Collaboration dans l'Europe occupée par les nazis
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Au cours de la période 1940-1945, les nazis allemands se sont trouvés en position de dominer un certain nombre de pays européens. La collaboration désigne le fait d'avoir aidé sciemment l'Allemagne dans ses tâches de domination. Cela a pu se faire par le biais de gouvernements en place, comme en Norvège ou en France, d'administrations obéissant aux autorités d'occupation nazies, de partis politiques et de journaux favorables aux nazis, ou encore d'initiatives privées (dans l'entreprise, le monde de l'art et du spectacle, etc.).
Le collaborationnisme va au-delà de l'acte de la collaboration. Ce terme désigne désigne le soutien de principe, l'apologie et la promotion de la collaboration.
Sommaire
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[modifier] La Collaboration en France
En France, la politique de collaboration a été mise en place par le Maréchal Pétain sous l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale, et c'est Pétain lui-même qui a lancé ce terme dans son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, où il invitait les Français à collaborer avec l'ennemi.
Il faut donc distinguer trois sortes de collaboration
- La collaboration d'État menée par le régime de Vichy.
- Les collaborationnistes, qui prônent le principe de la collaboration et qui mènent un collaboration privée dans les domaines politiques (RNP, PPF) ou militaires (LVF).
- La collaboration privée non politique (entreprises privées, artistes).
[modifier] La Collaboration d'État en France
La collaboration d'État est l'aide apportée à l'Allemagne nazie par le gouvernement de Vichy et l'administration française en zone occupée. Cette aide se situe principalement sur les plan économiques (les frais d'occupation), policiers (lutte contre la résistance, livraison d'Allemands antinazis exilés en France, etc.), racial (recensement, arrestation et transport des juifs) et militaire (accord Darlan, LVF, Waffen SS français, etc.).
La collaboration fut lancée médiatiquement à la suite de la rencontre de Pétain et d'Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940, avec sa fameuse poignée de mains de Montoire. L'argument donné ultérieurement par Pétain à son procès est qu'il cherchait à obtenir le retour le plus rapide des prisonniers de guerre français.
[modifier] Collaboration d'État à la Shoah
Le Régime de Vichy accorda, en échange de diverses concessions dont le rapatriement de prisonniers de guerre, son soutien au régime nazi particulièrement au travers de l'expulsion et de la spoliation des biens, associée à la déportation de juifs étrangers. L'arrestation des (50 000) juifs étrangers déportés a été en grande partie l'œuvre de la police française. La Milice a aussi participé à l'arrestation des 25 000 juifs français déportés <ref>Asher Cohen, Persécutions et sauvetages, Cerf, 1993]] (voir l'article Shoah)</ref>. Bien que le port de l'étoile jaune n'eût jamais été instauré en zone non-occupée, c'est la police française qui a assuré la rafle du vel' d'Hiv à Paris. Les personnes raflées furent dirigées vers des camps, dont Drancy, où la surveillance était assurée par la gendarmerie française.
Voir les articles :
- Chronologie de la collaboration de Vichy dans le génocide des Juifs.
