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Croisade

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Les croisades sont des actions militaires de chrétiens prêchées au nom de la libération de Jérusalem, conquise aux Arabes Abbassides par les Turcs en 1078. Certaines ont été l'occasion de véritables campagnes militaires. Les Turcs, à la différence des Arabes, avaient interdit aux pèlerins l'accès à Jérusalem et donc aux lieux saints, ce qui déclencha une réaction virulente des chrétiens d'Occident, aussi bien dans la noblesse que dans le reste de la population.

La première croisade débute en 1095, soit 17 ans après l'invasion turque.

Elles se sont déroulées entre les XIe et XIIIe siècles. Elles trouvèrent leur origine dans la volonté des chrétiens d'Occident de reprendre Jérusalem aux Turcs, mais l'identité d'emblème entre Turcs et Arabes – le croissant – ne permit pas à des seigneurs illettrés de distinguer les uns des autres, d'où un chassé-croisé qui s'installa dans la durée. Plus tard, des croisades furent lancées contre les autres nations païennes de l'Europe, telle que la Lituanie<ref>Ce sont les croisades baltes, qui permirent la fondation de l'État teutonique en Prusse.</ref>, et contre les hérétiques (les croisades contre les Hussites, 1418-1437). La Reconquista est formellement une croisade.

Carte des croisades (Larousse 1922)

Sommaire

[modifier] Le terme de croisade

À la fin du XIe siècle apparaissent les pèlerinages armés, dont le nom latin « iter hierosolymitanum » (voyage de Jérusalem) ne les distingue pas des pèlerinages individuels. C'est sous ce nom que les contemporains ont pu désigner ce que nous appelons les premières croisades, ou encore sous celui de peregrinatio, « pèlerinage ». Plus tard sont aussi employés les termes de auxiliium terre sancte, « aide à la terre sainte », expeditio, transitio, « passage général » (armées nationales) et « passage particulier » (expéditions ponctuelles, particulières).

Le terme de croisade n'apparaît que tardivement en français : Le Trésor de la langue française fait remonter l'expression « soi cruisier » (se croiser) à la Vie de St Thomas le martyr de Guernes de Pont-Sainte-Maxence datée de 1174, et le terme de « croisade » aux Chroniques de Chastellain datées d'avant 1475, notant qu'il s'agit d'un substitut de termes proches tels que « croisement », « croiserie » ou « croisière » qui sont plus anciens, sans qu'on puisse les signaler avant la fin du XIIe siècle ; Le Dictionnaire historique de la langue française note une première apparition du mot vers 1460 et note également qu'il dérive de « croisement », que l'on rencontre avant la fin du XIIe siècle. Pourtant, l'ancien français « croieserie » apparaît dans la chronique de Robert de Clari durant la quatrième croisade (1204) tandis que l'on trouve l'espagnol cruzada dans une charte en Navarre de 1212. En réalité, tous ces termes sont des substantifs de l'adjectif crucesignatus, croisé (littéralement, marqué par la croix) qui lui apparaît dans la chronique d'Albert d'Aix (sans doute écrite, pour sa première partie, dès 1106) ou du verbe crucesignare, prendre la croix, qui est fréquent au XIIe siècle.

Il est donc clair que ce que nous appelons « première croisade » n'était pas appelée ainsi par ses contemporains. Du point de vue musulman, les croisades ne sont d'ailleurs pas perçues comme une nouveauté, mais comme la continuation de la lutte contre l'Empire romain d'Orient, qui durait depuis plusieurs siècles. Pourtant, il est aussi évident que les contemporains ont eu très tôt conscience que la croisade n'était pas un simple pèlerinage armé ni une opération militaire comme les autres mais bien une réalité différente, alliant les caractéristiques du pèlerinage à Jérusalem aux impératifs d'une guerre pour la défense de la foi.

[modifier] Contexte historique

Contexte historique succinct :

  • 1009 : Destruction du Saint Sépulcre de Jérusalem, plus haut lieu saint du christianisme, par le calife abbaside Al-Hakim ;
  • 1054 : Schisme entre chrétiens d’Orient et d’Occident ;
  • 1076 : Prise de Jérusalem par les Turcs ;
  • 1096 : Première croisade.


