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Forêt

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Image:Forest on San Juan Island 2.jpg Image:Morasko leg.jpg

Forêt tempérée mixte en France

Image:Forest Los Tilos La Palma.jpg Image:Bush in fog.jpg

Une forêt est une étendue plus ou moins vaste portant un peuplement d'arbres relativement dense. Le terme désigne aussi l'ensemble des arbres ainsi rassemblés. Une forêt de faible étendue est généralement appelée bois, bosqueteau ou bosquet selon son importance.

Sommaire

[modifier] Définition

Du point de vue botanique, une forêt est une formation végétale, caractérisée par l'importance de la strate arborée, mais qui comporte aussi des arbustes et des plantes basses.
Du point de vue écologique, la forêt est un écosystème complexe et riche qui sert d'habitat à de nombreuses espèces et populations animales, végétales, fongiques et microbiennes vivant pour la plupart en interrelations.
Toutefois, définir la forêt reste délicat malgré une apparente évidence : où arrêter les limites de hauteur de végétation (une plantation de jeunes pousses est-elle une forêt ?), de superficie minimale (à partir de quelle superficie passe-t-on d'un jardin boisé à un bois puis à une forêt ?), de degré de proximité ou sociabilité des arbres (un terrain portant des arbres distants de plusieurs dizaines de mètres est-il encore une forêt ?) ? ou de qualité (un boisement monospécifique d'eucalyptus ou de peupliers, pins ou sapins d'une même classe d'âge, plantés en rang d'oignons est-il une forêt ou une simple sylviculture ?).
Selon la définition retenue, la superficie estimée de la forêt mondiale varie de 2,4 à 6 milliards d'ha !

La forêt est caractérisée par la grande diversité des habitats qu'elle fourni :

  • verticalement, elle possède grossièrement quatre "étages" de végétation qui sont les strates muscinales (mousses), herbacées, arbustives et arborescentes.
  • horizontalement, elle comporte de nombreuses microstations (écosystèmes aux sein du milieu forestier) dépendant de facteur abiotiques différents. le bois mort étant lui même un habitat pour de nombreuses espèces qui contribuent au recyclage de la nécromasse et à la fertilité des forêts
  • Les ressources alimentaires sont également abondantes : feuilles, sève élaborée, bois vivant ou mort, fleurs, fruits et graines, déchets végétaux et animaux...


Il est courant de distinguer la forêt naturelle, ou forêt primaire, de la forêt secondaire ou artificielle (seulement façonnée par l'homme). La première est considérée comme n'ayant pas fait l'objet d'intervention humaine y ayant laissé des séquelles observables, la dernière résultant au contraire du travail des forestiers ou sylviculteurs. Moins de 10% de la planète est encore couverte de forêts primaires, qui abritent cependant encore l'essentiel de la biodiversité terrestre. La forêt au sens le plus large, couvre environ 30 % des terres émergées. En France elle représente 27 % du territoire, avec des variations importantes selon les régions qui ont des explications historiques plus que biogéographiques. En Europe occidentale, avant l'intégration de pays d'Europe du nord, le pays le plus forestier était le Luxembourg, avec 34 % de taux de boisement. C'est l'ancien département des Forêts du temps de l'Empire napoléonien.

[modifier] Étymologie

Le mot « forêt » que l'on connaît a une origine mal connue.

Il proviendrait soit du francique forh-ist, terme juridique à l'époque carolingienne (751987), soit du latin foris qui signifie « en dehors », signifiant alors tout milieu extérieur à la civilisation, lieu sauvage et peu accueillant.

Sous Charlemagne (747814) l'expression silva forestis issue du latin classique forum (« forum » puis « tribunal ») signifiait « forêt royale », c'est-à-dire relevant de l'autorité et de la justice du roi. Au Moyen Âge, ce terme s'appliquait aux chasses seigneuriales ; son sens avait évolué il signifiait alors « forêt hors de l'enclos », issu du latin foris (« hors de »), zone dans laquelle il est défendu de défricher et la chasse est gardée. Le terme foresta, utilisé seul, désigne les forêts à partir de la seconde moitié du XIIe siècle en France.

Les Romains appelaient les forêts par le terme silva. Mais Virgile et Cicéron employaient le terme nemus signifiant « bois » en latin qui proviendrait de nemo signifiant « personne ». Ce terme apparaît souvent dans les chartes de l'époque capétienne où il désigne des zones boisées de faible importance. Salluste utilisait le terme saltuosus pour désigner un espace boisé. À l'époque romaine les saltuarii ou les silvarum custodes administraient les forêts. Aux époques mérovingienne (481751) et carolingienne (751987), le mot saltus est fréquemment employé pour désigner les régions de bois et de landes. Il semblerait toutefois que ce terme sous-entendait qu'elles appartenaient au fisc royal. Les mots nemus et saltus n'ont pas survécu en français.

