Francais | English | Espanõl

Flûte traversière

Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.

La flûte traversière est un instrument à vent de la famille des bois. La flûte traversière partage avec les instruments de la famille des flûtes la méthode de production du son : l'air soufflé est mis en vibration par un biseau disposé à l'embouchure.

Contrairement à la flûte de pan, la flûte traversière ne comprend qu'un seul tuyau. Le terme de traversière est lié à la position de jeu de l'instrument (par opposition à de nombreuses autres flûtes, la flûte à bec en particulier) : l'instrument est joué de manière latérale à l'axe du flûtiste.

Flûte traversière

<div style="clear:both;" />

Sommaire

[modifier] La famille des flûtes

La flûte traversière est un instrument de tessiture médiante d'une famille d'instruments plus large, du plus aigu au plus grave :

  • Le piccolo, en ut.

Aussi appelé « petite flûte », il est le plus petit instrument de la famille des flûtes. Il fait presque le tiers de la taille de la grande flûte et n'est constitué que de deux sections : la tête et le corps. Il peut être réalisé en résine, en bois, en argent et très rarement en or. Le piccolo est le plus aigu des instruments de l'orchestre : il sonne une octave supérieure à celle de la grande flûte. Instrument en ut, il garde la même étendue que cette dernière mais en revanche, il ne peut jouer l’ut et l’ut dièse (absence de patte d’ut). Capable de dominer tout un orchestre, sa sonorité perçante, voire stridente a surtout été utilisée par les symphonistes pour éclaircir les tutti d'orchestre. Ainsi, Beethoven l'utilisera notamment dans ses cinquième et sixième symphonies (l'orage dans la Pastorale). Mais le piccolo a aussi été employé en solo, d'abord par Vivaldi dans ses concerti, ou, bien plus tard, par Ravel dans son concerto en sol pour piano et orchestre. Cependant, c'est dans la musique contemporaine qu'il est le plus utilisé en solo. Enfin, le piccolo tient une place importante dans les orchestres et petites formations militaires, comme dans les harmonies, où sa virtuosité (roulades) et sa sonorité remplacent un instrument traditionnel de la musique populaire et militaire : le fifre.

  • La flûte traversière, ou grande flûte, en ut.

Elle est constituée de 3 sections : la tête, le corps et la patte. Elle mesure environ 67 centimètres, cela dépend si la flûte comprend ou non une patte de si (pour jouer le si grave). Elle a une étendue d'environ 3 octaves, à partir du do grave (ou du si). Son son peut être diaphane, pénétrant, large, pétillant, piquant, chaud, froid, joyeux ou triste... La flûte est souvent utilisée comme instrument solo dans les orchestres, orchestres à vents ou ensembles de flûtes.

  • La flûte alto, en sol.

Elle ressemble beaucoup à la flûte traversière, mais elle est plus longue et sonne une quarte en dessous.

  • La flûte basse, en ut.

Elle est également similaire à la flûte de concert, mais elle est encore plus longue et son embouchure est donc recourbée, afin que le flûtiste puisse atteindre les clefs. Elle sonne une octave en dessous de la flûte traversière.

  • La flûte octobasse, en ut.

Cette flûte est bien plus grosse que la flûte basse. Elle possède un très long tube recourbé. cette flûte est née en 1986. On en compte une vingtaine en europe.

[modifier] Fonctionnement

Joueuse de flûte traversière

La flûte traversière doit son nom à la façon dont on la tient : sur le côté, horizontalement.

Les modèles d'études sont généralement en maillechort argenté (alliage de cuivre, de nickel, et de zinc), et comportent trois parties séparables : une tête (sur laquelle il y a l'embouchure dans laquelle on souffle et une vis d'accord à l'intérieur du tuyau), un corps (qui contient des clefs sur lesquelles on appuie avec les doigts pour boucher des trous afin de produire les différentes notes) et une patte qui prolonge le « corps » principal. La patte porte également plusieurs clefs, et peut être en ut (ut étant l'ancien terme pour do, la patte peut aussi être en do), ou en si (une clef supplémentaire). Elle se fait également appeler « patte d’ut » ("patte de do") ou « patte de si ».