Article détaillé : Arabes, Turcs et Croisés : synoptique rapide.

La conquête de la Palestine par les Arabes (Jérusalem fut prise en 638) n'affecta guère le pèlerinage vers les lieux saints chrétiens, tels que Jérusalem, Bethléem, et Nazareth. Toutefois en 1009 le calife fatimide du Caire, al-Hakim, fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à l'Empire byzantin de le rebâtir, et le pèlerinage fut à nouveau autorisé.

Avec la défaite de l'empire byzantin lors de la bataille de Manzikert en 1071, les Turcs Seldjoukides font prisonnier l’empereur Romain IV, le patriarche byzantin, puis prennent Jérusalem en 1078. Parmi les arguments invoqués notamment par Pierre l'Ermite, le principal est que les Turcs avaient interdit aux pèlerins chrétiens l'accès à la ville sainte. Cependant, Robert Mantran<ref>in « Le concile de Clermont de 1095 et l'appel à la croisade », in actes du colloque universitaire international de Clermont-Ferrand (23 - 25 juin 1995), éditions de l'École Française de Rome, 1997, ISBN 2-7283-0388-6 p.341</ref> compte plusieurs pèlerinages, dont six entre les années 1085 et 1092, qui se sont déroulés sans que les sources ne mentionnent de difficultés particulières.

Au concile de Plaisance de juin 1095, les ambassadeurs de l'empereur byzantin Alexis Comnène réclament aux Occidentaux une assistance militaire pour lutter contre les Turcs. La lettre datée de 1095 adressée par Alexis Comnène au comte Robert II de Flandre, appelant au secours après une description apocalyptique de la situation des chrétiens sous le joug musulman (…) est un faux<ref>Émilia Robin, les Croisades et l'empire byzantin, http://www.eleves.ens.fr/home/robin/histoire/medievale/croisades/11partie.html , site consulté le jeudi 5 mai 2005.</ref>. Alexis Comnène espérait cependant bel et bien que l'Occident lui envoie des soldats qu'il aurait pu embaucher comme mercenaires pour continuer ses opérations de reconquête en Asie Mineure.

Parallèlement, l'Église romaine tente de sortir de la crise qu'elle a connu au début du Xe siècle. Le clergé a perdu de son prestige : il se prête aux simonies et au nicolaïsme et sape ainsi l'autorité morale de l'Église. Les premiers objectifs du concile de Clermont sont donc de tenter de poursuivre l'œuvre entamée par Grégoire VII afin de restaurer une certaine rigueur : Urbain II est issu du mouvement clunisien et réaffirme les grands principes édictés par ses prédécesseurs : la « trêve de Dieu » et la « paix de Dieu ».
Les dernières années du XIe siècle sont une succession de mauvaises récoltes et le peuple, encouragé par certains prédicateurs, y voit une punition divine et un appel à la pénitence.
L'appel à la croisade est l'occasion de souder la chrétienté dans une quête sacrée et d'offrir aux seigneurs l'occasion de « purifier leur âme ». En effet, une indulgence plénière (absolution de tous les péchés) est accordée à ceux qui entreprennent le voyage.
Elle permet en outre de restaurer une certaine paix en offrant un exutoire aux pulsions belliqueuses des nobles européens qui peuvent ainsi assouvir leur soif de conquête et de richesse tout en assurant le salut de leur âme.

[modifier] Réputation et évaluation

Croisés (Larousse 1922)

En Europe occidentale, les croisades ont été considérées traditionnellement comme des efforts héroïques, mais tous les historiens ne sont pas d'accord sur cette vision des choses. Dans le monde musulman, les croisades sont considérées comme des attaques cruelles et sauvages des chrétiens contre l'Islam. Actuellement, certains discours des intégristes islamiques utilisent le mot croisade dans ce contexte-ci quant aux actions de l'Ouest contre eux. L'orthodoxie voit aussi les croisades comme des attaques par l'Ouest, à cause du sac de Constantinople durant la quatrième croisade en 1204.

