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Dissonance cognitive

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La dissonance cognitive est un concept élaboré par Leon Festinger au début des années 1950. Pour cette théorie, l'individu en présence de cognitions (« connaissances, opinions ou croyances sur l’environnement, sur soi-même ou sur son propre comportement » Festinger, 1957, p.9) incompatibles entre elles ressent un état de tension désagréable motivant sa réduction (i.e. l'état de dissonance cognitive). On parle de modes de réduction de la dissonance cognitive pour désigner les stratégies de restauration d'un équilibre cognitif.

Sommaire

[modifier] Principes fondamentaux

[modifier] Apprentissage versus rééducation

  • La rectification d'idées acquises est plus pénible pour un individu que l'apprentissage d'idées nouvelles dont il ne posséde pas encore de modèle. Ce phénomène avait déjà été signalé par Jean Piaget dans ses travaux. Carl Rogers l'admettait également. Les exemples sont nombreux dans l'histoire : Héliocentrisme vs. Géocentrisme, Sélection naturelle vs. Créationnisme, etc. Il est à remarquer que religions et systèmes totalitaires (sans qu'il soit question ici de les comparer directement) marquent une préférence pour enseigner leurs points de vue dès la prime jeunesse, en tant que modèle primal.
  • De même, des fournisseurs de matériels divers consentent des réductions importantes aux écoles professionnelles car leurs élèves seront enclins à privilégier dans la vie professionnelle un matériel qu'ils connaissent déjà par rapport à un autre même moins cher ou plus riche en fonctionnalités.
  • Des formations gratuites sont parfois même proposées par des éditeurs de logiciel ou des fabricants de matériel, afin de positionner leur approche dans l'esprit du client qui sera ainsi moins réceptif aux arguments, différents, de la concurrence.

[modifier] Investissement et engagement personnels

Plus l'investissement et l'engagement de la personne lui ont coûté, moins elle est prête à y renoncer. C'est ainsi que:

  • Plus un apprentissage a été difficile, malaisé ou même humiliant, moins l'individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu'il a investi pour rien. Là encore, les exemples sont légion, surtout en informatique : attachement presque affectif à un système d'exploitation ou à un éditeur de texte, par exemple, en dépit de leurs défauts manifestes.
  • Le bizutage, à l'époque où il était toléré, s'associait par la suite à un attachement à une institution tel, que dès l'année suivante le bizuté devenait bizuteur à son tour. Voir aussi l'article Retournement.
  • On observe aussi lors d'enquêtes que plus un choix s'est montré difficile et engagé (d'une grande école, d'un appartement, voire d'un conjoint...), plus on avait tendance ensuite à estimer avoir effectué le bon, et donc à oublier certains éléments de l'environnement ayant peu de rapport avec ce choix. Le choix d'une grande école peut impliquer certaines positions philosophiques qui entraînent ce type de biais cognitif. Par exemple, une formation scientifique peut dans certains cas faire sous-estimer les phénomènes culturels ou les aspects juridiques.
  • Les mécanisme des ventes pyramidales s'appuie fortement sur le refus irrationnel de faire marche arrière alors qu'on s'est sûrement fourvoyé.

Ces phénomènes rejoignent aussi celui de doigt dans l'engrenage.

[modifier] Application en communication

Le message destiné à une cible est parfois en contradiction avec ses propres convictions (par exemple : l'alcool au volant est un danger mortel, dans le cadre de la Sécurité routière). C'est à ce moment que se crée la dissonance cognitive.

Pour réduire cette dissonance, la cible peut soit éviter le message, soit l'interpréter pour diminuer la portée du message, jusqu'à remettre en cause sa crédibilité.

Pour faire accepter le message, la solution peut être de crédibiliser le message en s'appuyant sur des personnes de confiance (médecins, experts…), ou sur des faits avérés.

[modifier] Application en pédagogie

Des faits contredisant l'opinion qu'un enfant a sur lui-même le placent devant une dissonance cognitive : selon que l'enfant a une bonne ou mauvaise image de soi-même, il pourra attribuer un échec ou une réussite à l'environnement extérieur, au lieu de s'attribuer à lui-même le résultat. Pour réduire la dissonance cognitive, l'enfant va ainsi chercher des excuses plutôt que de remettre en cause ses convictions.

Rosenthal et Jacobson, Pygmalion à l'école (1968), ont aussi mis à jour un phénomène qui peut trouver sens dans le cadre de la dissonance cognitive. Ils ont fait l'expérience suivante : on constitue deux groupes de rats identiques. Au moment où on les remet aux étudiants chargés de les dresser, une remarque indique que le premier groupe est composé d'animaux doués, alors que le second est de pauvre qualité. Les résultats du dressage confirment ce pronostic fantaisiste. Des expériences en milieu scolaire vont dans le même sens. Les dresseurs adaptent les résultats aux attentes pour réduire la dissonance. Plus surprenant, en milieu scolaire, le groupe d'enfants valorisé obtient objectivement de meilleurs résultats.


[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Festinger, 1957, A theory of cognitive dissonance
  • Harmon-Jones & Mills, 1999, Cognitive dissonance: a pivotal theory in social psychologyde:Kognitive Dissonanz

en:Cognitive dissonance es:Disonancia cognitiva fi:Kognitiivinen dissonanssi he:דיסוננס קוגניטיבי hu:Kognitív disszonancia nl:Cognitieve dissonantie pl:Dysonans poznawczy ru:Когнитивный диссонанс sr:Когнитивна дисонанца sv:Kognitiv dissonans

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