De même, le terme « bois » apparaît à l'époque capétienne. Il dérive de la racine germanique bosc (« buisson ») dont la souche est pré-latine. Contrairement au mot forêt, il est sans connotation juridique.

On peut aussi s'intéresser au terme gaulois broglios dérivé de broga signifiant « champ ». Il devint broglius et désignait au IXe siècle un bois humide ou clos ou un bois entouré d'une haie. On le trouve aujourd'hui sous la forme « breuil », dans le dictionnaire de l'Académie française ; il forme surtout des toponymes (cf. Breuil ou le Breuil par exemple).

[modifier] Les grands types de forêts

[modifier] Classement écologique

Les forêt naturelles sont comme toutes les formations végétales conditionnées par un certain nombre de facteurs : la latitude, l'altitude, la nature du sol, le climat, l'action des animaux etc.

La latitude influence fortement la biodiversité dans les forêts. Celle-ci augmente d'autant plus que l'on s'éloigne des pôles et que l'on se rapproche de l'équateur.

Selon les latitudes on distingue :

Dans beaucoup de pays, où l'homme est implanté depuis des siècles, voire des millénaires, la forêt a perdu son caractère « naturel » à proprement parler. Le visage actuel des forêts françaises s'explique en grande partie par l'influence de l'homme sur la composition de celles-ci en terme :

  • de superficie : depuis un siècle et demi, la superficie des forêts françaises a été multipliée par deux;
  • de structure : les forêts françaises ont dû, très longtemps, répondre aux besoins des communautés humaines qui les entouraient : aux XVIIe et XVIIIe siècles, les forêts étaient, en fait, des taillis qui alimentaient les forges et autres industries en charbon de bois; au XIXe siècle, l'institution d'un corps d'État forestier (1827) et l'utilisation de plus en plus massive de la houille, en remplacement du charbon de bois, vont permettre aux forêts françaises de glisser vers la futaie; au XXe siècle, les terres libérées par la déprise agricole vont être boisées ou colonisées par des accrus spontanés, offrant un visage très géométrique à la forêt ou au contraire très exubérant;
  • d'espèces : une part significative de la forêt française est encore composée d'espèces qui avaient été favorisées en réponse aux besoins des communautés humaines locales (les chênes pour leurs glandées) ou même d'impératifs économiques nationaux par exemple (des légions d'épicéas et de douglas ont été plantés par le Fonds Forestier National, au sortir de la seconde guerre mondiale, dans le contexte d'une balance commerciale déficitaire vis-à-vis des bois d'œuvre et d'industrie résineux).

[modifier] Classement Juridique

En France il existe plusieurs sorte de forêts :

[modifier] L'exploitation de la forêt

Image:The lumberjack was here.jpg La sylviculture consiste à régénérer la forêt pour maintenir son potentiel de production. La régénération des arbres, c'est-à-dire leur reproduction, se fait de deux manières :

  • par rejets (ou drageons), cette méthode exploite la capacité des essences de feuillus de rejeter à partir d'une souche. Cette méthode est surtout utilisée pour les taillis.
  • par semences, ce qui nécessite, pour certaines essences de faire des éclaircies pour permettre un niveau d'éclairement suffisant du sol. Il peut s'agir soit de semis naturel, soit de semis (ou plantation) artificiel.

Les méthodes d'exploitation traditionnelles des forêts tempérées sont les suivantes :

  • Taillis simple : on coupe les rejets régulièrement (l'ensemble des rejets issus d'une souche s'appelle une cépée), ce qui produit des arbres de petites dimensions, utilisable comme bois de feu (ou piquets pour le châtaignier et l'acacia), utilisé principalement aujourd'hui pour le chauffage, mais qui alimentait autrefois des industries comme la verrerie, la porcelaine et la sidérurgie.
  • Taillis sous futaie : c'est une forêt exploitée principalement en taillis, mais pour fournir aussi du bois d'œuvre, on laisse venir des arbres de franc-pied, c'est-à-dire issus de semis, d'âges divers.
  • Futaie régulière : dans ce type de forêt tous les arbres sont issus de semis et ont le même âge, ce qui donne à l'âge adulte des Futaies « cathédrales ». Ce type de traitement est relativement moderne, et date en France de l'époque de Colbert qui voulut développer la production de bois pour la charpente de marine et notamment les mâts. Un exemple célèbre est la futaie de chênes de Tronçais dans l'Allier.
  • Futaie jardinée : c'est une futaie dans laquelle on trouve des arbres à tous les stades de développement. On l'exploite en prélevant régulièrement une partie des arbres considérés comme mûrs, mais en conservant en permanence le couvert forestier. C'est la méthode d'exploitation traditionnelle en montagne.

