Fresque
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Le terme de fresque est souvent utilisé improprement dans le langage courant en désignant la peinture murale en général et rarement la technique. Le mot fresque vient de l'italien « a fresco » qui signifie « dans le frais ». C'est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation se fait sur un enduit, appelé intonaco, avant qu'il ne soit sec.
Le fait de peindre sur un enduit qui n'a pas séché permet aux pigments de pénétrer dans la masse, et donc aux couleurs de durer plus longtemps qu'une simple peinture. Son exécution nécessite une grande habileté, et se fait très rapidement, entre la pose de l'enduit et son séchage complet.
Sommaire |
[modifier] Étapes de la fresque
[modifier] La création du mortier (entre 5 et 6 cm appelé Ariccio)
Sur un mur, sain et robuste, l'artiste préparait un mortier à base de chaux et de sable, qu'il étalait par la suite en le laissant rugueux (d'où son nom "arricio"). Le choix de la chaux comme mortier n'était pas seulement du à ses qualités artistiques mais à ses grandes capacités de conservation des pigments.
L'enduit était constitué de sable(silice) et de chaux en proportions variables (on ajoute plus ou moins de chaux en fonction de la finesse voulue pour l'enduit). La dernière couche était constituée à parts égales de chaux et de sable (c'est la couche la plus lisse et la plus fine).
On faisait généralement trois couches d'enduit successives. Chaque pose doit être séparée de quelques heures dans un ordre décroissant de temps. La première couche doit être faite plusieurs jours avant le départ de la peinture, la seconde la veille et la dernière en moyenne 12H avant. La periode où l'artiste peut peindre se situe sur un intervalle très court de quelques heures.
[modifier] L'esquisse
Après séchage, l'artiste esquisse au charbon la figure voulue. Puis à l'aide d'ocre et de sinopia (couleur à base de terre rouge) l'artiste ombre et précise les contours.
[modifier] Préparation de l'enduit (couche d'environ 5 mm appelée Intonaco)
Après avoir esquissé la figure voulue, l'artiste applique sur l'arriccio sec mais humidifié au préalable, l'intonaco, enduit à base de chaux aérienne, lissé à la truelle. C'est lui qui recevra les tons de couleurs, d'où "intonaco". L'artiste doit prévoir la quantité suffisante à une journée de travail (cette surface entre 1 et 4 m² est appelée "giornata" ). En effet la peinture doit être réalisée sur l'enduit encore frais.La préparation de la chaux est complexe car différente suivant la couche à enduire et doit être travaillée à la main et non via une bétonnière. L'utilisation d'une gache est alors obligatoire.
Si la surface à peindre est importante il est indispensable que les maçons et peintres travaillent ensemble mais dans des sections séparées du mur. C'est le maçon qui en général indique au peintre que le mortier est prêt, la technique pour le déterminer est simple mais repose uniquement sur l'experience de celui-ci. Le mortier doit encore être humide et ne plus coller au doigt. La peinture pourra alors recouvrir le mortier sans trop le pénétrer pour perdre de son intensité, on dit que le mortier est "amoureux".
[modifier] La peinture
La peinture est préparée à l'aide de pigments naturels tel que les oxydes métaliques ou des terres. La préparation de pigments naturels se fait par pilage des cristaux et mélange avec de l'eau de chaux. L'eau de chaux est l'excès d'humidité qui se dégage de la chaux qui a été préalablement mise au repos. La peinture à fresque demande des pigments spécifiques, tout pigment utilisé pour la peinture a secco (à sec) ne convient pas toujours au procédé a fresco. Ceci explique que certains morceaux colorés disparaissent plus vite que d'autres (et le noircissement de certaines des fresques de saint François d'Assise, pour lesquelles le peintre a utilisé du blanc de plomb)…
Les pigments réagissent avec la chaux et pénétrent en profondeur tant que le mélange n'est pas encore sec (chaque zone est appelée giornata car elle devait être pigmentée dans la journée). Ce procédé ne permet pas de faire de grandes surfaces au départ.
La peinture s'effectue rapidement, le peintre est adroit et précis, chaque erreur est le plus souvent irréparable. La peinture est le plus généralement commencée en haut à droite de la surface peinte afin que les coulures et les éclaboussures ne détériorent pas le travail déjà éffectué.
