Français de Suisse
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
|
|
Le français de Suisse est parlé en Suisse romande, la partie francophone de la Suisse, par environ 1,48 million de personnes.
Il se différencie peu du français de France ou du français de Belgique. Ainsi un Suisse francophone n'a aucune difficulté à comprendre un Français parler, alors qu'un Français pourra s'étonner de quelques mots usités en Suisse romande uniquement.
Le français de Suisse se caractérise par quelques termes issus de l'arpitans, par des mots tels que septante, huitante ou nonante, ainsi que localement par des mots et expressions issues de langues germaniques tel que mouttre, witz, ou poutser. Ce dernier phénomène provenant en partie de la puissance de la communauté alémanique en Suisse et donc de son influence sur le reste du pays. Le français local de Suisse romande ressemble à celui des régions limitrophes, notamment celui de la Savoie voisine. Les nombres Suisse romands ont une similarité au français de Belgique (septante, nonante)
Sommaire |
[modifier] Différences entre le français de France et le français de Suisse
[modifier] Nombres
Le français de France utilise les termes soixante-dix pour 70, quatre-vingts pour 80 et quatre-vingt-dix pour 90. Le français de Suisse utilise respectivement les termes septante, huitante (seulement dans les cantons de Vaud, de Fribourg et du Valais, les cantons de Genève, de Neuchâtel, du Jura et le Jura bernois utilisant quatre-vingts) et nonante. Septante et nonante se retrouvent également en Belgique et en République Démocratique du Congo.
Cette différence est particulièrement frappante pour des nombres tels que 1492, qui se lit souvent en France quatorze cent quatre-vingt-douze selon la tradition vigésimale tandis qu'en Suisse on le lira avec une logique plus décimale mille quatre cent nonante-deux.
[modifier] Termes suisses romands usuels
Ceux communs à la Belgique portent un astérisque (*)
- action : promotion commerciale (germanisme, de Aktion)
- à mesure : abréviation de "au fur et à mesure"
- avoir meilleur temps de : avoir avantage à
- baster : abandonner, laisser tomber
- bancomat : distributeur de billets
- bobet : benêt
- boélée (pousser une) : crier
- boguet : mobylette
- bonnard : sympa, bien
- bonne-main : pourboire
- bovi-stop : passage de tubes permettant le passage des autos mais arrêtant le bétail.
- brecette ou char à brecets<ref>Fête des vendanges de Neuchâtel</ref> : char à échelles (Neuchâtel)
- cagibi* : petite pièce de rangement, réduit
- carnotzet : caveau ou petite pièce ou l'on déguste des fondues et des alcools de pépins entre amis
- carrousel* : manège
- cheni ou chenit (voire chenil ) : désordre
- chiclette* : chewing-gum
- clopet : petite sieste
- cornet : sac plastique
- crousille : tirelire
- couenne* : croûte de fromage
- courber (ou gatter à Genève) : sécher (les cours)
- déjeuner* : petit-déjeuner
- déruper : descendre, glisser, tomber en bas d’une pente, ancien français desrouper, précipiter.
- dîner* : déjeuner
- duvet* : édredon, couette
- ébriquer : casser, mettre en briques.
- égras : escaliers. (ancien français esgré, degré, latin gradus, degré, échelon). Usage: Il s’est ébriqué en dérupant les égras.
- s'encoubler : trébucher
- être en ordre* : être en règle, en état de marche (germanisme, de in Ordnung)
- faire seulement* (à l'impératif) : je t'en prie, je vous en prie
- fœhn : sèche-cheveux (germanisme, de Föhn)
- fourre : étui, housse, pochette
- fourrer : recouvrir (livre, cahier)
- galetas : grenier
- gentiment : tranquillement
- linge : serviette (de bain, de plage)
- livret : table de multiplication
- molachu : mou, fainéant
- moque : morve
- natel : portable, téléphone mobile (de l'allemand Nationales Autotelefonnetz)
- panosse : serpillière
- patte : torchon
- parcometre : parcmètre
- peser : appuyer (sur un interrupteur)
- pive : pomme de pin, fruit des conifères
- plaque à gâteaux : moule à gâteaux
- pougner : tricher
- pougnon : anti-sèche
- poutser : nettoyer (germanisme, de putzen)
- pruneau* : quetsche (signifie rarement prune séchée comme en France)
- raisinet: groseille
- ramassoire: ramasse-miettes
- Roille-gosse : instituteur
- roiller :
- pleuvoir à verse (Je ne mets pas les pieds dehors avec une telle roille),
- battre, frapper (T'aurais dû voir comme il roillait sur cette porte),
- et l'inévitable T'es roillé ou quoi ? à traduire par t'es fou ?
- ruclon : ordures
- sans autre : abréviation de "sans autre forme de procès"
- signofil(e) : clignotant
- souper* : dîner
- sous-tasse* : soucoupe (germanisme, de Untertasse)
- tablard :
- étagère
- fou (Completement tablard!)
- votation : scrutin, référendum populaire
[modifier] Le sens profond de cette différence
Charles Ferdinand Ramuz donnait à ces différences un sens qui dépasse le lexique ou la syntaxe pour faire du français de Suisse romande la manifestation d'un pays différent de la France quoique partageant avec elle son langage selon Ramuz. Il est à noter que cette revendication d'une spécificité d'un pays francophone à l'égard de la France se retrouve au Québec qui se réclame d'une culture québécoise ou en Wallonie tel que l'a exprimé en 1983 le Manifeste pour la culture wallonne et son prolongement dans un texte semblable de 2003. Ces observations valent non seulement pour le Québec, la Wallonie ou la Suisse romande mais aussi pour les autres pays de la Francophonie. On peut considérer que l'ensemble francophone mondial, malgré son infériorité (notamment numérique) par rapport au monde anglophone, accueille en son sein une diversité de formes de vies humaines qui égale l'ensemble linguistique anglophone, ces deux ensembles (le français et l'anglais) surclassant à cet égard tous les autres ensembles linguistiques mondiaux. La manifestation la plus célèbre de cette volonté d'émancipation par rapport à une Francophonie trop hexagonale étant sans doute le concept de négritude de Senghor.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Lien interne
[modifier] Liens externes
- Termes régionaux de Suisse romande et de Savoie
- Lexique vaudois
- 2600 mots français-vaudois et vaudois-français "Le Petit Jean-Louis non-illustré"
- Petit lexique de patois
- Le français en Suisse
- Causons vaudois - Dico
[modifier] Notes
<references/>
| |||
|
Europe : Belgique • France • Jersey • Luxembourg • Val d'Aoste • Suisse Afrique : Cameroun • Maghreb • Côte d'Ivoire Amérique : Québec • Terre-neuve • Acadie • Louisiane Asie et Océanie : Nouvelle-Calédonie • Indochine • Liban Créoles Créole Haïtien • Créole seychellois • Créole réunionais •Créole rodriguais • Créole mauricien • Créole guyanais |
|
|
|

