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Franquisme

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Le franquisme désigne le nom donné au régime politique espagnol sous la dictature du général Francisco Franco, entre la fin de la guerre civile de 1936, et la dissolution des institutions franquistes en 1977, durant le processus de la Transition démocratique espagnole.

Le régime qui prend forme à partir du 1er octobre 1936 n'est pas une idéologie politique en soi mais un ensemble de valeurs conservatrices et nationalistes basées sur l'autoritarisme et établi par les forces victorieuses de la guerre civile, rassemblées autour de la figure patriarcale de Franco.

Les principales caractéristiques de cette dictature évolueront en plusieurs étapes durant les 37 années de régime. Au franquisme triomphant de 1939, qui se nourrit des vertus martiales et des mythes impérialistes, succèdera une étape moraliste et pieuse qui fait du prêtre le héros espagnol par excellence. Puis, les impératifs diplomatiques mettront un terme à l'autarcie économique et inscriront le développement capitaliste à l'ordre du jour. Enfin, après quelques velléités d'ouverture dans les années 60, les années soixante-dix virent le régime se crisper pour se terminer finalement dans la répression.

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Thèmes connexes
L’empire colonial espagnol
La politique de l’Espagne
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Sommaire

[modifier] Lois Fondamentales de l'État franquiste

Les Lois Fondamentales de l'État (Royaume) ou, Leyes Fundamentales del Ėstado (Reino) sont connues comme l'ensemble de sept lois qui organisaient les pouvoirs de l'État pendant le régime du général Franco. Plus que d'une Constitution, il s'agissait d'une Charte accordée, puisqu'elles n'avaient pas été élaborées ni approuvées par des représentants populaires.

  • Charte du Travail de 1938. Elle fut influencée par la Carta di Lavoro. Elle régule et organise le travail et la vie économique. On y établit les limites d'une journée de travail et les rétributions minimales, mais toutes ces concessions étaient soumises à l'intérêt de la nation.
  • Loi Constitutive des Cortès de 1942. Elle fut élaborée dans la perspective de la victoire des alliés. On crée des cortès comme instrument de collaboration et auto-limitation, pour préparer et élaborer les lois.
  • Loi du Référendum National de 1945. On établit l'utilisation du référendum pour les affaires importantes. La loi de Succession du Chef de l'État rend obligatoire le référendum pour modifier les lois fondamentales.
  • Loi Organique de l'État de 1967. On énumère les fins de l'État, on fixe les pouvoirs du chef de l'État et on déclare sa responsabilité politique.

Postérieurement à la mort de Franco, une autre loi sera approuvée avec rang de Loi Fondamentale, la Loi pour la Réforme Politique de 1977 qui, en réalité, établit les conditions minimales pour choisir des Cortès par le suffrage universel et habilite pour la même procédure à la réforme constitutionnelle des lois fondamentales. Celle-ci fut l'instrument juridique qui avait permis d'articuler la Transition espagnole.

Cet article fait partie
de la série sur le Fascisme.

sous-série sur la Politique

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[modifier] Caractéristiques du régime

  • Substitution de la démocratie parlementaire par le système de la Démocratie organique.
  • Retour au centralisme bourbonien, refus de tout droit politique, linguistique ou culturel aux régions (Pays Basque et Catalogne en particulier).

[modifier] Idéologie

L'idéologie franquiste exaltait une Espagne traditionaliste et antimoderniste, fondée notamment sur la religion catholique et le corporatisme. Elle doit beaucoup au départ à la Phalange fondée en 1933 par José Antonio Primo de Rivera dans la mouvance du fascisme italien. Elle se présentait comme une relecture de la pensé traditionaliste qui avait séduit la classe dirigeante après la Restauration bourbonienne de la fin du XIXe siècle. D'autres apports complèteront cette "idéologie franquiste" tels l'évocation mythique d'un passé glorieux (l'esprit de croisade reconquérante des rois catholiques), le réflexe anti-libéral hérité de l'absolutisme de Ferdinand VII ou encore l'hostilité viscérale qu'inspirent au caudillo le marxisme, la libre pensée et la franc-maçonnerie.