Auparavant le peintre effectue une première couche de peinture au "Verdaccio" ombrant et entourant les esquisses réalisées au préalable sur l'ariccio. Il peut également reporter son dessin préparatoire à l'aide de 2 techniques :
- le poncif (les grandes lignes du travail, dessinées sur feuille, sont percées de petits trous au travers desquels on fait passer l'ocre contenue dans une poncette)
- le calque gravé (les grandes lignes du calque sont reportées par gravure sur l'intonaco)
[modifier] L'intérêt de la fresque
La peinture à fresque conserve plus longtemps les couleurs que la peinture sur support classique. Premièrement l'enduit étant frais, les couleurs s'imprègnent dans l'intonaco, deuxièmement, l'intonaco contient une substance appelée calcin qui, durant le séchage de l'enduit, migre vers la surface et se superpose à la peinture créant ainsi une couche protectrice. Cette réaction chimique appelée carbonatation (par évaporation de l'eau de l'enduit, le gaz carbonique de l'air se combine avec l'hydroxyde de calcium de la chaux pour former une pellicule de carbonate de calcium, le calcin) est caractéristique de la peinture à fresque et lui confère cohésion et dureté.
Les fresques étaient polychromes mais les problèmes d'argent limitaient souvent le nombre de couleurs. À Saint-Savin dans la Vienne par exemple on trouve 4 couleurs sauf dans le chœur où l'on rajoute du bleu plus cher sur une surface moindre. L'eau par exemple était souvent peinte en blanc et mise en évidence par des traits ondulés.
[modifier] La fresque hier, aujourd’hui et demain
À Lascaux déjà, les pigments sont fixés sur les parois comme dans une fresque par une croûte de carbonate de calcium formée au cours des siècles. Au néolithique, on peint sur un enduit blanc sec, et c’est vers 2000 avant J.C. en Mésopotamie et en Égypte, que l’enduit de chaux est frais. Les écoles asiatiques, les Grecs et les Romains développent la technique. Les formidables fresques de Pompéi nous prouvent la pérennité du procédé.
En France, la technique connaît son apogée dans l’art romain qui aime la plénitude, la puissance, la monumentalité. Saint-Savin-sur-Gartempe, la « Chapelle Sixtine de France » en est le parfait exemple. Mais le style gothique réduit les surfaces planes et la fresque disparaît.
En Italie au contraire, au temps de la Renaissance, de Giotto à Michel-Ange, c’est un âge d’or. Mais dès le XVIe siècle, l’éclat et le modelé d’un nouveau procédé concurrence la fresque : la peinture à l’huile. La peinture murale décline lentement mais inexorablement. Au XIXe et au début du XXe siècle, quelques artistes nostalgiques d’un art monumental essaient de faire revivre la fresque – avec des succès très inégaux. Mais les réalisations de Diego Rivera au Mexique, de Ducos de la Haille au Musée des Arts Africains et Océaniens à Paris, ou de divers peintres en Sardaigne (notamment à Orgosolo) prouvent l’intérêt d’une conception moderne de cet art.
Aujourd'hui, on peut trouver un enseignement technique dans certaines écoles d’art, des stages, des traités techniques comme ceux de Baudouin, Petresco, Prieur.
Le plus grand obstacle est le manque de commande. La fresque, art public et social depuis des millénaires, n’intéresse plus les pouvoirs publics. La mode urbaine des « murs peints » recourt à d’autres techniques comme l’acrylique. La fresque trouve donc un refuge dans les maisons des particuliers qui savent apprécier sa résistance, sa luminosité, sa beauté intrinsèque.
La renaissance de la fresque nécessiterait la formation des artistes, des commandes privées et publiques mais surtout la conscience d’un art accessible et inégalable qui nous vient des origines de l’humanité.
[modifier] Fresques médiévales et Renaissance
Sont connues comme les plus vieilles fresques de France et d'Europe :
- le Christ cavalier roi des rois ou cavalier de l'Apocalypse de saint Jean dans une crypte du XIe siècle sous la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre
- Les fresques de Giotto dans la Basilique supérieure de Saint-François à Assise et dans la Chapelle des Scrovegni de l'Église de l'Arena à Padoue, (fin du XIIIe siècle et début du XIVe siècle), classées sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
- les martyres de Saint-Savin et Saint-Cyprien à l'église abbatiale du IXe siècle de Saint-Savin-sur-Gartempe dans la Vienne à côté de Poitiers dans le plus grand ensemble de fresques de France de ce fait classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1984.
- les fresques de l'église carolingienne de Saint-Pierre-les-Églises près de Chauvigny dans la Vienne, sont peut-être les plus anciennes fresques d'Europe occidentale puisque on situe leur date antérieure au Xe siècle.
- Les fresques des voûtes et la fresque du Jugement dernier peintes par Michel-Ange pour la Chapelle Sixtine au Vatican.
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[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- Site sur la peinture italienne
- Site sur les fresques toscanes
- Peintures murales, trompe-l'œil et anamorphose
- www.trompe-l-oeil.info 9000 photos de fresques murales urbaines : 1000 murs de France et d'Europebs:Freska
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