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Con

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Con est un mot vulgaire qui désigne à l'origine le sexe de la femme. Aujourd'hui, il s'utilise surtout comme insulte destinée à une personne stupide, naïve ou désagréable, de même que ses dérivés connard et connasse qui se concentrent sur la dernière acception. Con a aussi un emploi impersonnel, souvent dépréciatif.

Sommaire

[modifier] Étymologie

[modifier] Étymologie latine

Con provient de l'étymon latin cunnus (vulve). Au Moyen Âge, les diminutifs connil et connin (latin cuniculus) désignaient le lapin ainsi que les conduits et tuyaux, pour être remplacé par le nom actuel de l'animal (de laperau) vers le XVe siècle en raison de l'usage persistant de l'acception vulgaire de con, attestée dès le XIIe siècle dans le Roman de Renard. On peut noter que le nom de l'animal a été conservé dans de nombreuses langues romanes : conejo en castillan, coniglio en italien, conill en catalan, coelho en portugais. Il a d'ailleurs été emprunté par l'anglais — ainsi qu'une partie importante des langues germaniques — via l'ancien français : coney, d'usage courant jusqu'au XIXe siècle [OED1]. En castillan, l'étymon cunnus a produit coño qui est l'équivalent de notre con moderne, en toutefois moins vulgaire ; coney ou cony possède aujourd'hui cette acception en sus du sens animalier. (Note : le portugais conho est un faux cognat ; dérivé cuneus, il n'a pas cette signification.) En Portugais moderne la traduction de ce mot est "cona" . Mais, au contraire du Français il n'est utilisé comme insulte quand il est dirigée à une femme de mauvaises moeurs, et, moins souvent, d'intelligence limitée.. ce dernier usage est récent et simple importé du Français, donc un gallicisme.. En géneral les mots Portugais de racine Latine, sont plus proches du Latin originel ou populaires, que les mêmes mots en Français. Le mot cité "conho" n'est plus d'usage courante..


Vers le XIXe siècle le vocable français prend un sens figuré injurieux et se met en place une construction adjectivale. L'emploi était alors misogyne, exploitant l'impuissance et la passivité du sexe féminin de l'imaginaire collectif. Aujourd'hui, l'absence fréquente d'accord en position d'attribut ou d'apposition (par ex. Elle est con.) rappelle l'origine nominale de l'expression, sans qu'il soit toutefois fait référence consciente à la vulve [TLFI1]. L'ancienne acception physiologique est aujourd'hui en voie d'obsolescence.

[modifier] Lien avec leurs équivalent germaniques

La parenté indo-européenne avec cunt (anglais) et kut (néerlandais) n'est pas établie [CCH].

Cunnus provient en effet en proto-indo-européen soit de *kust- (intestin, rein, vessie) [DIEE1], soit de *skerǝ- (couper) [OED2, DIEE2], soit de *(s)keu- (cacher) [ESS]. Les origines possibles de l'étymon germanique *kunton donnant cunt sont : *gwneH2/guneH2 (femme, cf. gynécologie, queen) soit *gen/gon (créer, devenir, cf. génétique, gamète) ou bien *geu- (creux, cavité) [DIEE1, OED2] d'après la loi de Grimm. Toutefois certains relient le *kunton au latin cuneus (clou), un cognat possible de cunnus/con [OED2].

[modifier] Mots dérivés

On notera que le dérivé déconner avait jusqu'à la fin du XIXe siècle le sens premier de se retirer [DEM], sens qu'il a complètement perdu aujourd'hui. Son contraire enconner, signifiant pénétrer, composé sur le même mode qu'enculer, est aujourd'hui pratiquement désuet et réservé à la littérature érotique.

Connard est formé par suffixation avec l'affixe péjoratif -ard mais il est possible que le mot ait été influencé par cornard ; il n'a, lui, qu'un sens uniquement figuré. Connasse, en revanche, désignait au départ et jusqu'au XXe siècle à une prostituée de bas étage ou inexperte. Son sens figuré de femme sotte est attesté dès le XIXe [TLFI2]. Conneau et ses variantes graphiques connaud et connot, synonymes de connard, sont devenus obsolètes au cours du XXe siècle.

Les autres dérivés modernes, utilisés dans le sens figuré uniquement sont : déconnage et déconne pour l'action de débiter ou faire des sottises, déconneur pour celui qui aime à les dire ou à les faire, connement en tant qu'adverbe et connerie pour chose stupide ou sans intérêt.

Il est à noter que les patronymes Connard, Connart et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot con : En Europe continentale, ils proviennent du germanique conhardt signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur »). Chez les personnes d'origine irlandaise, Connard et Connart sont des dérivés de Connacht.

[modifier] Un mot tabou ?