- La France sous le régime de Vichy
- Shoah
[modifier] La collaboration policière
Principaux noms :
- commissaire Bizoire, succède à Tissot à la 3e section de la DCRG
- Brune, commissaire de police
- Amédée Bussières, préfet de police du département de la Seine
- commissaire David (Brigades spéciales)
- Jean Dides, inspecteur principal à la Direction centrale des Renseignements généraux, 5e section (chargée de la répression des résistants étrangers)
- commissaire François
- Marcel Hasquenoph, inspecteur des RG rentré dans la police en 1942, révoqué en 1945
- Emile Hennequin, directeur de la police municipale de Paris
- commissaire Lang (succède à Lantheaume à la 3e section à la DCRG)
- commissaire Lantheaume (chef de la 3e section à la DCRG)
- commissaire divisionnaire Lefebvre (PJ)
- commissaire divisionnaire Luce (DCRG)
- commissaire principal Oudart (DCRG)
- Lucien Piednoir, fidèle de l'ancien résistant André Fournet, à l'origine du réseau « Honneur de la police », financé par Joseph Joinici, condamné pour collaboration économique après la guerre (Fournet et Piednoir seront révoqués pour avoir alerté Joinici de l'enquête à son sujet — de même, Yves Bayet, l'un des dirigeants de Honneur de la police, aurait été très lié avec le SPAC (Service de police anticommuniste), alors qu'il était commissaire de police à Nantes; le directeur de la police générale, Redon, celui de la PJ, Desvaux, et le commissaire Pouzelgues, qui a fait disparaître des documents comptables compromettants pour Joinici, tombent en même temps <ref> Henri Serg, Joinovici, l'empire souterrain du chiffonnier milliardaire, Le Carrousel, 1986 </ref>)
- commissaire Permilleux
- Inspecteur principal adjoint Sadowski (dirige la section juive de la DCRG)
- commissaire Schweblin, directeur de la police antijuive à la préfecture de police de Paris
- commissaire Tissot (succède à Lang à la 3e section de la DCRG)
- André Tulard, responsable du « fichier juif » à la préfecture de police de Paris
[modifier] Collaboration d'État militaire
- Les accord Darlan-Abetz (1941)
Le gouvernement de Vichy fut le principal acteur de la collaboration lorsque son vice-président, l'amiral Darlan, signa avec l'ambassadeur Otto Abetz les trois protocoles de Paris du 28 mai 1941. Ces textes, qui instituèrent une collaboration militaire entre les forces armées allemandes et françaises (Protocole I pour la Syrie-Liban, Protocole II, pour Bizerte et la Tunisie, Protocole III, pour l'A.O.F. et l'A.E.F., et protocole complémentaire, sur les moyens demandés par l'État français pour combattre toute riposte alliée) furent personnellement approuvés par Pétain dans son télégramme du 15 mai 1941 au général Dentz, haut commissaire en Syrie. Ces dispositions furent appliquées totalement en Syrie-Liban et partiellement en Afrique du Nord par la livraison à l'ennemi de pièces d'artillerie lourde et de munitions, que celui-ci allait pouvoir utiliser contre les soldats français à Bir Hakeim puis pendant la campagne de Tunisie.
- La LVF
La Légion des volontaires français contre le bolchévisme fût une initiative privée des chefs des partis collaborationnistes parisiens en juillet 1941 et non pas une création du régime de Vichy. Mais le maréchal Pétain l'a encouragé à sa création (par exemple en novembre 1941) avant d'adopter une attitude plus prudente par la suite.
- La Milice
La Milice, qui joua un rôle de force supplétive de l'armée allemande, par exemple lors de l'écrasement du maquis du Vercors en 1944, fût créée par le régime de Vichy le 30 janvier 1943.
- La Waffen SS française
La constitution d'une Waffen SS française (unité militaire de la SS) fût autorisée par le régime de Vichy en juillet 1943.
- Voir aussi
[modifier] Collaboration d'État économique
[modifier] Débat sur la collaboration d'État
Bien que Pétain et Darlan aient été largement responsables de la collaboration, certains observateurs superficiels des évènements de cette époque hésitent à les classer parmi les collaborateurs. Philippe Pétain était certes, au départ, un « réactionnaire », présentant peu d'affinité avec les nazis. Mais il profita de la défaite française, due pour une grande part à ses mauvais choix stratégiques lorsqu'il présida le Conseil supérieur de guerre, pour mener à bien son projet de Révolution nationale. Les accusations se sont donc principalement reportées sur Pierre Laval, qui tout en collaborant outrancièrement, était avant tout un opportuniste jugeant préférable que la France soit du côté de l'Allemagne à l'issue de la victoire de celle-ci — qu'il jugeait inéluctable. C'est la raison sans doute pour laquelle il déclara : Je souhaite la victoire de l'Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme demain s'installerait partout.
Lors de la Libération, certains collaborateurs furent poursuivis. Certainsréf. nécessaire estiment que près de la moitié des sanctions prirent la forme d'exécutions sommaires. Les autres furent jugés. Mais comme les juges appelés à se prononcer avaient tous, sauf un seul, prêté serment à Pétain, bien des prévenus échappèrent aux sanctions. Une loi d'amnistie d'oût 1953 mit un terme à l'épuration, sauf pour les crimes dits « crimes contre l'humanité ».
