Cornemuse

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Sommaire

La cornemuse est un instrument de musique à vent et plus particulièrement à anches. Il en existe plus d'une centaine de types dans le monde. Son aire de répartition correspond à l'Europe entière, au Caucase, au Maghreb, au Golfe Persique et va jusqu'à l'Inde du Nord.

Connue dès l'antiquité, le plus ancien exemple euro-occidental de sa figuration, est sur un bas-relief conservé au Musée d'Autun (N° 1874 du Recueil d'Espérandieu), du IIIe ou IVe siècle, représentant un sonneur gaulois.

Elle est mentionnée dès l'époque gréco-romaine, les Grecs de Thrace l'appelait Ασκαυλος/Askaulos, et Diodore de Sicile attribue son invention au berger sicilien Daphnis (que sa mère nymphe, abandonna dans un bosquet de lauriers, d'où son nom donné par les bergers, car les premières cannes de cornemuse se faisaient dans des tiges de lauriers). Chez les Romains elle se nommait Tibia utricularis, et selon Procope, c'était au VIème siècle, l'instrument de l'infanterie romaine. Mais les deux peuples sont unanimes pour affirmer qu'ils l'ont reçue des Barbares (c'est-à-dire les Gaulois pour les Romains, les Galates pour les Grecs). Si la cornemuse se retrouva en ancienne Egypte, c'est également grâce aux Celtes ; des mercenaires Galates de Léonnorios, accompagnés de leurs familles, se trouvaient dans le delta du Nil durant la période Ptolémaïque, en 278 avant notre ère.<ref>Suicide collectif des Gaulois de Haute-Egypte – cf. Justin, XXVI, 2. Callimarque – Hymne à Délos, 185-188. Traduction d'Emile Cahen. Editions Budé.</ref>

Rechercher une origine commune entre les différentes cornemuses est aussi hypothétique qu'illusoire ; il est d'ailleurs possible que cet instrument ait été créé simultanément ou à des époques différentes, et cela dans des régions fort éloignées.

Instrument pastoral à l'origine, elle a développé au cours des siècles un répertoire à part entière qui culmine avec la musique de Cour et la musique militaire.

L'adjonction d'un réservoir à un hautbois constitue l'une des particularités de l'instrument qui permet alors un jeu continu (similaire au souffle continu) et puissant, sans effort ; une autre étant l'adjonction de tuyaux complémentaires (semi-mélodique ou bourdon) amplifiant encore la puissance sonore et l'effet polyphonique.

Le joueur de cornemuse est appelé "cornemuseur" ("cornemuseux" est dépréciatif sauf utilisé dans le domaine de la musique traditionnelle du Centre de la France) et "sonneur" ou biniaouer en Bretagne.

[modifier] Facture

[modifier] Tuyaux et réservoir

Fichier:Hendrik ter Brugghen - De doedelzakspeler.jpg
Le joueur de cornemuse (flamande doedelzak), par Hendrik ter Brugghen.

Elle est constituée d'un réservoir étanche (sac en peau animale ou en Gore-Tex soit encore la combinaison du cuir extérieur et gore-tex intérieur) dans lequel de l'air est insufflé soit par la bouche de l'instrumentiste soit par un soufflet (ce qui est plus rare). L'air contenu dans le réservoir s'échappe ensuite de manière continue vers les tuyaux de bois (ébène ou fruitier) souvent formés de segments emboîtés dont l'extrémité interne possède une anche simple ou double qui produit le son. Ces tuyaux sont, ou non, percés de trous de jeu qui, comme sur une flûte, sont fermés ou ouverts par les doigts ou par des clefs (plus rarement), afin de produire la mélodie. Quand ils sont percés de trous, on parle de "tuyaux mélodiques", mais aussi de "tuyaux semi-mélodiques" selon leur rôle dans la production musicale. Un tuyau dépourvu de trou de jeu s'appelle "bourdon", et il donne une note continue. Il y a souvent des décorations de passementerie.

Le tuyau mélodique est équipé d'une anche simple (une languette vibrante, comme sur la clarinette) ou double (deux languettes vibrantes, comme sur le hautbois). Ce dernier cas est le plus courant en France (sauf pour la boha landaise [1]) d'où son appellation de hautbois, chalumeau, chanterelle) ou chanter. Le terme "pied" est aussi utilisé pour parler du tuyau mélodique mais son usage n'est pas approprié dans tous les cas : le pied est, dans le cas de la cornemuse d'Auvergne (cabrette), l'ensemble "tuyau mélodique et tuyau bourdon" disposés parallèlement l'un à l'autre, ou bien, dans le cas de la musette baroque, c'est le double tuyau mélodique. Le terme pied ne devrait s'appliquer qu'à ces deux seules cornemuses où deux tuyaux parallèles (soit mélodique et bourdon, soit deux mélodiques) peuvent être démontés en un geste car ils sont fixés sur même pièce de bois, elle-même reliée au réservoir. Dans tous les autres cas, on peut parler de hautbois, si le tuyau est bien muni d'une anche double. Car le tuyau mélodique peut être équipé d'une anche simple. Ce cas est très fréquent pour les cornemuses de l'est de l'Europe, en Suède, en Méditerranée, dans le Caucase, au Proche et Moyen Orient et jusqu'en Inde (où on joue aussi la cornemuse écossaise laissée par les Britanniques).

