Empire d'Occident carolingien
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Dans un premier temps le terme d'Empire d'Occident désigne l'Empire romain d'Occident. Il correspond ensuite à l'Empire carolingien fondé par Charlemagne — cet article ne considère que cette dernière acception.
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[modifier] L'évolution de l'Empire d'Occident
En 800, Charlemagne est sacré Empereur d'Occident par le pape, après l'avoir secouru contre un complot visant à le déposer. Il rétablit ainsi l'Empire d'Occident, qu'on nomma également Empire Franc. Lui-même continue de se nommer roi des Francs et des Lombards, en plus d'empereur romain. L'Empereur d'Orient est furieux, mais Charlemagne sera reconnu un peu plus tard par l'Empereur d'Orient.
L'alliance entre la papauté et Charlemagne lui permit d'obtenir ce titre. Les Francs protégeaient l'Église en Gaule depuis Clovis Ier, et Pépin le Bref, père de Charlemagne, était déjà intervenu pour protéger la papauté. Sa lutte contre les peuples païens, dont les Saxons, et leur conversion (forcée de fait) au christianisme a surtout un caractère d'action politique, lui permettant de pacifier un peuple qui menaçait son empire, et ne constitue pas une guerre menée au nom de la chrétienté.
Les pouvoirs que s'arroge Charlemagne sont très vastes :il légifère beaucoup, y compris en matière dogmatique (introduction du Filioque), et il nomme les évêques. Il ne reconnaît aucun pouvoir au-dessus de lui. Il est le défenseur du monde chrétien, et l'organise. La capitale de l'empire est en son centre, à Aix-la-Chapelle, où il fonde une école pour les cadres de l'empire, qui y apprennent un minimum d'éducation en matière d'administration, de lecture, de religion. Les grands du royaume y envoient leurs fils y étudier. Il intègre également dans sa suite des hommes de tout l'empire et de toutes ethnies: Saxons, Lombards, Goths.
Avant sa mort, suivant la coutume franque, Charlemagne prépare le partage de son empire entre ses fils, sans désigner de successeur au titre d'empereur. Par ce geste, il montre que la restauration de l'Empire était pour lui une construction éphémère, ne devant pas forcément lui survivre. Finalement, Louis le Pieux, étant le seul à survivre, lui succède seul et prendra également le titre d'empereur. Mais il s'assurera qu'aucun des autres descendants illégitimes de son père ne puisse interférer sur la succession. Par contre lui-même partagera l'empire entre ses trois fils.
Le titre restera ensuite dans la lignée carolingienne, sans qu'une réelle légitimité ni pouvoir n'y soit associé. Au contraire, ce titre est plutôt un facteur de conflit, lorsque par exemple Lothaire essaira de le faire valoir sur ses frères, et lorsque Charles le Chauve se fait attaquer par Louis le Germanique après son couronnement à Rome.
En réalité, le temps des grands ensembles disparates était bel et bien révolu, surtout rapidement en Francie Occidentale, où les rois auront déjà bien assez de mal à se faire respecter chez eux, pendant longtemps, contre leurs grands princes. Alors que Charlemagne était capable de s'assurer de nombreuses fidélités grâce à ses nombreuses conquêtes, qu'il pouvait redistribuer, ses successeurs ne le pouvaient plus. Ils perdirent alors rapidement la possibilité même de redistribuer les titres de comte, qui devinrent héréditaires.
La partie située à l'Est de cet empire d'Occident deviendra par la suite le Saint Empire romain germanique. L'empereur y était élu par les grands princes sans avoir beaucoup de pouvoir sur eux.
[modifier] Politique culturelle
Sous son règne, on assiste à une renaissance, appelée la "renaissance carolingienne", qui consiste à étudier les héritages de la civilisation antique dans un esprit chrétien.
Pour stimuler et maintenir les valeurs chrétiennes au sein de son empire, Charlemagne adopte une politique culturelle ambitieuse :
- Un vaste programme d'éducation est mise en œuvre par le principal conseiller de Charlemagne, Alcuin, en mettant en place des écoles, selon le cadre des arts libéraux, transmis de l'Antiquité tardive par Bède le Vénérable,
- Les bibliothèques se développent et se multiplient : Charlemagne met d'ailleurs en place une bibliothèque impériale à Aix-la-Chapelle,
- La liturgie est par Benoît d'Aniane après la fin du règne de Charlemagn, à partir de l'ordre bénédictin,
- On a vu que la théologie se développe aussi (Alcuin, Théodulf d'Orléans),
- Charlemagne restaure la philosophie et l'étude des auteurs latins et de Platon, qu'il stimule à sa cour,
- L'art des manuscrits s'enrichit considérablement dans les scriptoria, avec la minuscule caroline, les enluminures
- On construit un nombre important de cahédrales (environ 80) dans tout l'empire, avec un art très achevé de l'orfèvrerie, des fresques et des mosaïques inspiré de l'art byzantin.
- Les études historiques réapparaissent avec Paul Diacre, Eginhard.
[modifier] Acception géographique
Les terres couvertes par l'Empire carolingien de Charlemagne constituent une acception admissible du terme Occident chrétien médiéval.
[modifier] Voir aussi
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