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Cocaïne

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Cocaïne
Structure de la cocaïne
Général
Formule brute C17H21NO4
Nom IUPAC méthyl ester de l'acide 3-benzoyloxy-8-méthyl</br>-8-azabicyclo[3.2.1]octane</br>-4-carboxylique
Numéro CAS 50-36-2
Code ATC N01BC01
Apparence poudre blanche
Propriétés physiques
Masse moléculaire 303,35
Pharmacologie
Métabolisme hépatique
Demi-vie plus de 72 heures
Excrétion urine
Caractère psychotrope
Catégorie Stimulant
Mode(s) de
consommation
  • Inhalation
  • Injection
Autres noms
  • Poudre, Drepou
  • Coke, Coco, CC, C
  • Blanche
  • Charlie
Unités du SI & CNTP,
sauf indication contraire.</font>

La cocaïne est un alcaloïde extrait de la coca. Puissant stimulant du système nerveux central, elle est aussi un vasoconstricteur périphérique. En Occident, elle est classée comme stupéfiant.

Sommaire

[modifier] Historique

La cocaïne est utilisée de très longue date par les Indiens des Andes qui mâchent les feuilles de coca ou les consomment en infusion pour les aider à résister à la fatigue et à l'altitude. En 1859, le chimiste autrichien Albert Niemann isole le principe actif des feuilles de coca.

La cocaïne sert dès la fin du XIXe siècle d'anesthésique dentaire. Sigmund Freud fait quelques travaux sur ses effets et en conseille l’utilisation pour toute une série d'affections, avant de la proscrire définitivement en 1887. Il l'a notamment prescrite pour soigner l'un de ses amis médecins, Ernst von Fleischl, de sa morphinomanie, ce qui s'est avéré catastrophique. C'est l'ophtalmologue Carl Koller, qui a essayé la drogue sur le conseil de Freud, qui en découvre et en exploite dès 1884 l'effet d'anesthésiant local.

Dès 1870, on voit apparaître la consommation populaire de vin dans lequel sont infusées préalablement des feuilles de coca. En 1871, le marché est dominé par une marque restée célèbre : le vin Mariani, du nom du pharmacien Angelo Mariani qui eut l’idée de commercialiser ce vin associé à un médecin, Charles Fauvel, ce qui lui confère une légitimité médicale (ce qui autorise l'émission d'un brevet). Inventé en Corse en 1863, issu du mélange de vin de Bordeaux et d'extrait de coca, ce vin n’est qu’une des nombreuses productions de Mariani puisqu’en 1890 son officine du boulevard Haussmann à Paris, qui ne désemplit guère, propose des pastilles à la cocaïne, des infusions de cocaïer, du vin, un élixir, des toniques et ce, en vantant la coca et ses applications thérapeutiques. De nombreuses personnalités des arts, de la littérature et de la politique apportent leur appui au vin Mariani. Citons les plus prestigieuses : Thomas Edison, Jules Verne, Émile Zola, le Prince de Galles et même le pape Léon XIII, qui ne quittait pas sa fiole.

Quant au Coca-Cola, il est créé à l’origine (en 1886) pour satisfaire à la demande du marché américain, celle d’une boisson populaire à base de cocaïne, mais ne donnant pas prise aux critiques des ligues de tempérance qui s’insurgent précisément contre les produits Mariani. En 1906, la proportion de cocaïne fut considérablement réduite (1/400e de grain par once de sirop), mais la cocaïne persista dans la composition de la boisson jusqu'en 1929.

Dès le début des années 1960, l'augmentation de la consommation de drogue devient préoccupante et plusieurs conventions se tiennent sous l'égide de l'ONU afin de la combattre. Ces conventions prohibent la production, le commerce, la détention et l'usage des drogues (excepté à des fins médicales) et ont directement influencé les législations des pays signataires. La convention unique sur les stupéfiants de 1961 porte principalement sur la coca, l'opium, le cannabis et leurs dérivés. La cocaïne sera progressivement interdite dans la plupart des pays à mesure qu'ils adaptent leur législation propre et classée comme stupéfiant.

Dans les pays occidentaux, durant une bonne partie des années 1980 et 1990, la cocaïne est associée aux classes aisées, notamment aux milieux du cinéma et de la chanson. Mais l'augmentation exponentielle de sa production - malgré les différentes campagnes mondiales de lutte contre cette drogue - contribue à faire chuter les prix de revente à la dose et la cocaïne est, en 2005, consommée dans tous les milieux.

[modifier] Pharmacologie

La cocaïne a des effets nooanaleptiques majeurs similaires à ceux des amphétamines, notamment à ceux de la méthamphétamine.

[modifier] Usage détourné et récréatif

Image:Cocaine3.jpg La cocaïne se présente le plus souvent sous la forme d'une poudre blanche et floconneuse ; plus rarement sous forme de cristaux. La cocaïne (ou hydrochlorure de cocaïne de son nom scientifique) qui alimente le trafic clandestin est la plupart du temps coupée - « allongée » - avec des substances diverses visant à en augmenter le volume, tel que le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose ou divers autres produits pharmaceutiques.

