesquels des danses telles que la sarabande ou la gavotte. Ce sont donc des œuvres hybrides entre sonate et suite. De mêmes formes sont les dix sonates solistes de l'opus 1 qui furent écrites entre 1712 et 1726 et éditées en 1732.
Les compositions de Haendel pour le clavecin sont extrêmement nombreuses et ont été écrites principalement comme pièces didactiques ou de circonstance. Les plus importantes, en ce qu'elles ont été publiées sous le contrôle du compositeur lui-même sont les huit suites HWV 426-433 de 1720 ; ceci les différencie d'un second recueil publié en 1730 à Amsterdam, sans son agrément (HWV 434-438). Toutes ces pièces ont en commun, d'une part d'avoir été composées certainement pendant sa jeunesse - mais la datation en est conjecturale - et peut-être pour certaines d'entre elles, pendant son séjour à Hambourg, d'autre part de ne guère respecter la structure traditionnelle de la suite.
Du temps de Haendel, la musique de chambre comprenait aussi bien des œuvres purement instrumentales que des œuvres vocales. Nombreuses sont les cantates profanes pour petit effectif qu'il a composé : plus de 60 cantates pour soliste avec basse continue qui consistent en airs et récitatifs alternés à la façon d'Alessandro Scarlatti. Il faut y ajouter plus de dix cantates avec instruments solistes. La plupart de ces cantates profanes datent du séjour romain de Haendel, lorsqu'il fréquentait Alessandro Scarlatti, Arcangelo Corelli, Bernardo Pasquini, à l'Académie d'Arcadie. Les neuf airs allemands pour voix soliste, instruments et basse continue datent de 1709.
Haendel a composé 21 duos avec basse continue. Deux d'entre eux datent probablement de 1722 ; les autres ont été composés par tiers en Italie, à Hanovre ou à Londres, dans les années 1740. Leur structure diffère profondément de celle des cantates en solo, car il n'y a ni récitatif, ni aria da capo : l'accent est mis sur l'aspect contrapuntique de l'arrangement des voix. Elles suivent l'exemple de compositions similaires par Agostino Steffani.
[modifier] L'art de Haendel
Comme beaucoup de ses contemporains, Haendel est un compositeur extrêmement fécond. Il a produit dans à peu près tous les genres pratiqués à son époque des œuvres qui en représentent bien souvent le sommet, que ce soit en musique instrumentale ou vocale. Dans ce dernier domaine, ce musicien allemand a produit peu d'œuvres dans sa langue maternelle, mais il a rivalisé, en italien, avec les spécialistes italiens de la cantate et de l'opéra et il est, en anglais, le premier successeur et rival digne de Henry Purcell.
Son style, très reconnaissable, allie l'invention mélodique, la verve et la souplesse d'inspiration des Italiens, la majesté et l'amplitude des thèmes du Grand-Siècle français, le sens de l'organisation et du contrepoint des Allemands.
Un trait distinctif est le dynamisme qui émane de cette musique, à l'imitation du personnage : une force de la nature, que l'on devine à l'aise et s'imposant dans n'importe quelle société. Ses thèmes ne savent pas respirer l'ennui, c'est une énergie débordante, une verve d'extraverti qu'on imagine mal peaufiner son ouvrage : Haendel composait très vite et savait inventer, de manière instinctive, des mélodies très populaires, qui coulent de façon évidente et que l'on mémorise avec facilité.
L'importance de sa production va de pair, comme chez beaucoup de ses contemporains, même les plus doués, (Bach, Telemann, Rameau, etc.) avec une réutilisation fréquente de ses thèmes les plus réussis, qu'il n'est pas rare de retrouver parfois à l'identique dans plusieurs œuvres, éventuellement transcrites, transposées, adaptées <ref>Lucien Rebatet, op. cit. page 256</ref>… Le même thème peut passer d'une sonate en trio à un concerto grosso, à un concerto pour orgue, à une cantate. Il n'hésitait pas, par ailleurs, à faire siens des thèmes d'autres compositeurs, et ces emprunts sont nombreux : François Couperin, Georg Muffat, Johann Kuhnau, Johann Kaspar Kerll entre autres lui en ont fourni. Mais il n'était pas seul à le faire, et Bach lui-même était redevable à certains de ses collègues. Multiples versions des mêmes œuvres, sources contradictoires, pillage par d'autres musiciens, éditions pirates faites sans l'aval et la révision du compositeur rendent difficile le travail du musicologue, surtout lorsque la quantité des pièces qui ressortent d'une catégorie (cantates Italiennes, pièces isolées pour le clavecin, …) est si importante. Seuls sept recueils de pièces instrumentales portent un numéro d'opus.
