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Flûte à bec

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Flûtes à bec baroques


La flûte à bec est un instrument de musique à vent de la famille des bois.

Les différentes flûtes à bec sont caractérisée par leurs tessitures : sopranino, soprano, alto, ténor et basse.

Sommaire

[modifier] Histoire

Les plus anciennes flûtes à bec remontent à la Préhistoire. Il convient toutefois de faire des distinctions parmi tous les instruments « à bec ». La flûte à bec est aussi appelée flûte douce, flûte d'Angleterre, flûte à huit trous est un instrument qui comporte huit trous de jeu, dont un manipulé par le pouce pour permettre l'émission des octaves aiguës. Cet instrument apparaît incontestablement dans cette forme particulière à partir du XIVe siècle; il en subsiste quelques vestiges : flûte de Dordrecht, fragment de Würzburg et flûte de Göttingen. On peut supposer que cet instrument existait déjà auparavant, mais aucune preuve tangible n'a encore put étayer cette hypothèse. À cette époque, il comportait neuf trous de jeu (d'où son appellation de « flûte à neuf trous ») mais le nombre utile n'était en réalité que de huit car on devait choisir entre les deux trous percés de chaque coté au bas de l'instrument afin de laisser le choix entre une tenue de droitier ou de gaucher et le trou inutile était bouché à la cire. C'est cet instrument qui sera décliné en plusieurs tailles jusqu'à former une famille étendue et homogène à partir du XVIe siècle et que l'on désigne ordinairement par le vocable d'origine anglaise « Consort ».

Il existe toutefois des instruments « à bec » ou « à bloc » qui ne fonctionnent pas selon le même mode organologique :

  • Les galoubets, txistu et autres flûtes à une main ne comportent que trois tous de jeu et l'obtention des quintes et octaves s'effectue par la force du souffle. La flûte à une main, associée à un petit tambour ou à d'autres instruments de percussion manipulés par le flûtiste lui-même, était très appréciée au Moyen Âge et à la Renaissance pour mener la danse en société.
  • Les flageolets quant à eux se déclinent en deux type :
  1. « Anglais » (très proche de notre flûte à bec actuelle) qui fut aussi utilisé dans les pays Germaniques. C'est pour lui, par exemple, que Mozart écrivit des parties dans L'enlèvement au Sérail.
  2. « Français » comprenant 6 trous dont deux à l'arrière manipulés par chaque pouce. Ce dernier, inventé par un certain Sieur Juvisy comme le rapporte Marin Mersenne au XVIIe siècle, a été pourvu au XIXe siècle de divers systèmes de clés qui le rendirent très populaire dans les orchestres de bal et les bandes de musique militaire.
  • Le csakan est une variété viennoise de flûte à bec qui fut inventée, pense-t-on, par Anton Heberlé au début du XIXe siècle. Il était pourvu de clés et sa popularité est confirmée par les nombreuses œuvres écrites tout spécialement pour lui, notamment celles sorties des presses de Diabelli, un des éditeurs de Beethoven. Son usage dura jusqu'à l'orée du siècle dernier mais semble s'être fortement réduit à partir des années 1850.
  • Le pipeau, quant à lui, est un instrument d'aspect très simple qui ne comporte aucun trou de pouce et ressemble de très près au tin whistle irlandais. La fabrication de ces instruments n'est souvent pas le fait de facteurs professionnels (sauf pour le tin whistle), mais plutôt des joueurs eux-mêmes; une singularité qui le distingue des autres instruments ci-dessus mentionnés. La vogue des faiseurs et joueurs de pipeau en bambou, dont l'histoire remonte à la toute fin du XIXe siècle, répondant à une certaine idéologie de la nature en s'inspirant d'une antiquité toute fantasmée, a été très populaire au début du XXe siècle; ce qui a contribué à confondre pipeau et flûte à bec véritable. Les « flûtes préhistoriques » ci-dessus mentionnées sont de ce type mais beaucoup plus rudimentaires puisqu'elles peuvent ne comporter qu'un ou deux trous de jeu.


Il faut d'ailleurs signaler que si l'on entend fréquemment dire que la flûte à bec, ou le pipeau, est le plus rudimentaire des instruments et l'ancêtre de la flûte traversière (voire du hautbois !), en vantant pour preuve l'existence d'instruments préhistoriques, c'est que l'on confond généralement, dans ce sophisme, cause (organologique) et effet (technique). De nombreuses raisons peuvent expliquer l'abondance de ces témoignages préhistoriques, et la première de toutes invoque le matériau solide et pérenne dans lequel ces instruments ont été façonnés (il en va de même en archéologie médiévale) : l'os; ce que d'autres instruments ne peuvent malheureusement pas revendiquer. La cause d'un jeu réputé « facile » n'est pas à rechercher dans l'aspect extérieurement simple de l'instrument mais résulte bel et bien d'une invention, sans doute très ancienne, de l'application d'un appareillage qui rend la préhension de l'embouchure plus spontanée. Il n'est par ailleurs pas du tout certain que ces instruments aient servi à une quelconque pratique musicale au sens actuel du terme. On comprend dès lors que ce type d'invention ne peut préexister à l'utilisation d'une embouchure simple telle que celle de la flûte traversière ou des flûtes obliques de type « Nay » puisqu'il en propose, si l'on peut dire, une sorte d'amélioration. Cette invention serait à rapprocher de celle des clétages modernes destinés à rendre l'intonation plus facile et les doigtés moins complexes. On voit ce que cet argument pseudo historique a de dangereux, surtout lorsqu'il est accompagné de jugements de valeur esthétiques tout aussi subjectifs.

