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Pour les articles homonymes, voir Dé (homonymie). Image:Disambig.svg

Un est un objet, généralement de petite taille et de forme cubique, qui permet de tirer aléatoirement un nombre ou un symbole parmi plusieurs possibilités.

Sommaire

[modifier] Dés ordinaires

Image:Sixsided Dice inJapan.jpg Les dés les plus courants sont des petits cubes de 1 à 2 cm de côté (16 mm étant le standard), possédant donc 6 faces numérotées de 1 à 6, généralement à l'aide de motifs de points. Traditionnellement, la somme des nombres situés sur deux faces opposées est égale à 7 (ce qui est le cas depuis au moins l'antiquité) ; en conséquence, les faces numérotées 1, 2 et 3 se touchent en un sommet du dé. Deux choix sont donc possibles : placer ces faces dans le sens des aiguilles d'une montre ou dans l'autre sens autour de ce sommet.

Les dés sont jetés afin de fournir des nombres aléatoires, généralement pour les jeux de hasard, et sont donc un exemple de générateur de nombres aléatoires. Cependant, comme les numéros sont d'ordinaire figurés à l'aide de trous, certaines faces se voient retirer plus de matériau que d'autres, ce qui provoque un léger biais statistique. Ce biais peut être réduit, comme dans le cas des dés asiatiques où la face numérotée 1 possède un trou largement plus grand que les autres, ou dans le cas des dés utilisés dans les casinos où des marques sont pratiquées sur la surface.

Du point de vue pratique, les dés sont jetés, simples ou en groupe, à la main ou à l'aide d'un récipient dédié à cet usage, sur une surface plane. La face prise en compte pour chaque dé est celle qui est située sur le dessus lorsqu'il s'arrête.

[modifier] Variantes

[modifier] Dés non cubiques

Image:Dados 4 a 20 caras.jpg Certains dés possèdent la forme d'un polyèdre autre que le cube. Jadis peu employés dans le jeu, ils sont devenus plus populaires depuis les années 1950 particulièrement à l'introduction des wargames, jeux de rôle, jeux de cartes à collectionner et certains jeux de société. S'il s'agit d'une nouveauté aux temps modernes, il semble que certaines cultures anciennes en ont utilisé (en particulier, deux dés icosaédriques datant de la Rome antique sont exposés au British Museum de Londres). Ces dés sont généralement en plastique et leur faces possèdent des nombres plutôt que des motifs de points.

Les solides platoniciens sont utilisés de façon courante pour les dés à 4, 6, 8, 12 et 20 faces. D'autres formes peuvent être trouvées pour des dés à 2, 3, 5, 7, 10, 16, 24, 30, 34, 50 ou 100 faces, mais à part le dé à 10 faces, ils sont peu utilisés.

Un grand nombre de distributions de probabilités différentes peuvent être obtenues à l'aide de ces dés. Par exemple, deux dés à 10 faces peuvent être utilisés pour produire un nombre compris entre 1 et 100 (l'un des dés donnant le chiffre des dizaines, l'autre celui des unités, le tirage « 00 » correspondant à 100) afin d'obtenir un distribution linéaire de pourcentages. En additionnant les résultats de plusieurs dés, il est possible d'approcher une distribution normale ; en éliminant les tirages les plus (ou les moins) élevés, de modifier ces distributions, etc. à l'aide de ces techniques, les jeux peuvent approcher avec suffisamment de réalisme les probabilités des événements qu'ils simulent.

L'équiprobabilité de ces dés (c'est à dire la probabilité égale d'obtenir n'importe laquelle de ses faces) est sujette à controverse ; les dés à 6 faces utilisés dans les casinos ont l'obligation légale d'être équiprobables. Les procédés de fabrication utilisés pour les autres types de dés n'ont aucune obligation de ce genre.

Des dés sphériques existent aussi ; leur fonction est identique à celle des dés à 6 faces, mais ils possèdent une cavité interne octaédrique dans laquelle un poids se déplace et provoque leur arrêt dans une direction parmi six. Ils nécessitent cependant une surface plane et horizontale pour fonctionner correctement.

Les formes les plus couramment utilisés, en dehors des dés cubiques à 6 faces, sont :

  • Le tétraèdre, à 4 faces. Ces dés ne roulant quasiment pas, ils comportent trois nombres sur chaque face, chacun inscrit le long d'une arête, arrangés de telle façon que celui situé sur l'arête du bas des trois faces visibles soit le même ; ce nombre est celui pris en compte lors d'un lancer.
  • L'octaèdre, à 8 faces. Chaque face est triangulaire. La somme des faces opposées est généralement égale à 9.
  • Le trapézoèdre pentagonal, à 10 faces. Le seul dé courant qui ne soit pas un solide platonicien. Il est utilisé le plus souvent par paire pour générer les nombres de 0 à 100, l'un figurant les dizaines (00, 10, 20... jusqu'à 90), l'autre les unités (de 0 à 9). La position des faces 00 et 0 représente 0 ou 100 selon le jeu.
  • Le dodécaèdre, à 12 faces. Chaque face est un pentagone régulier.
  • L'icosaèdre, à 20 faces.

