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Conflit nord-irlandais

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Le conflit nord-irlandais est l'histoire de tensions en Irlande du Nord.

Sommaire

[modifier] Rappels historiques

[modifier] Une vieille blessure

C’est au XIIe siècle que le roi d’Angleterre Henri II conquiert l’Irlande. Cette conquête est très mal acceptée par les Irlandais qui constituent un groupe homogène d'un point de vue ethnique, historique, linguistique, mais aussi culturel et politique. En effet, les Irlandais sont celtes, parlent irlandais et n’ont pas connu l’occupation romaine.

À partir du règne de Henri VIII d’Angleterre, la Réforme protestante est étendue à l’Irlande en 1541 donnant ainsi à l’occupation anglaise une dimension religieuse, les Irlandais restant massivement fidèles à Rome.

En 1649, les troupes anglaises et républicaines d’Oliver Cromwell envahissent une Irlande restée fidèle à la dynastie des Stuart. La moitié de la population est massacrée ou déportée dans les Antilles. 170.000 colons protestants s’installent sur l’île et confisquent une grande partie des terres.

Prenant le parti du roi catholique Jacques II Stuart à la fin du XVIIe siècle contre le prétendant protestant Guillaume d'Orange (William III), les Irlandais se soulèvent mais sont battus à La Boyne (12 juillet 1690). La noblesse irlandaise est pourchassée et ses biens confisqués. Les terres sont également confisquées, 97 % du sol irlandais appartenant désormais aux colons protestants. Enfin, les Irlandais se voient retirer tous droits civils et religieux. En 1782 cependant, la législation anti-catholique est assouplie et un parlement irlandais, largement contrôlé par les protestants, est institué.

[modifier] Le réveil politique

Mais, en 1798, le débarquement d’un petit corps expéditionnaire français chargé « d’exporter la Révolution » entraîne un nouveau soulèvement irlandais. Après une victoire franco-irlandaise sur les troupes britanniques (Castlebar 27 août 1798) et la proclamation de la République de Connaught (31 août 1798), les insurgés sont finalement vaincus et contraints à la capitulation (9 septembre 1798).

L’Union Act, adopté en 1800, consacre l’union de Grande Bretagne et de l’Irlande avec comme conséquence la suppression du parlement irlandais et de l’autonomie politique naissante.

Outre une série de soulèvements militaires avortés, l’histoire irlandaise au XIXe siècle est marquée par trois grandes initiatives politiques et une grande tragédie.

En 1823, Daniel O'Connell fonde l’Association Catholique qui obtient en 1829 la levée des dernières mesures anti-catholiques et en 1869 la fin des privilèges accordés jusqu’alors à l’Église anglicane d’Irlande.

En 1849, O'Mahoney fonde l’Irish Republican Brotherhood (IRB – Fraternité Républicaine Irlandaise), ancêtre de l’IRA, et première organisation moderne à lutter, y compris par la violence, en faveur de l’indépendance.

De 1846 à 1850, l’Irlande subit la plus dramatique famine de son histoire, due à une maladie de la pomme de terre et au régime foncier (les clauses du Home Rule contiendront une proposition de réforme agraire), entraînant entre 700 000 et 1 500 000 morts et une émigration massive de 800 000 à 1 300 000 personnes.

En 1870 apparaît enfin le mouvement du Home Rule, en faveur de l’autonomie, bientôt dirigé par le protestant libéral Charles Stewart Parnell. Le projet d’autonomie est finalement voté par la Chambre des Communes en 1912, mais rejeté par la Chambre des Lords. Ce vote précipite la radicalisation des protestants du nord (l’Ulster) qui, sous le slogan « Home Rule, Rome Rule » créent une organisation paramilitaire, l’Ulster Volunteer Force (UVF – Force des Volontaires d’Ulster) pour défendre leurs opinions unionistes (maintien de l’union avec le Royaume Uni).

Au début du XXe siècle, en 1905, un nouveau parti politique, promis à un bel avenir, est fondé par Arthur Griffith : le Sinn Féin (SF – Nous Seuls).