D'autres, sans être collaborateurs, ont soutenue, au moins quelque temps, le gouvernement de Vichy :
- Hubert Beuve-Méry, futur fondateur du quotidien Le Monde ;
- Thierry Maulnier, futur académicien ;
- François Mitterrand fut fonctionnaire de Vichy et décoré de la Francisque avant de se joindre à la Résistance.
Ils n'ont donc rien à faire dans une liste de collaborateurs avec le nazisme.
Le cas de Jean Giraudoux est plus complexe et il s'avéra qu'il n'était pas un véritable collaborateur mais aurait au contraire informé en sous-main la Résistance. Dans ce cas il ferait partie d'une autre catégorie : les antisémites précoces devenus résistants tardifs.
[modifier] Les collaborationnistes en France
Le terme "collaborationniste" serait dû à Marcel Déat, dans L'Œuvre du 4 novembre 1940. Le collaborationnisme ne se contente pas de pratiquer le collaboration, mais de l'encourager, de la promouvoir, d'en faire un thème politique. Il est le fait des partis politiques et de la presse collaborationnistes.
Ces serviteurs pourtant ostensibles de l'ennemi n'hésitaient pas à se qualifier de « nationaux ». Les Allemands eux-mêmes, qui ne les prenaient pas très au sérieux, les utilisèrent surtout pour accroître leur pression sur le gouvernement de Vichy.
L'agitation menée par les « collaborateurs » les plus voyants, installés pour la plupart à Paris occupé, et venus d'horizons politiques variés, fit parfois oublier l'action patiente et résolue du gouvernement de Vichy en matière de collaboration.
[modifier] Les partis collaborationnistes (France)
Dés juillet 1940, des activistes tentent leur chance en créant des partis politiques favorables à l'occupant nazi. Ils sont ensuite rejoints par les hommes politiques fascistes déçus par le caractère réactionnaire, catholique et moralisant du régime de Vichy (vers l'automne 1940).
Tout en se réclamant officiellement du maréchal Pétain, le petit monde collaborationniste parisien se distingue tout d'abord par sa volonté d'aller plus loin que le régime de Vichy. Au contact direct des forces d'occupation allemandes, il prône l'instauration d'un régime fasciste ou nazi en France, plus "révolutionnaire", souvent laïc ou païen, et engagé sans arrière-pensée dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Les collaborationnistes parisiens vont progressivement prendre des places au sein du régime de Vichy qu'ils ont tant critiqué au départ et tendront à radicaliser encore plus le régime (Marcel Déat ministre en 1944).
Autre caractéristique du petit monde collaborationniste, l'incapacité à s'unir, et les intrigues entre chefs (la rivalité entre Jacques Doriot et Marcel Déat, mais aussi entre Marcel Déat et Eugène Deloncle, etc.). Marcel Déat a tenté de réaliser un parti unique en 1941 en alliant RNP et MSR, puis en 1943 au sein d'un éphémère Front révolutionnaire national.
Tout ce petit monde là se retrouvera, avec le maréchal Pétain et les derniers fidèles de Vichy en exil en Allemagne en 1944-1945 (lire Céline sur les pitoyables intrigues de la petite cour de Sigmaringen). Jacques Doriot tentera de rejouer l'aventure gaullienne à l'envers en prenant la tête d'un Comité français de libération nationale et enverra quelques agents pro-allemands dans la France libérée part les alliés. Certains se retrouveront dans la LVF, à défendre le dernier carré des chefs nazi dans le Berlin dévasté au printemps 1945.
- Les 2 principaux partis collaborationnistes :
- PPF (fondé en 1936 et dirigé par Jacques Doriot, ancien membre du comité central du PCF, parti jeune activiste et violent. Maximum de 20.000 à 30.000 membres).
- RNP (fondé en 1941 et dirigé par Marcel Déat, ancien député socialiste SFIO puis néo-socialiste, parti de classes moyennes, plus « modéré » que le PPF. Maximum de 20.000 à 30.000 membres).
- Satellites du RNP
- Ligue de la pensée française (fondée en 1942 par René Château, ancien député radical-socialiste. Le mouvement le plus étonnant, constitué de sincères intellectuels républicains favorable à la Collaboration pour que, en échange, l'Allemagne permette à la France de rétablir la République !).
