Gendarmerie nationale (France)
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En France, la gendarmerie nationale est une force de police à statut militaire subordonnée au ministère de la Défense pour les missions militaires et sous tutelle du ministère de l'Intérieur pour les missions de police (la Police nationale dépend du ministère de l'Intérieur).
Les gendarmes sont habituellement chargés du maintien de l'ordre dans les zones rurales et les zones dites « péri-urbaines », alors que la police nationale est chargée des zones urbaines.
La gendarmerie assure des missions diverses qui font sa spécificité :
- Missions administratives : maintien de l'ordre, assistance et secours, circulation routière, police administrative.
- Missions judiciaires.
- Missions militaires : défense opérationnelle du territoire, préparation de la mobilisation, police militaire.
[modifier] Histoire
La gendarmerie nationale est l'héritière d'un corps de militaires chargés de l'ordre public. Ce corps, créé en 1337, était placé sous les ordres du connétable de France, puis après la suppression de cet office en 1626, des maréchaux de France, il portait donc le nom de connétablie, puis de maréchaussée. En 1536 l'édit de Paris précisa ses missions, notamment la surveillance des grands chemins. Les membres de la maréchaussée portaient le titre de "prévôt des maréchaux" et étaient organisés en brigades (4 à 5 hommes tous les 15 à 20 km) à partir de 1720.
Le terme de gendarmerie vient de gens d'armes, synonyme de'homme d'armes et qui désigne à la fin du Moyen Âge et au début de l'époque moderne la cavalerie lourde. Avec le déclin de la cavalerie, la "Gendarmerie de France" devint un corps de l'armée assimilé à la maison militaire du roi. Peu avant la Révolution, la maréchaussée fut placée sous l'autorité administrative de la gendarmerie de France, ce qui explique qu'en 1791 la maréchaussée fut renommée "gendarmerie nationale".
La gendarmerie est régie par deux lois :
- (abrogé par le Code de la Défense) loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798)
- décret organique du 20 mai 1903
Participation aux conflits :
- il y 5 batailles inscrites sur le drapeau
- Bataille d'Hondschoote 1793
- Villodrigo 1812
- Taguin 1843
- Sébastopol 1855
- Indochine 1945/1954
- de 1984 à aujourd'hui.
- la devise est : "Pour la Patrie, l'Honneur et le Droit"
En 2002, conformément à des engagements pris par Jacques Chirac lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2002, les forces de gendarmerie ont été rattachées au ministère de l'intérieur pour leurs missions de sécurité intérieure. Les gendarmes continuaient toutefois à relever du statut militaire. Les brigades ont été réorganisées en communautés de brigades au champ d'action plus large. La Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure a également participé à une nouvelle répartition des forces de gendarmerie et de police en France.
Dirigée par Pierre Mutz jusqu'en 2004, la Gendarmerie nationale l'est à présent par le général d'armée Guy Parayre. C'est la première fois qu'un militaire occupe cette fonction depuis 1947. Les civils ayant occupé précédemment cette fonction étaient traditionnellement issus soit de la magistrature soit du corps préfectoral.
[modifier] Organisation
La gendarmerie est divisée en plusieurs métiers. Elle est présente sur l'ensemble du territoire Français et effectue des missions militaires à l'étranger.
Effectifs 2005 : 103 866 personnels (dont 86 038 d'actifs). Les personnels militaires de la gendarmerie nationale se répartissent en :
- 4 169 officiers et 75 842 sous-officiers de gendarmerie ;
- 154 officiers et 3 729 sous-officiers des corps technique et administratif ;
- 15 757 volontaires aspirants issus du volontariat (AGIV) et gendarmes adjoints volontaires (GAV) ;
- 2 011 personnels civils se répartissent en fonctionnaires, ouvriers d’État et contractuels ;
- 40 000 personnels de réserve utilisés en fonction des besoins du service. Cette réserve n'a pas encore atteint la plénitude de ses effectifs.
[modifier] Liste des différentes subdivisions d'arme de la Gendarmerie
[modifier] Direction Générale de la Gendarmerie Nationale
Elle est installée depuis 1969 rue St Didier dans le XVIème arrondissement de Paris. Cependant, l’expansion au fil des ans a rendu nécessaire un déploiement sur onze autres sites répartis sur la capitale et la proche banlieue de Malakoff (92) ou Issy les Moulineaux(92) à Pontoise (95) ou Rosny-sous-Bois (93)
[modifier] Gendarmerie départementale
Image:Fourgon Gendarmerie 501585 fh000020.jpg La gendarmerie départementale est au contact régulier de la population. Elle assure principalement des missions de police judiciaire ou de police administrative. On la surnomme la blanche, à cause de la couleur de ses insignes.