Jusqu'aux débuts du XXe siècle le mot avait une connotation particulièrement vulgaire en particulier dans son acception physiologique ; il n'était employé dans des écrits publics que pour mieux enfoncer : « Ces mégères révolutionnaires, qui pissent à con béant sur les cadavres des gens qu'elles ont égorgés » [GON]. La bassesse du vocable est toutefois déplorée par Michelet qui indique : «  C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse? Mais nous sommes si heureux qu'elles soient faibles. C'est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l'homme. » [MIC]

En 1928, Louis Aragon dut faire publier clandestinement Le Con d'Irène, un roman érotique, pour s'éviter les foudres de la censure. Ce n'est qu'en 1968 que Régine Deforges le republie sous le titre édulcoré Irène ; le livre est tout de même saisi pour son contenu érotique [QUI, PFE].

Dans son sens figuré, le mot se voit de plus en plus employé après la seconde guerre mondiale et apparaît dans des œuvres de nombreux écrivains comme Louis-Ferdinand Céline, Louis Aragon ou Raymond Queneau. Toufefois, le « Où que tu ailles, tu te feras piquer, eh con ! » lancé par le préfet de la Sarthe Jacques Gandouin à un preneur d'otages lui valut une suspension de la part du ministre de l'Intérieur Michel Poniatowski pour « attitude non conforme à celle que l'on attend d'un haut fonctionnaire » : preuve que le substantif n'était pas encore bien accepté, malgré sa pertinence dans la situation.

Aujourd'hui le mot peut être employé par un homme politique sans que cela fasse scandale — pourvu qu'il ne soit pas utilisé de manière insultante : le premier ministre français, Dominique de Villepin pourra dire en mars 2006 « Ils vont s'apercevoir que je suis assez con pour aller jusqu'au bout. » au sujet de la crise du contrat première embauche, sans que le vocabulaire utilisé ne gêne le moins du monde.

On a même pu lire le mot (années 2000) dans le très sage Journal de Spirou.

[modifier] Usage contemporain et littéraire

[modifier] Le personnage du con

Le mot jouit d'une grande popularité. Le personnage du con, celui que l'on moque et dont on veut se différencier, est omniprésent dans la littérature et la chanson françaises.

On se souvient du méprisant « J'aime voir de mon balcon passer les cons » (Le Pornographe du phonographe), du descriptif « Quand on est con, on est con » (refrain du Temps ne fait rien à l'affaire) ou du répétitif « Avec mon bouquet de fleur/mon pistolet/etc. j'avais l'air d'un con, ma mère » (Marinette) de Georges Brassens. Le film Le Dîner de cons de Francis Veber, avec Thierry Lhermitte et Jacques Villeret, dépeint le personnage du con, dans le sens idiot, celui que l'on invite pour se gausser.

Le Roi des cons est la personne tellement stupide qu'on a du mal à la détrôner. Elle est mise en musique par Georges Brassens dans Le Roi ; Renaud au contraire prétend qu'en cas d'abdiquation « Il y aurait soixante millions de prétendants » (= tous les français) dans Hexagone.

[modifier] Jeux sur la polysémie

Certains ont utilisé à des fins poétiques la polysémie du mot. Georges Brassens ne s'est pas fait prier, avec Le Blason, une ode au sexe de la femme. Déplorant la bassesse avec laquelle ses contemporains désignent « cet incomparable instrument de bonheur », il indique :

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus, familier, coutumier
[...]
Honte à celui qui, par dépit, par gageure,
Dota du même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Pierre Perret n'est pas en reste avec Celui d'Alice (1974) :

Si je me réfère
A mon dictionnaire
Il est temps de faire
La définition
De ce mot espiègle
Qui échappe à la règle
Plus noble qu'un aigle
Dans sa condition
Ce mot vous le dites
Censeurs hypocrites
Etablissez vite
Son vrai sens profond
Car si on l'ausculte
Au lieu d'une insulte
On peut faire un culte
Du joli mot con

[modifier] Usage politique et militaire

« Mort aux cons ! » est un slogan du jargon militaire utilisé pour stigmatiser l'ennemi. En 1944, le capitaine Raymond Dronne des Forces françaises libres (9e compagnie de combat du Régiment de marche du Tchad puis 2e Division Blindée) baptise sa jeep « mort aux cons » [FR2], expression que De Gaulle lui aurait demandé de retirer sans succès. On attribue au général : « Mais pourquoi voulez-vous tous les tuer ? »

Aujourd'hui, le slogan est fréquemement utilisé par les milieux d'extrême gauche ou alternatifs pour désigner l'ennemi à abattre. Par exemple, un collectif de graffiteurs se fait appeler MAC, acronyme de « Mort aux cons ». Le chanteur Renaud chante la vie d'un personnage anarchiste dans ces termes : « N'empêche que Mort aux cons dans la cage d’escalier, c’est moi qui l’ai marqué, c’est vous dire si j’ai raison ! » (Dans mon HLM). Interpellé lors d'un meeting en 1968, De Gaulle aurait répliqué : « Vaste programme, en effet ! » À cette époque, le con du gauchiste était celui qui rentrait dans le cadre du système : « Élections, piège à cons ». L'ennemi peut être de l'autre côté de l'échiquier : le directeur de publication du site internet des Jeunesses identitaires (affiliées au Bloc identitaire) est passé en jugement pour diffamation dont certains termes étaient « Vieux con de gauche, ça se soigne, docteur ? » [NOBS].