Il y a une concordance intéressante entre les termes croisade et jihad. À l'Ouest le terme croisade a des connotations positives (par exemple en politique on pourrait utiliser la formule croisade contre les drogues) alors que le terme jihad a des connotations négatives, associé à une guerre sainte fanatique. Dans le monde musulman - en particulier au Maroc, le terme jihad possède des connotations positives qui incluent également un sens de lutte personnelle et spirituelle contre soi-même, alors que le terme croisade a les connotations négatives décrites ci-dessus. Donc, pour traduire correctement les nuances de sens, l'emploi de jihad en langue arabe devrait être traduit en français par croisade + inquisition, alors que le terme arabe pour croisade devrait être traduit par djihad en français, ce qui ne correspond pas à sa réalité.

En réalité toutes les actions des croisés ne furent pas héroïques. Ils commirent des atrocités non seulement contre les musulmans mais aussi contre les juifs et les chrétiens. Par exemple la quatrième croisade n'arriva jamais jusqu'à la Palestine, mais au lieu de cela elle mit à sac Constantinople, la capitale de l'empire byzantin chrétien. Beaucoup de reliques et d'objets volés à Constantinople sont encore au Vatican, à Venise, et ailleurs. Cette croisade-ci aggrava les rancunes entre l'orthodoxisme et le catholicisme. L'Empire byzantin recouvre finalement Constantinople en 1261, mais sa puissance ne fut pas retrouvée, et l'empire fut vaincu par l'Empire Ottoman en 1453.

[modifier] Chronologie des croisades

[modifier] Croisade de Léon IX contre les Normands, 1053

Par définition, une croisade est une expédition militaire faite dans un dessein religieux. L'expédition militaire du pape Léon IX, en juin 1053, contre les Normands qui occupaient le sud de l'Italie, peut être considérée, à ce titre, comme effectivement une croisade chrétienne.

À l’appel des habitants de la ville de Bénévent, assiégés par les Normands, avec à leur tête Richard comte d’Aversa, le pape Léon IX se rend en Allemagne pour demander des forces militaires à l’empereur Henri III. Ce dernier convoque à Worms en décembre 1052 une Diète dont les membres lui accordent à contre cœur, 3000 souabes, les meilleurs soldats de l’empire germanique. Léon IX multiplie alors les démarches diplomatiques avec l’empire de Byzance qui à son tour lui offre le soutien du général Argyros et de son armée. Après avoir excommunié tous les Normands d’Italie, Léon IX décide de les en chasser définitivement. Il réussit pour sa croisade, dont il prendra personnellement le commandement, à soulever également de nombreux comtes et barons Italiens qui prendront les armes au nom de la croix. Les Normands avaient à leur tête, Onfroi de Hauteville qui s’était auto proclamé comte de Pouille et avait fait de Melfi sa place forte. Il était secondé par tous ses frères et demi-frères dont parmi ces derniers, Robert de Hauteville dit le Guiscard, ainsi que de nombreux Bretons. La bataille eut lieu à Civitate dans la Pouille le 23 juin 1053 près du fleuve Fortore. Malgré la très nette supériorité numérique des croisés, les Hauteville seront vainqueurs. Le pape sera détenu pendant près d’une année par les Normands dans la ville de Bénévent qu’il quittera sur une civière pour mourir à Rome quelques semaines plus tard en 1054.

[modifier] Première croisade 1095-1099


Article détaillé : première croisade.

En 1096, l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène demanda à l'Occident de l'aider à défendre son empire contre les Seldjoukides. Cette demande rejoignait les préoccupations du moine Pierre l'Ermite et du pape Urbain II (pontificat de 1088 à 1099) qui au cours d'un prêche public le 27 novembre 1095, dixième jour du Concile de Clermont, appela aux armes toute la chrétienté, un appel à la défense de la foi menacée par la nouvelle invasion musulmane et la prise de possession de l'Asie mineure par les Turcs : de Nicée dont l'Islam avait pris le contrôle 14 ans plus tôt, on pouvait à tout instant surprendre Constantinople. Le cri de « Dieu le veut ! » (« Dieu li volt ! ») devint le cri de ralliement général, et le pape demanda aux soldats de se marquer du signe de la croix. Cette guerre serait considérée comme pénitence pour les croisés, une indulgence plénière. Les croisés marchèrent vers Jérusalem, plusieurs villes chrétiennes sur leur route furent mises à sac. En 1099, ils s'emparèrent de Jérusalem, et tous les habitants encore dans la ville furent massacrés. À la suite de la première croisade, plusieurs petits États furent créés, notamment le Royaume de Jérusalem, qui subsista pendant un siècle. Antioche et Édesse furent aussi reprises. Godefroy de Bouillon refusa d'être nommé roi du Royaume de Jérusalem. Il dit: "Je ne porterais pas une couronne d'or, là où le Christ porta une couronne d'épines". Il fut alors l'Avoué du Saint-Sépulcre, soit "advocatus Sancti Sepulchri". Quelques mois plus tard après la mort de Godefroy son frère Baudouin, Comte d'Edesse, se fit couronner Roi de Jérusalem par le patriarche latin de la ville<div style="clear:both;" />