Certaines cornemuses sont munies d'un tuyau mélodique qui sert à accompagner et ornementer la mélodie principale, et que l'on appelle tuyau semi-mélodique pour cette raison. Comme le tuyau mélodique, à côté duquel il est toujours placé (et même, il est souvent percé dans le même bloc de bois), il possède des trous de jeu. La duda hongroise, la boha landaise et la zampogna italienne sont équipées d'un tel tuyau. Il peut y avoir de 1 à 4 trous (voire 5 plus rarement, sachant que le tuyau mélodique en a toujours plus, c'est-à-dire 6 avec parfois un septième situé au dos pour le pouce). Le uilleann pipes irlandais, possède plusieurs tuyaux semi-mélodiques. Appelés "regulators" en anglais, régulateurs en français, ils sont au nombre de trois, rarement quatre voire cinq. Ils permettent de réaliser des accords d'accompagnement et sont munis de clefs que l'on actionne avec le poignet de la main droite.

Le nombre de bourdons, ces tuyaux, qui servent aussi à l'accompagnement mais dont on ne peut guère modifier en cours de jeu la note produite, est très variable : de un à quatre, qui sont accordés le plus souvent à l'octave ou deux octaves sous la tonique du tuyau mélodique, mais aussi en quinte ou quarte. La cornemuse écossaise en a trois, certaines cornemuses de Serbie également. Mais toutes les cornemuses n'ont pas forcément un bourdon. C'est le cas par exemple du mezwed tunisien ou de la tsambouna grecque. Mais elles possèdent soit un double tuyau mélodique (deux tuyaux strictement jumeaux, placés côte à côte, les doigts bouchant deux trous à la fois), soit un tuyau semi-mélodique.

Par exemple, la cornemuse écossaise Great Highland Bagpipe comporte les pièces suivantes (globalement les mêmes sur toutes les cornemuses, dans le principe tout au moins) :

  1. tuyau mélodique (chalumeau ou levriad en breton ou chanter en anglais),
  2. réservoir d'air (poche),
  3. souche (emplacement où viennent s'enficher les tuyaux),
  4. tuyau d'insufflation (appelé aussi porte-vent ou sutel en breton),
  5. bourdons ténors,
  6. bourdon basse,
  7. coulisse d'accord (on fait coulisser des parties du bourdon pour augmenter ou diminuer la hauteur de la colonne d'air et ainsi obtenir une note juste),
  8. cordes de maintien (spécifique à la grande cornemuse d'Écosse et au biniou braz breton).

Le tuyau d'insufflation est muni d'un clapet anti-retour (soupape), permettant à l'air introduit de ne pas en ressortir. Toutes les cornemuses ont au moins un tuyau mélodique, pour jouer la mélodie. La différence se fait sur la présence et le nombre de bourdons, la présence et le nombre de tuyaux semi-mélodiques, la présence d'un tuyau d'insufflation ou d'un soufflet.

Sur le réservoir sont fixées une ou plusieurs souches, ligaturées de manière étanche. Dans les souches, on vient introduire les tuyaux de jeu. Elles servent d'intermédiaire entre le réservoir et le tuyau : on peut ainsi détacher les tuyaux pour accorder les anches sans devoir tout défaire. Sur la "grande cornemuse d'Écosse", il y a une souche par tuyau de jeu, alors que sur d'autres cornemuses comme la zampogna, il y a peut y avoir une souche commune à plusieurs tuyaux. Dans certains cas (cornemuse de Turquie par exemple), le tuyau d'insufflation est raccordé directement, sans souche.

Le réservoir est généralement fait à partir d'une peau animale presque entière, telle que la chèvre (qui a donné son nom à l'instrument comme c'est le cas pour la cabrette auvergnate ou la koza polonaise) ou le chien (pour le biniou kozh). Il est aussi fait dans une pièce de cuir bovin ou ovin (ce qui est le cas dans presque toute l'Europe occidentale). Pour garantir l'étanchéité, cette peau est travaillée de différentes manières. Dans le cas de la peau de chèvre, il est fréquent que les poils qui ont été coupés courts soient conservés à l'intérieur et enduits de sel qui absorbera l'humidité du souffle. Dans le cas de l'utilisation d'une pièce de cuir bovin ou ovin cousue, la surface intérieure est enduite d'une préparation a base de poix ou de mélasse qui en assure l'étanchéité. D'autres cornemuses encore peuvent être constituées d'une vessie (celles que l'on trouve dans la région de la Volga en Russie, par exemple [2]). Actuellement, elles sont en gore-tex, dans des constructions récentes, en fonction des souhaits des musiciens. Le caoutchouc a été abandonné car il vieillissait très mal. Souvent, on glisse le réservoir dans un tissu que l'on appelle la robe ou la housse.