- Partis collaborationnistes « moyens» (plus de 1.000 membres) :
- Parti franciste (fondé en 1933 par scission de la Milice socialiste nationale de l’ancien leader socialiste Gustave Hervé. Fondé et dirigé par Marcel Bucard, réactionnaire de droite passé par toutes les ligues. Membres : 5.500 à 8.000 maximum).
- MSR (issu de la Cagoule, fondée en 1936 par scission de l'Action française. Fondée et dirigé par Eugène Deloncle, ancien membre de l’Action française. Puis dirigé en 1942-1944 par Georges Soulès, socialiste SFIO membre du cabinet de Charles Spinasse dans le gouvernement du Front populaire. Parti de comploteurs d’extrême-droite. Membres : vers 1.500 à 16.000 membre maximum selon les sources !).
- Jeunes de l’Europe nouvelle (issu de la branche jeunes du groupe Collaboration. Dirigé par Marc Augier, ancien organisateur du Centre laïque des auberges de jeunesse et membre de cabinet de Léo Lagrange dans le gouvernement du Front populaire, puis par Jacques Schweizer, président des JNS, successeur de la ligue d’extrême-droite des Jeunesses patriotes. Max : 1.500 membres).
- Les jeunes du Maréchal (créée par Jacques Bousquet, professeur de lycée, puis prise en main par Jean-Marie Balestre et Robert Hersant. Membres : 1.400 maximum).
- Ligue française-Mouvement social européen (dirigé par Pierre Costantini, officier bonapartiste. Membres : 1.000 à 3.000 membres maximum).
- Organisations collaborationnistes de notables et d’élus
- Groupe Collaboration (dirigé par Alphonse de Châteaubriant, écrivain réactionnaire. Groupe de notables conservateurs spécialisés dans les conférences à thèmes sur la collaboration. Audience : 33 comité en zone sud et un nombre inconnu en zone nord).
- Comité d’action antibolchévique (CAA) (dirigé par Paul Chack, officier de marine et écrivain d’extrême-droite. Groupe de soutien à la LVF. Membres : vers 1.000 mais qui appartiennent aussi à d’autres organisations collabo)
- Parti ouvrier et paysan français (POPF) (dirigé par Marcel Gitton, ancien n°3 du PCF puis Marcel Capron, député-maire PCF d’Alfortville. Parti regroupant l'aile collaborationniste des communistes. Membres : 300 en zone nord).
- Comité ouvrier de secours immédiat (Cosi) (dirigé par Georges Yvetot, figure historique du syndicalisme français, puis par René Mesnard, socialiste passé au RNP, et Jules Teulade, ancien communiste passé au PPF. Organisation « caritative » pour les ouvriers bombardés, en fait instrument de propagande collaborationniste envers les milieux ouvriers).
- Les Energies françaises (ébauche de futur parti unique piloté fin 1942 par Pierre Laval. Chef : Léon Cayla, ancien gouverneur général de Madagascar. Mais restera un petit groupe de notables conservateurs).
- Groupuscules collaborationnistes (moins de 1.000 membres)
- Parti français national-collectiviste (PFNC) (fondé en 1934 et dirigé par Pierre Clémenti, journaliste de la presse radicale-socialiste. Membres : quelques centaines). Proche en 1940 du Jeune front (dirigé par Robert Hersant, ancien membre des Jeunesse socialistes) et des Gardes françaises,
- Front franc (dirigé par Jean Boissel, ancien combattant d’extrême-droite et ultra-raciste. Membres : quelques dizaines).
- Le Feu (dirigé par Maurice Delaunay, ancien député apparenté au PDP démocrate-chrétien. Il se fait appeler « François Henry Prométhée », « le Maître du feu » et prône une renaissance de la France sans idée politique claire. Cette histoire de fou ne dure que 6 mois mais largement subventionnée par l’Allemagne qui voulait peut-être discréditer les collaborationnistes).
- Autres groupuscules : Parti national-socialiste français (PNSF) (vers 50 membres), Croisade française du national-socialisme (CFNS), Formations éclaires révolutionnaires (50 membres maximum), Les Hitlériens français (une douzaine de membres), Mouvement national-syndicaliste-L’Union française, Les Gardes du peuple révolutionnaire, Comité d’épuration de la race française, Cadets de Francs (organise quelques camps de jeunesse de 100 à 300 membres).