Parmi les formes plus rares :

[modifier] Numérotation

Image:Backgammon DoublingCube.jpg La plupart des faces des dés sont numérotés par une suite ininterrompue de nombres entiers, débutant par un (ou zéro), exprimées par des trous ou des chiffres. Des exceptions existent cependant :

  • Dé videau, utilisé entre autre au backgammon, portant les nombres 2, 4, 8, 16, 32 et 64 et symbolisant le coefficient multiplicatif actuel de la mise initiale. Ce dé n'est pas jeté et sert simplement à noter l'enjeu.
  • Dés pour le jeu de poker d'as où des cartes à jouer sont représentées : as, roi, dame, valet, dix et neuf.
  • Dé spécifique pour jouer au Mah-jong
  • Dés colorés, chaque face portant une couleur différentes.
  • Dés comportant des dessins sur les faces, utilisés par exemple pour déterminer des dommages corporels dans un jeu de rôle ou des positions dans un jeu érotique.

[modifier] Probabilités

Pour un simple lancer d'un seul dé à 6 faces, qu'on considère équilibré, la probabilité d'obtenir n'importe quelle valeur 1 à 6 est exactement de 1/6. Le tirage suit donc une loi uniforme discrète.

Si on jette deux dés et qu'on additionne les nombres obtenus sur les deux faces supérieures, les tirages ne sont plus distribués de façon uniforme mais suivent une distribution triangulaire :

Total des dés 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Probabilité 1/36 2/36 3/36 4/36 5/36 6/36 5/36 4/36 3/36 2/36 1/36

Le tirage le plus probable est alors 7.

Avec trois dés ou plus, la distribution se rapproche d'une distribution normale avec l'ajout de chaque dé (conséquence du théorème de la limite centrale). La distribution de probabilité exacte <math>F_i</math> pour un nombre <math>i</math> de dés peut être calculée par convolution répétée de la distribution de probabilité d'un dé simple avec elle-même :

<math>F_i(m) = \sum_n {F_1(n) F_{i-1}(m - n)} \,</math>

[modifier] Histoire

Image:Knuck dice Steatite 37x27x21 mm.JPG Image:Historical dice.jpg Les dés tirent probablement leur origine des os des chevilles (spécifiquement l'astragale) d'animaux tels le bœuf. Il n'est pas possible de déterminer précisément l'apparition des dés et leur distinction des osselets, les écrivains antiques semblant confondre les deux jeux. Il est certain en revanche qu'ils datent des temps préhistoriques. Leur présence dans des tombes anciennes de la vallée de l'Indus semble pointer vers une origine asiatique. Le jeu de dé est mentionné dans le Rig-Veda et l'Atharvaveda indiens<ref>2.3, 4.38, 6.118, 7.52, 7.109</ref>.

Les jeux de dés furent populaires à Rome, particulèrement pendant les jours fastes de l'Empire romain, bien qu'ils furent interdits, sauf pendant les Saturnales. Horace décrivit par exemple ce qu'il présentait comme un jeune homme typique de l'époque, qui perdait son temps aux dés plutôt qu'à dompter son cheval. Jouer de l'argent aux dés était le sujet de plusieurs lois spécifiques ; l'une d'elles statuait qu'aucun procès ne pouvait être demandé par une personne qui autorisait les paris dans sa maison, même s'il avait été attaqué ou si on avait triché contre lui. Les joueurs professionnels étaient cependant courant et certains de leurs dés pipés ont été préservés.

Tacite rapporta que les tribus germaniques adoraient particulièrement les dés et étaient prêtes à mettre en jeu leur propre liberté après avoir perdu tout le reste. Plusieurs siècles plus tard, les dés devinrent le passe-temps des chevaliers et des écoles et des guildes de dés existèrent.

En Inde, les dés étaient utilisés notamment pour jouer au Chaturanga, un des ancêtres du jeu d'échecs. On a d'ailleurs retrouvé en France des jeux d'échecs proche du Chaturanga, datant de l'époque romane se jouant également avec des dés, où le roi présentait les attributs de Charlemagne.

Dans de nombreux pays asiatiques, les dés furent toujours un passe-temps populaires.

[modifier] Expressions

  • « Les dés sont jetés. », traduction du latin alea jacta est (littéralement : le sort en est jeté), phrase prononcée par Jules César après qu'il eut franchi le Rubicon.
Cette phrase signifie qu'on a fait une action irréversible, et que l'avenir est entre les mains du hasard.
  • « Un coup de dé », représente le hasard.
Voici un exemple : cette opération s'est jouée sur un coup de dé. Cette phrase signife qu'une partie importante de ladite opération s'est accomplie par la chance, par le hasard.
Signifiant par là son sentiment (et ce pour quoi il va passer le reste de sa vie) d'un Univers prédictable.
Ce qu'il expliquera également en disant que si l'on est pas capable d'appréhender l'ensemble de l'Univers c'est tout simplement que l'on ne possède pas encore la totalité des lois qui régissent cet Univers mais qu'une fois qu'on les possède, il devient alors possible, en théorie, sans prendre en compte un temps hypothétique infini de calcul, de déterminer les caractéristiques passées, présentes et à venir de n'importe quel élément composant l'Univers.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

Une catégorie de Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur les dés.
  • (en) Dice (Wolfram MathWorld, analyse des probabilités aux dés)
  • (en) Fair Dice (étude des différents polyèdres conduisant à des dés équilibrés)

[modifier] Références

<references />

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