[modifier] La marche vers l’indépendance

En 1914, près de 20.000 Irlandais, Catholiques et Protestants, s’engagent comme volontaires pour combattre durant la Première Guerre Mondiale.

Le passage au Home Rule ayant été reporté sine die à cause du conflit, les ultras de la cause irlandaise restés au pays s’impatientent et se dotent, sur le modèle de l’UVF protestante, de groupes de combats. L’IRB devient la branche armée du Sinn Féin (SF – Nous Seuls), la Ligue Gaélique fonde l’Irish Volunteers et le petit Parti Républicain Socialiste crée une Irish Citizen Army (ICA).

Le lundi de Pâques 1916 (24 avril), ces trois groupes qui, après des ordres et des contre-ordres, n’ont finalement réuni qu’un petit millier de combattants, proclament la République et lancent une insurrection à Dublin, les Pâques sanglantes. Victimes de l’indifférence voire de l’hostilité de la population qui ne comprend pas leur action, souvent assimilée à une trahison puisque la guerre se poursuit sur le continent européen, écrasés par des forces britanniques supérieures en hommes et en matériels, les insurgés capitulent au bout d’une semaine (Bilan : 300 civils, 132 soldats et 76 insurgés tués).

Mais la répression maladroite qui s’ensuit va retourner l’opinion irlandaise en leur faveur. Les autorités britanniques procèdent à plus de 2 500 arrestations souvent arbitraires et prononcent 90 condamnations à mort dont celle du poète Padraig Pearse et du leader socialiste James Connolly exécuté sur sa chaise roulante.

En décembre 1918, le Sinn Féin, devenu le fédérateur politique de la cause irlandaise obtient 73 sièges sur 105 aux élections, les sièges restants étant répartis entre une poignée d’indépendants et une masse compacte d’unionistes d’Ulster. Éamon de Valera proclame l’indépendance de l’île en janvier 1919 contre l’avis des autorités britanniques qui interdisent le Sinn Féin et dissolvent le parlement irlandais.

C’est alors que sous la conduite de Michael Collins est créée l’Irish Republican Army (IRA – Armée Républicaine Irlandaise), fusion de l’IRB, de l'ICA et de l'IVF. Une guerre d’indépendance meurtrière se déroule jusqu’en 1921, date à laquelle le gouvernement britannique propose de couper l’île en deux : les six comtés du nord-ouest, majoritairement protestants et unionistes, restant unis à la couronne britannique, les 26 comtés du sud et de l'ouest formant un état indépendant sur le modèle canadien ou australien. Le parlement irlandais reconstitué approuve les termes du traité par 64 voix contre 57, tandis que de nouvelles élections, en 1922, donnent 92 sièges aux partisans du traité contre 36 aux républicains intransigeants anti-traité.

[modifier] Le germe des problèmes futurs

La ratification du traité entraîne une guerre civile entre les modérés de l’IRA, partisans du traité et donc de la partition de l’île, dont font partie Michael Collins, le héros militaire de la guerre d’indépendance, et Arthur Griffith, le fondateur du Sinn Féin, et les jusqu’au-boutistes de l’IRA dirigés par Éamon de Valera, le leader politique de l’indépendance.

Après 9 mois de guerre et près de 4 000 morts, Eamon de Valera, vaincu, dépose les armes. L’Irlande est officiellement coupée en deux. L’État Libre de Irlande abolira le serment d’allégeance à la Couronne britannique en 1933 et quittera le Commonwealth en 1949. L’Ulster sera dirigée par un gouverneur imposé par le gouvernement britannique jusqu’en 1972 avant de bénéficier d’une administration directe (Assemblée d’Irlande du Nord) sous la tutelle d’un secrétaire d’état.

