Données archéologiques sur les premiers Israélites de Palestine et d'Égypte
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[modifier] Données archéologiques sur les premiers Israélites en terre de Palestine
Les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les hautes terres de Canaan (vers Béthel et Silo) ont permis d'établir la présence, à partir de -1200, de petites communautés de nomades qui se sédentarisent, probablement pour cultiver leurs céréales. Dès le début, le développement est beaucoup plus rapide dans la moitié nord, plus arrosée et traversée par les voies de communication, que dans la moitié sud, sèche et peu accessible. Les premiers Israélites sont d'origine indigène, ce sont des Cananéens <ref>film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, chap. 4 de l'épisode 4</ref> (voir les remarques de Pierre de Miroschedji à ce sujet <ref name="Miro">Pierre de Miroschedji, revue “La Recherche” n° 391, pages 32, 38 et 40</ref>). Une chose les distingue toutefois : contrairement à leurs voisins, les premiers Israélites n'élèvent pas de porc et ne mangent pas de viande de porc, ce qui permet à l'archéologie de les suivre à la trace, par l'analyse des déchets (os). La forme ovale des installations est très caractéristique <ref>Dans le film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, Thierry Ragobert montre de très belles vues aériennes de ces habitats (chap. 3 de l'épisode 4)</ref>.
L’archéologue israélien Israël Finkelstein, directeur de l’Institut d’Archéologie de l’Université de Tel-Aviv, coresponsable du chantier de fouilles de Megiddo, est l’un des découvreurs. C’est une méthode statistique qui a permis cette découverte : toute une équipe a effectué un ramassage de tous les débris de matériaux liés à la présence d’une vie <ref>film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, chap. 4 de l'épisode 4</ref>, lors d’un ratissage systématique de toute la région des hautes terres, à partir de 1990. Chaque débris, daté, a fourni un point sur la carte correspondant à cette date. L’ensemble de toutes ces cartes a, par l’accumulation des résultats, permis de localiser petit à petit les premières présences de vie sur les hautes terres. Des fouilles locales ont, finalement, permis de mettre au jour les murs des enclos, les restes des habitations et des citernes creusées dans le roc, sur le site de Silo<ref name="Miro"/>. Vers -1000, on estime la population à 40 000 habitants répartis sur 230 sites dans la moitié nord, pour 5 000 habitants répartis sur 20 sites dans la moitié sud. Ces chiffres, très faibles, démontrent l’impressionnant progrès des méthodes d’investigation de l’archéologie aujourd’hui : une telle découverte eut été impossible quelques décennies auparavant. Ils démontrent aussi la portée du résultat négatif des fouilles dans le désert, sur l’itinéraire supposé de la fuite d’Égypte (voir ci-après). L’étude fine de la croissance de cette population au cours du temps démontre que celle-ci est très régulière, ce qui exclut totalement la possibilité d’une arrivée massive à un moment donné, en provenance d’une autre contrée (notamment, aucune arrivée significative en provenance d’Égypte ne s’est donc produite). On observe bien, cependant, un mouvement massif de population d'Israélites, mais beaucoup plus tard, lors de l'invasion du royaume d'Israël (partie nord) par l'Assyrie (-720) : ce mouvement se traduit par une foudroyante croissance de Jérusalem.
L’archéologue Pierre de Miroschedji signe, en tant que Directeur de Recherche au CNRS et en tant que directeur du Centre de Recherche Français de Jérusalem (équipe CNRS d'une vingtaine de personnes), un article dans la revue La Recherche (voir bibliographie), dans lequel il fait le point sur l’état des connaissances aujourd’hui et sur leur degré de fiabilité (consensus ou pas de la communauté des chercheurs sur le terrain). Il rappelle les mésaventures de ce qu’on a appelé “l’Archéologie biblique” <ref>“L’Archéologie biblique”, c’était, selon l’expression consacrée, "une bible dans une main, une pioche dans l’autre"</ref> et, en particulier, la certitude, une par une, que les villes de la conquête militaire de Canaan n’ont jamais été conquises par les Hébreux <ref name="Miro"/>. Les destructions constatées signent ce qu’on appelle un “effondrement systémique”, celui d’ailleurs qui a conduit les premiers Israélites à se sédentariser sur la région la plus à l’écart de grandes perturbations qui l’ont accompagné. Pierre de Miroschedji écrit : « ». Il souligne néanmoins que l’on peut tout à fait, en archéologie, se tourner vers le texte biblique et, après l’avoir soumis à la critique, voir quelle part d’information on peut en tirer.
[modifier] La polémique sur le premier livre d'Israël Finkelstein et de Neil Asher Silberman
La sortie du premier livre de Finkelstein et Silberman, “La Bible dévoilée”, maintenant réédité en livre de poche, a provoqué diverses polémiques. On a présenté comme une théorie personnelle ce qui est en fait le travail de toute une communauté scientifique. Or il ne s’agit pas de théorie : le travail de fouilles est très pratique et fort peu théorique <ref>William G. Dever, Aux origines d'Israël. Quand la Bible dit vrai, Éditions Bayard, 2005 (excellente bibliographie)</ref> <ref>Recension de Finkelstein Silbermann J.-M. Van Cangh, dans Nouvelle Revue Théologique</ref>. L’archéologie évoluant très vite, il est préférable de visionner le film de Thierry Ragobert <ref>film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie</ref>, plutôt que de lire ce premier livre. En particulier, toute une série de datations au carbone 14 a été effectuée par différentes équipes entre la rédaction du premier livre et le tournage du film. Ces résultats précisent les choses d’une façon importante et, en confortant la solidité des datations, ont conforté le consensus qui existe entre les professionnels, non pas sur des “théories”, mais sur les données du terrain. Le second ouvrage, sur David et Salomon, est complètement à jour des dernières découvertes. On y lit <ref>Israël Finkelstein et Neil Silberman, Les rois sacrés de la Bible. À la recherche de David et Salomon, Éditions Bayard, 2006, page 20.</ref> : « Issue d’un montage réalisé à partir de diverses sources antérieures, [l’histoire deutéronomique] ne résulte pas d’une œuvre originale, rédigée par un individu ou par un groupe d’auteurs vivant à la même époque. » (phrase qui est exactement le contraire de la “théorie” qu'on reproche au premier livre).
