Dîme
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La dîme — du latin decima, dizième — était, sous l'Ancien Régime en France, un impôt collecté en faveur de l'Église catholique et servant à l'entretien des ministres du culte. Dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, la dîme, qui consiste à donner un dixième de ses revenus, est utilisée pour construire des églises et des temples, soutenir l'œuvre missionnaire et édifier le royaume de Dieu sur la terre.
[modifier] Histoire de la dîme
L'idée d'un impôt pour l'entretien du clergé se trouve dans la Bible (Genèse, XIV-20 et XXVIII-22). Chez les Juifs, c'est la dixième partie de la récolte prélevée pour l'entretien des Lévites et sur tous les revenus pour organiser un festin pour toute la maisonnée.
Dans le monde chrétien, la dîme est d'abord une pratique religieuse qui devient obligatoire au IVe siècle. Les capitulaires de 779 et 794, la rendent exigible de toute la population, y compris sur les biens personnels des membres du clergé, dans tout l'Empire franc.
Elle correspondait à une certaine part de la récolte (la part variant d'un évêché à l'autre et même d'une paroisse à l'autre, voire parfois à l'intérieur d'une même paroisse. Le taux était élevé dans le Sud-Ouest de la France (jusqu'au huitième), en Lorraine (jusqu'au septième). Il était du onzième en Normandie, du treizième dans le Berry, du cinquantième en Flandre maritime, presque aussi faible en Dauphiné et en Provence.
Afin de procéder à la collecte de cet impôt, le curé primitif passait par un fermier, soit pour la totalité de la dîme, soit pour une partie (moitié, tiers, quart, sixième, etc.) et en général pour une durée de six ou sept ans selon les régions.
La dîme était l'impôt perçu avant tous les autres. Le fermier, la conservait moyennant une redevance annuelle versée soit en nature, soit en monnaie, au décimateur, c'est-à-dire le curé primitif. Le curé desservant recevait alors du "curé primitif" la portion congrue. La dîme sur les céréales mécontentait les paysans privés de la paille nécessaire à la litière et à la fumure. L'accaparement de la dîme par les gros décimateurs qui en détournaient l'utilisation originelle (entretien des églises, du clergé desservant, assistance aux pauvres, création des écoles...) créait aussi un malaise. Loin d'en demander la disparition, les fidèles réclamaient une meilleure utilisation. La dîme fut supprimée avec les privilèges le 4 août 1789. La Constitution civile du clergé de 1790 créa un clergé salarié par l'État.
On pouvait distinguer, selon les régions et les périodes, différents types de dîmes :
- dîme grosse : porte sur les gros grains, froment et seigle.
- dîme inféodée : dîme sécularisée perçue par un laïc.
- dîme menue : porte sur les bestiaux et la laine.
- dîme mixte : porte sur les animaux.
- dîme novale : porte sur des terres défrichées depuis moins de 40 ans.
- dîme personnelle : porte sur le fruit du travail.
- dîme solite : perçue depuis des temps immémoriaux (les dîmes insolites étant occasionnelles).
- dîme réelle ou prédiale : porte sur les fruits de la terre.
- dîme verte : porte sur le lin, le chanvre, les fruits et le légumes.
En 1789, les estimations de l'époque évaluent le montant de la dîme entre 70 et 130 millions de livres.
[modifier] Articles connexes
- Ne pas confondre la dîme avec un autre impôt : les décimes ;
- La Dîme saladine créée au XIIe siècle
- La Dîme royale, livre de Vauban.
[modifier] Bibliographie
- LeGrand Richards, La loi de la dîme (Une œuvre merveilleuse et un prodige, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Salt Lake City, 1950)ca:Delme
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