Selon le traitement utilisé, et selon les essences, le temps de « révolution », c'est-à-dire le délai écoulé entre le semis et la coupe, est variable mais généralement long, de 60 à 100 ans pour les résineux (le grandis peut être coupé à partir de 40 ans), de 150 ans et plus pour les feuillus (80-100 ans pour le chêne rouge d'Amérique). La sylviculture est une affaire de plusieurs générations ; seule la populiculture (peupliers) avec une durée de révolution d'environ 20 ans se rapproche de l'agriculture.

[modifier] Les usages de la forêt

La forêt remplit trois fonctions essentielles : écologique, économique et sociale.

[modifier] Fonction écologique

cf. forêt des Landes en France ou la ceinture verte du sud algérien
  • Puits de carbone, par fixation du CO2 dans le bois et le sol, au moins pour les forêts tempérées non soumises aux incendies et pour les forêts tropicales en phase de croissance.
cf. plantations en Amazonie qualifiées de « puits de carbone ».

[modifier] Fonction économique

  • production de bois
    • bois de chauffage, la plus importante utilisation de par le monde
    • bois d'industrie : bois de trituration (pâte à papier), déroulage placage, panneaux de fibres, emballage...
    • bois d'œuvre : charpente, bois de mine, traverses de chemin de fer, ameublement...
  • dérivés du bois
  • produits non forestiers

[modifier] Fonction sociale

  • espace de détente et de loisirs
  • terrain de chasse
  • fonction paysagère

[modifier] Les ennemis de la forêt

[modifier] Ennemis naturels

Ce sont surtout les insectes ravageurs, tels la chenille processionnaire du pin ou celle du chêne, mais aussi les insectes qui vivent dans le bois ou sous l'écorce, et certains champignons, parfois très dangereux comme ceux de la graphiose de l'orme ou de la maladie de l'encre du châtaignier. Souvent, ces attaques, véritables épidémies, sont favorisées par l'affaiblissement des arbres pour diverses causes, sécheresse, tempêtes...

Les mammifères aussi peuvent être nuisibles, les rongeurs (mulots), les lapins et surtout les animaux qui constituent le grand gibier : cerfs, daims, chevreuils, qui broutent les jeunes pousses et rongent les écorces. En forêt méditerranéenne, les chèvres sont un ennemi redoutable des arbres.

[modifier] Accidents climatiques

Les périodes de sècheresse, comme 1976, ou de forte canicule (2003) peuvent provoquer le dessèchement des feuilles qui tombent alors prématurément. On peut constater aussi des brûlures de l'écorce exposée au soleil (hêtres).

Les effets peuvent se faire sentir des années après. La sécheresse aggrave le plus souvent les effets d'autres agents, tels les incendies ou les insectes ravageurs. Ainsi, en 1976, les incendies accentués par la sécheresse brûlèrent plus de 800 km² en France.

En période hivernale, le gel n'est généralement pas à redouter, sauf les cas extrêmes, comme en 1956 en France ou en 1985, lorsque 30 000 pins maritimes landais gelèrent. Les gelées tardives, sont, elles, nuisibles pour les jeunes plants. La neige peut être dangereuse dans certaines conditions, lorsqu'elle forme des manchons autour des branches, qui finissent par casser sous le poids accumulé.

Les tempêtes, comme celle de décembre 1999 en Europe de l'Ouest, provoquent le déracinement et l'abattage des arbres, qui forment les « chablis » ou leur cassure par le milieu du tronc, laissant en place les « chandeliers » et au sol les « volis ». En France, la tempête de 1999 a ainsi abattu 146 millions de m³ de bois.