[modifier] Le retour de la violence

[modifier] L’Ulster dans la tourmente

Le conflit nord-irlandais va commencer de manière anodine. À la fin des années 1960, un mouvement pacifique en faveur de l’égalité et des droits civiques pour les catholiques voit le jour au sein des jeunes catholiques issus de la classe moyenne. Menés notamment par Bernadette Devlin, ils organisent des marches et des sit-in. En août 1968, un de leur rassemblement pacifique à Londonderry ("Derry" pour les Républicains) est violemment attaqué par la police nord irlandaise, la Royal Ulster Constabulary (RUC), composée à 90% de Protestants. Durant tout l’automne 1968, les manifestants catholiques sont ainsi victimes de violences et d’attaques de la part de la police, mais aussi de groupes protestants comme l’Orange Order (OO – Ordre Orange) ou l’UVF.

Dans le courant du printemps 1969 éclatent les premiers attentats, principalement œuvre des para-militaires protestants de l’UVF qui entendent terroriser les populations catholiques qui continuent leurs manifestations pour les droits civiques. Durant l’été, et devant la détérioration de la situation, le premier ministre d’Ulster fait appel aux unités spéciales de la RUC, les B. Specials, dont beaucoup de membres sont liés aux para-militaires protestants. Le 12 août 1969, une manifestation catholique est durement réprimée à Londonderry. Retranchés dans le quartier du Bogside, les Catholiques subissent l’assaut des B. Specials de la RUC qui sont repoussés : mais on compte 8 morts et plusieurs centaines de blessés. Les quartiers catholiques se soulèvent tandis que les Protestants passent à l’attaque des quartiers catholiques : le 16 août à Belfast, 150 maisons sont incendiées, 8 Catholiques sont tués et 300 autres blessés.

Le 20 août 1969, le gouvernement britannique décide d’envoyer l’armée pour rétablir le calme. La tension cependant reste vive et l’IRA, en sommeil depuis des années, fait sa réapparition. Le 30 janvier 1972, l’armée britannique ouvre le feu sur une manifestation catholique. Il y a 14 morts en ce Bloody Sunday. Le 21 juillet, l’IRA réplique par un Bloody Friday : 22 bombes explosent à Belfast faisant 16 morts. L’Irlande du Nord s’enfonce dans la guerre…

La période sera notamment marquée en 1981 par les grèves de la faim de détenus catholiques souhaitant obtenir le statut de prisonniers politiques ; dix d’entre eux en mourront, dont Bobby Sands, membre de l’IRA et élu député Sinn Féin de Belfast-Ouest depuis sa prison. Cette élection marque d’ailleurs un tournant dans la vie politique nord-irlandaise puisque le Sinn Féin, jusqu’alors absent des élections, prouve ainsi sa représentativité.

[modifier] Une timide ouverture

Le 20 Mars 1993, l'IRA est responsable d'un attentat à la bombe à Warrington, la veille de la fête des mères, alors que des dizaines d'enfants sont dans les rues à la recherche d'un cadeau. Deux enfants sont tués, Jonathan Ball (3ans) et Tim Parry (12ans). A partir de ce moment l'Armée Républicaine perd son statut de défenseur des opprimés (qu'elle avait acquis après le Bloody Sunday) et devient pour l'opinion publique (les catholiques comme les protestants) une cruelle organisation terroriste. Par conséquent elle perd un grand nombre de ses soutiens et sa légitimité. Sous la pression du Président Clinton, l'IRA déclare un premier cessez-le-feu en 1994, ce qui permet aux différents acteurs politiques d'engager des discussions. Mais cette trève n'avait pas été suivie d'un désarmement, et en 1996 une attaque survient à Docklands (Londres) ralentissant le processus politique.

