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Didon

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Dans la mythologie grecque et surtout romaine, Didon (en latin Dido), Élyssa chez les Grecs, est la fondatrice légendaire et la première reine de Carthage. Elle est la fille de Bélos et la sœur du roi de Tyr Pygmalion.

Sommaire

[modifier] Les amours de Didon et Énée

La principale source du mythe de Didon vient des chants de l'Énéide, où le poète latin Virgile décrit les amours de Didon et Énée.

Avec son père Anchise, son fils Ascagne et vingt bateaux remplis des survivants troyens (réduits au nombre de trois à l'arrivée), Énée fuit. Les dieux de l'Olympe lui ont prédit qu'il fonderait un nouveau royaume (en l'occurrence, Rome). Au cours de son périple, le prince Énée atteint le sol d'Afrique, dans l'actuelle enclave de Tunis. Il est accueilli par la reine de Carthage, Didon.

Une grande passion naît entre eux mais elle est interrompue par les dieux de l'Olympe, qui rappellent au héros troyen sa destinée.

Lorsque Énée quitte Carthage, Didon, incapable de supporter cet abandon, préfère se donner la mort sur un bûcher.

Lorsque Énée fut aux Enfers, il parla à son fantôme mais elle refusa de lui pardonner. C'est aussi comme fantôme que Didon fit part à sa sœur, Anna Perenna, de la jalousie de Lavinia, la femme d'Énée.

[modifier] Histoire et mythe

Notoire est la fragilité du point de vue hostile diffusé par Timée de Tauroménion (et répercuté par Justin). En se fondant sur l’interprétation de Gerhard Herm (Die Phönizier), et en s'appuyant solidement sur des sources classiques telles que Virgile, Ovide, Silius Italicus ou Trebellius Pollio, on aboutit à un profil historiographique assez différent de la version traditionnelle et stéréotypée (principaux changements en italique, avec références).

Didon, ou Élisha/Élissa, était une princesse phénicienne (ca. 840ca. 760 av. J.-C.). Première-née du Roi de Tyr, sa succession fut entravée par son frère Pygmalion, lequel assassina son mari, Sychée, et imposa sa propre tyrannie. Probablement pour éviter une guerre civile, elle quitta Tyr avec une suite nombreuse, s'embarquant pour un long voyage dont les étapes principales furent Chypre et Malte (Ovide, Fastes 3.567s). Débarquée sur les côtes tunisiennes, vers 814 av. J.-C., elle choisit un endroit où fonder une nouvelle capitale pour le peuple phénicien : Carthage. Elle obtint pacifiquement la terre par un accord ingénieux avec le seigneur local : ironiquement, elle obtint une terre pour s'établir « autant qu'il en pourrait tenir dans la peau d'un boeuf ». Elle choisit pour fonder sa ville une péninsule qui s'avançait dans la mer et fit découper une peau de boeuf en lanières extrêmement fines. Mises bout à bout, elles délimitaient l'emplacement de ce qui devint plus tard la grande Carthage. (Ce stratagème est connu aujourd'hui sous le nom de « théorème de Didon »).

Soumise à une cour pressante de la part des roitelets locaux, elle se remaria en fait probablement avec l'un de ses fidèles Tyriens, qui appartenait à la famille Barca (Silius Italicus, Punica 1.71s, 2.239). Didon entreprit une sévère réforme religieuse (comparable à la Réforme chrétienne, selon G. Herm), et jouit d'un règne long et prospère, à la fin duquel elle favorisa le passage à une forme de République (Virgile, Énéide 1.426) ; elle fut divinisée par son peuple sous le nom de Tanit et comme personnification de la Grande Déesse Astarté (la Junon romaine) [Virgile, Énéide 1.446s ; Silius Italicus, Punica 1.81s ; et entre autres, G. De Sanctis, Storia dei Romani].

Virgile, le prince des poètes latins, introduisit la figure de Didon dans la « culture occidentale » selon un système de « double écriture », dont le premier niveau, superficiel, était prévu pour l’audience nationale et les besoins d'Octave Auguste, alors que la seconde, plus profonde et cachée, reflète le point de vue de l'Auteur et sa reconstruction historique.

Le culte de Tanit survécut à la destruction de Carthage et fut introduit à Rome par l’empereur Septime Sévère. Il s'éteignit définitivement avec les invasions barbares.

Hannibal Barca était probablement un descendant direct de Didon ; de même, la reine Zénobie de Palmyre, mille ans après, se déclara descendante et héritière politique de Didon [Trebellius Pollio, Tyranni Triginta 27.1, 30.2].

[modifier] Évocations artistiques

[modifier] Littérature

Dramaturges inpirés par ce mythe :

[modifier] Peinture

[modifier] Musique

  • En outre l'histoire de Didon et Enée a inspiré à Hector Berlioz un opéra Les Troyens comportant deux parties, La Chute de Troie et Les Troyens à Carthage, sommet de la musique romantique française.

[modifier] Sources


[modifier] Bibliographie

  • (en) H. Akbar Khan, “Doctissima Dido”: Etymology, Hospitality and the Construction of a Civilized Identity, 2002.
  • (it) S. Conte, Dido sine veste, 2005.
  • (en) R.S. Conway, The Place of Dido in History, 1920.
  • L. Foucher, Les Phéniciens à Carthage ou la geste d'Élissa, 1978.
  • G. Kowalski, De Didone graeca et latina, 1929.
  • J.-Y. Maleuvre, Contre-Enquête sur la mort de Didon, 2003.
  • (it) L. Mangiacapre, Didone non è morta, 1990.
  • (it) E. Stampini, Alcune osservazioni sulla leggenda di Enea e Didone nella letteratura romana, 1893.

[modifier] Liens externes

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