[modifier] Action de l'homme

La pollution

Les polluants liés à l'activité humaine sont nombreux : anhydride sulfureux qui provoque les fameuses « pluies acides » auxquelles fut attribué le dépérissement des forêts constaté en Europe dans les années 1970-80, mais qui devait beaucoup aussi à la sécheresse et aux pesticides véhiculés par l'air et/ou solubilisés par les pluies, les oxydes d'azote, l'acide fluorhydrique, émis localement par certaines industries notamment dans certaines vallées alpines, les particules émises par la combustion du charbon et des carburants pétroliers, l'ozone... avec aussi en montagne et dans les zones froides le sel de déneigement. Par ailleurs les mousses et les lichens piègent très efficacement les particules de l'air, dont ils se nourrissent. Par ce biais, ils fixent hélas aussi les métaux lourds de plus en plus présents dans l'air, ainsi que d'autres polluants (au point d'en mourir parfois, ce qui en fait, selon la sensibilité de espèces de bons bio-indicateurs). Les champignons qui font la richesse du sol forestier se montrent également capable de bioconcentrer de nombreux polluants (métaux lourds dont plomb, cadmium et mercure, mais aussi radionucléides, qui peuvent ensuite être concentrés par la chaîne alimentaire). La forêt a de tous temps également été un lieu privilégié pour la chasse; Les munitions au plomb (grenaille et balles) y ont été dispersées par de milliers de tonnes chaque année, souvent tirées aux mêmes endroits ; près des points d'eau, des berges de fleuves, sur les lieux d'agrainage, sur les layons ou cloisonnements ou à partir de postes de tir aménagés. Les sols forestiers sont souvent naturellement légèrement acide à très acides en zones tropicale ou boréales, ce qui facilite la dispersion et biodisponibilité de ce plomb enrichi d'arsenic et d'antimoine, ainsi que du mercure qui a longtemps été utilisé par les amorces. Dans certains pays, des boues de station d'épuration sont régulièrement dispersées en forêts, parfois sous forme de pulvérisation, ce qui peut contribuer à la dispersion de certains contaminants. Avec les premières expérimentations d'arbres OGM(peupliers essentiellement, testés par exemple en France et au Canada en milieu non-confinés), certains craignent une rapide pollution génétique et un impact sur la faune et le sol forestier via la toxine BT émise par ces arbres, leurs racines ou leurs pollens, ou dans certains cas en raison de l'utilisation encouragée de désherbants.

Les séquelles de guerre.

De tous temps, les forêts ont été stratégiques du point de vue militaire. Elles sont servi de réserve de bois de marine et charpente, mais surtout d'abri ou de cible à toutes les armées, maquis et résistances, des millions de réfugiés s'y protégeant encore aujourd'hui dans les pays en conflits. Parfois on les a pillées ou détruites dans le cadre de la stratégie de la "terre brûlée". Au Vietnam et Laos, le défoliant, le Napalm et les munitions à sous-munitions ont laissé des traçes encore persistantes (dioxines, métaux lourds, sols dégradés, mines actives, etc). Le bois mitraillé des forêt françaises a perdu de sa valeur technique et financière, mais il peut aussi avoir été pollué par le plomb ou d'autres métaux lourds. Au XXème siècle, notamment en France dans la Zone rouge, de vastes forêts dite "de guerre" ont été artificiellement plantées sur des sites agricoles rendus incultivables par les séquelles de guerre et localement en Allemagne ou en France sur des sites gravement pollués par des d'accidents liés à la production d'usines d'armement ou d'usine produisant en amont les toxiques chimiques ou les métaux utilisés dans les munitions (plomb, cadmium, zinc, cuivre, mercure, etc.). Des forêts comme celle de Verdun contiennent encore des quantités considérables de munitions non explosées, dont certaines chimiques (chargée de "gaz de combats").

Les feux de forêt

Image:Wildfire.jpg Ils sont le plus souvent allumés par l'homme, volontairement (pyromanes, bergers...) ou involontairement (négligence). Malgré des moyens de surveillance et de lutte de plus en plus performant, leur nombre et leur gravité ne cesse de croître en zone tropicale (Indonésie, Brésil..) mais aussi en Europe et en Amérique du Nord ou Australie. Prenant des proportions catastrophiques dans certaines régions (notamment autour de la Méditerranée), ils conduisent à la mise en place de moyens de lutte très importants, dont l'efficacité est variable. Toutes les essences forestières sont combustibles, mais certaines riches en produits volatils favorisent le combustion et l'extension de l'incendie, d'autres résistent mieux (grâce à des phénomènes de protection comme la création de liège), ou se régénèrent plus vite.

En France, les incendies ne sont pas une menace sérieuse pour les forêts, mais plutôt un problème économique. En moyenne 200 km² par an partent en fumée. Outre le manque à gagner en produits d'exploitation (bois d'œuvre et bois de chauffage), La prévention et la lutte contre les incendies coûtent en moyenne 125 millions d'euros par an.