Il faut attendre l’année 1998 pour voir s’amorcer un processus de paix durable bien que fragile. Le 10 avril, un accord dit « du Vendredi Saint » (Good Friday Agreement) est signé par huit partis politiques dont le principal parti extrémiste unioniste le Democratic Ulster Party (DUP) et la branche politique de l’IRA, le Sinn Féin, grâce à la médiation américaine de George Mitchell. L’accord porte notamment sur l’élection d’une assemblée locale et un cessez le feu, suivi d’un désarmement de la plupart des organisations para-militaires. Le peuple irlandais a massivement approuvé la signature de l'accord par référendum (74% de OUI en Irlande du Nord et 94% en République d'Irlande). Cet accord a cependant été dénoncé par une fraction dissidente du Sinn Féin apparue en 1986, le Republican Sinn Féin, ainsi que par certains extrémistes de l’IRA qui poursuivent la lutte armée sous le sigle C-IRA (Continuity IRA). Du côté protestant, les para-militaires de la Loyalist Volunteer Force (LVF – Force des Volontaires Loyalistes) ou des Red Hand Defenders (RHD – Défenseurs de la Main Rouge) ont eux aussi refusé de désarmer, tout comme la plupart des autres petits groupes para-militaires protestants.

Néanmoins, ces efforts ont été encouragés par la Communauté Internationale, à travers l'attribution du Prix Nobel de la Paix 1998 aux deux leaders des partis nord-irlandais démocrates opposés signataires: John Hume pour le Social Democratic and Labour Party (Républicain) et David Trimble pour le Ulster Unonist Party (Unioniste)

Pour bien illustrer la fragilité de cet accord, il faut aussi rappeler que les deux partis à avoir obtenu le plus de voix lors des élections à l’Assemblée Nord-Irlandaise en 2003 sont d’une part le DUP (25,6%) et d’autre part le Sinn Féin (23,5%), c’est-à-dire les porte-paroles respectifs des extrémistes des deux communautés. D’une façon générale la violence demeure larvée et les principaux acteurs du conflit restent sur la défensive. Le processus de paix est à la merci du moindre dérapage politique ou militaire.

Le 28 juillet 2005, l'IRA dépose les armes et renonce à la lutte armée. Dans un communiqué officiel, l'organisation informe qu'elle a demandé à ses membres de lutter pour la réunification de l'Irlande et la fin de la tutelle britannique sur l'Irlande du Nord par des moyens politiques. Cependant, étant donné que l'IRA était une organisation secrète, le processus de désarmement s'annonce précaire car malgré les mesures d'amnistie, la certitude ne sera jamais acquise que toutes les armes auront été rendues. Seuls le temps et le maintien de la volonté de résoudre le conflit pacifiquement pourront mettre un terme définitif à la violence.

[modifier] Les principaux partis politiques nord-irlandais

[modifier] Les partis unionistes

Democratic Unionist Party (DUP – Parti Démocrate Unioniste) : Fondé et dirigé par le pasteur Ian Paisley, ce parti représente les Protestants extrémistes. Pourquoi le mot démocrate ? Parce que les Protestants étant majoritaires en Ulster, le jeu de la démocratie doit normalement les avantager. Son discours violent et teinté de démagogie lui vaut une large audience au sein des milieux populaires protestants. Le DUP s'est définitivement installé comme le premier parti d'Irlande du Nord lors des élections générales de 2005.

Progressive Unionist Party (PUP – Parti Progressiste Unioniste): Ce petit parti extrémiste protestant bénéficie d’une audience électorale relativement réduite (1,2% en 2003) avec cependant une forte implantation à Belfast. Le PUP est très proche des para-militaires de l’UVF.

Son poids électoral est limité à 1 siège au sein de l’Assemblée nord-irlandaise et à 4 Conseillers de District.


United Kingdom Unionist Party (UKUP – Parti Unioniste du Royaume Uni) : Ce petit parti né en 1996 d’une scission radicale de l’UUP est un inconditionnel du maintien de l’Ulster au sein de la Monarchie britannique. Electoralement faible, il ne dispose que d’un siège au sein de l’Assemblée nord-irlandaise et de deux Conseillers de District.

Ses dirigeants semblent liés aux para-militaires de la LVF.


