Extrasystole
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
| Image:Star of life2.svg | Cet article est une ébauche à compléter concernant la médecine, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant. |
Une extrasystole est un trouble du rythme cardiaque correspondant à une contraction prématurée d’une des cavités du cœur.
Sommaire |
[modifier] Physiopathologie
Une extrasystole provient d'une (ou plusieurs) décharge électrique ayant lieu soit dans l'oreillette, dans le tissu de conduction (système nerveux propre appelé cardionecteur du cœur) ou dans les ventricules.
Ces décharges naissent d'un foyer ectopique (situé à un endroit anormal) et non du noeud sinusal.
Elles sont ainsi le résultat d'une excitabilité électrique accrue d'une zone bien délimitée du muscle cardiaque.
Selon la cavité cardiaque où a lieu la contraction prématurée des fibres musculaires (oreillette, ventricule ou jonction entre ces deux cavités), on parlera d'extrasystoles auriculaires (ESA), d'extrasystoles ventriculaires (ESV) ou d'extrasystoles jonctionnelles.
[modifier] Diagnostic
[modifier] Clinique
Elles peuvent être asymptomatiques. Le sujet peut ressentir des palpitations, une sensation de "pause" cardiaque.
La prise de pouls et l'auscultation cardiaque (prolongée) peut retrouver un rythme qui semble irrégulier.
[modifier] Examens complémentaires
- ECG : peut être normal
- Électrocardiogramme d'effort qui permet d'évaluer l'influence de la stimulation adrénergique sur l'extrasystolie
- Holter-rythmique : afin de quantifier l'extrasystolie, d'en préciser les caractéristiques et leur répétition
[modifier] Causes
Elles sont multiples. On peut retrouver:
- un trouble métabolique : une hypokaliémie, une hypoxie,
- une maladie endocrinienne,
- une cause médicamenteuse (iatrogénie) : théophylline, médicaments sympathomimétiques par exemple,
- une prise de d'excitants : café, thé, alcool, cocaïne,
- une infection aigüe,
- suite à un effort physique important.
[modifier] Extrasystoles auriculaires (ESA)
[modifier] ECG
On retrouve une onde P prématurée qui peut être de forme différente (parfois intriquée dans l'onde T du complexe précédent), suivie par un complexe QRS.
[modifier] Traitement
C'est avant tout celui de la cause lorsqu'elle est identifiée et curable. Pour le traitement du trouble du rythme lui-même, il dépend du terrain, de la gêne occasionnée et de l'existence ou non d'une cardiopathie sous-jacente :
- Extrasystoles isolées survenant sur un cœur sain :
- règles hygiéno-diététiques (diminution ou supression des excitants par exemple), parfois associées à un sédatif de type anxiolytique,
- si cela ne suffit pas : quinidine à faible dose,
- en cas d'échec : utilisation des bêta-bloquants.
- En cas de cardiopathie associée ou d'une gêne fonctionnelle importante ou très fréquente : on utilise des antiarythmiques (classes Ia ou Ic), plus ou moins associé à un traitement anticoagulant par antivitamines K ou antiagrégant plaquettaire,
- En cas de cardiopathie évoluée avec altération de la fonction contractile du ventricule gauche : utilisation de l'amiodarone.
[modifier] Extrasystoles ventriculaires (ESV)
En terme diagnostique ce qui importe est de savoir si l'extrasystolie ventriculaire présente ou non des signes de gravité, avec alors la nécessité d'introduire un traitement antiarythmique.
[modifier] ECG
On retrouve un complexe QRS non précédée par (ou sans relation chronologique fixe avec) une onde P ; le complexe QRS étant large (supérieur à 0,12 s.) et déformé par rapport aux complexes QRS de base avec aspect soit de bloc de branche droit s'il s'agit d'une extrasystole ventriculaire naissant du ventricule gauche, soit de bloc de branche gauche s'il s'agit d'une ESV naissant du ventricule droit. La repolarisation est inversée avec une onde T négative.
[modifier] Eléments pronostiques
- La morphologie (forme) des ESV : lorsque toutes les extrasystoles ont le même aspect, elles sont dites monomorphes. Lorsqu'elles ont des formes différentes, elles sont dites polymorphes (existence de plusieurs foyers ectopiques),
- L'intervalle de couplage : le couplage d'une extrasystole par rapport au complexe QRS précédent est dit court lorsque l'ESV survient sur l'onde T précédente (extrasystole précoce),
- Le nombre d'ESV,
- Leur rythme :
- on parle de doublet (2 ESV de suite), de triplets (3 ESV de suite) ; au-delà, on parle de salve d'ESV,
- elles peuvent être bigéminées (une ESV après chaque complexe normal), ou trigéminées (1 ESV tous les 2 complexes normaux).
[modifier] Gravité
Elle est définie par :
- l'existence d'une cardiopathie sous-jacente,
- la précocité des ESV (proche de l'onde T),
- l'aspect polymorphe,
- la présence de plusieurs complexes répétitifs (doublets, triplets, salves),
- la périodicité (> 5 par minute).
Peuvent donc être considérées comme bénignes les ESV sur cœur sain, monomorphes, de grande amplitude, sans forme répétitive, diminuant ou disparaissant à l'effort.
Doivent être considérées comme potentiellement graves, et justifiant alors un traitement antiarythmique, les ESV très prématurées (ou précoces), répétitives (survenant en doublets, triplets voire salves de tachycardie ventriculaire), polymorphes, avec des QRS très élargis et de faible amplitude, s'aggravant à l'effort, surtout si elles surviennent sur un cœur pathologique.
Le principal risque des ESV est d'induire une arythmie ventriculaire plus sévère qu'il s'agisse d'une tachycardie ventriculaire ou d'une fibrillation ventriculaire avec risque de mort subite. L'extrasystole ventriculaire sera la "gâchette" induisant le démarrage d'une arythmie soutenue.
[modifier] Traitement
Il a pour objectifs d'éviter la mort subite, et accessoirement, d'améliorer la qualité de vie en faisant disparaître la gêne fonctionnelle.
- ESV bénignes :
- règles hygiéno-diététiques (diminution ou suppression des excitants), plus ou moins associées à un traitement sédatif de type anxiolytique,
- en cas de gêne fonctionnelle importante, utilisation de certains antiarythmiques.
- ESV graves :
- traitement de la cause lorsque celle-ci est identifiée et curable : cardiopathie sous-jacente, facteur déclenchant ou favorisant (hypokaliémie, arrêt d'un traitement dont on suspecte l'effet arythmogène),
- traitement médicamenteux : antiarythmiques, bêtabloquants, amiodarone, inhibiteurs calciques.
[modifier] Extrasystoles jonctionnelles
[modifier] Lien externe
| Image:Star of life2.svg | Portail de la médecine – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la médecine. |