L'évolution de la construction des flûtes à bec, qui échappa à l'industrialisation et à l'usinage forcenés des instruments de musique au XIXe siècle, a conduit au XXe siècle, en partant du modèle baroque, à des réalisations surprenantes d'instruments pourvus de systèmes de clés à la façon des instruments « Boehm », ou d'une totale révolution dans le design acoustique du corps de l'instrument, des matériaux choisis (bois, résines, plexiglas, métal) et des extensions (amplifications, transformations de timbre par appareils électroniques en temps réel).

Matériaux utilisé dans la facture de flûtes à bec : jusqu'à l'époque moderne, les flûtes à bec ont été fabriquées exclusivement en bois, le buis européen (Buxus sempervirens) étant l'essence la plus répandue et, de nos jours, la plus prisée. De nos jours, en raison de sa rareté, il est souvent remplacé par des essences exotiques non apparentées mais présentant des caractéristiques similaires — et pour cette raison abusivement appelées « buis » également —, telles que le (« buis ») castello (Calycophyllum multiflorum). De nos jours, on trouve également des flûtes à bec en plastique, le plus souvent de qualité inférieure. D'autres matériaux ont pu connaître un usage anecdotique, mais la flûte à bec reste, pour les joueurs sérieux, un instrument en bois, voire un instrument en buis (européen). D'autres essences sont employées (érable, le plus courant dans la facture semi-industrielle ; poirier, palissandre, grenadille - à ne pas confondre avec l'ébène -, ébène, olivier, rose, sont les plus courants). Leur densité, inégale, donne à l'instrument ses caractéristiques propres.

Une histoire aussi longue et aussi variée a légué à la flûte à bec un répertoire abondant. Très utilisé dans la musique savante profane et religieuse depuis le XVe siècle au moins (il ne subsiste rien de la musique populaire), cet instrument connut une éclipse relative au XIXe siècle et jouit d'un regain de popularité dès les premières années du XXe siècle, notamment par l'action d'un de ses plus fervents défenseurs, le musicien et musicologue franco-anglais Arnold Dolmetsch. Associé aux mouvements populaires des jeunesses musicales allemandes dans l'entre-deux guerres, largement diffusé en Angleterre puis en Europe grâce à sa production de masse en bakélite dès les années 1940, cet instrument fut associé, pour toutes ces raisons, aux activités pédagogiques et scolaires dans les années cinquante.

Il connaît à présent une véritable activité de concertiste professionnel et est enseigné à un niveau supérieur dans les conservatoires spécialisés. On le rencontre dans le répertoire classique contemporain (Berio, Donatoni…) mais aussi de musique pop, de musiques actuelles, voire de jazz (Album Spirits de Keith Jarrett).

La famille se décline aujourd'hui en instruments en do et en fa.

  • Sopraninino (do)
  • Sopranino (fa)
  • Soprano (do)
  • Alto (fa)
  • Ténor (do)
  • Basse (fa)
  • Grande basse (do)
  • Contrebasse (fa)

Cette classification est loin de refléter la diversité des instruments historiques. Les premiers utilisateurs du début du XXe siècle, se basant sur les instruments baroques et cherchant sans doute à créer une famille qui corresponde aux exigences des classifications chorales modernes et à l'aspect courant de la musique de chambre d'alors (quatuor à cordes notamment), firent écrire des quatuors de flûte pour soprano, alto, ténor et basse. Cette formation n'a visiblement rien d'historique, et la réalité du répertoire fait appel à des consorts qui sont loin de cette formation « classique ».

Les instruments solistes, quant à eux, étaient déclinés en de nombreuses tonalités différentes. Le « dessus » le plus courant au XVIe siècle était en sol, et l'époque baroque employa abondamment des instruments tels que la « flûte pastorale » en mi bémol, « flûte de voix » en ré, « Sixth flute » en ré également, « Fourth flute » en si bémol. L'alto pouvait être en sol ou en fa en pleine période baroque encore… La liste exhaustive de ces instruments serait fort longue.

Il existe depuis peu une flûte « subcontrebasse » en do.