[modifier] Usages régionaux et expressions

Dans le Sud de la France, en particulier à Toulouse où il se prononce [cõ ͊ŋ], con ou son dérivé bouducon est utilisé de manière impersonnelle comme interjection. Il est utilisé fréquemment dans le registre familier en début ou fin de phrase, à l'instar de putain ou putain con. On résume souvent : « Putain, con, c'est la ponctuation. » [DAFF1].

À Marseille, l'interpellation « Oh! Con! » est utilisé de manière non injurieuse entre amis ou collègues réf. nécessaire. Certaines expressions composées avec con, comme les plus connues Le con de ta/sa mère !, Le con de ta/sa race ! et Le con de Manon, peuvent s'y employer de manière exclamative, en l'absence de personne à injurier [LMAZ]. (Bien sûr certaines d'entre elles conservent un emploi injurieux, comme les deux premières précédemment citées réf. nécessaire). On remarquera le parallélisme avec les expressions du genre enculé de ta race ou de ta mère dans lequel la race ou la mère sont des compléments sans signification réelle, uniquement destinés à renforcer l'expression.

Dans son sens figuré, le vocable a perdu une grande partie de sa force, dans le registre familier du moins. Aussi un grand nombre d'expressions le renforcent-elles par le biais d'une comparaison avec un objet, un animal ou une situation symbolisant la bêtise : con comme un balai, con comme la lune, con comme ses pieds, con comme un comptoir sans verre, con comme un bol, con comme un jeune chien [DAFF2]. À cette fin, il est souvent affublé d'un adjectif : gros con, sale con, petit con, pauvre con ou vieux con.

[modifier] Contrepets connus

L'art de la contrepèterie fait souvent intervenir le vocable, dans son sens premier, ou ses dérivés. Les plus connus sont les contrepets suivants :

[modifier] Citations célèbres

  • On attribue à De Gaulle les réponse suivantes à « Mort aux cons ! » : « Vaste programme, en effet. » et « Lourde tâche »
  • « L'échec, c'est la réussite du con. » San Antonio
  • « Le temps ne fait rien à l'affaire ; quand on est con, on est con. » Georges Brassens
  • « Plus on est con, plus on a peur de passer pour un con. » François Cavanna
  • « J'ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas. » Michel Audiard
  • « Faut pas parler aux cons, ça les instruit. » Michel Audiard
  • « Il n'y a pas plus de cons que de femmes. » Raoul Ponchon
  • « Quand vous citez un texte con, n'oubliez pas le contexte. » Jacques Prévert
  • « Encore eut-il phallus que je la conasse pour que je la susse ! » Maurice Roche
  • « La queue c'est féminin. Le con masculin. Question de chance. » Serge Gainsbourg
  • « Un con est un imbécile qui n'a de cet organe ni la profondeur, ni la saveur » Léo Campion
  • « J'connaîtrai jamais le bonheur sur terre, je suis bien trop con. » Raymond Queneau
  • « Quand on est plus de quatre on est une bande de cons. » Georges Brassens
  • « Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner. » Michel Audiard
  • « Les bourgeois, c'est comme les cochons : plus ça devient vieux, plus ça devient ... » Jacques Brel
  • « Si les cons volaient, le ciel serait kaki. » Pierre Desproges
  • « Traiter son prochain de con n'est pas un outrage, mais un diagnostic. » Frédéric Dard
  • « Moi je suis con, hein ? Mais putain j'aime ça. » Coluche
  • « Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. » Michel Audiard
  • « Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont. » Les Inconnus
  • « Non je ne suis pas le dernier des cons, déclara-t-il en désignant la longue file qui le suivait. » Jean-Louis Fournier
  • « On dit toujours qu'on peut pas être et avoir été. Eh ben, j'en connais un, dis donc, il a été con et il l'est encore ! » Coluche
  • « Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres. » Frédéric Dard
  • « Un con est exquis pourvu qu'il se taise. » Frédéric Dard
  • « L'intelligence, c'est pas sorcier, il suffit de penser à une connerie et de dire l'inverse. » Coluche
  • « Ce qui est surprenant avec les jeunes cons, c'est leur propension à devenir de vieux cons. » Doug Larsen
  • « La mort c'est un peu comme la connerie. Le mort il ne sait pas qu'il est mort, ce sont les autres qui sont tristes. Pour le con c'est pareil… » Philippe Geluck
  • « Et toi, petit con, penses-tu que ce soit le monde, la famille, l'époque où te poser? Pas encore là et déjà de mauvaises fréquentations ! » Monsieur Malaussène, Daniel Pennac
  • « Si un con admet qu'il est con, c'est qu'il ne l'est pas vraiment. Or s'il ne l'est pas, et qu'il admet qu'il l'est, c'est qu'il est con quand même » Le Petit Psikopat Illustré, Carali

[modifier] Voir aussi

Le Wiktionnaire possède une entrée pour « con ».

[modifier] Liens internes

[modifier] Bibliographie

[modifier] Filmographie

[modifier] Musicographie

[modifier] Références

da:Kusse de:Fotze en:cunt eo:Piĉo es:Coño gd:Pit nl:Kut (krachtterm) fi:Vittu sv:Kunta

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