[modifier] Effets et conséquences

Elle agit sur le système nerveux central, en bloquant la recapture des monoamines (dopamine, noradrénaline et sérotonine) dans l'espace synaptique, augmentant ainsi la concentration de ces neurotransmetteurs dans le cerveau. Ainsi l'action de la dopamine a une durée plus importante et la sensation de plaisir est prolongée (action sur le circuit du plaisir au niveau de l'aire tegmentale ventrale).

La cocaïne traverse la barrière placentaire et expose le fœtus à des risques de retard de croissance, accidents vasculaires, malformation.

[modifier] Effets recherchés

L'usage de la cocaïne provoque :

  • une euphorie immédiate ;
  • un sentiment de puissance intellectuelle et physique (voire sexuelle) qui provoque une désinhibition ;
  • une indifférence à la douleur, à la fatigue et à la faim ;
  • une désinhibition.

Ces effets vont laisser place ensuite à ce qu'il est commun d'appeler « la descente » : un état dépressif et à une anxiété que certains apaiseront par une prise d'héroïne ou de médicaments psychoactifs. La dose létale correspond à une concentration dans le sang supérieure à 1 mg/litre.

[modifier] Effets à court terme

[modifier] Effets à long terme

Consommée de façon régulière, la cocaïne provoque :

  • Une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins : les tissus, insuffisamment irrigués, se nécrosent. C'est souvent le cas de la cloison nasale avec des lésions perforantes pouvant aller jusqu'à la nécrose des parois nasales chez les usagers prisant régulièrement la cocaïne.
  • Interruption des menstruations chez les femmes.
  • Accidents cardiaques.
  • Des troubles de l'humeur : irritabilité, paranoïa, attaque de panique, dépression.
  • Une augmentation de l'activité psychique : des insomnies, des amnésies, des difficultés de concentration, tics nerveux…
  • Une dépendance psychique rapide et forte.

La consommation « en rail » favorise les transmissions virales (hépatites B et C, sida) par le partage de pailles.

[modifier] Décès lié à la cocaïne

Les cas de décès imputés à la cocaïne sont dus à :

[modifier] Habitudes de consommation

  • usage le plus répandu :
    • priser (ou « sniffer » en langage populaire) : méthode consistant à inhaler la cocaïne sous forme de poudre, en général au moyen d'un petit tube creux appelé « paille ». La cocaïne est alors disposée en petits tas filiformes, appelés « rails », « lignes », « tracks » ou « traces ».
  • usages courants :
    • FreeBase : Cocaïne basée (purifiée) a l'aide d'ammoniac ou de bicarbonate de soude, fumée dans une pipe (analogue au crack).
    • fumer en joint
    • « chasser le dragon » : méthode consistant à inhaler les vapeurs de cocaïne, chauffée la plupart du temps sur une feuille d'aluminium par le dessous.
    • ingérer en "parachutes" une dose de cocaïne est enveloppée dans du papier à cigarettes et gobée.
    • injecter en intra-veineuse
  • usages anecdotiques :
    • appliquer sur certaines muqueuses.

[modifier] Traitements de la cocaïnomanie

Image:Searchtool.svg Voir l’article Addiction.

[modifier] Évaluation de la consommation

Selon le rapport de l'OICS du 1er mars 2006, la cocaïne arrive au deuxième rang des drogues dont l'usage est le plus répandu en Amérique du Nord. Il est estimé que les États-Unis comptent à eux seuls 2,3 millions d'usagers.

[modifier] Évaluation de la production

De 900 à 1 000 tonnes de cocaïne sont produits chaque année.<ref name="monde">La cocaïne se démocratise en France et gagne du terrain sur le cannabis, Le Monde, 18 octobre 2006</ref>

La Colombie est le premier pays producteur de cocaïne, totalisant à elle-seule 776 tonnes par an (données 2005réf. nécessaire).

[modifier] Évaluation du trafic

Selon un rapport de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du 18 octobre 2006, les saisies de cocaïne de 2005 (5 tonnes) sont en progression de 16 % par rapport à 2004, qui constituait déjà un record.<ref name="monde"/>

Le marché américain reçoit 600 des 900 à 1 000 tonnes produites chaque année.<ref name="monde"/>

Dans la zone euro, le cours de la cocaïne est de 26 000 à 28 000 euros le kilo (soit 26 à 28 euros le gramme).<ref name="monde"/>

[modifier] Termes dérivés

Cocaïnomanie

Ce terme est composé de cocaïne et de manie, du grec mania pour « folie, passion ». Il désigne une consommation régulière et non-contrôlée de cocaïne, amenant un état de dépendance.

Cocaïnomane

Ce terme dérivé du précédent désigne les personnes atteintes de cocaïnomanie.

Cocaïnisme

Ce terme désigne une intoxication chronique à la cocaïne.

[modifier] Références

<references/>

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur la cocaïne.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Lien externe

(fr) Site de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie

[modifier] Bibliographie

  • Sigmund Freud : Contribution à la connaissance des effets de la coca, (1885) dans Un peu de cocaïne pour me délier la langue, Max Milo Editions, 2005. ISBN 2914388764


Anesthésiques locaux modifier

{Articaïne} {Benzocaïne} {Bupivacaïne} {Chloroprocaïne} {Cocaïne} {Lidocaïne} {Mépivacaïne} {Prilocaïne} {Procaïne} {Ropivacaïne} {Tétracaïne} {Novacaïne}

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