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Fusillade du 9 novembre 1932

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La fusillade du 9 novembre 1932 est un événement tragique qui a lieu à Genève (Suisse).

De jeunes recrues faisant face à une manifestation ouvrière contre le fascisme à Plainpalais, quartier de la ville de Genève, tirent sans sommation sur la foule faisant 13 morts et 63 blessés.

En réaction à cet événement, une grève générale aura lieu quelques jours plus tard.

Sommaire

[modifier] Contexte

Lors des élections cantonales de 1930, le Parti socialiste compte 37 sièges au Grand Conseil mais n'est pas représenté au Conseil d'État où l'on ne trouve que des représentants de droite. En 1931, la gauche dénonce une série de scandales politiques et financiers et un conseiller d'État radical est contraint à la démission.

Genève compte 178 374 habitants en 1932. 93 249 sont actifs mais plus de 8 000 personnes sont au chômage dont 1 410 seulement reçoivent de l'aide des caisses d'assurance-chômage. Dans ce contexte, l'Union nationale de Géo Oltramare rêve d'instaurer une dictature fasciste. L'un de ses membres siège au Conseil d'État aux côtés des radicaux et des libéraux. Leurs défilés en uniforme dans les rues n'ont qu'une cible : le Parti socialiste de Léon Nicole et Jacques Dicker, et avec lui, tout le mouvement syndical et la gauche genevoise.

[modifier] Chronologie

  • Février : Lors de la conférence sur le désarmement, le Conseil d'État fait appel à l'armée qui montent des mitrailleuses sur des camions des travaux publics.
  • Juin : La fusion de l'Ordre politique national (fasciste) et de l'Union de défense économique (issue des milieux patronaux) crée l'Union nationale (UN).
  • 5 novembre : Apparition de l'affiche de l'UN annonçant la mise en accusation publique des sieurs Nicole et Dicker pour le 9 novembre à 20h30 dans la salle communale de Plainpalais.
  • 6 novembre : Le Parti socialiste demande l'interdiction de l'assemblée de l'UN.
  • 7 novembre : Réponse négative du Conseil administratif de la ville.
  • 8 novembre : Réponse négative du Conseil d'État. L'assemblée générale du Parti socialiste décide d'une contre-manifestation pour le lendemain.
  • 9 novembre
    • 17h30 : Arrivée des 610 soldats envoyés par le département militaire fédéral à la demande du Conseil d'État.
    • 19h10 : Arrivée des premiers contre-manifestants.
    • 20h30 : Début du meeting de l'UN.
    • 21h15 : La 1re compagnie, soit 108 hommes, se dirige vers la salle communale afin d'assurer la tenue du meeting. Elle traverse alors la queue de la contre-manifestation qui désarment 18 soldats.
    • 21h34 : La troupe acculée au Palais des expositions ouvre le feu sur le commandement du major Perret et sans sommation : 13 personnes sont tuées et 65 blessées.
  • 10 novembre : Léon Nicole et d'autres socialistes sont arrêtés et rendus responsables de ces événements puis condamnés par une cour d'assises fédérale.
  • 12 novembre : lancement d'une grève générale

[modifier] 13 victimes

  • Henri Fürst, 38 ans, mécanicien, président du Parti communiste genevois (le premier à avoir été abattu)
  • Francis Clerc, 54 ans, fraiseur (dont le fils faisait partie des recrues venues de Lausanne)
  • Edouard Quillet, 34 ans, employé à l'Armée du salut
  • Edmond Junod, 29 ans, mécanicien
  • Jean-Pierre Larderaz, 23 ans, employé de commerce
  • Emile Henry, 55 ans, batelier
  • Gabriel Loup, 57 ans, patron boulanger
  • Oscar Maurer, 25 ans, employé de banque (tué alors qu’il sortait des cours du soir)
  • Emile Guignet, 27 ans
  • Melchior Allemann, 31 ans, employé d'hôtel et militant socialiste
  • Hans Brugger, 28 ans
  • Alphonse Kolly, 41 ans
  • Marius Rattaz, 36 ans, régent principal à Chêne-Bourg, mort le 14 novembre des suites de ses blessures

[modifier] Liens externes

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