Ulster Unionist Party (UUP – Parti Unioniste d’Ulster) : Il s’agit du plus ancien parti unioniste (fondé en 1905), regroupant les Protestants modérés. Il a rompu tout lien avec les groupes para-militaires et son leader, David Trimble, est à l’origine de l’ouverture du processus de paix. Bien qu’électoralement puissant (22,7% en 2003), il a bien du mal à rivaliser avec les ultras du DUP.

L’UUP dispose de 24 sièges au sein de l’Assemblée nord-irlandaise, de 154 Conseillers de District, d'un député et d’un parlementaire européen.


En dehors de ces partis protestants représentatifs, il existe une myriade de groupuscules, comme la Ulster Nation (UN), l’United Unionist Coalition (UUC) ou le Northern Ireland Unionist Party (NIUP) dont les résultats électoraux cumulés tournent autour de 1% des voix (avec une poignée de Conseillers de District) et qui ne sont que les façades politiques de petits groupes para-militaires.


Il convient d’ajouter à ce paragraphe l’Orange Order (OO – Ordre Orange). Organisé sous la forme d’une loge maçonnique, ce mouvement fait référence au roi protestant Guillaume d’Orange. Fort de 80.000 à 100.000 membres, il alimente en cadres et militants la quasi-totalité des partis politiques protestants. Ses parades publiques, célébrant la défaite des Catholiques et de Jacques II Stuart à La Boyne (1690), sont autant de provocations qui dégénèrent chaque année en affrontements avec les Catholiques.

[modifier] Les partis republicains

Sinn Féin (SF – Nous Seuls) : Parti historique de la lutte pour l’indépendance et l’unité de l’Irlande, indissociable de l’IRA dont il constitue la branche politique, le SF était bien moribond au début du conflit nord-irlandais. En 1970, il éclate en deux groupes distincts, l’Official Sinn Féin (O-SF), de tendance marxiste privilégiant les luttes sociales, et le Provisonnal Sinn Féin (P-SF), privilégiant la lutte nationale et identitaire. L’O-SF a disparu en 1982 pour devenir un parti révolutionnaire multiconfessionnel, le Workers Party (Parti des Travailleurs).

Après des années de luttes, le Sinn Féin (« provisionnal ») a accepté, sous l’impulsion de son leader, Gerry Adams, de signer les accords de paix de 1998, condition sine qua non à leur application. Mais cela n’a pas été du goût des extrémistes de la cause catholique qui avaient fondé un Republican Sinn Féin (R-SF) en 1986 et entraîné avec eux une partie des ultras de l’IRA. Le R-SF refuse pour l’instant de participer au processus électoral.

Irish Republican Socialist Party (IRSP – Parti Socialiste Républicain Irlandais) : Fondé en 1974 par des dissidents de Official Sinn Féin partisans du recours à la violence, l’IRSP n’a rapidement plus été que la simple vitrine politique de son propre groupe para-militaire, l’Irish National Liberation Army (INLA.- Armée Irlandaise de Libération Nationale).

Refusant toute concession, opposé au processus électoral, l’IRSP est aujourd’hui une formation politique moribonde.

Social Democratic and Labour Party (SDLP – Parti Travailliste et Social Démocrate) : Fondé en 1974, ce parti de centre gauche représente les Catholiques modérés et prône la non-violence.

Longtemps majoritaires parmi les Catholiques, il a été supplanté par le Sinn Féin. Pour autant, son poids électoral demeure important (17% des voix en 2003) avec 18 sièges au sein de l’Assemblée nord-irlandaise, 117 Conseillers de District, 3 députés et un parlementaire européen.

[modifier] Les partis inter-confessionnels

Alliance Party of Northern Ireland (APNI): Fondé en 1970 afin de réconcilier les deux communautés catholique et protestante, l’Alliance n’a jamais pu réellement émerger, noyé dans la violence quotidienne du conflit. En 2003, l’APNI n’a recueilli que 3,7% des voix et sa représentation électorale demeure bien marginale avec seulement six sièges au sein de l’Assemblée nord-irlandaise et 28 Conseillers de District.