[modifier] Deuxième croisade 1147-1149

Article détaillé : deuxième croisade.

Suite à la reprise du comté d’Édesse par les musulmans en 1144, le pape Eugène III met tout son zèle à organiser une nouvelle croisade le premier décembre 1145. Pour cela, il demande à son maître Bernard de Clairvaux, un des hommes les plus célèbres et les plus estimés de la chrétienté de l’époque, de prêcher cette croisade. Bernard de Clairvaux convainc, en promettant que ceux qui prendraient la croix verraient leur péchés absous, de nombreux nobles français dont Louis VII (roi de France) à Vézelay le 31 mars 1146 lors d’un discours mémorable. On raconte qu’à la fin de cette assemblée, la population réclama tant de croix que le tissu vint à manquer et que Bernard lui-même donna son habit pour que l’on y taille des croix. Il fit de même avec Conrad III (empereur germanique) qu’il réussit à convaincre le 25 décembre de cette même année. Mais la prise d’Edesse n’est pas la seule cause de la croisade, la deuxième est que Louis VII voulait expier un crime dont le souvenir le tourmentait : l’incendie d’une église dans laquelle un certain nombre de personnes avaient cherché refuge. Les deux armées, française et allemande, réunissent plus de 200 000 croisés.

Conrad III part de Ratisbonne en mai 1147 suivant la rive du Danube en direction d’Edesse. Les Français avec à leur tête Louis VII partent de Paris un mois plus tard, soit en juin 1147, par le même chemin que les Allemands. Premier problème : L'armée de Conrad était fort grande et hétérogène : une grande partie n'était en fait pas composée de soldats, mais de civils qui assuraient le support de l'armée de diverses façons ; il y avait même des gens pauvres et des criminels, qui s'étaient croisés pour se faire pardonner leurs péchés et assurer leur salut dans la vie éternelle. Il n'est donc guère surprenant que l'empereur germanique ait eu peu de contrôle sur une telle armée. L’indiscipline dans l’armée allemande provoque des incidents dans les Balkans. Mais d’autres problèmes surviendront en arrivant à Constantinople. Là, l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène leur impose un serment de vassalité (Manuel exigea d'abord que l'armée française, de même que l'armée allemande, ne portent pas atteinte à son empire et à ses biens. Il exigea ensuite que les villes conquises par les croisés lui soient remises et envoya même une liste des villes concernées, afin d'éviter une répétition des malentendus qui étaient survenus lors de la première croisade.) Mais malgré l’alliance germano-byzantine, Conrad III et Louis VII refusent. Ils perdent donc l’appui et l’aide des Byzantins qui refusent de les approvisionner, ce qui aura pour conséquence de compliquer la traversée de l’Asie mineure et même de l’allonger un peu .De plus, l'empereur de Constantinople, soucieux de voir les importants effectifs croisés aux portes de sa cité, les presse de franchir le Bosphore pour rejoindre l'Asie. De même, les relations s'enveniment entre Français et Allemands qui, ne s’entendant plus, décident de cheminer séparément. L’armée de Conrad tombe dans une embuscade turque. Cet événement décourage énormément de pèlerins allemands qui reviennent sur leurs pas. Conrad se réconcilie avec Manuel qui lui propose des vaisseaux byzantins qui les emmèneront à Acre. Louis VII et son armée suivent le littoral, mais se font attaquer dans la vallée du Méandre, près de Dorylée où Louis abandonne une partie de sa troupe. De là, il embarque avec ses chevaliers vers Antioche. Après un bref moment passé à Antioche, il rejoint Conrad à Jérusalem. Il faut savoir qu’à ce moment de l’expédition, les trois quart de l’armée a disparu. Leur pèlerinage terminé, certains repartent en Europe ; les deux souverains se laissent entraîner par les barons de Jérusalem dans une expédition contre, non pas Edesse comme prévu, mais Damas. Le siège de cette ville ne durera que quatre jours (24-28juillet 1148) auquel succéda une défaite des chrétiens.