Plus tard, lorsque les élèves acquièrent un meilleur niveau, il devient nécessaire d'avoir une flûte avec un plus beau son, c'est pourquoi les flûtes traversières professionnelles sont en alliage d'argent, ou d'or. Très exceptionnellement, certaines flûtes sont construites dans d'autres matériaux précieux : platine, cristal...

À l'origine, les flûtes étaient en bois, mais ce procédé fut progressivement abandonné à cause de l'instabilité de ce matériau par rapport aux métaux. Aujourd'hui, la découverte de bois "travaillant" moins et moins sensible aux variations de température et d'humidité permet leur réutilisation, notamment pour le répertoire baroque (sons plus doux, plus ronds qu'avec une flûte en métal).

Les flûtes professionnelles diffèrent également par des détails de construction et de fabrication améliorant les performances de leur mécanisme (réduction des frictions et des jeux, aménagements pour augmenter la rigidité du mécanisme, cheminées soudées, tampons plus fins et plus fermes, ressorts à haute élasticité, etc. Les finitions sont aussi très poussées, réalisées manuellement.

Le corps de la flûte traversière est bouché à son extrémité supérieure par du bois ou du liège. L'embouchure comprend une plaque, où se trouve un trou ovale central : cette ouverture latérale pratiquée sur le tuyau sert à produire le son.

L'instrumentiste émet un filet d'air, de forme proportionnée au pincement plus ou moins énergique de ses lèvres, qui peut être dirigé sous des angles d'attaque différents sur l'arête de l'embouchure (biseau de la flûte). Le son produit à ce niveau met en vibration la colonne d'air du tuyau de la flûte. La fréquence de ces vibrations dépend de la longueur acoustique du tuyau. Cette longueur peut être modifiée par la disposition, la taille et la forme des trous, ainsi que par leur ouverture et fermeture.

Ainsi, lorsque l'on bouche ou débouche les différents trous à l'aide des clés, on modifie la longueur de la colonne d'air en vibration, et donc la hauteur de la note émise.

La pression et la rapidité du souffle influent sur la hauteur du son et sur le timbre. C'est sur une utilisation habile de ces données que repose la faculté d'octavier, caractéristique de la flûte dans le groupe des bois.

[modifier] Historique

[modifier] Origine

La flûte traversière serait apparue en Chine, puis en Occident au Moyen Âge (XIIe siècle). Les premières descriptions de l'instrument ne datent cependant que du XVIe siècle, période à laquelle on l'appellait « flûte d'allemand ». Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, Lully introduit la flûte traversière dans l'orchestre d'opéra et à partir du XVIIIe siècle, l'instrument se voit assigner une fonction importante de soliste, en raison de sa sonorité diaphane et de son agilité.

[modifier] Évolution

[modifier] Période primitives

[modifier] Moyen Âge

Au moyen âge et à la Renaissance, la flûte est constituée d'une seule section ou de deux pour la flute "basse" en sol. Sa perce est cylindrique, et 6 trous de diamètres très proches y sont percés.

[modifier] La Renaissance

Aux XVIe siècle et XVIIe siècle siècles la flûte conserve son aspect médiéval : une pièce en général, parfois deux pour les basses en Sol, rarement pour les ténors en Ré. Sa perce est cylindrique, elle couvre deux octaves et demi et est chromatique, à condition de bien maîtriser ses doigtés , qui sont assez complexes.

[modifier] XVIIIe siècle

Les premières transformations majeures apportées à la flûte traversière seront dues à la famille française Hotteterre, durant la première moitié du XVIIIe siècle. Jacques Martin Hotteterre coupe la flûte en 3 morceaux : la tête (avec l'embouchure), le corps (qui comporte les trous joués directement avec les doigts) et la patte (qui comporte en général un trou joué par une clé, mais parfois plus). Par la suite la plupart des flûtes du XVIIIe siècle comprendront quatre parties, le corps étant divisé en deux.

Hotteterre donne également à la flûte une perce conique, afin d'améliorer la justesse des octaves. Il écrit en 1707 le premier livre à propos de la flûte traversière : Les Principes de la Flûte Traversière.

Tout au long du XVIIIe siècle, la flûte possède généralement une seule clé, pour le Ré dièse. Quantz ajoute cependant une clef pour le Mi bémol sur la patte, en plus du Ré dièse. Cette préoccupation très fine de la justesse contredit l'idée répandue selon laquelle les musiciens de l'époque baroque se contentaient d'une justesse approximative de leurs instruments.