[modifier] Idéologie

On assimile parfois Franco au fascisme. En fait le fascisme espagnol est d'abord muselé, puis détruit par Franco. L'idéologie franquiste procède d'un esprit conservateur et réactionnaire, ce qui contredit les ambitions sociales et les visées expansionistes du fascisme.

La propagande franquiste met l'accent sur les valeurs traditionnelles nationalistes et religieuses, dont le sommet est le terme de "croisade" qui en est le leitmotiv. Le solgan franquiste España una, grande y libre insiste sur l'unité, la grandeur et l'indépendance de l'Espagne.

[modifier] Le national-catholicisme

Dès le début de la guerre civile, une grande partie de l’église catholique s'était ralliée et avait apporté son appui à Franco, mais l’attitude du Vatican demeura secrète et ambiguë à maint égards.

Franco reconnaît le catholicisme comme religion d’État (signature d'un concordat), rétablit le budget du culte, rétablit des aumôneries dans les écoles, les syndicats, l’armée. Vers la fin de la guerre civile, la Phalange est progressivement écartée du pouvoir au profit de l’Eglise catholique. Ainsi le franquisme s'oriente davantage vers un cléricalisme et l’Eglise catholique d’Espagne devient étroitement liée au pouvoir et participe activement à la persécution des opposants politiques. Le clergé mena régulièrement des actions de délation auprès des tribunaux franquistes à l'encontre des paroissiens restés fidèles aux idées républicaines ou des communistes (ex-communiés par définition).

Elle a aussi étroitement collaboré en fournissant le personnel des établissements pénitentiaires, notamment auprès des prisons pour femmes et des maisons de correction pour jeunes. Les ex-détenus ont publiquement accusé le personnel clérical d'appliquer des mauvais traitements sur les plans physique et psychologique. L’Eglise est représentée au début surtout par l’action catholique, puis ensuite dans les années 1960 par l’Opus Dei.

[modifier] Organisation de l'État

Depuis les premiers décrets de son beau-frère et ministre, Ramón Serrano Súñer (1938-1942) jusqu'à la fin du régime, en passant par le règne censorial de Gabriel Arias Salgado, (1951-1962), le régime mit en place un kaléidoscope d'organismes plus ou moins concurrents qui se sont assignés pour tâche de contrôler l'éducation et toute forme culturelle ou artistique. Enfin sous l'impulsion d'Arias Salgado, une structure administrative qui deviendra peu après le ministère de l'Information et du Tourisme fait quadriller l'ensemble du territoire national par de vigilants "délégués" départementaux dévoués aux principes.

[modifier] Le Parti unique

blason de l'Espagne franquiste à Madrid en 2005

Le Mouvement national est le seul parti autorisé en Espagne à partir de 1937. Franco préside son bureau politique et nomme environ le quart des membres de son conseil national.

Depuis avril 1937 (date de dissolution des partis politiques), la Phalange Traditionaliste et de las J.O.N.S. (FET-JONS) et différents groupuscules de droite sont regroupés au sein d'un parti unique et unificateur, le Movimiento, permettant à Franco de s'approprier les arcanes du pouvoir.

Parmi ces groupuscules et partis de droite aux différentes tendances idéologiques et sociologiques, on distingue : des anticommunistes, des "petits bourgeois", des fascistes, des anticléricaux, des conservateurs, des réactionnaires, des démocrates-chrétiens, des carlistes, des monarchistes, des républicains conservateurs… Franco saura parfaitement manœuvrer au sein du movimiento tous ces courants opposés.

Son influence cependant fut déterminante au cours du conflit et pendant l'immédiate après-guerre bien que le radicalisme pur et souvent sincère de ses premiers leaders ait péri avec eux dans les combats. Bien que les phalangistes aient siégé dans la plupart des gouvernements de Franco, il fut difficile de percevoir dans ce mouvement un défenseur efficace du régime. D'autre part beacoup des anciens phalangistes de l'époque Primo de Rivera étaient des hommes assez âgés ou des hommes d'affaires, habiles qui tirèrent profit de l'expansion industrielle et économique mais aussi de la corruption et du mercantilisme que connu l'Espagne sous le régime franquiste.