Ils rentrèrent alors en occident où l’échec de la croisade suscita de profonds remous : le prestige de Louis VII est fortement entamé, mais l’excellente régence de Suger, qui se vit confier la régence du royaume franc, a su conserver au royaume sa puissance. L’échec de cette deuxième croisade sera attribué par l’opinion populaire aux excès de péchés des croisés.

[modifier] Troisième croisade 1189-1192

Article détaillé : troisième croisade.

En 1187, Saladin reprit Jérusalem. Le pape Grégoire VIII lança une autre croisade, qui fut menée par plusieurs des chefs les plus importants d'Europe : Richard Cœur-de-Lion, Philippe Auguste et Frédéric Ier Barberousse, empereur romain germanique. Frédéric se noya dans les eaux du Sélef (Asie Mineure) en 1190, laissant une alliance instable entre les Anglais et les Français. Philippe retourna chez lui en 1191 après que les croisés eurent repris Acre aux Musulmans, tandis que Richard partit l'année suivante après avoir signé un traité avec Saladin.

[modifier] Quatrième croisade 1202-1204

Article détaillé : quatrième croisade.

La quatrième croisade fut appelée par le pape Innocent III en 1202 et par Foulques de Neuilly, mais elle est détournée par les Vénitiens qui la financent et qui la dirigent contre l'Empire byzantin orthodoxe, afin d'accroître leurs possessions dans le secteur. Profitant des troubles internes de l'empire, les croisés s'allièrent avec Alexis IV, le fils de l'empereur byzantin déposé Isaac II, pour mettre en place l'Empire latin de Constantinople (1204-1261). La croisade se conclut avec le sac de Constantinople en 1204.

L'esprit originel des croisades était désormais mort, et les croisades successives peuvent être considérées comme la volonté du Pape de dominer le pouvoir séculier en détournant sa puissance militaire vers la Palestine et la Syrie.

[modifier] Croisade des Albigeois


Article détaillé : croisade des Albigeois.

La croisade des Albigeois fut lancée en 1209 pour contrer la minorité divergente cathare (considérée comme hérétique) dans le sud de la France. La croisade est lancée par Innocent III, malgré les réticences du roi de France Philippe Auguste. Cette croisade est une défaite pour le pouvoir pontifical qui voulait en profiter pour accroître son pouvoir sur les souverains européens. La grande gagnante est la royauté française qui récupère une grande partie de territoire dans l'Occitanie.

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[modifier] Croisades des enfants

Article détaillé : croisade des enfants.

Il y en a eu plusieurs, en France et en Allemagne.

En 1212 à la suite d'une vision, le jeune Berger Estienne de Cloyes-sur-le-Loir rassemble des pèlerins et les mène vers Saint-Denis pour y rencontrer le roi Philippe Auguste.

À la même époque, d'autres groupes partent d'Allemagne et se rendent vers les ports de Gênes et de Marseille. Les chroniqueurs mentionnent que certains réussirent à embarquer et qu'ils furent vendus comme esclaves ou bien moururent de faim pendant le voyage. Certains réussisent à gagner Rome.

Quant à l’appellation de croisade des « enfants », elle serait en fait une traduction littérale du mot latin « puer » n'ayant pas dans ce contexte le sens du mot « enfant ». La croisade aurait été en fait composée de pauvres et de paysans ayant été exclus de la révolution économique du XIIe siècle et croyant fermement que Dieu les soutiendrait dans leur entreprise.

[modifier] Cinquième croisade 1217-1221

Article détaillé : cinquième croisade.