Northern Ireland Women’s Coalition (NIWC – Coalition des Femmes d’Irlande du Nord): Fondée en 1996 à l’initiative de femmes appartenant aux deux confessions, cette coalition politique pacifiste s’est électoralement effondrée en 2003 (0,8% des voix). Elle ne dispose plus que d’une seule Conseillère de District.


Il existe d’autres partis hors du clivage catholique/protestant, mais leur représentativité électorale est d’une extrême faiblesse, qu’il s’agisse des marxistes du Workers Party (0,3%), du Parti Conservateur (0,2%), des Verts (0,4%) ou de la Socialist Environmental Alliance (0,35%).


On le voit, la vie politique nord-irlandaise est largement dominée par les extrémistes des deux camps et ne laisse en outre qu’une bien faible place aux partisans de la réconciliation.

[modifier] Les principales organisations para-militaires nord-irlandaises

[modifier] Les Unionistes

Ulster Volunteers Force (UVF – Force des Volontaires d’Ulster) : Reprenant l’intitulé de l’ancien groupe para-militaire fondé en 1912, cette version nouvelle de l’UVF date de 1966. L’UVF compterait près de 1.000 activistes clandestins.


Ulster Defence Association (UDA – Association de Défense de l’Ulster) : Fondée en 1971 et forte, à son apogée de 40.000 membres, elle fut longtemps soutenue par les autorités protestantes et servit même de force supplétive à la police nord-irlandaise. Interdite en 1992, elle est entrée dans la clandestinité et compterait entre 2.000 et 2.500 activistes.


Ulster Freedom Fighters (UFF – Combattants pour la Liberté de l’Ulster) : Née en 1973 d’une fraction de UDA jugée trop proche des autorités, l’UFF s’est signalée très tôt par sa violence anti-catholique. L’UFF compterait 200 à 300 activistes.


Red Hand Defenders (RHD – Défenseurs de la Main Rouge) : Ce groupe clandestin est né en 1970. Son intitulé fait référence à la main rouge qui figure sur le blason de l’Ulster et symbolise la province aux yeux des Protestants. Très proches des milieux conservateurs protestants, les RHD compteraient une centaine d’activistes particulièrement réputés pour leur violence.


Loyalist Volunteers Force (LVF – Force des Volontaires Loyalistes) : Il s’agit de l’une des dernières nées sur la scène para-militaire protestante. Fondée en 1996, la LVF regroupe des éléments extrémistes issus de l’UDA et de l’UVF. Elle compterait 500 activistes.


Il existe d’autres groupes para-militaires protestants, parfois indépendants ou parfois liés à ceux précédemment cités qui agissent de façon intermittente. Citons en vrac la Protestant Action Force (PAF), l’Ulster Resistance (UR), les Orange Volunteers (OV) ou les Red Hand Commandos (RHC). L’ensemble de ces groupes ne représente guère plus de 300 activistes.

[modifier] Les Republicains

Irish Republican Army (IRA – Armée Républicaine Irlandaise) : Branche militaire du Sinn Féin, l’IRA a connu les mêmes tourments internes que sa façade politique. En 1970, l’IRA éclate en deux organisations distinctes, l’Official IRA (O-IRA) et la Provisionnal IRA (P-IRA). Dès 1971, une guerre interne oppose les deux IRA. Ce sont les activistes de la P-IRA, les « provos », qui l’emportent. L’O-IRA décrète un cessez le feu en 1972 et se dissout en 1974.

L’IRA « Provisoire » apparaît alors comme le mouvement phare de la lutte armée des catholiques et excelle dans la pratique de la guérilla urbaine.

Remarquablement organisée, elle compte, lors de la signature du traité de 1998, près de 1.500 activistes clandestins et plus de 20.000 sympathisants actifs. Mais, le « recentrage » annoncé du Sinn Féin, avait entraîné une scission en 1986, avec la création du Republican Sinn Féin (RSF). Parallèlement, les extrémistes de l’IRA ont créé une Real IRA (R-IRA) devenue en 1996 la Continuity IRA (C-IRA) qui, forte probablement de plus de 600 clandestins et quelques milliers de sympathisants, poursuit la lutte armée.