- Collaborationnistes régionalistes
- Parti national breton pro-nazi
- Brezona, détaché du Parti national breton, qui se réclame du national-socialisme ; et dans cette mouvance Galv ouvertement pro-nazi, et formé à partir des rédacteurs de la revue Arvor, Stur d'Olier Mordrel, et le Bezen Perrot formé par une fraction du Parti national breton.
[modifier] La presse collaborationniste, ou collaboration de plume (France)
La presse française sous l'occupation soutenait très majoritairement la politique collaborationniste et antisémite de Pétain. Une partie de cette presse était aux mains des Allemands, qui finançaient certaines publications, notamment (mais pas uniquement) à travers les Éditions Le Pont.
Plusieurs dizaines d'écrivains ou journalistes de renom furent des collaborateurs, parfois même rémunérés par la « Propagandastaffel » allemande, qui finançait certaines publications:
- Jacques Benoist-Méchin, historien
- Henri Béraud, journaliste et écrivain
- Abel Bonnard, académicien
- Georges Albertini, journaliste et secrétaire général du RNP
- Robert Brasillach, journaliste et écrivain
- Charles Spinasse, député socialiste et fondateur de l'hebdomadaire collaborationniste Le Rouge et le Bleu
- Louis-Ferdinand Céline, écrivain
- Paul Chack
- Jacques Chardonne, romancier
- Alphonse de Chateaubriant
- Pierre Drieu La Rochelle
- Abel Hermant, académicien
- Georges Montandon, ethnologue
- Lucien Rebatet, romancier
- Charles Maurras, qui avait passé sa vie à combattre le danger allemand et à accuser tous ses adversaires d'être vendus à l'Allemagne, a continué, l'occupation venue, à publier son journal (L'Action française) à Paris occupé, et n'a cessé d'y attaquer violemment les résistants de l'extérieur (De Gaulle), comme ceux de l'intérieur, par exemple en présentant les maquisards capturés après la bataille du plateau des Glières comme des monstres apatrides.
- Maurice Sachs, écrivain, juif, collaborateur.
[modifier] Liste de collaborateurs célèbres
- René Bousquet, secrétaire général de la police nationale
- Marcel Bucard, propagandiste d'extrême-droite
- Marcel Capron, député-maire communiste d'Alfortville,
- Jean-Marie Clamamus, premier sénateur communiste français et Maire de Bobigny
- Joseph Darnand, chef de la Milice, remplace René Bousquet fin 1943 à la tête des services de police
- Fernand de Brinon, représentant de Vichy auprès des Autorités allemandes à Paris
- Jacques Doriot, chef du PPF (Parti populaire français), parti fasciste populiste.
- Marcel Déat, chef du RNP (Rassemblement national populaire) néo-socialiste
- Gaston Bergery, député radical-socialiste
- Darquier de Pellepoix, commissaire général aux affaires juives
- Gabolde, garde des Sceaux
- Gallien, adjoint de Darquier de Pellepoix
- Marcel Gitton, Député de la Seine.Dirigeant du Parti ouvrier et paysan français
- Philippe Henriot, propagandiste d'extrême-droite
- Étienne Léandri (porte l'uniforme de la Gestapo)
- Jean Leguay, représentant de René Bousquet à Paris
- Maurice Papon (condamné pour crimes contre l'humanité fin des années 1980)
- André Pascal, député communiste de Paris
- Simon Sabiani, adjoint du maire de Marseille pendant l'entre-deux-guerre puis maire par intérim
- Paul Touvier
- Xavier Vallat commissariat général aux questions juives
[modifier] La Collaboration privée
La collaboration d'ordre privée, même si elle est encouragée par des déclarations du régime de Vichy, est celle qui relève de l'initiative privée en particulier dans l'activité professionnelle (le collaborationnisme politique est traité plus haut). A l'extrême, la France étant dans sa globalité mise au service du Reich compte tenu du fait de l'occupation et des lourds "frais d'occupation" à payer, on peut considérer que chaque français qui poursuivait son activité normale a, même inconsciemment, collaboré. Cependant, des degrés de responsabilité particuliers peuvent être dégagées : les chefs d'entreprise (en raison des implications collectives des décisions qu'ils prennent) et les artistes et "vedettes" (en raison de l'exemple que constitue leur conduite).