Le pape Innocent III prêcha une autre croisade au quatrième concile de Latran en 1215. Les armées de la Hongrie, de l'Autriche, et de la Bavière prirent Damiette en Égypte en 1219, mais le légat du pape Pelagius d'Albanie les persuada d'attaquer le Caire, tandis qu'une inondation du Nil les força à capituler devant les Égyptiens.

[modifier] Sixième croisade 1228-1229

Article détaillé : sixième croisade.

En 1228, l'empereur romain germanique Frédéric II, bien qu'opposé au pape – il fut excommunié en 1227 et 1239 – embarqua à Brindisi pour la Syrie. Fin diplomate, il gagna Jérusalem (dont il se fit proclamer roi), Nazareth et Bethléem. Il sera démis par le pape Innocent IV au concile de Lyon...

[modifier] Septième croisade 1248-1254

Article détaillé : septième croisade.

Les Templiers attaquèrent l'Égypte en 1243, et en 1244 les Korasmiens reprirent Jérusalem. Louis IX de France fit une croisade sans succès contre Chypre, l'Égypte, et la Syrie en 1248-1254. Il partit d'Aigues-Mortes en France.

[modifier] Croisade des Pastoureaux 1251

Article détaillé : croisade des Pastoureaux.

Croisade de « petites gens », paysans ; elle fût provoquée en 1251 par la captivité de saint Louis pendant la septième croisade.

[modifier] Huitième croisade 1270

Article détaillé : huitième croisade.

La huitième croisade fut menée aussi par Louis IX de France (Saint Louis), contre Tunis en 1270 ; il s'embarqua également à Aigues-Mortes. Louis IX mourut de maladie au cours de cette croisade.

[modifier] Neuvième croisade 1271-1272

Article détaillé : neuvième croisade.

Édouard Ier d'Angleterre entreprit une autre croisade en 1271, mais il ne rencontra pas de succès et retourna chez lui l'année suivante. Avec la chute de la Principauté d'Antioche (1268), du Comté de Tripoli (1289) et d'Acre (1291), l'occupation chrétienne en Syrie prit fin.

[modifier] Bilan et conséquences des croisades en Europe

[modifier] Les premières grandes persécutions contre les Juifs

A bien des égards, l’année 1096 marqua un tournant pour le judaïsme européen. L'appel à la croisade du pape Urbain II en 1095 n'incitait pas la foule de fidèles chrétiens à attaquer les communautés juives du Rhin (désignées en hébreu sous le nom d'"Ashkenaz" אשכנז) mais elles en furent les principales victimes. En marge de la croisade officielle, des prédicateurs les désignèrent à la vindicte populaire. Les Juifs se trouvèrent devant l'alternative de se convertir ou de mourir en martyr.
Cernés par les égarés (en hébreu to'im תועים), sans aucun espoir, des mères et des pères choisirent d'égorger leurs propres enfants, à l'image d'Abraham prêt à sacrifier son fils unique Isaac, plutôt que de les voir apostasier.
Un témoin, Rabbi Salomon bar Siméon, relate ainsi :
En passant par les villages où se trouvaient des Juifs, ils se disaient l’un à l’autre : "voici que nous marchons par une longue route à la recherche de la maison d’idolâtrie et pour tirer vengeance des Ismaélites, et voici les Juifs, dont les ancêtres le tuèrent et le crucifièrent pour rien, qui habitent parmi nous. Vengeons-nous d’eux d’abord, et effaçons-les du nombre des nations, qu’on ne se souvienne plus du nom d’Israël, ou bien qu’ils soient comme nous et croient au fils de l’impureté."
Les épithètes utilisés ici ne osnt pas ceux des Chrétiens, mais du rabbin qui "parle en leur nom"
Comparativement à celles d’Allemagne, les communautés de France et d’Angleterre furent, selon les chroniques hébraïques, relativement épargnées lors de la seconde croisade (1146) grâce à l'intervention de Bernard de Clairvaux. Bernard définit ainsi la position de l’Eglise :
Les Juifs ont l’espoir d’être sauvés, parce qu’un jour viendra où leurs yeux se dessilleront et où ils se convertiront. Il n’en va pas de même de l’Islam : les musulmans ne se convertiront jamais. Pour eux il n’est qu’un seul langage, celui du glaive exterminateur.
Cependant, des attaques contre les Juifs, des massacres, des pillages, des apostasies forcées se déroulèrent à Worms, Mayence, Bacharach et Würzbourg, Strasbourg et Aschaffenbourg. A cette époque, les Juifs d’Allemagne avaient encore le droit de porter des armes. Rabbi Ephraïm bar Jacob de Bonn rapporte que le château de Wolkenburg, vidé de ses habitants non Juifs et de sa garnison militaire, fut confié à la communauté juive de Cologne, dont la majeure partie put ainsi être sauvée.