[modifier] Démocratie organique

Dans la démocratie organique, la volonté populaire est representée par la famille, la municipalité et le syndicat. La désignation des représentants devant les Cortès ne se fait pas au suffrage universel mais par désignation du gouvernement, ou élus par des corporations économiques et culturelles (système du corporatisme).

[modifier] Les syndicats verticaux (sindicatos)

Ces derniers sont responsables devant le ministre de la Phalange en tant que tels. Il constitue une sorte d'alternative de front du travail de la Phalange, réunissent les travailleurs, les employeurs et le gouvernement dans des groupements selon le type de métiers ou d'industrie. Le chef de chaque syndicat est nommé par Franco. Ce national-syndicalisme est bureaucratisé et officiel est fondé sur un principe : toutes les questions relatives au travail relèvent d'une commission tripartite. Si un employeur n'a pas le droit de licencier un travailleur ni de le payer au seuil d'un salaire minimum, ce dernier ne peut user le droit de faire grève. Lorsque un conflit de travail se produit, il est réglé au siège local du syndicat par une commission mixte. On peut par contre mesurer le courage extraordinaire qu'il fallut aux mineurs de charbon asturiens pour mener une grève efficace que celle de 1962. Il durent assumer sur le plan financier le coût de la non-indemnisation de leur action.

[modifier] Le système judiciaire

Les juges peuvent être nommés à des postes peu recherchés par le ministre de la justice de Franco. Les juridictions civiles peuvent être également déssaisies au profit de tribunaux militaires. Ces derniers sont issus directement de l'autorité des Forces Armées dont Franco est le chef suprême. Leur mission consiste en ce que chaque fois que le gouvernement souhaite qu'une affaire soit jugée rapidement et secrètement, ils décident qu'elle engage la sécurité de l'État et la renvoient devant un tribunal militaire.

[modifier] La figure du Caudillo, un nouveau culte de la personnalité

Image:Franco wall.jpg Proclamé chef de l'Etat, Franco est responsable seulement devant Dieu et la nation, chef du conseil suprême de la défense. Appelé Caudillo, les monnaies frappées sous le régime affirment que Franco est Caudillo d’Espagne par la grâce de Dieu. Ce qui lui confère un pouvoir de droit divin. Par ailleurs il renforce par ce biais en Espagne le mythe de l'Hispanité et celui du ¡Viva Cristo Rey!.

La loi du 8 août 1939 concentre tous les niveaux de pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) entre les mains du dictateur. Le Caudillo dirige le pouvoir militaire jusqu'à la fin de la dictature. Beaucoup de généraux sont présents dans les gouvernements de Franco. Il arbitre cette armée grâce à son habileté à ménager les différents courants sans en favoriser aucun en particulier.

En 1945, Franco proclama une "Déclaration des Droits de l'Homme" (Fuero de le los Españoles), tout en assouplissant une loi de 1937 obligeant militaires et fonctionnaires à faire le salut fasciste lors des cérémonies officielles.

[modifier] Restriction de libertés

[modifier] Espagne franquiste et droit de la presse

  • C'est durant la guerre civile, dans les zones conquises que les militaires promulguent, avec la loi de 1938, une première censure concernant la liberté de la presse, et contrôlent l'encadrement des journalistes. Seule la presse dépendant directement de l'Église catholique échappe au contrôle de cette censure.
  • En 1966, une nouvelle loi réformiste tend à libéraliser le droit à la liberté d'expression, toutefois, les sanctions du régime appliquent des sanctions sous forme de fortes amendes, voire de saisie de certains périodiques ou ouvrages, ce qui amène la presse à pratiquer une politique d'autocensure. Après avoir bénéficié d'une grande liberté, la presse catholique dissidente fera l'objet d'un contrôle des fonctionnaires du ministère de l'Information.