[modifier] Collaboration économique privée
- Louis Renault a volontairement engagé sa société dans la collaboration avec l'armée allemande à qui elle fournissait des chars. Les usines Renault (Groupe) furent nationalisées à la Libération pour faits de collaboration. La présence du neveu et dauphin de Louis Renault, François Lehideux (1904-1998) au gouvernement de Vichy n'a pas arrangé le cas Renault.
- Gnome et Rhône fournissait des moteurs d'avions à l'Allemagne. Elle fût nationalisée à la Libération pour faits de collaboration et deviendra la Snecma (actuelle société Safran).
- Berliet
- Banque Worms, bien introduite au sein du régime de Vichy, avec notamment Jacques Barnaud (1893-1962), respondsable des relations économique franco-allemandes et Pierre Pucheu (une présence qui a entraîné bien des fantames : voir la Synarchie).
Pour en savoir plus sur la collaboration des entreprises françaises :
- Le groupe de recherche du CNRS sur les entreprises françaises sous l'occupation : [2] et [3]
- Lacroix-Riz, Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999.
- Lacroix-Riz Annie, Les entreprises françaises et l’Allemagne de l’avant-guerre à l’occupation, Des capitaux aryens, in Le Manifeste n° 4, mars 2004 ([4]).
- Rochebrune (de) Renaud et Hazera Jean-Claude, Les patrons sous l'occupation, Odile Jacob, 1995 (et collection semi-poche en 2 volumes 1997) ([5]).
[modifier] Collaboration artistique
Des hommes du monde du spectacle (par exemple Sacha Guitry) furent un moment taxés de collaboration parce qu'ils avaient, pendant l’Occupation, continué à exercer leur métier et avaient entretenu des relations pour le moins cordiales avec l'occupant. De fait, si nombre d'autres artistes (comme Ray Ventura) avaient émigré à cette époque, un certain nombre d'autres ont — pour reprendre l'expression de Guitry — continué à exercer leur métier, comme tous les autres Français restés sur le territoire national, à la seule exception de ceux qui avaient pris le maquis. Il n'en reste pas moins que plus d'une personnalité des arts et des spectacles ne manifesta aucun état d'âme particulier à s'afficher régulièrement aux côtés des Allemands, et que ceux-ci furent largement mêlés pendant quatre ans à la vie d'un Tout-Paris pas toujours regardant.
[modifier] La Collaboration en Belgique
La collaboration avec l'occupant allemand est un peu plus importante en Flandre qu'en Wallonie où la Résistance semble plus forte si on la mesure en tout cas au nombre de sabotages enregistrés (voir l'Histoire de Belgique et Histoire de Belgique de 1914 à 1945). Il est vrai que Hitler tente de faire éclater la Belgique en épargnant les Flamands (libération des prisonniers de guerre) au détriment des Wallons.
[modifier] La collaboration d'État en Belgique
[modifier] L'administration belge
Alors que le gouvernement belge d'Hubert Pierlot était parti en exil à Londres, des consignes ont été données aux secrétaires généraux des administrations belges afin de limiter la collaboration. Une attitude dictée par l'expérience de la première guerre mondiale et qui a fait défaut à la France.
[modifier] La question du roi
Sans être collaborationniste, l'attitude de neutralité du roi est sujette à question. Le roi reste en effet en contact avec la machine administrative en place et ne soutient pas le gouvernement d'Hubert Pierlot, en exil à Londres.
[modifier] Les collaborationnistes en Belgique
Les collaborationnistes sont les mouvements politiques, syndicaux, associatifs, les journaux, journalistes et intellecuels, qui faisaient la promotion de la collaboration.
[modifier] Le nationalisme flamand
Le nationalisme flamand, encouragé par Hitler, a largement contribué à la collaboration. Les nationalistes flamands réclament une Flandre indépendante, vassale privilégiée du Reich, voire la renaissance de l'État bourguignon du 15e siècle (allant des Pays-Bas à la Bourgogne).
- Le leader du mouvement est Staf De Clercq, cofondateur et leader du Vlaamsch nationaal verbond (VNV).
- Le VNV a absorbé le Verdinaso et le Rex flamand. Presse : "Volk en Staat". (Le Verdinaso ou Dinaso : Verbond van Dietsche nationaal-solidaristen, créé par Joris van Severen).