Sa science du contrepoint est très solide, mais étant avant tout praticien, ses recherches en ce domaine ne sont en rien comparables à celles de Jean-Sébastien Bach, musicien sans doute plus spéculatif et plus introverti : il recherche beaucoup plus que celui-ci à faire effet grâce à ses dons dramatiques. Cela explique sans doute que l'un n'ait jamais écrit d'opéra ou d'oratorio à vocation dramatique alors que l'autre y a consacré l'essentiel de sa carrière et de son énergie. Sa profonde compréhension de l'humain, donc des personnages, le prédestinait aussi à cette activité.
En fait, si les deux hommes, exacts contemporains issus de la même région d'Allemagne, représentent ensemble le sommet de la musique baroque européenne et sont morts aveugles après avoir été opérés par le même chirurgien, tout le reste les oppose : Bach, marié deux fois, a eu plus de vingt enfants, dont quatre musiciens doués, quand Haendel est resté célibataire ; le premier n'a quasiment pas quitté sa région d'origine, pendant que l'autre sillonnait l'Europe ; Bach est chez lui dans la musique religieuse alors que Haendel a composé surtout de la musique profane. Bach, a été relativement ignoré de son vivant et bien vite oublié après sa mort alors que Haendel a connu les plus grands succès, avant et après sa disparition, sans connaître l'éclipse de 80 ans qui a fait presque oublier celle de Bach.
Ces deux grands musiciens se connaissaient par leur musique et leur réputation respectives ; ils faisaient tous deux partie de la même société savante et avaient de nombreuses relations communes. Il faut certainement interpréter le fait que Haendel ne se soit jamais dérangé pour rencontrer Bach - alors qu'il hésitait si peu à voyager et à rencontrer tous ses collègues - soit par le sentiment de ne pas être - pour une fois ! - à la hauteur, soit par celui de leur incommunicabilité réciproque.
[modifier] Succès de Haendel
De son vivant, Haendel a connu un important succès en Italie et en Grande-Bretagne, mais aussi en France, où certaines de ses œuvres instrumentales ont été entendues au Concert Spirituel.
Après sa mort, ses opéras sont tombés dans l'oubli, tandis que sa musique sacrée continuait de rencontrer un certain succès, surtout en Grande-Bretagne. Cela s'est traduit notamment par la permanence du compositeur, formant ce que les musicologues appellent le développement du classicisme. Haendel faisait partie des compositeurs interprétés dans les Concerts of Ancient Music.
Beethoven de son côté considérait Haendel comme le plus grand compositeur de tous les temps. Il étudia Haendel durant sa dernière période créatrice et, quelque temps avant sa mort, se fit offrir une édition complète de ses œuvres et projetait d'écrire des oratorios dans le style de son idole. L'ouverture La Consécration de la maison (1822), contemporaine de la Neuvième symphonie, fut une tentative du genre.
Au XIXe siècle, Haendel est surtout apprécié pour son œuvre religieuse, tant en France qu'en Grande-Bretagne. À Paris, Choron contribue pour beaucoup à le mettre à l'affiche des concerts. L'œuvre de Haendel est particulièrement appréciée pour mettre en valeur les chœurs professionnels et les chorales d'amateurs et la célébrité de l'Hallelujah du Messiah est grande. On exécute aussi volontiers certaines de ses compositions particulièrement chatoyantes (concertos pour orgue, Royal Fireworks Music, Water Music ...)
À partir des années 1960, le reste de son œuvre est redécouvert, en particulier ses opéras. Haendel bénéficie pleinement du renouveau de la musique baroque. Plusieurs de ses opéras sont à nouveau montés et enregistrés. Dès lors, la musique instrumentale (de chambre) et la musique vocale profane de Haendel sortent également de l'oubli et il devient l'un des compositeurs les plus joués au monde sur les scènes lyriques.