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Voir « cornemuse » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Anches

Les tuyaux sonnants de la cornemuse fonctionnent grâce à une anche qu'il est parfois nécessaire de mouiller quelques minutes avant de pouvoir jouer. Selon le type de cornemuse, on trouve une anche simple, sur le tuyau mélodique et le (les) bourdon(s), comme par exemple sur le koziol polonais ; ou bien des anches doubles (par ex. certaines zampogna italiennes et la musette baroque. D'autres cornemuses encore, fonctionnent avec une anche double pour le tuyau mélodique et une anche simple pour le (les) bourdon(s). C'est le cas par ex. du sac de gemecs catalan, de la veuze nantaise, de la cabrette auvergnate, etc.

Les anches simples : Elles sont constituées d'un petit tube en roseau (Canne de Provence), découpé de sorte à dégager une petite lamelle, la partie vibrante, dont la longueur et l'épaisseur donne la hauteur. C'est sur ce paramètres qu'il faudra jouer pour accorder l'anche. Parfois la lamelle est faite dans une autre matière (comme par exemple du bronze), et elle est alors liée par de la filasse ou du fil de chanvre poissé et enduit de poisse sur le tube sur lequel on a pratiqué au préalable un orifice rectangulaire correspondant à la lamelle.

L'anche est fichée, lamelle vers le haut, dans le tuyau de jeu, mélodique ou bourdon. L'air fait vibrer la lamelle en s'engouffrant dans l'anche, puis dans le tuyau, et le tuyau se met à sonner.

L'anche simple est aussi celle qui est utilisée pour la clarinette et le saxophone.

Les anches doubles : Elles sont constituées de deux lamelles de roseau trapézoïdales, affinées (grattées) sur la partie la plus large, et déposées sur un petit tube (le canon, que l'on enfoncera dans le tuyau), et tenues l'une contre l'autre avec un fil, de matière naturelle (lin, coton) ou synthétique, ce qui permet aussi de les accorder (car plus on recouvre les lamelles, plus on raccourcit la surface vibrante et inversement). Il y aussi, dans le cas des anches plus complexes (et plus récentes), une petite barrette de laiton, qui sert à accorder, et qui s'appelle la rasette. Le canon possède du fil ou un petit bout de liège pour tenir dans le tuyau.

Les anches doubles sont aussi utilisées par le basson, la chalémie, le hautbois, la bombarde, ou encore le cor anglais.

[modifier] Jeu

La cornemuse se joue généralement debout car elle demande la pleine capacité des poumons, sauf les modèles à soufflet, qui se jouent assis. S'il suffit d'insuffler le sac pour qu'un son sorte aussitôt par les tuyaux sonnants, il faut d'abord mouiller les anches et accorder les bourdons, puis reconstituer la cornemuse en emboîtant les tuyaux dans les souches et les anches dans les tuyaux éventuellement. Une fois la poche gonflée on peut se reposer le souffle (parfois certains chantent) tout en appuyant sur le sac au moyen du bras en général, ce qui permet d'avoir un son continu et puissant. La poche permet ainsi d'augmenter et de réguler la puissance du souffle continu.

Elle se joue en solo, en formation de cornemuses , en pipe band (Écosse) ou encore en bagad (Bretagne). On y joue tout autant des danses que de la musique militaire ou religieuse, etc.

Suivant les cornemuses, le jeu est dit "ouvert" (on lève un doigt pour chaque nouvelle note supérieure), "semi-ouvert" comme sur la cornemuse écossaise-(on lève des doigts et on en abaisse d'autres pour obtenir la note juste), "fermé" comme sur le Northumbrian Small Pipes (tous les doigts restent posés, on lève le doigt correspondant à la note voulue).

La réserve d'air produisant un son continu, il est impossible de détacher les notes par des coups de langue. Le musicien doit détacher les notes soit en staccato, on parle alors d'ornementations, certaines étant d'une extrême complexité comme les Crunluath dans les Pìobaireachd, soit par des battements rapides sur les notes inférieures.(tapping). L'instrument permet aussi d'utiliser le glissando, le vibrato ou le trémolo afin de colorer le morceau de musique.

[modifier] Liste de cornemuses

Fichier:Bagpipe performer.jpg
Un joueur de cornemuse écossaise
Fichier:Tatihou-Bagpipe-Bodhran.jpg
Un joueur de cornemuse et un joueur de bodhrán

[modifier] Afrique du Nord

L'Ghitta [Algerie]

[modifier] Allemagne

[modifier] Angleterre

[modifier] Belgique

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Le musée des instruments de musique de Bruxelles possède les 3 seules cornemuses anciennes belges au monde (des Muchosac).

[modifier] Écosse

[modifier] Europe orientale

[modifier] Europe du Nord

[modifier] France

[modifier] Balkans

[modifier] Irlande

[modifier] Italie

[modifier] Pays germaniques

[modifier] Pays slaves

[modifier] Péninsule ibérique

[modifier] Références

<references />

[modifier] Liens externes

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