Dans les dernières décennies du siècle, d'autres clefs sont ajoutées : de 4 à 6, voire plus encore : Johann George Tromlitz introduit à cette époque un excellent système qui, notamment par son Do bécarre joué au pouce, préfigure déjà les évolutions majeures dans la facture de la flûte au début du siècle suivant. Des pattes allongées dotées de deux clés supplémentaires permettent à certains instruments d'atteindre le Do grave.

De plus en plus de compositeurs écrivent pour la flûte, notamment Telemann et Bach.

[modifier] XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, la flûte possède de 5 (en France) à 8 clés (en Angleterre et en Allemagne). Des systèmes de plus en plus perfectionnés vont pousser à ajouter toujours plus de clés, jusqu'à des extrêmes tels que le panaulon viennois, qui descendra jusqu'au sol grave.

Au début des années 1830, un flûtiste virtuose allemand, Theobald Boehm (1794 - 1881) de Munich, propose un nouveau système, qui va entrainer la plus grande révolution technologique dans la facture de l'instrument.

Le doigté est très différent et plus rationnel, notamment au niveau des Fa, Fa dièse et Do, ainsi que le Si bémol. Il implique un mécanisme bien plus complexe, c'est pourquoi les systèmes précédents sont en général appelés "systèmes simples" par opposition au "système Boehm".

Le premier modèle Boehm de 1832 ne rencontre pas un succès immense, notamment parce que de nombreux musiciens n'apprécient pas sa sonorité plus puissante et plus timbrée, et ne veulent pas s'adapter aux changements de doigtés radicaux qu'il implique. Il fallut attendre le nouveau sytème 1847 dont le corps a une perce cylindrique et la tête une perce à conique, et surtout l'adoption du système Boehm par le conservatoire de Paris dans les années 1860 pour que la flûte Boehm remplace rapidement les flûtes à système simple dans la plupart des orchestres professionnels du monde.

Il est à noter que les flûtes à système simple ont été utilisées dans des fanfares et des orchestres amateurs jusque dans les années 1930.

Les compositeurs ont fait de la flûte l'instrument de l'expressivité et de la virtuosité. Certaines pièces de cette période sont réellement des chefs-d'œuvres !

[modifier] Citations

« La flûte est par excellence l'Instrument de la Musique, cela parce qu'animée par le souffle, émanation profonde de l'homme, la flûte charge ses sons de ce qui est en nous d'à la fois viscéral et cosmique. » André Jolivet

« La flûte, pour moi, c'est un cri, un gémissement aussi, très humain et direct. C'est une voix humaine. » Yoshihisa Taïra

« Plus faux qu'une flûte, deux flûtes ! » Wolfgang Amadeus Mozart (c.f. Concertos pour flûte de Mozart)

[modifier] Berlioz et la flûte traversière

Hector Berlioz lui-même ne semblait pas tenir la flûte en haute estime ; s'il la juge « indispensable à l'orchestration », il dit dans son Traité d'instrumentation qu'elle est « d'une agilité excessive ». Plus loin, il précise même : « Il semble donc que la flûte soit un instrument à peu près dépourvu d’expression, qu’on est libre d’introduire partout et dans tout, à cause de sa facilité à exécuter les groupes de notes rapides, et à soutenir les sons élevés utiles à l’orchestre pour le complément des harmonies aiguës. »

Mais il nuance lui-même son propos, quelques lignes plus loin :