- De Vlag (Duitsch-vlaamsche arbeidsgemeenschap) dirigé par Jef van de Wiele. Groupe du même style mais rival du VNV.
- La 6th SS Volunteer sturmbrigade langemarck
- S.S. westland regiment
- Milices : Vlaamsch legioen, Vlaamsche wacht, Dietsche militie, zwarte brigade, etc.
- Le Deutscher sprachverein (DSV)
- Le Deutsch-belgische gesellschaft
[modifier] Léon Degrelle et le rexisme
- Léon Degrelle, fasciste de droite avant la guerre, leader du Rexisme, SS wallon.
- la Division SS Wallonie (largement issue de la Légion Wallonie (1941) de Léon Degrelle. Chef : Lucien Lippert.
- Garde wallonne (milice du Rex).
[modifier] La collaboration de gauche
- Henri de Man, leader du Parti ouvrier belge (POB), le principal parti socialiste du royaume. De Man créée en novembre 1940 un syndicat unique, l'UTMI (Union des travailleurs manuels et intellectuels).
- L'UTMI (Union des travailleurs manuels et intellectuels). Le comité central est composé de socialistes, de démocrates-chrétiens, de syndicalistes libéraux. Edgard Delvo, socialiste et pacifiste, prend en 1942 sa direction. Donc Henri De Man se réfugie en Haute-Savoie et les socialistes, les libéraux et les jocistes quittent l'UTMI. Edgar Delvo poursuit l'UTMI avec des effectifs nationalistes flamands et wallons réduit mais résolus.
- Les Amis du grand Reich allemand (AGRA), est fondé par J. Spilette, Alfons Bougne et dirigé par Georges Scaillet. L'AGRA recrute essentiellement des gens de gauche opposés au rexisme. Mais les deux formations finiront par s'entendre.
- Deutsch-wallonische arbeitsgemeinschaft (Dewag), organisation créé en 1943 par les SS pour dépasser l'Agra et dirigée par Ernest Ernaelsteen. Dewag tente de noyauter les Cercles wallons de R. De Moor (Agra), foyers de détente des ouvriers wallons en Allemagne, et les Maisons wallonnes, dirigée par Paul Garain (président de l'UTMI wallonne).
- "Le Journal de Charleroi", journal socialiste et pro-collaborationiste dirigé par J. Spilette. En 1941, il fait la promotion du Mouvement national-socialiste wallon, partisan d'un "État raciste" wallon.
- "La Légia" (à Liège) est dirigée par Pierre Hubermont, écrivain prolétarien qui défend une ligne socialiste, collaborationniste modérée. Hubermont mène aussi plusieurs journaux édités par la "Communauté culturelle wallonne" (CCW), dont "La Wallonie" (revue culturelle de bon niveau).
[modifier] Autres mouvements collaborationnistes wallons
- Comité national wallon créé par Raymond Colleye
- Communauté culturelle wallonne (C.C.W.) créé par Georges Wasterlain
- Ligue antimaçonnique - Epuration - Défense du peuple. Le Nationaal-socialistische beweging in Vlaanderen (NSBiV) dirigé par J. B. Bellefroid et la Défense du peuple (Ligue de la défense du peuple en Wallonie) créée par René Lambrichts, deviennent le Volksverweering (?).
- Mouvement national populaire wallon (MNPW) créé par Antoine Leclercq
- Parti national-socialist Wallon créé par Julien Velu
- Gendarmerie auxiliaire (= une milice ??)
[modifier] Divers collaborationnistes à classer
- Intellectuels et journalistes : Robert Poulet, Paul Colin, Pierre Daye, Raymond Becker, Pierre Hubermont.
- Presse : Nouveau Journal, Cassandre, etc.
- Deutscher sprach-verein (Union de la langue allemande ??) créé à Arlon.