Quatre chroniques en Hébreu traitent de la première et de deuxième croisades et de leurs conséquences tragiques pour les communautés juives :

  • les chroniques de Rabbi Salomon bar Siméon
  • les chroniques de Rabbi Eliézer bar Nathan
  • l'anonyme de Mayence
  • "un livre du souvenir" de Rabbi Ephraïm bar Jacob de Bonn qui portent sur la seconde croisade
Voir aussi Av HaRahamim, une élégie à la mémoire des martyrs des Croisades

[modifier] Contacts culturels

L'intérêt des lettrés occidentaux pour la science arabe et antique est antérieur aux croisades : Les états issus de la marche espagnole sont en contact direct avec la monde musulman. leur emmancipation vis à vis de l'empire franc les poussent à commercer avec le califat de Cordoue. Ainsi dès 985 le comté de Barcelone bénéficie d'une poussée de développement technique et culturel. Le dévelopement monastique et celui du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle vont permettre de fixer les connaissances par écrit et de les diffuser à l'Europe entière. Les rois de Navarre et de León font ainsi entretenir les routes et construire des ponts. Des structures d'accueil pour les pélerins qui affluent par dizaines de milliers sont organisées le long des chemins de Saint-Jacques. Ainsi, le mathématicien et clerc Gerbert d'Aurillac (938?-1003) - plus connu comme pape Sylvestre II - avait ramené d'Espagne les chiffres dits « arabes » d'origine indienne dont le zéro. Le très fort développement des ordres religieux et le large recours aux moines convers favorise la diffusion des techniques artisanales et agricoles dans les campagnes. Il en résulte une poussée démographique et technique en occident au 11ème siècle qui rend possible les croisades. Cependant, elles sont l'occasion de multiplier et d'approfondir ces connaissances. Avec les croisades l'esprit scientifique et philosophique d'Occident développe l'étude et la critique d'ouvrages arabo-musulmans. Robert Grossetête (1175-1253), Albert le Grand (1200?-1280), le premier Roger Bacon (1214-1294) et Thomas d'Aquin (1225-1274), entre autres, s'engagent dans cette voie, sans que leur démarche ne soit plus rattachée aux croisades qu'aux contacts avec l'Espagne et la Sicile musulmanes.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes

<references/>

[modifier] Bibliographie


Les premières grandes persécutions contre les Juifs

  • Robert Chazan, In the year 1096, The First Cruisade and The Jews, The Jewish Publication Society, 1996
  • Shlomo Eidelberg, The Jews and The Crusaders, The Hebrew Chronicles of The First and Second Crusades, Ktav, 1996
  • Susan L. Einbinder, Beautiful Death, Jewish Poetry and Martyrdom in Medieval France, Princeton University Press, 2002
  • Simon Schwarzfuchs, Les Juifs au temps des croisades, en Occident et en Terre sainte, Albin Michel, 2005

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Croisades.
  • Chroniqueurs du Moyen Âge :
  • Études contemporaines :

[modifier] Les documents sonores de Canal Académie


Croisades : Ire - IIe - IIIe - IVe - Ve - VIe - VIIe - VIIIe - IXe

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Batailles | Places fortes
États latins d'Orient | Empire ayyoubide
Ordres militaires | Mamelouks | Seldjoukides | Assassins
Chefs musulmans | Chefs croisés
Croisades contre les Albigeois | Hussites | Baltes

Voir aussi : Reconquista - vocabulaire - sources arabes - chronologie synoptique


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