[modifier] Valeur pédagogique

Peu après son retour en grâce du début du XXe siècle, on découvre la haute valeur pédagogique de cet instrument pour initier à la musique. En tant qu'instrument facilement portable, il trouve rapidement sa place dans les mouvements populaire des jeunesses allemandes, et par ce biais dans la pédagogie. Parallèlement, des firmes comme Moeck ou Adler-Heinrich lancent une production industrielle massive de flûtes à bec, et en font un instrument bon marché et omniprésent. Après la Seconde Guerre mondiale, il est systématique utilisé, que ce soit à l'école, où il est enseigné à des classes entières, ou dans les écoles de musique et autre conservatoires locaux de plus en plus nombreux, où la flûte à bec s'impose comme l'instrument d'initiation à la musique. Caractéristique de cette évolution, l'éveil musical et le premier cours de flûte à bec sont souvent dirigés par le même professeur. Ceci n'a pas que des conséquences positives pour la flûte à bec, souvent considérée comme un pipeau bas de gamme, à peine un instrument, une dévalorisation qu'elle partage entre-temps avec d'autres instruments également utilisés en éveil musical, ce qui tempère ce jugement.

Les principes du jeu de la flûte à bec, en particulier de la flûte à bec soprano, peuvent être acquis par les écoliers dès le primaire. Les premiers succès dans la maîtrise de l'instrument viennent en général rapidement : sortir une note de l'instrument et acquérir quelques doigtés basiques est très accessible. Passé ces premiers succès, il s'avère cependant difficile d'obtenir un son ni trop faible ni trop fort, harmonieux et soutenu, et les techniques de souffles et de doigté à un stade même légèrement avancé deviennent réellement complexes. Il faut apprendre parallèlement deux doigtés (ceux de la soprano et de l'alto) et suivant le style de musique, trouver le ton juste requiert une technique de souffle particulière.

Une fois les premiers succès engrangés, les enseignants de flûte à bec ont donc un réel défi à relever pour élever leurs élèves aux exigences du répertoire de la flûte à bec du Moyen Âge à nos jours.

[modifier] Fabricants historiques de flûte à bec

Comme les fabricants de violon à leur époque, certains fabricants de flûte à bec jouissaient aux XVIIe et XVIIIe siècles d'un certain prestige. Ci-dessous une courte liste de membres de cette profession ayant influé sur l'histoire de la flûte à bec :

[modifier] Solistes célèbres

  • Frans Brüggen
  • Frédéric de Roos
  • Henry Ganty
  • Saskia Coolen
  • Walter van Hauwe
  • Kees Boeke
  • Jean-Louis Biglione
  • Dan Laurin
  • Horacio Franco
  • Hans-Martin Linde
  • Matthias Maute
  • Jean-Pierre Nicolas
  • Dorothee Oberlinger
  • Michala Petri
  • Michelle Tellier
  • Laurence Pottier
  • Claire Michon
  • Hugo Reyne
  • Bart Spanhove
  • Maurice Steger
  • Gerald Stempfel
  • Han Tol
  • Marion Verbruggen
  • Laura Pok
  • Nathalie Houtman
  • Michael Schneider
  • Piers Adams
  • Francis Colpron

[modifier] Ensembles

  • Laterna Magica - Laura Pok -- Nathalie Houtman -- ... ...
  • Amsterdam Loeki Stardust Quartett - Daniel Bruggen, Andrea Ritter, Daniel Koschinski, Karel van Steenhoven
  • Flanders Recorder Quartet - Bart Spanhove, Han Tol, Joris van Goethem, Paul van Loey
  • Wiener Blockflötenensemble - Hans Maria Kneis, Alfred Endelweber, Ulrike Groier, Klaus Gund, Rudolf Hofstötter, Georg Mittermayr
  • Flautando
  • Flautando Köln - Katharina Hess, Susanne Hochscheid, Ursula Thelen, Kerstin de Witt
  • QNG 138
  • consort of five
  • Trio diritto
  • Trio Zéphire - Ria Clement-Lucas, Isabelle Eyen, Anne Bihorel

[modifier] Bibliographie

  • (de) Geiringer, Karl: Instrumente in der Musik des Abendlandes ("Instruments de la musique occidentale"); München: Verlag C.H. Beck, 1982; ISBN 3-406-09095-8
  • (de) Harras, Manfred H.: 'Musik in Geschichte und Gegenwart ("Musique du passé et du présent"), Sachteil, Bd. 1: 1576 - 1600; Kassel: Bärenreiter / Stuttgart: Metzler, 1994; ISBN 3-7618-1100-4 (Bärenreiter), ISBN 3-476-41022-6 (Metzler)
  • (de) Linde, Hans-Martin: Handbuch des Blockflötenspiels ("Livret de la flûte à bec"). Mainz: Schott, ?, ISBN 3-7957-2531-3

Guido M. Klemisch, „Blockflöte“ in “Bachs Orkestermusik“ von Rampe/Sackmann, Kassel 2000, ISBN 3-6718-1345-7 Guido M. Klemisch, „Zur Bauweise der Blockflöte um 1700 und Möglichkeiten des Nachbaus,“ in SAIM, Beiheft 12, Michaelstein/Blankenburg, 1992, S. 47 Guido M. Klemisch, „Die Kernspaltflöte um 1500“ in „Heinrich Isaac und Paul Hofhaimer im Umfeld...“, Innsbruck 1997)

[modifier] Liens externes

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