Il est à noter que l'Eglise catholique espagnole continua dès cette époque à appliquer une forme de censure sur l'ensemble des médias. Elle prit le contrôle des réseaux radiophoniques, notamment la chaîne COPE, et les publications des Éditions catholiques actionnaire de la presse périodique de Madrid comme Ya. L'Église catholique institua en son sein la formation et la formation continue des journalistes à l'Université Menéndez Pelayo et dispensa les cours à l’Instituto del Periodismo.

[modifier] Evolution du régime

[modifier] 1939-1949 : L'après-guerre civile et isolement international

Le franquisme est donc bien installé au sortir de la guerre en Espagne. Le régime est d’ailleurs soutenu par une partie des Espagnols qui furent marqués par l’exécution des 6000 prêtres par le fanatisme de certains Républicains durant la guerre civile. Certaines catégories sociales appuient le Caudillo plus que d’autres : il s'agit des grands propriétaires terriens, de la haute bourgeoisie industrielle et financière, des classes moyennes choquées par la dureté de la vie en zone républicaine pendant la guerre… Selon Franco, le pays avait besoin d’une direction et non d’une doctrine. Ce régime dictatorial n’a pas de fondements doctrinaires. Franco n’apporte pas d’idées politiques nouvelles. Le franquisme va évoluer en privilégiant certains acquis plus que d’autres par la suite.

  • L'autarcie d'après-guerre

En 1939, l'Espagne est un pays ruiné et décimée démographiquement. La faim et l'extrême pauvreté étaient la réalité quotidienne d'une grande partie de la population. La solution que donna le régime franquiste à la pénurie économique fut semblable à celles créée par l'Italie mussolinienne, et consolidée par l'Allemagne nazie: l'autarcie, un polittque économique basée sur la recherche de l'autosuffisence économique et l'intervention étatique.

L'interventionisme s'étendit en grande partie sur l'économie nationale. L'État fixait les prix agricoles et obligea les paysans à donner les excédents de leurs récoltes. L'Instituto Nacional de Industria (Institut National de l'Industrie, INI) fut créé en 1941, pour mieux controler l'industrie espagnole exangue, et établir un contrôle rigide sur le commerce extérieur.

  • un régime répressif

Suite à la guerre et jusqu’en 1944, le régime est très répressif : anciens Républicains emprisonnés (500 000 détenus en 1940), exécutions capitales d’opposants… Franco achève la contre-révolution débutée en 1936.

  • le franquisme pendant la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Franco passe de la neutralité à la non-belligérance en 1940 (entrevue avec Hitler à Hendaye). Il envisage d'entrer en guerre en échange de Gibraltar et du Maroc français, mais l'échec allemand dans la bataille d'Angleterre l'incite à la prudence. Il se contente de développer les échanges commerciaux avec l'axe, d'offrir un relais radio aux sous-marins et aux services secrets allemands, puis d'envoyer une division de volontaires antisoviétiques, la división Azul. Les réfugiés politiques et les juifs qui fuient l'occupation allemande sont internés, mais non livrés au Reich. A partir de 1943, ils sont autorisés à gagner discrètement le Portugal et l'Afrique française libre.

  • Un grand échec économique, et la période post-1945

Les années d'après-guerre furent marquées par une régression importante en matière d'économie. Le naufrage de la production agricole et industrielle s'accompagna de bonds en arrière: le secteur primaire redépassant les 50% du revenu national. Dans un context de pénurie et d'intervention de l'État, le marché noir, et la corruption généralisée vinrent étouffer l'économie du pays. Cette situation fut fortement agravée par la conjoncture internationale. En effet, l'Espagne sortit isolée de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), unanimement condamnée, comme alliée de l'Axe.

En 1944, des groupes d'exilés républicains, anciens maquisards en France, repassent les Pyrénées et tentent de lancer une guérilla contre le régime franquiste. Isolés, divisés (communistes contre anarchistes), probablement trahis, ils sont rapidement mis hors de combat.