Irish National Liberation Army (INLA – Armée Irlandaise de Libération Nationale) : Issue en 1975 des débris de l’Official IRA (O-IRA), l’INLA apparaît comme la branche militaire de l’Irish Republican Socialist Party (IRSP – Parti Socialiste Républicain Irlandais). Forte de 400 à 500 clandestins, l’INLA est décapitée dans le courant des années 80 par une vague d’arrestations touchant ses dirigeants. L’IRA profitera de sa faiblesse du moment pour absorber une partie de ses forces. L’INLA ne compterait plus que 100 à 150 activistes.


Irish People Liberation Organization (IPLO – Organisation de Libération du Peuple Irlandais) : Dissidence de l’INLA apparue en 1986, l’IPLO s’est livrée à une surenchère politico-militaire qui a très vite gêné l’IRA qui a déclenché une campagne militaire contre elle. Encore active bien que moribonde, l’IPLO ne semble pas disposer de plus d’une centaine d’activistes.


Il faut noter que les para-militaires unionistes ont longtemps bénéficié d’une certaine bienveillance de la part des autorités nord-irlandaises et de connivences avec les forces de police. Par ailleurs, l’ensemble des groupes para-militaires, Protestants comme Catholiques, dispose de fonds importants provenant de dons, mais plus généralement du racket, de la drogue ou d’attaques de banques.

[modifier] Un bilan

Les tensions en Irlande du Nord sont pudiquement qualifiées de « troubles ». Le nombre de victimes est cependant considérable pour une population de 1 600 000 personnes environ sont cependant éloquents.

De 1969 à 2003 on compte en effetréf. nécessaire :

  • 3 500 tués
  • 47 500 blessés
  • 19 600 emprisonnements
  • 37 000 fusillades
  • 16 200 attentats à la bombe ou tentatives
  • 2 200 incendies volontaires
  • 22 500 armes dérobées

Par ailleurs durant cette période, la police a saisi 12 000 armes à feu et 116 tonnes d’explosifs…

Mais le 28 juillet 2005, l'IRA a annoncé qu'elle arrêtait ses actions terroristes et meurtrières et que tout son armement serait détruit (armes de poings, lances-roquettes, explosifs…) Tout le monde politique des pays concernés par cette annonce sans précedent s'est declaré réjoui et satisfait par cette décision. Mais pourtant les Unionistes nord-irlandais restent sceptiques malgré cette apparente bonne volonté émanant de l'IRA.Pour eux, tant que des preuves iconographiques ne seront pas montrés, le doute est permis.

[modifier] Statistiques sur les pertes humaines du conflit nord-irlandais

Morts liées au conflit ([1]).

Année Morts
2004 2 (2)
2003 10 (2)
2002 11 (4)
2001 15
2000 19
1999 8
1998 53
1997 21
1996 17
1995 9
1994 60
1993 84
1992 85
1991 94
1990 76
1989 75
1988 104
1987 98
1986 61
1985 57
1984 69
1983 85
1982 110
1981 113
1980 80
1979 121
1978 81
1977 111
1976 295
1975 260
1974 294
1973 253
1972 479
1971 171
1970 26
1969 16

Sur les 3 480 victimes des 30 années de conflit en Irlande du Nord, de 1969 à 1998 :

  • 60 % furent tués par les forces paramilitaires républicaines
  • 28 % furent tués par les forces paramilitaires loyalistes
  • 11 % furent tués par les forces de sécurité britanniques
  • 91 % étaient des hommes
  • 53 % avaient moins de 30 ans
  • 30 % étaient protestants

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens internesst

de:Nordirlandkonflikt en:The Troubles es:Conflicto de Irlanda del Norte fi:The Troubles he:הצרות ja:北アイルランド問題 no:Konflikten i Nord-Irland 1968–1997 sv:Konflikten i Nordirland vi:Xung đột vũ trang tại Bắc Ireland

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