[modifier] Citations à propos de Haendel
- « Haendel est notre maître à tous. » Joseph Haydn
- « Je suis en train de me faire une collection des fugues de Haendel. » Wolfgang Amadeus Mozart
- « Voici la Vérité ! » Ludwig van Beethoven, montrant l'édition complète des œuvres de Haendel qu'il venait de recevoir.
- « Haendel est le plus grand, le plus solide compositeur ; de lui, je puis encore apprendre ! » Ludwig van Beethoven
- « Je voudrais m'agenouiller sur sa tombe. » Ludwig van Beethoven
- « Israël en Égypte est mon idéal de l'œuvre chorale. » Robert Schumann
- « Haendel est grand comme le monde. » Franz Liszt
[modifier] Voir aussi
[modifier] Lien interne
[modifier] Liens externes
- (en) gfhandel.org - Site très complet
- (it) haendel.it - Site sur Handel et d'autres compositeurs baroques
- (en) Classic Cat - Handel - Guide pour des fichiers mp3
- (en) haendelhaus.de - Biographie
- (fr) www.handel-with-care.net - Site sur Handel
[modifier] Extraits musicaux
| Image:Noia 64 apps kmix.png |
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[modifier] Notes
<references />
[modifier] Bibliographie et sources
- Jean Gallois, Haendel, Editions du Seuil (Collection Solfèges) Paris, 1980. ISBN 2-02-00-5707-7
- Romain Rolland Haendel, Actes Sud - 1ère édition juin 2005. ISBN 2-7427-5454-7
- Lucien Rebatet, Une histoire de la musique chap. XIV Robert Laffont 1985
- Marcel Vilcoski, article Händel (Georg Friedrich) dans la Grande Encyclopédie Larousse en 20 volumes - 1974
- Walter Eisen : Händel-Handbuch, Bärenreiter-Verlag, Kassel,
- 1. - Lebens- und Schaffensdaten, 1983, ISBN 3-7618-0610-8
- 2. - Thematisch-systematisches Verzeichnis. Oratorische Werke, vokale Kammermusik, Kirchenmusik, 1984, ISBN 3-7618-0715-5
- 3. - Thematisch-systematisches Verzeichnis. Instrumentalmusik, Pasticci und Fragmente, 1986, ISBN 3-7618-0716-3
- 4. - Dokumente zu Leben und Schaffen, 1985, ISBN 3-7618-0717-1
- Hans J. Marx: Händels Oratorien, ODen und Serenaden, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 1998, ISBN 3-525-27815-2
- Paul H. Lang: George Frideric Handel, Dover Publications, Mineola, N.Y. 1996, ISBN 0-486-29227-4
- Dean Winton, John Merrill Knapp: Handel's Operas, 1704-1726, Clarendon, Oxford 1987, ISBN 0-19-315219-3
- Dean Winton: Handel's dramatic oratorios and masques, Clarendon, Oxford 1990 ISBN 0-19-816184-0
- Michael Heinemann, Georg Friedrich Händel, Reinbek 2004, ISBN 3-499-50648-3
- Mary Ann Parker-Ale, G. F. Handel: a guide to research, New York, Garland, 1988. ISBN 0-8240-8425-7.
- Burrows, Donald. Handel Oxford : Oxford University Press, 1994. ISBN 0-19-816470-X
- Deutsch, Otto Erich, Handel: A Documentary Biography, 1955.
- Frosch, W.A., The "case" of George Frideric Handel, New England Journal of Medicine, 1989; 321:765-769, Sep 14, 1989. [1]
- Harris, Ellen T. (general editor) The librettos of Handel's operas: a collection of seventy librettos documenting Handel's operatic career New York: Garland, 1989. ISBN 0-8240-3862-2
- Hogwood, Christopher. Handel. London: Thames and Hudson, 1984. ISBN 0-500-01355-1
- Keates, Jonathan. Handel, the man and his music. London: V. Gollancz, 1985. ISBN 0-575-03573-0
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