Pendant cette période, le rôle de la Phalange dans l’exercice du pouvoir est déterminant. Elle contrôle la police politique, l’éducation nationale, l’action syndicale, la presse, la radio, la propagande et toute la vie économique et syndicale. En 1947, est affirmé le caractère monarchique de l’État espagnol. L’Espagne est un royaume sans roi où Franco décidera de qui régnera et quand.

Le régime modère son idéologie fascisante dans les années 60 pour une conception plus libérale du pouvoir politique et de l'économie; il le reste beaucoup moins au niveau des mœurs et de son imprégnation du catholicisme.

[modifier] 1950-1959 : Alliance avec les États-Unis et Guerre froide

Image:Franco eisenhower 1959 madrid.jpg

Les années 50 marquent la fin de l'autarcie. L'échec évident du modèle isolationniste fit opter au régime fraquiste un changement de cap en terme de politique économique, dès le début des années 50. On assista à une libéralisation partielle des prix et du commerce et une plus grande liberté quand au commerce des biens. En 1952, on mit fin au rationnement des aliments. Ces mesures ramenèrent une certaine croissance économique, et en 1954, on redépassa enfin le PIB/habitant de 1935, l'Espagne avait donc perdu vingts ans en matière de développement économique. En avril de la même année, Juan Carlos est désigné comme successeur de Franco à sa mort. Il devra sa légitimité à l’investiture de Franco et non à l’hérédité dynastique.

La guerre froide permet à Franco de bénéficier du plan Marshall en 1950 et d'accueillir et défiler à Madrid triomphalement avec le président Dwight Eisenhower, un des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. En 1953, Franco a conclu un traité avec les USA, les Pactes de Madrid, qui confère à cette puissance un accès à plusieurs bases militaires et navales espagnoles en échange d’une aide militaire et économique faisant de l'Espagne un membre important du bloc anti-communiste dans le contexte ouest-européen. En 1955, le pays est admis au sein de la communauté internationale lors de son adhésion officielle aux Nations unies (ONU).

La croissance naissante conduit, immanquablement, à une forte inflation qui, ajoutée au conditions de vie médiocres, favorisa un fort mal-être social. La necesisté de réformes économiques structurelles était évidente. Finalment, après vingts ans de politiques économiques ratées, Franco permit l'entrée au gouvernement, en 1957, d'un groupe de technocrates de l'Opus Dei. Ces nouveaux ministres dessinèrent le Plan de Estabilización (Plan de Stabilisation) de 1959. La remise en marche économique du pays est en place.

[modifier] 1960-1972 : Essor économique

En 1960 est instauré un plan de stabilisation. Il y a incitation au tourisme de masse avec 1 400 000 visiteurs en 1955, et 33 000 000 en 1972, développement de la production industrielle qui passe d’un indice 100 en 1962 à 379 en 1976. De 1964 à 1967 se déroule le grand plan de développement économique qui constitue une étape de plus. Depuis la fin des années 60, le PNB augmente de plus de 7 % par an. Un vent de réformes souffle depuis la même date. Malgré cela, à partir de 1967, l’opposition à Franco est de plus en plus forte : grèves, manifestations d’étudiants, attentats d’autonomistes basques. L’Église catholique cesse d’être un appui pour le régime et se range dans l’opposition à partir de 1970 Il n'est pas rare de constater que des groupes catholiques prirent ouvertement parti pour les travailleurs dans leur lutte contre le gouvernement franquiste lors des grèves des mineurs de charbon des Asturies dès 1962. Le pouvoir du dictateur s'affaiblira progressivement.

[modifier] 1972-1976 : crise du régime, mort du dictateur et dissolution des institutions

Franco vieillissant, il cède en juillet-septembre 1974 les fonctions de chef de l’État à Juan Carlos, puis il meurt le 20 novembre 1975. Juan Carlos est alors couronné roi d’Espagne conformément à la promulgation d'une loi de succession précisant notamment que l'Espagne est un état catholique et social constitué en royaume en accord avec ses traditions. Ce qui signifie que le pays était resté un royaume sans roi pendant la dictature.