[modifier] Données archéologiques sur les premiers Israélites en terre d'Égypte
La stèle du pharaon Mérenptah, datée de -1207, nomme le pays de Canaan et le peuple d'Israël parmi les vaincus. C'est l'unique fois que ce nom apparaît en Égypte à cette époque. L'inscription précise, par le déterminatif, que le peuple nommé “Israël” est un groupe semi-nomade qui n'habite pas dans une ville <ref>Jacques Briend, Institut Catholique de Paris, film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, chap. 2 de l'épisode 4</ref>.
Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux auraient été esclaves en Égypte, ni qu'ils auraient massivement quitté l'Égypte en traversant le Sinaï. La première trace archéologique d'une communauté juive est beaucoup plus tardive, elle se situe dans l'île d'Éléphantine sous la domination Perse (voir -410).
Les fouilles en Égypte montrent que les ouvriers de Deir el-Médineh, bâtisseurs de la Vallée des Rois n'étaient pas des esclaves, mais des petits fonctionnaires bénéficiant d'un logement individuel. Les 20 000 ouvriers bâtisseurs de la pyramide de Khéphren n'avaient rien d'esclaves et étaient bien traités. Le dessin relevés par Champollion dans la tombe de Rekhmirê montre déjà <ref>dessin reroduit dans Christiane Desroches Noblecourt, “Le fabuleux héritage de l’Égypte”, Télémaque, 2004 p. 190</ref> que les travaux de construction sont faits par des ouvriers et que les travailleurs sémites, lorsqu'il y en a (attention, il ne s'agit pas alors d'Hébreux mais de Sémites), sont traités sur un pied d'égalité. Christiane Desroches Noblecourt, médaille d'or du CNRS, souligne ce point depuis l'exposition Toutânkhamon dont elle était l'organisatrice, à Paris en 1967, sans parvenir à le faire prendre en compte par le grand public.
Il y a consensus, parmi les archéologues, sur le fait que l'esclavage comme système est introduit en Égypte par les Grecs à la fondation d'Alexandrie. Si, antérieurement, il existait effectivement des gens qui n'étaient pas libres (ils pouvaient être vendus), ils étaient en petit nombre et répartis chez des particuliers. Ils étaient dotés d’une pleine capacité juridique, de droits familiaux et patrimoniaux, et étaient même fiscalement responsables <ref>Bernadette Menu, Dictionnaire de l’Antiquité, sous la direction de Jean Leclant, PUF 2005, p. 839</ref>. Il y a également consensus sur le fait que, dans toute cette période, le seul document archéologique en Égypte faisant référence à des Israélites est la stèle de Mérenptah <ref>Jean-Pierre Corteggiani, Institut Français d’Archéologie Orientale, film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, plage 3 de l’épisode 2</ref>.
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Documents pour approfondir le sujet
Pierre de Miroschedji, revue “La Recherche” n°391 du 01-11-2005, dossier spécial intitulé “Les archéologues récrivent la Bible”, sur les travaux récents des archéologues en Israël.
Un film en 4 parties, “La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie”, a été réalisé en 2005 par Thierry Ragobert, écrit par Isy Morgensztern et Thierry Ragobert, sur le travail d'Israël Finkelstein et de Neil Asher Silberman, avec la participation de Jacques Briend, Professeur honoraire de l'Institut catholique de Paris, et de Thomas Römer, Professeur d'Ancien Testament à l'université de Lausanne. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman jouent leur propre rôle. Le film a été diffusé sur Arte et sur France 5, le coffret de 2 DVD est sorti en février 2006 aux Éditions Montparnasse.
Revue “Le Monde de la Bible”, hors série 2006, Bayard. Reportage sur le tournage du film “La Bible dévoilée” et textes de Jacques Briend, Professeur honoraire de l'Institut catholique de Paris, William M. Schniedewind (Professeur d'études bibliques à l'Université de Californie), Pierre Bordreuil et Françoise Briquel-Chatonnet (membres du Laboratoire des Études sémitiques anciennes CNRS-Collège de France).
Israël Finkelstein et Neil Silberman, "Les rois sacrés de la Bible. À la recherche de David et Salomon“, Éditions Bayard, 2006. L’ouvrage est à jour sur les datations au carbone 14. La bibliographie comporte 363 références, classées par thèmes en 120 catégories.
Christiane Desroches Noblecourt, “Le fabuleux héritage de l’Égypte”, Télémaque, 2004.
[modifier] Liens internes
- Données archéologiques sur la conquête de Canaan
- Données archéologiques sur l’Exode et Moïse
- Stèle de Mérenptah
- Données archéologiques sur les règnes de David et Salomon
- Données archéologiques sur la communauté juive d’Éléphantine
- Histoire de la Palestine
[modifier] Lien externe
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