L'organisation de base est la brigade de gendarmerie, comprenant de 6 à 40 personnes, généralement située au niveau du canton. Les brigades peuvent être organisées en communautés de brigades avec une unité de chef-lieu et des brigades de proximité ou en brigades autonomes.
Chaque brigade est chargée de la surveillance jour et nuit d’une ou de plusieurs communes ainsi que de l’accueil du public. Les gendarmes y reçoivent les plaintes, effectuent les enquêtes administratives et judiciaires et de manière générale répondent aux appels d’urgence.
Les brigades d'un arrondissement forment une compagnie. Les compagnies d'un département forment un groupement et les groupements d'une région administrative forment une région depuis la réorganisation territoriale du 1er juillet 2005. Auparavant les régions prenaient le nom de "légions". On dénombre aujourd'hui 22 régions de gendarmerie départementale.
Ainsi, chaque niveau hiérarchique de la gendarmerie départementale correspond à un niveau de l’administration du territoire. Chaque niveau hiérarchique est commandé par un officier, responsable des unités de la gendarmerie départementale placées sous son ressort. Il est le correspondant en charge de la sécurité publique de l’autorité administrative.
Il existe environ 3 600 brigades.
En plus des brigades, la gendarmerie départementale comporte des unités spécialisées dans certaines missions :
- Les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), regroupés au sein des Compagnies de Gendarmerie Départementale fournissent des patrouilles qui interviennent en renfort des brigades. Soit pour augmenter le nombre de patrouilles dans les rues, soit pour faire face à des évènement particuliers (interpellations, recherche de malfaiteurs…). On trouve en général un PSIG par arrondissement.
- Les unités motorisées, gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance du réseau routier ; ils ne dépendent pas de la compagnie mais de l'Escadron Départemental de Sécurité Routière (EDSR = compétent sur l'ensemble du département d'implantation). On y trouve les Brigades Motorisées, les Pelotons Autoroutiers et les Brigades Rapides d'Intervention, en fonction des EDSR.
- Les brigades et sections de recherche (BR au niveau des arrondissements, BDRIJ au niveau des départements et SR au niveau de la cour d'appel), ne sont constituées que d'officiers de police judiciaire. Elles sont exclusivement chargées des missions de police judiciaire. Elles assistent les brigades, assurent les opérations de police technique et prennent en compte la direction des enquêtes importantes ; elles sont chargées des enquêtes touchant à la moyenne et la grande délinquance.
[modifier] Gendarmerie mobile
Surnommée « la jaune » en raison de la couleur dorée de ses galons, la Gendarmerie mobile a été créée en 1921, du moins dans sa structure actuelle, car la création des premières unités de Gendarmerie mobile remonte au début du XIXe siècle. Ses principales missions : le maintien de l'ordre (MO), le rétablissement de l'ordre, la surveillance du territoire et des dépendances, la garde de points sensibles (ambassades, gares, …), la défense du territoire, le renforcement de la Gendarmerie départementale et depuis quelques années maintenant les opérations extérieures (Opex).
La Gendarmerie mobile est composée depuis la réorganisation territoriale de :
- 24 groupements, dont un blindé à Versailles Satory
- 123 escadrons, chacun commandé par un capitaine
- 17 350 personnels.
Un escadron de gendarmerie mobile (EGM) est composé de :
- 121 personnels
- 4 pelotons de rang dont 1 Peloton d'Intervention (PI) et de 3 pelotons de marche
- 1 peloton Hors Rang (logistique et administration).
Il n'existe plus que 2 types d'escadrons : escadrons portés et escadrons VBRG (véhicule blindé à roues de la Gendarmerie). Les VBC90 (véhicule blindé de combat canon de 90) ont été réformés.
Chaque escadron est différencié selon un numéro, ex: 15/6 à Nîmes.
- 1er chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance
- 2e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement
- 3e chiffre = numéro de l'ex légion d'appartenance. Il n'est pas envisagé de renuméroter ces EGM dans l'immédiat.