[modifier] Bilan du franquisme

  • Le régime évolue entre 1939 et 1975. Ce régime dictatorial fut d'abord très répressif afin d’asseoir la mise en place du pouvoir. Franco concentre tous les pouvoirs jusqu’à sa mort tout en amenant progressivement l’Espagne vers une politique économique plus libérale.
  • Le caudillo pratique l’immobilisme politique fondé sur l’arbitrage par lui-même des différents courants d’idées.
    De l'intérieur, cet immobilisme s'est manifesté dans la famille (on ne pouvait pas divorcer une fois marié), dans l'espace public (interdiction de réunion et de regroupements pour raison d'État) et dans l'économie (le système mis en place ne permettait pas le dépot de bilan d'une entreprise). Nul étonnement donc que lorsque se termina la nuit espagnole tout le monde sorte dans les rues et profite de la movida dans les métropoles.
  • La société espagnole subit une mutation économique favorable en presque 40 ans. L’agriculture se modernise et une société industrielle et urbaine supplante la société rurale du pays. Le développement économique crée ainsi de nouveaux pôles industriels en plus du Pays Basque et de la Catalogne : Madrid, Saragosse, Valence. La revendication autonomiste a disparu en devenant plus politique et culturelle.
    Les systèmes de valeurs ont évolué. Dans ce contexte l'Espagne offre un environnement touristique considérable, Il y a évolution au niveau sociologique et de nouveaux droits éthiques sont légiféré, comme le droit au divorce, à la contraception, à la liberté sexuelle .
  • L'après-franquisme a encore été marqué par le putsch raté du colonel Tejero le 23 février 1981 aux Cortes.
  • Dans les années qui suivirent, les gouvernements espagnols ne remettront pas en cause le sytème économique adopté dans les années soixantes qui avaient valu des taux de croissance annuels de 8% mais ils supprimeront les structures et législations archaïques de l'époque franquiste.

[modifier] Condamnation du régime

Image:Santander.Estatua.Francisco.Franco.jpg Nom de rue à Tenerife

Des Institutions démocratiques, des ONG et des partis politiques participent depuis la stabilisation du régime démocratique en Espagne durant les années 1980 à la réparation des victimes du régime franquiste, en promouvant differentes actions sur le plan international et national:

  • Conseil de l'Europe : le 4 novembre 2005 un rapport de recommandations de l'assemblée parlementaire déclare dans le document Doc. 10737 la Nécessité de condamner le franquisme au niveau international [1]. Le rapport soutient que la violation des droits de l’homme n’est pas une affaire interne qui ne concerne que l'Espagne seule, raison pour laquelle le Conseil de l’Europe est prêt à engager un débat sérieux sur ce sujet au niveau international. En outre, l’Assemblée demande au Conseil des Ministres de déclarer le 18 juillet 2006 comme journée officielle de la condamnation du régime franquiste.
  • Depuis le début des années 80, de nombreuses initiatives politiques et citoyennes visent à retirer des lieux publics les symboles de l'ex-dictature, comme les statues, à rebaptiser les noms des rues et celles des institutions, établissement scolaires qui portent les noms liés au généralissisme et à celle de ses partisans dans le but d'éviter de répéter les erreurs du passé et de condamner les crimes commis.
  • Des témoignages historiques et scientifiques relatent que dans l'immédiate après-guerre des psychiatres de la junte ont effectué des expérimentations sur les prisonniers politiques pour identifier les gènes communistes. Il s’agissait sur le plan historique de l’une des premières tentatives systématiques de mettre la psychiatrie au service d’une idéologie. Des documents publiés récemment révellent le projet conçu par le psychiatre en chef de Franco, le docteur Antonio Vallejo Nágera, pour identifier le bio psychisme du fanatisme marxiste.

[modifier] La répression franquiste comparée aux totalitarismes, témoignage d'un opposant

Le régime est militaire et répressif mais, malgré la présence insistante de la Gestapo dans les années 1940-1941, malgré le rôle de l'armée responsable de l'ordre et de la répression - ou, pour employer une périphrase de Franco, chargée de "nettoyer le terrain où sera construit notre édifice" -, malgré les excès d'une police politique, on reste loin des méthodes nazies ou staliniennes. Au lendemain de la guerre civile, la peur régnait, mais les critiques contre les orientations du régime et de son gouvernement s'exprimaient à haute voix et s'écrivaient même dans certains journaux autorisés.