[modifier] Sources Belgique
- sur la collaboration de gauche, un site très engagé, mais cet article paraît sérieux : [6]
- à compléter
[modifier] La Collaboration dans les autres pays d'Europe
Outre la France et la Belgique, d'autres pays connurent un régime et des partis de collaboration avec l'Allemagne nazie :
- la Croatie, dont les nationalistes « oustachis » et les SS croates mirent à collaborer avec l'occupant un zèle exemplaire, avec la bénédiction de leur évêque, Mgr Stepinec, non seulement en combattant les partisans, mais aussi en opérant des massacres systématiques de civils sans défense, orthodoxes (Serbes), et bien entendu juifs, au nom de ce qu'ils appelèrent la « purification ethnique ». Leur principal camp d'extermination fut même dirigé par un franciscain. Il est inexact de présenter cette collaboration croate comme nécessitée par la lutte d'indépendance de ce pays contre la Yougoslavie, car les Serbes de Yougoslavie n'avaient jamais soumis la Croatie à de tels massacres.
- La Bosnie, où des SS musulmans fut recrutés par les occupants nazis.
- la Hongrie, dirigée par l'Amiral Horthy
- la Norvège, dirigée par Vidkun Quisling, dont le nom servit pendant la guerre à désigner les dirigeants collaborateurs qualifiés par les alliés et les résistants de « Quislings »
- la Slovaquie, dirigée par Mgr Tiso. L'État Slovaque fantôme, créé par le bon plaisir d'Hitler lorsqu'il avait annexé la Tchéquie en violation des accords de Munich, était collaborationniste dans son essence même. Ses gouvernants l'ont aussi été dans leurs actes lorsqu'ils ont envoyé l'armée slovaque (8500 hommes en 1941) envahir la Russie aux côtés de l'armée nazie, et lorsque leur président, Mgr Tiso, a personnellement participé à la « Solution finale ».
La politique d'Hitler était en effet de laisser les gouvernements et les polices des pays occupés, mais non annexés, se charger des basses besognes, ce qui leur économisait des troupes d'occupation, rendues ainsi disponibles pour le front.
[modifier] Livres sur la collaboration en France
- Ouvrages généraux
- Christophe Belser, La Collaboration en Loire-inférieure 1940-1944, Geste éditions, 2 vol., 2005. ISBN 2-84561-210-9 et 2-84561-211-7 [(http://wodka.over-blog.com/article-1655523.html) (compte-rendu de cet ouvrage)]
- Michèle Cotta, La collaboration 1940-1944, Armand Colin, Coll. Kiosque, 1964.
- Pascal Ory, Les Collaborateurs 1940-1945, Seuil, 1976. ISBN : 2-02005-427-2
- Pascal Ory (présenté par), La France allemande, Paroles du collaborationnisme français (1933-1945), Gallimard, Coll. Archives, 1977.
- Robert O. Paxton, La France de Vichy 1940-1944, Seuil, Points Histoire, 1973.
- Henry Rousso, Pétain et la fin de la collaboration, Editions Complexe, 1984.
- Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, 1944-198..., Seuil, 1987, ISBN : 2-02-009772-9
- Ouvrages sur les partis politiques
- R. Handourtzel et C. Buffet, La collaboration… à gauche aussi, Ed. Perrin, Paris, 1989.
- Pierre Philippe Lambert et Gérard Le Marec, partis et mouvements de la Collaboration par, 1993.
- Ahlrich Meyer, Täter im Verhör. Die 'Endlösung der Judenfrage' in Frankreich 1940-1944.' Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt. 2005. ISBN 3534175646, 471 Pages. (allm)
- Ouvrage sur la police et la Justice (cf surtout régime de Vichy)
- Jean-Marc Berlière, avec Laurent Chabrun, Les policiers français sous l'occupation d'après les archives inédites de l'épuration, Perrin, 2001, ISBN : 2-262-01626-7
- Hervé Lamarre, L'Affaire de la Section Spéciale, 2 vol., Fayard, Folio, 1973.
- Ouvrages sur les entreprises
- Edwin Black, IBM et l'holocauste, Robert Laffont, février 2001.
[modifier] Articles connexes
- Jean Azéma
- Sacha Guitry
- Maurice Papon
- Paul Touvier
- Épuration
- Vie des Français sous l'Occupation allemande
- Régionalisme et collaborationnisme
- Camp de concentration français
- Publications antisémites en France
<references/>de:Kollaboration en:Collaboration it:Collaborazionismo ja:コラボレーション nl:Collaboratie pl:Kolaboracja sl:Kolaboracija sv:Kollaboratör