Le GSIGN (Groupement de sécurité et d'intervention de Gendarmerie nationale), qui regroupe le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale), l'EPIGN (Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale), et le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République), font partie intégrante de la Gendarmerie mobile.
Les réservistes de la Gendarmerie mobile sont regroupés en escadrons de réserve de gendarmerie mobile (ERGM) dont la dénomination et l'organisation sont calquées sur celles des escadrons d'active, par exemple ERGM 124/1 à Maisons-Alfort.
- 1er chiffre = 1 pour les escadrons de réserve
- 2e chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance
- 3e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement
- 4e chiffre = numéro de la légion d'appartenance.
Les réservistes de la Gendarmerie mobile ne sont pas autorisés à servir au maintien de l'ordre, mais sont plutôt employés sur des missions de service d'ordre (présence lors de grands événements par exemple), ou en renfort d'unités de la Gendarmerie départementale.
Alors que son impuissance à servir en maintien de l'ordre limitait par le passé l'utilisation des réservistes de la Gendarmerie mobile à des renforts aux unités de la Gendarmerie départementale ou aux état-majors, les escadrons de réservistes sous contrat sont de plus en plus amenés à servir en unité constituée, c'est-à-dire escadron au complet.
[modifier] Unités de gendarmerie présentant un caractère d'emploi spécialisé
- Maître chien
- Pilote d'hélicoptère
- Gendarme de montagne - PGHM
- Plongeur
- GSIGN
- Spéléologue
- Police scientifique - IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale)
- Systèmes d'information et de télécommunications
- Pilote de vedette
- brigades et sections de recherches (Police judiciaire).
[modifier] Unités de gendarmerie spécialisées
- Gendarmerie maritime :
La gendarmerie maritime est mise pour emploi auprès du chef d'état-major de la marine. Elle assure :
- des missions de sauvegarde maritime et de police générale dans les eaux territoriales et la ZEE, sous l'autorité du préfet maritime ;
- des missions de police judiciaire sous l'autorité du procureur de la République ;
- des missions de protection des établissements de la marine à terre.
Son effectif compte 1 500 personnes et elle dispose d'une trentaine de patrouilleurs et vedettes répartis sur tout le littoral.
- Gendarmerie de l'air
- Gendarmerie des transports aériens
- Gendarmerie de l'armement
- Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires.
[modifier] Sous-officiers des corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie
- Armurerie (ARM)
- Affaires immobilières (AI)
- Imprimeurs (IL)
- Administration (ADM)
- Auto-engins blindés (AEB)
- Infirmiers (MITHA)
- Restauration collective (RC)
- (filière abrogée) Exploitant des Télécommunications (ETC).
[modifier] Description de certaines subdivisions
[modifier] Garde républicaine
Elle est chargée de missions de sécurité et d'honneur au profit des hautes autorités de l'État et des institutions. Elle est la seule force armée autorisée dans les palais nationaux. Les gardes sont présents à l'Elysée, au Sénat et à l'Assemblée nationale, au palais de justice, à Matignon et dans les principaux ministères. La garde républicaine est composée d'un état major, de deux régiments d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. L'escadron motocycliste est attaché au premier régiment ainsi que la musique d'infanterie. Les membres de ses pelotons d'intervention renforcent régulièrement, de manière ponctuelle, les forces de police et de gendarmerie, lors de missions de maintien de l'ordre, de transferts particuliers, ou d'interpellations par exemple.
[modifier] GSIGN
Le Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale est composé d'environ 320 personnes (23 officiers de carrière et un peu plus de 300 sous-officiers de gendarmerie) spécialement entraînées et équipées pour faire face à des missions périlleuses. Installé à Versailles, le GSIGN comprend :
- le Centre de Formation dont les missions se résument à la formation de stagiaires étrangers dans les domaines de la protection et de l'intervention et à la formation des gendarmes affectés en ambassades ou effectuant des missions de protection
- le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, créé en 1974 (gign)
- l'Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN)
- le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR).
[modifier] IRCGN
L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) est situé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis, 93). L'unité gendarmerie d'identification des victimes de catastrophes (UGIVC), membre de l’unité nationale d'identification des victimes de catastrophes (UNIVC), fait partie intégrante de l'IRCGN.