Jorge Semprun, qui passa sa vie à lutter contre le régime affirme lors d'une interview réalisée en 1981 sur les écrivains en exil:

" La répression franquiste, qui a été très brutale, n'est pas comparable aux répressions staliniennes. Elle n'est pas comparable parce qu'elle n'a pas les mêmes moyens, parce qu'elle compte ses victimes par centaines ou milliers mais pas par millions. Je connais beaucoup de gens qui ont passé quinze ans dans une prison franquiste, ce qui est monstrueux; mais une prison franquiste, comme celle de Burgos, comparée à un camp soviétique, c'est de la rigolade. Les détenus recevaient des paquets, ils avaient une vie politique. Pendant des heures entières ils se dispensaient des cours. Ils arrivaient à voir des contacts avec l'extérieur et dans leur trou avaient des postes de radio. Les bonnes sœurs étaient aimables et faisaient passer des lettres. Ils avaient des visites non pas tous les six mois, mais deux fois par semaine. Je le rappelle afin de faire comprendre à un certain nombre d'intellectuels espagnols qu'ils ont, bien sûr, vécu la dictature et la répression, que tout cela était horrible, mais qu ils ne sont pas pour autant le nombril du monde, et que les souffrances endurées par l'Espagne n'ont pas été les les plus intolérables du XXe siècle. Il faut garder le sens des proportions"réf. nécessaire

* Voir: Franco livre écrit par Andrée Bachoud 1997

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Les fosses du franquisme, par Santiago Macias, Calmann-Lévy, Paris, 2006, 310 p, 20,90 €, ISBN 2-7021-3627
  • La presse catholique sous le franquisme : le Boletín HOAC (1959-1975). par Mónica Moreno Seco. El Argonauta Español, Numéro 1 - 2004.
  • Peinture et opposition sous le franquisme : La parole en silence, Michelle Vergniolle-Delalle, coll.Histoire et idées des Arts, 2005, 372 pp, 32 € ISBN 2-7475-7622-1
  • llusions politiques et lutte de classe, Brendel C. et Simon H., Paris, Spartacus, 1979, 172 p
  • Les Ombres ardentes, Cheminements, Alain Pecunia, 2004, 324 p., 22 €
  • Franco, ou la réusite d'un homme ordinaire, Andrée Bachoud, profeseur à l'université de Paris-VII-Jussieu, membre correspondant de la Real Academia de la Historia, et spécialiste de l'Espagne contemporaine, Fayard, août 1997, ISBN 2-213-02783-8
  • (es) La Iglesia católica y los medios de comunicación impresos en España de 1847 a 1917: doctrina y prácticas par Jean-François Botrel in Metodología de la historia de la prensa española, éd.Siglo XXI, Madrid, 1982, pp. 119-176
  • (es) Iglesia, prensa y sociedad en España (1868-1904), par S. Hibbss-Lisorges, Instituto de Cultura “Juan Gil-Albert”, Alicante, 1995.
  • (es) Obreros y obispos en el franquismo, par Terron Monterro, Javier, Ed. HOAC, Madrid, 1995, p. 430-433
  • (es) La oposición al régimen de Franco dirigé par Alicia Alted et Abdo Mateos, UNED, Madrid, 1990, tome II, p. 375-385.
  • (es) Construyendo a Caín. Diágnosis y terapia del disidente : las investigaciones psiquiátricas de Vallejo Nágera con presos políticos, R Vinyes, Ayer, 44 (2001), pp. 228-250.
  • (es) Niños y Jóvenes anormales, Antonio Vallejo Nágera, sans éditeur., Madrid, 1941
  • (en) The Franco regime. par Stanley Payne, 1st ed. Madison, WI: University of Wisconsin Press, 1987.

[modifier] Liens internes

Liens thématiques

[modifier] Liens externes

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