« 

En général cela est vrai ; pourtant en l’étudiant bien, on reconnaît en elle une expression qui lui est propre, et une aptitude à rendre certains sentiments qu’aucun autre instrument ne pourrait lui disputer. S’il s’agit par exemple, de donner à un chant triste un accent désolé, mais humble et résigné en même temps, les sons faibles du médium de la flûte, dans les tons d’ut mineur et de ré mineur surtout, produiront certainement la nuance nécessaire. Un seul maître me parait avoir su tirer grand parti de ce pâle coloris : c’est Gluck. En écoutant l’air pantomime en ré mineur qu’il a placé dans la scène des Champs-Elysées d’Orphée, on voit tout de suite qu’une flûte devait seule en faire entendre le chant. Un hautbois eut été trop enfantin et sa voix n’eut pas semblé assez pure ; une clarinette eut mieux convenu sans doute, mais certains sons eussent été trop forts, et aucune des notes les plus douces n’eut pu se réduire à la sonorité faible, effacée, voilée du fa naturel du médium, et du premier si bémol au dessus des lignes, qui donnent tant de tristesse à la flûte dans ce ton de ré mineur où ils se présentent fréquemment. Enfin, ni le violon, ni l’alto, ni le violoncelle, traités en solo ou en masse, ne convenaient à l’expression de ce gémissement mille fois sublime d’une ombre souffrante et désespérée ; il fallait précisément l’instrument choisi par l’auteur. Et la mélodie de Gluck est conçue de telle sorte que la flûte se prête à tous les mouvements inquiets de cette douleur éternelle, encore empreinte de l’accent des passions de la terrestre vie. C’est d’abord une voix à peine perceptible qui semble craindre d’être entendue ; puis elle gémit doucement, s’élève à l’accent du reproche, à celui de la douleur profonde, au cri d’un cœur déchiré d’incurables blessures, et retombe peu à peu à la plainte, au gémissement, au murmure chagrin d’une âme résignée… Quel poète ! » </blockquote>

« 

Les sons graves de la flûte sont peu ou mal employés par la plupart des compositeurs ; Weber, dans une foule de passages du Freischütz, et, avant lui, Gluck, dans la marche religieuse d’Alceste, ont pourtant montré tout ce qu’on peut en attendre pour les harmonies empreintes de gravité et de rêverie. Ces notes basses, je l’ai déjà dit, se mêlent fort bien aux sons graves des cors anglais et des clarinettes ; elles donnent la nuance adoucie d’une couleur sombre. » </blockquote>

« 

En général, les maîtres modernes écrivent les flûtes trop constamment dans le haut ; ils semblent toujours craindre qu’elles ne se distinguent pas assez au dessus de la masse de l’orchestre. Il en résulte qu’elles prédominent, au lieu de se fondre dans l’ensemble, et que l’instrumentation devient perçante et dure plutôt que sonore et harmonieuse. » </blockquote>

La flûte joue un rôle essentiel dans l'orchestre de Berlioz, mais les solos de flûte de quelque étendue sont assez peu fréquents chez lui : Berlioz préfère d'habitude confier la mélodie à deux ou à plusieurs instruments à vent (voyez cependant Harold en Italie, 3e mouvement, mesures 167-90). Le trio pour deux flûtes et harpe de L'Enfance du Christ est bien entendu un cas spécial.

Enfin, si la flûte fait partie des premiers instruments de musique<ref>La voix et les percussions sont bien entendu antérieurs à la flûte.</ref>réf. nécessaire c'est aussi un de ceux qui ont été le plus successivement adoré et détesté. Alors qu'elles ont souvent été associées à des pouvoirs magiquesréf. nécessaire, et elles ont été utilisées dans les cérémonies religieusesréf. nécessaire et les rites culturelsréf. nécessaire. Dans les mêmes temps, elles étaient aussi utilisées pour le divertissement et l'art.

La flûte a connu, durant son histoire, une succession de périodes de succèsréf. nécessaire et de méfianceréf. nécessaire, jusqu'au XIXe siècle où elle a été « réhabilitée » dans l'esprit des musiciens et du public.

[modifier] Flûtistes célèbres

Voir la liste des flûtistes classiques.

[modifier] Voir aussi

Techniques particulières de jeu :

[modifier] Références

<references />

[modifier] Liens externes

Image:Musical notes.svg Portail de la musique – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la musique.
  
Image:Viola d'amore2.png Portail de la musique classique – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la musique classique.
   {{{{{3}}}}}
Image:Musical notes.svg Portail de la musique – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la musique.
Image:Viola d'amore2.png Portail de la musique classique – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la musique classique.
{{{{{3}}}}} {{{{{4}}}}}
als:Querflöte

cs:Příčná flétna de:Querflöte en:Western concert flute es:Flauta travesera fi:Poikkihuilu gl:Frauta traveseira it:Flauto traverso ja:フルート lb:Querflütt nl:Dwarsfluit nn:Tverrfløyte no:Tverrfløyte pl:Flet poprzeczny qu:Pitu sv:Tvärflöjt

Outils personnels