[modifier] Cigaville, ville d'entraînement
Cigaville est une ville artificielle d'entraînement pour les missions de la Gendarmerie située à Saint-Astier en Dordogne, dans l'enceinte du CNEFG. L'ensemble des EGM (Escadrons de Gendarmerie Mobile) de France viennent périodiquement en évaluation. C'est dans ce centre que sont également dispensées l'ensemble des formations ayant trait à l'intervention professionnelle des militaires de la Gendarmerie.
[modifier] Tenue
Depuis le chapeau tricorne puis bicorne les gendarmes sont longtemps restés fidèle au képi. Malgré tout, une refonte de la tenue est engagée en 2004 pour doter les gendarmes de nouveaux uniformes, plus pratiques. Dans cette nouvelle tenue, une casquette remplace le képi qui n’est plus utilisé que pour les missions de représentation.
L'uniforme de service courant porté jusqu'en 2004 n'avait pas évolué depuis 1990 avec l'apparition du pull over et d'une veste noire microporeuse. La nouvelle tenue est plus moderne et plus confortable lors des nombreux services externes sous toutes les conditions climatiques. Elle se compose d'une veste aux nuances bleue et noire avec des sérigraphies « gendarmerie », d'une veste polaire reprenant l'allure générale du pull actuel et d'un polo bleu ciel « type lacoste » manches courtes ou longues (pour la tenue hiver). Le pantalon est semblable aux pantalons de treillis, mais de couleur bleu sombre. Les chaussures sont des rangers souples. Cette tenue se porte avec une nouvelle casquette « type golf » et non « type Police » avec une grenade brodée apparente or ou argent selon la subdivision d'arme. La tenue est aussi équipée d'un nouveau ceinturon à attache rapide et d'un étui spécifique pour la nouvelle arme de service le SIG PRO.
Cette tenue sera déployée dans les unités jusqu'en 2006. Elle ne fait pas obstacle au port des anciennes tenues pour le service de relation publique (réunion, prise d'arme, délégation, etc.) et administratif.
[modifier] Cinéma
Il existe une série de films célèbres sur la gendarmerie, avec notamment Louis de Funès dans le rôle principal : (le Gendarme de Saint-Tropez, le Gendarme en balade...). A la télévision, deux séries sont axés sur la gendarmerie : Une femme d'honneur et Section de recherches.
[modifier] À l'étranger
La linguistique (gens d'armes) situe à l'évidence la naissance de la gendarmerie en territoire francophone sinon français. Le concept s'est néanmoins répandu et continue d'exister dans plusieurs territoires francophones, mais également non-francophones.
Exemple "amusant" de l'exportation du concept : en Turquie, le terme gendarme a été turquisé en jandarma.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
- CRS
- École militaire
- Garde républicaine
- Grades de l'armée française
- Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale
- Inspection technique de la gendarmerie nationale
- Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale
- Peloton de gendarmerie de haute montagne
- Police nationale
[modifier] Liens externes
- Site officiel de la Gendarmerie
- 3P - Vente d'uniforme et d'accessoire agréés DGGN
- Annuaire des sites Gendarmerie
- Branche judiciaire
- Centre National d'Entraînement des Forces de Gendarmerie
- Direction générale de la Gendarmerie nationale
- Encyclopédie illustrée sur la Gendarmerie nationale
- Ecoles de la gendarmerie
- Retrouvez vos collègues de la gendarmerie
- Site des gendarmes et des policiers
- Site du Service historique de la Gendarmerie nationale
- Freegie - Les Gendarmes au service de l'environnement et des enfants
- Ecofree - Les "éco-Gendarmes"
- Gendarmerie et transports routiers
[modifier] Bibliographie
- Une police judiciaire...militaire? La gendarmerie en question, Jean-Hugues Matelly, Paris, L'Harmattan, 2006, ISBN 2-296-01312-0
- Gendarmerie Nationale : les soldats de la loi, Richard Lizurey, Paris, Editions PUF, 2006, ISBN 2-13-055092-4
- Malaise dans la gendarmerie, Florence Samson, Jean-Yves Fontaine, Paris, Editions PUF, 2005, ISBN 2-13-054904-7
- Gendarmes, Au cœur de l'action, Claude et Christophe Dubois, Paris, éditions ETAI, 2004, ISBN 2-7268-9401-1
- Vivre en caserne à l'aube du XXIe siècle. L'exemple de la gendarmerie, Sylvie Clément, Paris, L'Harmattan, 2003, ISBN 2-7475-4966-6
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