La déforestation

Elle est ancienne en Europe, où les grands défrichements datent de l'Antiquité (dans les régions méditerranéennes) et du Moyen Âge, mais continuent pour faire place à certains équipements, autoroute, urbanisation, réservoirs hydro-électriques, aménagements pour les sports d'hiver, etc. À l'heure actuelle, ce sont surtout les forêts tropicales qui soufrent de ce phénomène de déforestation, soit pour des raisons de développement économique, comme en Amazonie, en Asie du sud-est ou en Sibérie, soit par surexploitation des ressources en bois tropicaux.

Toutefois l'action de l'homme sur les forêts ne se résume pas à des actions néfastes. Les forêts françaises sont dans une grande mesure le fruit de l'action de l'homme ; il est couramment admis qu'elles sont gérées de manière durable. Contrairement à une idée reçue très répandue, la surface de la forêt française augmente (+ 30 % depuis 1900 environ), mais souvent grâce à des plantations de résineux, plus rentables mais moins riches au niveau biodiversité.

[modifier] Forêt et oxygène

Une métaphore qualifie souvent la forêt de « poumon de la planète ». En dépit des fonctions nombreuses et essentielle voire « vitales » qu'elle remplit, la forêt ne peut être directement comparée à un poumon (le poumon ne produit pas d'oxygène et c'est le plancton qui produit l'essentiel de l'oxygène planétaire disponible dans l'air et solubilisé dans l'eau). Néanmoins, la forêt a des fonctions essentielles micro- et macro-climatique et pour la qualité de l'atmosphère, en terme d'équilibre thermo-hygrométrique et de pureté de l'air notamment. D'un certain point de vue, un peu à la manière du poumon, mais à une autre échelle, elle est une sorte d'écotone complexe et fonctionnel entre l'atmosphère et le sol, lié au cycle du carbone notamment, mais aussi à tous les cycles biogéochimiques importants.

[modifier] Forêts et puits de carbone

Le budget carboné d'un écosystème forestier est très difficile à estimer, et il varie considérablement selon les zones biogéographiques, les époques, l'histoire du site, le stade de croissance de la forêt, les risques d'incendie, de sécheresse et d'inondation, et de nombreux autres facteurs tels que l'action d'insectes défoliateurs ou d'autres parasites des arbres. Bien entendu le devenir des arbres est un autre facteur à considérer.(Ex : bois de feu, papier-cellulose, bois-matériau d'une charpente durable ou bois mort dans une réserve intégrale de forêt tempérée auront des impacts très différents en terme d'émission de CO2) De plus, certaines forêts peuvent, au moins provisoirement avoir un bilan nul ou négatif (ex en zone d'incendies récurrents), tout en contribuant indirectement à enrichir les cours d'eau en nutriments essentiels (phosphore, potassium, calcium, fer, ect via les phénomènes d'acidification, humification, décolmatation et minéralisation et structuration des sols), offrant ainsi une source constante de nutriments pour le plancton marin en aval, plancton qui produit 80 % de l'oxygène que nous respirons.

En théorie, la photosynthèse consomme du dioxyde de carbone et produit un surplus d'oxygène et de la matière organique. L'oxygène est consommé lors de la respiration des plantes elles-mêmes, des animaux de la forêt et de la biomasse cachée du sol forestier, ainsi que par les incendies naturels et moindrement par l'oxydation naturelle des éléments chimiques rendus disponibles par le processus de formation des sols. En phase de croissance, après une dizaine d'année de bilan négatif s'il s'agit d'une régénération sur une coupe rase, la biomasse augmente régulièrement, principalement sous forme de cellulose et de lignine. Elle stocke aussi du Carbone sous forme de nécromasse et de biomasse animale, microbienne et fongique. En zone tropicale, la plupart des forêts poussent sur des sols pauvres et acides où l'humus ne se forme pas et où la nécromasse est rapidement recyclée ou minéralisée. La forêt tropicale en croissance stocke du carbone, mais elle finit (après plusieurs siècles, voire plus de 1000 ans)par arriver à un équilibre entre production primaire et décomposition du bois mort. À ce stade la forêt semble ne plus produire d'oxygène en surplus de ce qu'elle consomme. De plus, les émissions de méthane liées à la fermentation de bois immergés ou issus de l'activité des termites complexifient encore les calculs des émissions de Gaz à effet de serre. En zone tempérée ou froide, il en va autrement avec respectivement les sols forestiers (incluant les tourbières associées à certaines forêts) et les pergélisols qui, en zone circumpolaire, peuvent stocker des quantités considérables de Carbone, voire de Méthane (hydrate de méthane). Enfin, le devenir et la durée de vie du méthane émis par les écosystèmes forestiers ne sont pas encore bien compris. Il pourrait avoir été surestimé ou sous-estimé.

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Forêt.
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Catégorie:forêt.

[modifier] Liens externes

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